‹ Clovis et les origines de la France chrétienneChapitre 5 sur 33 · II. — LES POPULATIONS de la GAULE · texte numérisé non relu

II. — LES POPULATIONS de la GAULE

(^'EST du centre de l'Asie que sont venus tous les peuples. A mesure que les premières

agglomérations de familles s'accroissaient, et

que les terres ne suffisaient plus à leurs troupeaux et à elles-mêmes, elles gagnaient de proche en proche, évitant d'abord les obstacles naturels, rivières, montagnes, forêts, marais, mers, et puis les surmontant et se répandant de tous côtés.

Bientôt, à ces premiers flots succédèrent d'autres flots qui les poussèrent plus avant, et les obligèrent à des conquêtes nouvelles. C'est ainsi que l'Europe a

Ira Gaule inDépenUantc.

reçu les populations asiatiques, et qu'elle a été successivement occupée dans ses diverses parties. On pourrait suivre les invasions humaines, comme on constate les progrès des eaux dans leur action lente ou brusque sur les terres. Il y a des points sur lesquels le passage est rapide et où la trace est à peine marquée ; d'autres, au contraire, où l'arrêt est nécessaire et le séjour durable. Ainsi s'expliquent, par des causes naturelles, la prompte ou tardive occupation des vastes territoires qui s'ouvraient devant l'activité, l'audace et les besoins des hommes.

Ondemande aujourd'hui àla langue, à l'ethnographie, au sol, le secret de ces. premiers mouvements. Les résultats obtenus sont assurément considérables et font honneur à la fécondité de la méthode et à la ténacité du travail. Mais que de points encore obscurs, que de problèmes non résolus, que de difficultés et d'incertitudes ! Le temps, qui est un grand maître, est aussi un maître jaloux. Il ne livre que ce qu'il veut, afin que l'homme ne se glorifie pas trop de ce qu'il doit à sa pénétration, et qu'il reconnaisse que sa science et sa sagesse sont toujours courtes par quelque endroit.

Mais s'il ne nous est pas donné de tout saisir sur l'origine des peuples, il est des faits dont la vraisemblance s'impose à défaut de certitude, et qu'il faut bien accepter, sous peine de multiplier les lacunes, ou de dédaigner des résultats utiles pour le présent et pleins de promesses pour l'avenir.

Les Ibères furent probablement les premiers habitants de la Gaule. Après avoir traversé le Rhin et les Alpes, obéissant à cet instinct qui nous pousse en avant,

lo chapitre premier.

ou au besoin qui va vers l'inconnu, ils se seraient dirigés vers le midi, où ils auraient arrêté leur marche au pied de la haute chaîne de montagnes qui court d'une mer à l'autre.

Peut-être aussi seraient-ils venus par le Sud. La route n'est pas plus longue et n'offre pas de plus grandes difficultés. Parvenues à l'extrémité de l'Asie, au point où elle touche à l'Afrique, ces populations errantes et avides auraient lonsfé la mer et se seraient avancées vers l'Occident, franchissant des fleuves dont un seul, le Nil, est considérable, rencontrant des sables, se heurtant à des montagnes, et arrivant à un passage étroit, fossé profond qui dût effrayer, mais au delà duquel se présentait une terre qui avait toutes les attractions de l'inconnu.

Ils affrontèrent les dangers de ce point de jonction de deux mers, le franchirent, pénétrèrent en Espagne, s'avancèrent sur ce sol inégal dont la température et les productions sont si diverses, y formèrent des établissements, et poussèrent quelques bandes, comme des sentinelles isolées, au delà de la barrière qui la sépare de la Gaule. Une partie se serait mêlée à des popula tions qu'elle rencontra. Les autres, au contraire, jalou.x de leur origine et fiers d'eux-mêmes, auraient occupé les deux versants des Pyrénées et y seraient restés, aussi fidèles à leur langue, à leurs moeurs, à leur costume, que les monts qui les abritaient, à leurs glaciers, à leurs torêts et à leurs précipices.

Il ne faut pas oublier que d'autres historiens voient dans les Ibères le débris d'un grand peuple, qui, poussé par les flots nombreux de populations plus puissantes,

ira Gaule inDépentante. n

de l'Est à rOuesr d'abord, ensuite du Nord au Midi, aurait cherché un réfugie dms ces contrées élois^nées de celles qu'avaient occupées les premières migrations.

Les Galls ou Celtes venus un siècle après les Ibères, ou en même temps, étaient un peuple de la race Indo-Germanique qui, dans les temps les plus reculés, avait occupé le centre de l'Europe. Après avoir laissé sur son passage des établissements considérables et séparés par de grandes distances, il arriva jusqu'au Rhin, le franchit, pénétra dans le centre de la Gaule, l'occupa de la Seine à la Loire, et envoya plusieurs de ses tribus jusqu'à l'extrémité de la péninsule Armoricaine, pendant que d'autres plus hardies, traversaient la mer, et allaient s'établir au centre de la Bretagne, dans un pays qui n'a perdu encore ni leur nom, ni leur caractère, ni leur physionomie.

