I. Annales, livre Xi
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un moment troublé. Sabinus abandonné, fut défait 1 par les Séquanes, et se réfugia dans une caverne où il i demeura dix ans caché avec sa femme et ses enfants. \ Ils furent découverts et amenés à l'empereur, qu'Épo- j nine essaya de fléchir, en lui présentant ses enfants et en lui faisant un tableau touchant de sa vie souterraine. ! Les exigences de la politique l'emportèrent sur la com- 3 passion. Sabinus fut condamné. Éponine demanda comme une grâce de partager son sort et dit à l'empereur: « J'ai été plus heureuse avec lui dans les ténèbres, | I que toi dans la puissance suprême. » L'empereur est ! petit à côté de cette vaincue.
La Belgique et la Batavie résistèrent plus longtemps. Le général Romain Cérialis fut deux fois surpris, et n'échappa à un désastre que par des prodiges de valeur qui lui assurèrent une double victoire. Mais la résistance ne fut pas brisée et la guerre ne se termina que par la soumission de Civilis et de la Druidesse Velléda, qui avait exercé sur les Gaulois une influence souveraine, en leur promettant non seulement la liberté, mais l'empire du monde.
La Gaule n'était plus elle-même. Les relations avec l'Italie, l'admission dans les légions, les écoles avaient dompté la résistance, et effacé tout ce qui pouvait séparer. La Gaule intervenait dans les affaires de Rome. Antonius Primus qui donna le trône à Vespasien était de Toulouse; Agricola qui soumit la Bretagne à Domitien était né dans la Province, Antonin le Pieux appartenait à une famille de Nîmes, et Caracalla avait Lyon pour patrie.
Ainsi, au premier siècle, la Gaule avait créé des
3ia Gaule 0ous leis BLomaîng.
empereurs, au second, elle en avait fourni, au troisième, elle essaya de former un empire. Des Césars gaulois se succédèrent de 260 à 273. Plusieurs d'entre eux ne manquaient ni de valeur militaire, ni de talent administratif, et ils opposèrent une résistance souvent victorieuse au mouvement qui venait d'au-delà du Rhin. Claude II, Aurélien et Probus firent plus qu'eux. Ils
Claude, empereur. