‹ Clovis et les origines de la France chrétienneChapitre 7 sur 33 · II. — LA DOMINATION ROMAINE · texte numérisé non relu

II. — LA DOMINATION ROMAINE

'ENDANT la guerre civile, la Provence se prononça pour Pompée. César prit Marseille, lui enleva sa liberté, ses armes, son rang, et la ruina. Auguste exclut du sénat les Gaulois, augmenta les tributs et transporta le siège de l'administration à Lyon, ville nouvelle, qui se montra reconnaissante en inaugurant le culte de l'empereur. Soixante cités gauloises élevèrent un autel à Auguste, au confluent de la Saône et du Rhône. Les divinités gauloises s'unirent aux divinités romaines. Il y avait pour tout l'empire le même maître, les mêmes lois, une même langue, il devait y avoir les mêmes dieux. Les Druides n'acceptèrent pas sans protester ce changement qui portait une atteinte profonde à leur autorité. Leur influence avait bien diminué, mais ils espéraient toujours la rétablir, et on retrouve leur main dans toutes les intrigues qui provoquèrent des soulèvements.

La Gaule était une province impériale, c'est-à-dire dépendant directement de l'empereur. Elle fut divisée en trois parties: l'Aquitaine entre les Pyrénées, les Cévennes et la Loire; la Belgique entre la Seine et le

Clovis. a.

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Rhin; la Lyonnaise entre la Seine et la Loire : elle comprenait tout le centre. Une quatrième partie qui dépendait du sénat, se composait de la Province qui prit le nom de Narbonnaise.

Mais la Gaule cessait d'être elle-même, et l'Italie essayait de se l'assimiler. « L'antique société gauloise fut bouleversée dans ses fondements, dit Amédée ' Thierry; les centres d'autorité ou d'influence furent \ changés ou rattachés à des idées d'un autre ordre; j l'institution de la clientèle, source de la puissance des ; grandes cités, n'exista plus; le territoire même de ces j grandes cités fut morcelé, et leurs tribus éparpillées. » | Il y eut unité de pouvoir, unité d'administration, unité j de religion, et l'on put dire avec vérité que la Gaule j était devenue une seconde Italie. Rome n'assimilait que j pour absorber. j

Mais l'esprit d'indépendance n'était pas mort. Sous ; Tibère, Julius Florus essaya de soulever les Belges, et Sacrovir, dont le nom n'est peut-être qu'une traduction du nom de Druides, tenta d'entraîner les peuples de la Celtique (21 ap. J.-C.).

Rome s'effraya, mais ces excitations restèrent sans effet, et les deux chefs de la révolte furent réduits à se tuer eux-mêmes.

Caligula qui avait auprès de lui les Gaulois les plus illustres, traita la Gaule en pays conquis, et y exerça ses fureurs. Il y vendit ses meubles les plus précieux, et y remplit son trésor par le meurtre des représentants des plus nobles familles. Claude eut pour la Gaule une certaine tendresse. C'était sa patrie, et il lui ouvrit j les portes du sénat. Le discours qu'il prononça pour

jia Gaule isous les BLomams. 51

demander que les Gaulois fussent assimilés aux Romains, nous a été transmis par Tacite (') qui lui a donné son tour oratoire, et une plaque de bronze trouvée à Lyon nous a conservé ses propres paroles. Il vit dans les Druides les derniers défenseurs de l'indépendance nationale, et il les poursuivit avec une sévérité qui courba, pour un moment, les volontés les plus rebelles, mais rendit les haines plus vives.

Néron fut favorable à la Gaule, et, pendant qu'il abattait à Rome les têtes les plus hautes, il s'efforçait d'enrichir une province oii, en sa qualité d'artiste, il se réjouissait de voir les écoles florissantes, les grammairiens respectés, les rhéteurs tout-puissants et les acteurs applaudis. C'est de la Gaule que partit le mouvement qui le renversa. Yindex pro-préteur de la Gaule, « plein d'audace pour les grandes choses », excita Galba et souleva les légions de Germanie. I! se tua de désespoir après avoir fait un empereur.

La Gaule se rangea du côté de Vitellius, et vit avec douleur le succès de Vespasien. Le Batave Civilis avait cru le moment favorable pour la conquête de l'indépendance. Les Druides portèrent de tous côtés le souffle de la révolte. Ils annonçaient la chute de la puissance romaine et promettaient aux Gaulois dignes de leur ancienne liberté, les destinées les plus brillantes. Sabinus fut proclamé empereur. On joignait à son nom celui de Julius, et on le disait fils du conquérant des Gaules. Rome n'eut pas besoin d'envoyer ses légions, et les Gaulois restés fidèles suffirent pour ramener l'ordre

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