Les Celtes, Galls, Gaels, Kymris sont un même peuple à des époques différentes et sous diverses latitudes. Ils forment avec les Ibères un contraste frappant. Pendant que les Ibères, au dire de Strabon, ■divisés en petites tribus montagnardes, ne se liguent guère entre eux, parce que chacun espère se suffire, les Galls s'associent en grandes hordes et forment de gros villages. Les Ibères s'attachent au sol qui leur fournit leur nourriture et leur donne ses métaux; les Galls se plaisent aux lointaines expédition?,, vivent tout en dehors, et se lient avec la plus aimable et la plus imprudente facilité. L'Italie et l'Espagne les ter.tenl successivement.et ils y refoulent lespopulations qui s'opposaient à leur passage, préparant ainsi par ce besoin d'expansion, des courses plus aventureuses.

12 Cbapitre premier.

Les Belges s'établirent dans les parties de la Gaule ; qui, de la Seine, s'étendaient jusqu'à la rive gauche du Rhin. Ils étaient aussi de race Indo-Germanique et se faisaient remarquer par leur impétueuse valeur. Leur arrivée est postérieure à celle des Celtes et des Ibères, mais leurs tentatives ne sont pas moins audacieuses. On croit qu'ils sont descendus jusqu'aux Pyrénées, à travers un pays entièrement occupé, et que si quelques-uns d'entre eux s'établirent sur les bords de la Garonne, d'autres poussèrent plus avant leurs courses vacfabondes.

On nomme le chef puissant et habile, général, législateur, prêtre, qui les conduisit au delà du Rhin, | les gouverna et leur assura la possession de tout le nord ' de la Gaule. Hu est peut-être de l'an 600 avant J.-C., et j quoique plus rapproché des temps historiques, il garde ; cette grandeur légendaire qui frappe d'autant plus l'imagination, qu'elle est environnée de plus d'ombres.

L'arrivée des Belges dans la Gaule fut le signal d'un mouvement d'émigration qui tenait moins peut-être | au caractère des habitants primitifs de la Gaule, qu'à la terreur produite par les nouveaux venus. Ainsi l'homme est pour l'homme un objet d'effroi, parce qu'il est pour lui un danger, j

Il est impossible d'évaluer, même approximativement l'importance de ces trois races. Au 11^ siècle, les Belges comptaient vingt-trois tribus, la partie septentrionale de la Gaule en avait vingt-deux.la partie centrale dix-sept. Les Ibères étaient certainement moins puissants, quoique le nombre de leurs tribus dût être plus considérable. Mais ces proportions

Ifa Gaule înDépennante. 13

avaient plusieurs fois changé,et elles changèrent encore.

Les Phéniciens, hardis navigateurs, avaient exploré, dès les époques les plus reculées, tous les rivages de la mer intérieure. Ils avaient le génie qui produit et l'adresse qui échange. Toutes les richesses naturelles ou travaillées de Tyr étaient apportées chez divers peuples dont les produits ou les marchandises remplissaient de gros vaisseaux solidement construits et habilement dirigés. La Gaule avait sur ses côtes méridionales un grenat que les Phéniciens apprécièrent, et des bancs de corail qu'ils exploitèrent eux-mêmes, ou apprirent aux populations à ravir à la mer. Des mines qu'ils surent plus profondément creuser, leur donnèrent dans les Alpes, les Cévennes et les Pyrénées, de précieux revenus.

Ils prirent pied sur cette terre féconde, y établirent des comptoirs, et y firent de fréquents voyages. Des monnaies et des médailles signalent leur passage et leur séjour. Ils fondèrent Nîmes, que le Grecs renouvelèrent plus tard, remontèrent le Rhône et la Saône et jetèrent peut-être à l'intérieur des terres, des villes qui gardèrent quelque chose du génie oriental. Ceux qui venaient de si loin provoquaient une certaine admiration et la supériorité de leur génie industriel et commercial assurait leur influence.

En Gaule, comme partout ailleurs, les Grecs suivirent les Phéniciens. Les peuples ne gardent pas plus la domination dans les affaires que dans la politique. Le changement est la loi perpétuelle de leur existence, et ce changement lui-même est souvent un signe de renouvellement et de progrès.

14 Chapitre premier.

Amollis par les richesses, les Phéniciens avaient déjà : perdu leur prépondérance commerciale, lorsqu'ils furent ; soumis aux Perses. Les Doriens de Rhodes et les i Ioniens de Phocée en avaient hérité. Ces derniers \ fondèrent Marseille, Agde, divers comptoirs et por- ; te rent à l'intérieur leurs marchandises, leur langue et \ leur culture intellectuelle. Mêlés à ces rudes popula- \ lions, ils les façonnèrent à une vie plus douce, à des ': arts plus délicats, à des relations plus fréquentes, à un ! commerce plus hardi. Leur langue harmonieuse péné- ' tra ces idiomes grossiers, les assouplit en les enrichis- i sant, et prépara par une ingénieuse culture, des productions qui ne furent ni sans élégance ni sans grâce, i

Marseille, la ville Phocéenne, eut quelque chose du ;

génie de sa métropole. Elle se répandit au dehors et ■

se multiplia sans s'affaiblir. D'elle sortirent Monaco, \ Nice, Antibes, Eaube, Saint-Gilles, Agde, Ampuries,

Dénia et d'autres villes dont le commerce fit la fortune, ;

et qui donnèrent autour d'elles l'exemple de mœurs 1

plus douces, mais aussi moins pures. La parenté des ;

populations d'une partie du midi avec celles de la Grèce \

se manifeste trop évidemment dans leur caractère, 1

leur esprit et leurs habitudes, pour qu'il soit possible de \

la nier. i

Notre fjénie national s'est formé de ces éléments

divers habilement ou vigoureusement ramenés à l'unité, i

C'est ce qui explique la force et la souplesse qui font sa i

fécondité et assurent sa domination morale. La France ; devait être le résumé de ce qu'il y avait de meilleur dans plusieurs grands peuples.

ira 0aule inîicpcnnante. 15

III, — LES MIGRATIONS des GAULOIS,

E nom des Gaulois a été de bonne heure connu et redouté. Cette double gloire résulte d'invasions hardies et de succès qui, pour n'être pas durables, ne furent pas moins brillants,

A la suite du mouvement impétueux des Belges vers le centre et le midi de la Gaule et de l'établissement d'un certain nombre à Toulouse, une partie de ces populations, soit celle qui fut vaincue et repoussée, soit celle qui, victorieuse, obéissait à une impulsion irrésistible vers de nouveaux hasards, soit un mélange rapidement formé d'anciens habitants et d'envahisseurs, franchit les Pyrénées et se répandit en Espagne. Ceux qui avaient abandonné leur pays n'y revinren pas, et ils se perdirent au milieu de populations vaillantes, elles aussi, et tenaces. Leur nom, pourtant, est resté, et la Galice, située à l'extrémité de la péninsule Ibérique au Nord et à l'Ouest, constate leur incursion et leur établissement.

L'Italie les appela aussi. On croit qu'ils franchirent les Alpes à une époque bien reculée, et qu'ils s'arrêtèrent, sous le nom d'Ombriens (hommes forts) au Sud du Pô, à l'Ouest de la mer Adriatique, sur les frontières orientales de l'Etrurie, dans un pays étroit qui, plus tard, résista longtemps à Rome.

Une autre incursion a une date plus rapprochée et un caractère plus historique. Vers 587, ils prirent en grand nombre cette route de l'Italie qui ne leur avait jamais été fermée, et que leurs descendants connaîtront à leur tour. Obéissaient-ils à leur penchant pour les

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aventures, ou pliaient-ils devant la nécessité? Il est difficile de le dire, mais ils firent une conquête qu'ils gardèrent.

Ils s'emparèrent du pays compris entre la Méditerranée et l'Adriatique et occupèrent les deux rives du Pô. Les Insubres, les Cénomans, les Boies, les Sénons avaient associé leur fortune et partagé la terre conquise. Elle prit leur nom, et la Gaule Cisalpine resta dans son esprit, son amour et ses haines, fidèle à la patrie. Bellovèse avait été le chef de bandes venues de toutes les parties de la Gaule et appartenant à des races diverses. La Cisalpine garda toujours quelque chose de cette diversité.

En 390, une partie de ces conquérants quitta une terre qui ne lui suffisait plus, et demanda aux Étrusques le sol qui lui manquait. Les Étrusques avaient déjà, deux siècles auparavant, reculé devant l'invasion. Ils résistèrent à une prétention qui les atteignait au cœur, et demandèrent des secours à Rome, leur alliée.

Les Sénons assiégeaient Clusium. Des ambassadeurs Romains vinrent leur demander de quel droit ils attaquaient les Étrusques. « Ce droit, répondit le brenn, leur chef, nous le portons à la pointe de l'épée, car tout appartient aux braves. » C'était une réponse hardie et bien dans le caractère de la nation. Les ambassadeurs en furent plus irrités qu'effrayés, et ils prirent une part active à la défense de la ville. L'un d'eux tua même dans un combat singulier, un chef gaulois. C'était une atteinte au droit des gens, et elle devait avoir de graves conséquences.

A une demande de réparation qui ne fut pas écoutée

Ua (5aule inUépcnDante. 17

par les Romains, les Gaulois firent succéder une brusque détermination. Ils quittèrent Clusium qu'ils assiégeaient et marchèrent vers Rome. Ils avaient reçu des renforts qu'animaient l'injure reçue et l'espoir du pillage.

L'armée romaine fut battue sur l'Allia et Rome prise (390 av. J.-C). Ce n'était peut-être pas la première fois, mais le souvenir en est resté longtemps vivant, et toute occasion de venger l'injure a été avidement saisie.

Les historiens romains veulent que les Gaulois aient chèrement payé leur victoire, et que pas un d'eux n'ait survécu à l'attaque de Camille, pour aller annoncer la défaite définitive aux frères qui ne les avaient pas suivis. Il est plus vraisemblable que le gros des forces se retira, et que quelques bandes occupèrent des villes voisines de Rome, où elles restèrent. Tite-Live luimême est un témoin de cette occupation, car il appelle Tibur qui est aux portes de Rome, « la citadelle de la guerre gauloise ».

Mais Rome avait d'autres destinées que ces aventuriers pleins de courage. Elle ne désespéra pas d'ellemême, et ses enfants, en n'abandonnant pas son sol sacré, y ramenèrent la fortune. Rome, d'ailleurs, était la cité, les Gaulois n'avaient pas cessé d'être organisés en tribus. La cité pouvait être vaincue, quand elle se trouvait en présence d'une valeur indomptable; elle ne pouvait être soumise par une organisation moins avancée, qui aurait été incapable de la remplacer.

Rome encore incertaine sur la voie qu'elle devait suivre et les descendants de ces Gaulois qui dépensaient inutilement de si précieuses qualités, devaient

Clovis. 2

i8 Cbapitre premier»

se lencontrer encore et la Providence leur réservait de Sfrandes destinées.

La guerre continua, car Rome ne perdait pas le souvenir de son humiliation et les Gaulois, s'ils n'aspiraient pas à de nouvelles conquêtes, prétendaient, du moins, rester tranquilles chez eux. A Rome, tout mouvement des Gaulois provoquait une profonde émotion. Le «tumulte gaulois 2> amenait une levée générale, et nul ennemi ne fut jamais plus redouté, ni plus haï, ni plus énergiquement combattu.

En 283, le consul Dolabella pénétra chez les Sénons et fit de leur pays un désert. En 232, Rome ordonna le partage entre les citoyens pauvres, des terres conquises, dépouillant ainsi définitivement les malheureux vaincus. Les Boies craignirent un si redoutable voisinage, firent appel à la Cisalpine tout entière et, avec une armée nombreuse, se dirigèrent vers Rome. La ville fut émue mais non effrayée. Deux armées marchèrent contre les envahisseurs, les entourèrent et leur tuèrent quarante mille hommes (225 av.J.-C.).

Une armée romame parut alors dans la Cisalpine et franchit le Pô, afin de profiter du découragement qu'elle jugeait inévitable. Après un premier insuccès, les deux consuls prirent leur revanche, battirent les Lisubres, malgré les secours que la Gaule leur avait envoyés, triomphèrent à Rome avec une solennité exceptionnelle, et purent croire définitive la soumission de leurs éternels ennemis.

Mais Annibal allait attaquer l'Italie. Il avait rencontré dans le midi de la Gaule une résistance qui ne iut pas longue, car ses agresseurs étaient peu nombreux,

Jla Gaule inDépenDante. 19

et sur les bords du Rhône, de la part des Boies, une promesse de concours qui témoignait de leur haine pour Rome. Les Cisalpins furent les meilleurs soldats d'Annibal, et c'est à leur courage et à leur discipline qu'il dut les victoires de la Trébie, de Trasimène et de Cannes.

Lorsque la victoire de Zama et la prise de Carthage eurent consacré la supériorité de Rome, elle reprit et acheva la conquête de la Cisalpine. Les Boies ne voulurent pas subir son joug et allèrent, sur les bords du Danube, chercher une autre patrie à laquelle ils donnèrent leur nom (192 av. J.-C.) Les peuples forts ne meurent pas.

Cette première migration dont l'histoire se termine par la soumission du plus grand nombre et l'exil des tribus les plus fières et les plus indomptables, était composée des nations du centre de la Gaule. Les peuples de l'Est qui avaient obéi à la même impulsion ou à la même nécessité, se dirigèrent vers la Germanie, suivirent le Danube et s'établirent sur la rive droite du fleuve dans les Alpes Illyriennes. Ils y restèrent trois siècles.

Alexandre les rencontra dans une de ces expéditions par lesquelles il préparait son armée à la conquête de l'Asie. Ils vinrent vers lui. Que craignez-vous ? leur demanda ce jeune roi. — La chute du ciel, répondirent-ils. Alexandre les trouva fiers et leur donna le titre d'alliés et d'amis.

Après sa mort, la Grèce fut soumise à la Macédoine, et ses rois s'attachèrent comme mercenaires, les Gaulois de l'Illyrie et du Danube. C'était exciter leur

io Chapitre premier,

appétit. Vers 2S0, les Tolistoboïes, les Trocmesetles Tectosages appelés par eux, ou attirés par l'espoir d'un grand butin, envahirent la Thrace et la Macédoine. Malgré de vigoureuses résistances, ils firent partout des ravages épouvantables. € Ce n'était pas une guerre de liberté, comme au temps des Perses, dit Pausanias. mais une guerre d'extermination. » Comment ces rudes populations n'auraient- elles pas lourdement pesé sur un pays riche, divisé, et qui n'avait plus confiance en lui-même ?

Les Macédoniens furent écrasés et les Gaulois pénétrèrent en Thessalie. Repoussés des Thermopyles, ils se dirigèrent vers Delphes, dont les trésors excitaient leur avidité. Le dieu, disent les historiens grecs, se défendit lui-même. Un tremblement de terre et une affreuse tempête firent périr un grand nombre d'ennemis. Les habitants, le froid et la faim eurent raison du reste, et les Gaulois, saisis de terreur, se retirèrent précipitamment (279 av. J--C.). On dit que leur brenn désespéré de l'insuccès et peut-être accusé par les siens, car les aventuriers doivent toujours réussir, se donna la mort.

La défaite sépara ceux que le succès aurait unis. Les débris de cette armée formidable se divisèrent. Les uns revinrent vers le Danube, les autres restèrent en Thrace, mais tous mirent, pour de l'argent, leur valeur à la disposition de ceux qui pouvaient les payer, a Les rois de l'Orient les prirent à leur solde, dit Justin, et leur bravoure devint si célèbre, qu'il y eut bientôt dans toutes les contrées Asiatiques des troupes de Gaulois auxiliaires. Ils inspiraient une telle terreur, et

Ua Gaule inncpentiante. 21

l'on croyait si bien au bonheur de leurs armes, qu'aucun prince ne se croyait sans leur appui, sûr de sa puissance. »

Les Gaulois du Danube combattirent pour des causes diverses avec un courage auquel les ennemis eux-mêmes rendaient hommage. Ils marchèrent même vers l'Italie, mais arrêtés par l'Adriatique, ils finirent par se perdre au milieu de ces populations sans consistance, que les hasards de la guerre poussaient en tous sens.

Ceux de la Thrace passèrent en Bithynie, et, après avoir servi les rois, tentèrent un établissement durable. Ils se fixèrent, sous la conduite de plusieurs chefs, dans la contrée qui, de leur nom, fut appelée Galatie. Ils y portèrent le butin amassé pendant quarante années, à travers des villes et des États que réduisait à l'impuissance une attaque audacieuse et soudaine, soutenue par une bravoure à toute épreuve.

Rome les vainquit, mais leur laissa la liberté, soit par politique, soit par respect pour leur valeur. Auguste qui voyait dans l'unité la condition d'une longue vie pour l'empire, les réduisit en province, 25 ans avant Jésus-Christ. Mais cette soumission n'altéra pas leur caractère et n'affaiblit pas leur énergie. On reconnut pendant longtemps encore les Gaulois au milieu des populations diverses de l'Asie-Mineure, à leur langue, à leur costume, à leur esprit aventureux, et on parlait d'eux avec le respect dû à des braves.

Côapîtrc premier.

LES MŒURS des GAULOIS.

ES trois races de la Gaule étaient divisées en un grand nombre de tribus et plus tard de cités. S'il y avait un caractère commun, on pouvait distinguer pour la plupart des nations, des traits

particuliers selon la partie de la Gaule qu'elles habitaient et ■ les faits qui avaient marqué !

leur histoire.

Ils aimaient la guerre, la \ considéraient comme l'occu- i pation la plus digne de l'homme, s'irritaient contre les obsta- | clés, étaient sen- ))| sibles à toute !

îi insulte et croy- j |i.v^j aient que tout

couteau d'une seule pièce

fer de lance

Armes et instruments, en bronze, trouvés sur l'emplacement d'un village gaulois, dans les fouilles du lac de Bienne.

Ma Gaule iiiDépentiante,

devait céder devant la valeur. Rome qui les connaissait par les désastres qu'ils lui avaient infligés avant qu'elle fût parvenue à leur imposer son joug, les distinguait par une double supériorité : l'art militaire et celui de la parole.

« Ils sont, dit Diodore de Sicile, de grande taille, ont la peau blanche et les cheveux blonds.» Ils avaient pour vêtement des tuniques de diverses couleurs, de larges braies et une espèce de manteau, dont la forme s'est conservée jusqu'à ces derniers temps sur quelques points des Cévennes.et qui ressemble aux dalmatiques de nos cérémonies religieuses. Ils se protégeaient dans les combats, par des casques, des boucliers et des cr.irasses de fer. C'était moins pour se mettre à l'abri des coups, que pour être assurés de pouvoir combattre plus longtemps. Ils avaient de longues épées et des piques pesantes qu'ils lançaient avec force, et retiraien": aussitôt après les avoir enfoncées dans les armes ou dans le corps de l'ennemi.

Ils combattaient du haut de chars qui les emportaient au loin, sans ordre, et grâce auxquels ils pouvaient se trouver partout où il y avait des coups à donner et des exploits à accomplir. Ils aimaient la louange et la gloire qu'elle donne. Ils en connaissaient le pri-x et en savouraient la délicatesse, plus sensibles cependant à une certaine exagération, qu'à la justesse. Leur caractère était mobile, impétueux, tout en dehors, avec quelque chose d'insouciant et de chevaleresque. Ils aimaient la nouveauté et se plaisaient aux aventures. La guerre n'était pas leur unique occupation, mais ils la. considéraient comme le plus digne errbploi de la

I Poteries gauloises trouvées dans les fouilles du lac de Bienne. |

et ^ ^

Un repas gaulois. — D'après un bas-relief découvert à Paris. | ^

Ha Gaule mtépenrîante, 25

force, de l'adresse et du courage. Aussi lorsqu'ils ne purent la faire pour leur compte, ils vendirent leurs bras, et se montrèrent fidèles à ceux qui avaient payé leurs services.

« L'instinct de la guerre est si naturel chez les Gaulois, dit Chateaubriand, que souvent dans la mêlée, les soldats deviennent des généraux, rallient leurs compagnons dispersés, ouvrent un avis salutaire, indiquent le parti qu'il faut prendre. Rien n'égale l'impétuosité de leurs attaques : tandis que le Germain délibère, ils ont franchi les torrents et les monts ; vous les croyez au pied de la citadelle, et ils sont au haut du retranchement emporté. En vain les cavaliers les plus légers voudraient les devancer à la charge, les Gaulois rient de leurs efforts, voltigent à la tête des chevaux et semblent leur dire : « Vous saisiriez plutôt les vents sur la plaine, ou les oiseaux dans les airs. )>

«Tous ces barbares avaient la tête élevée, les couleurs vives, les yeux bleus, le regard farouche et menaçant ; ils portaient de larges braies et leur tunique était chamarrée de morceaux de pourpre ; un ceinturon de cuir pressait à leur côté leur fidèle épée. L'épée du Gaulois ne le quitte jamais : mariée pour ainsi dire à son maître, elle l'accompagne pendant la vie, elle le suit sur le bûcher funèbre, et descend avec lui au tombeau. Tel était le sort qu'avaient jadis les épouses dans les Gaules, tel est celui qu'elles ont encore au rivage de l' Indus. »

On a dit beaucoup de bien et beaucoup de mal de leurs mœurs. On comprend ce que doit être la conduite partout où règne l'erreur religieuse. La vraie notion de

26 chapitre premier.

Dieu révèle à l'homme sa subordination et la nécessité de l'accomplissement du devoir. Dans l'idolâtrie, on rencontre assurément de glorieux exemples de mœurs pures, mais ce sont des exceptions, car il est impossible que le grand nombre ne s'abandonne pas, en étouffant la voix de sa conscience, à la tendance de notre esprit « incliné au mal dès son enfance ».

La femme était l'objet d'un certain respect et on reconnaissait en elle quelque chose de sacré. Elle pouvait choisir son mari et la polygamie était interdite. Ce que le mari et la femme apportaient en mariage, était mis en commun, servait à l'entretien de la famille et devenait la propriété du survivant.

Elle était reine au foyer domestique, mais rien ne nous permet de nous rendre un compte exact de la nature de son pouvoir. En dehors de l'esprit chrétien, la femme a partout une situation inférieure, et alors même que l'on paraît l'honorer davantage, elle paie toujours de quelque manière ce qu'on veut lui accorder.

L'autorité paternelle était absolue. Tous dans la famille, la reconnaissaient et s'y soumettaient, la femme comme les enfants. La tradition lui assurait des droits. On doit croire que l'affection lui imposait des devoirs.

Lorsque le chef de famille mourait, il fallait d'abord se convaincre qu'il n'était pas victime d'un crime. Si l'on avait des soupçons, et que la mort ne parût pas naturelle, les femmes et les enfants subissaient la torture, comme les esclaves, et les coupables périssaient par le feu. On correspondait des deux côtés de la tombe, et, après avoir brûlé ce que l'on savait cher au défunt, ses clients, ses esclaves, ses chevaux, les objets à son

ira Gaule innépcntiantc.

usage, on jetait sur le bûcher des lettres clans lesquelles on exprimait ses regrets, et l'on donnait ses commissions pour les âmes dans la société desquelles il allait désormais vivre.

Il n'y avait pas, en dehors de la corporation des Druides, de culture littéraire. On sait seulement que les exploits des guerriers étaient célébrés par les bardes dans des chants que l'on aimait à entendre, et les croyances religieuses exposées dans de longs poèmes réservés à quelques-uns.

Rien n'était écrit, afin que nul profane ne pût pénétrer le secret de la doctrine sacrée. Les prêtres et les prêtresses passaient de longues années à étudier ces formules, et ils devaient les réciter avant d'entrer dans les collèges et de pouvoir exercer leur ministère.

Ces poèmes hiératiques se composaient de plusieurs milliers de vers, et quelques-uns avaient un développement qui exigeait de grands efforts de mémoire.

Ils adoraient les forces

delà natUre,tOUt ce qu'ils Taranis, Dleuua Tonnerre, chez les Gaulois.

sentaient supérieur à l'homme. Ils s'élevèrent bientôt

28 Gfjapitce premier.

de ce culte matériel des astres, du tonnerre, de la mer, des vents, des pierres, des arbres, des montagnes, à celui des génies qu'ils crurent attachés à l'existence de ces divers objets. Ils déifièrent enfin les forces générales du monde, de l'âme, de la société. Leurs dieux furent d'abord de simples abstractions ; ils les revêtirent ensuite de formes humaines, et Rome, lorsqu'elle voulut s'assimiler entièrement la Gaule, n'eut qu'à changer les noms des dieux : leurs attributs ne différaient pas, et la Gaule n'eut pas de peine à suivre Rome. Là aussi, comme chez elle, l'anthropomorphisme était devenu la dernière évolution de l'erreur religieuse.

Le culte mystérieux, effrayant par ses cérémonies, ses victimes et les lieux où il se produisait, était pour quelques-uns un secret fidèlement gardé, pour le plus grand nombre, le principe d'une terreur superstitieuse. Les dieux n'inspiraient aucun amour ; ils étaient faits pour être redoutés, et l'homme ne pouvait les apaiser et se les rendre favorables que par une obéissance absolue à l'autorité des Druides et l'accomplissement des rites sacrés.

On a présenté ces prêtres comme dépositaires de vérités qu'ils gardaient jalousement pour eux. On a supposé qu'ils avaient un corps de doctrines beaucoup plus pures et plus élevées que celles du polythéisme grec et romain. Il est facile de leur attribuer, sans crainte d'être démenti, tout ce que l'on veut. Ni un écrit, ni un monument, ni une tradition ne s'opposeront à ces affirmations. Le respect et l'intérêt avaient fermé les lèvres des initiés et la terreur aurait retenu ceux

ira Giaule innépcnnante.

qu'une indiscrétion aurait pu tenter. C'était peut-être le moyen d'exercer une influence plus souveraine. C'était assurément le moyen de n'être pas discuté.

Autel gaulois trouvé dans les fondements de Notre-Dame de Paris, en 1 7 1 1.

Les sacrifices humains étaient fréquents. On immolait des prisonniers de guerre envers qui on n'était tenu à aucune pitié, des malfaiteurs pour qui une pareille mort était trop douce, et quelquefois un sang plus pur coulait sous le couteau sacré. On croyait en Gaule, comme chez un trop grand nombre d'autres peuples, honorer les dieux en les outrageant, et s'attirer leur faveur en violant les droits de l'humanité.

Les Druides formaient une caste à part qui avait de nombreux privilèges, était exempte d'impôts et comprenait, sous des noms particuliers, trois ordres distincts. L'ordre inférieur était celui des bardes qui conservaient les généalogies, les traditions, les souvenirs du passé et chantaient les exploits présents dignes d'être

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conservés à la mémoire. Les ovates fo/maient le second ordre. Ils étaient chargés de toutes les cérémonies du culte et de la célébration des sacrifices. C'était une science très compliquée et très importante. L'efficacité des prières et des offrandes tenait à la fidélité avec laquelle les paroles étaient prononcées et les rites accomplis. Il y avait donc pour les ovates une grande responsabilité et l'ignorance ne leur était pas moins interdite et n'aurait pas été moins punie, que la négligence ou la mauvaise volonté. Mais ils étaient nécessaires. Les Druides proprement dits, bien que le nom s'appliquât à la hiérarchie tout entière, étaient les prêtres suprêmes. Ils devaient avoir la science, et ne rien ignorer de ce qui se rapporte aux hommes, aux sacrifices, et aux dieux. Ils eurent longtemps la puissance politique unie à leur ministère sacré, et leur parole était souveraine. Un chef élu parmi ceux que l'âge et la sagesse avaient signalés, était le représentant j de cette autorité et il l'exerçait d'une manière absolue, grâce au concours de ses prêtres, et à la foi du peuple. i L'élection du Druide suprême soulevait les plus hautes j questions et, comme elle touchait à des intérêts impori tants et délicats, elle amenait souvent la guerre entre les diverses tribus.

Une assemblée annuelle se tenait sur le territoire des Carnutes, dans un lieu que l'on considérait comme le centre de la Gaule, et où l'on venait de toutes parts. Les Druides dont la vie cachée augmentait l'autorité, se montraient alors, faisaient les sacrifices, inspiraient les résolutions relatives à l'intérêt commun et, par leurs jugements, mettaient fin à des différends particuliers.

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Ils rentraient ensuite dans leurs forêts et l'isolement augmentait leur prestige.

Ils exercèrent longtemps un pouvoir politique, et rien ne fut fait, alliance, paix, guerre, expéditions qu'avec leur agrément ou par leur ordre. Ce régime sacerdotal se maintint pendant des siècles. Il contribua à établir et à conserver une espèce d'unité entre ces confédérations composées d'éléments si nombreux et très souvent divisées par l'intérêt. Attaqué d'abord discrètement, puis avec plus d'audace par les grands dont il contenait l'ambition, il succomba vers le troisième siècle avant notre ère. Ces luttes intérieures n'avaient peut-être pas été étrangères aux grandes migrations et aux tentatives partielles de déplacement des populations d'une partie de la Gaule.

La victoire de l'aristocratie ne fut pas définitive, ni .son triomphe paisible. Il y eut des retours offensifs de la part des partisans des Druides. D'un autre côté, les villes se formaient, s'agrandissaient par le travail, s'enrichissaient par le commerce, et avaient conscience de leur force. Elles aidèrent les Druides, se promettant bien de travailler pour leur propre compte, lorsque les grands seraient renversés. Les di/isions intestines devinrent ainsi de plus en plus nombreuses et profondes dans la Gaule, et malgré le courage individuel des guerriers et la haute réputation de certains peuples, elle était véritablement réduite à l'impuissance, lorsque maîtres de l'Italie, les Romains aspirèrent à de nouvelles conquêtes.

On trouve en France de nombreux monuments druidiques. C'est le seul souvenir durable qu'aient laissé

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nos pères. Ils n'élevaient pas de grands monuments : leurs villes étaient assurément modestes dans les édifices publics comme dans les demeures particulières, et toute leur industrie a consisté à soulever, à aligner et à accumuler des pierres.

Ils accomplissaient ainsi des devoirs sacrés, plutôt qu'ils ne cherchaient à conserver des souvenirs politiques ou de famille. La signification de la plupart de ces monuments informes nous échappe, mais on ne peut les con-

La Haute-Borne, menhir élevé sur les limites des SlQCrer SanS y trOU- Leuci, département de la Haute-Marne, vpr dpS DrPUVPS dp

force physique et des témoignages de foi religieuse.

Cesmonuments ont desnoms différents et présentent des caractères divers. Les peulvan ou menhirs sont des blocs de pierre, non travaillés et plantés en terre comme des signaux ou des guides. On dirait, à les voir isolés sur des points culminants, de vigilantes et silencieuses sentinelles. Réunis en ligne, ou disposés en cercle, ils forment des cromlechs. Ce sont des

Ua Gaule întiépenDante.

avenues qui conduisent à un point central, ou des cercles qui en entourent d'autres.

Allée couverte, ou Roche-atix-fées à Bayeux.

Les dolmens sont deux pierres sur lesquelles repose une troisième de grande dimension, formant une table

I Dolmen près de Saint-Nazaire, département de la Loire-Inférieure. | et ^

sur laquelle ont pu être déposées des offrandes ou immolées des victimes.

Clovis.

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On a cru y trouver de grossières ou informes représentations, que l'on a voulu faire remonter jusqu'à l'époque druidique. Comme elles sont infiniment différentes de caractère, et qu'on ne peut reconnaître aucune ressemblance entre elles, il est bien difficile d'y voir autre chose que le produit d'une fantaisie accidentelle et l'industrie capricieuse de quelque oisif.

Ces pierres transportées souvent à de grandes distances du lieu d'où elles ont été extraites, prouvent combien était puissante la foi de la Gaule, et montrent que des peuples qui nous paraissent dénués des moyens mécaniques dont nous disposons, pouvaient cependant exécuter, pour l'accomplissement d'un devoir religieux ou sous une inspiration patriotique, des travaux considérables et qui exigeaient de grandes forces.

Ce que les historiens nous ont transmis des Gaulois et les souvenirs qu'ils ont laissés dans l'esprit de leurs vainqueurs, suffisent à nous montrer tout ce qu'il y avait en eux de force véritable, et quelles espérances d'avenir ils avaient le droit de concevoir.

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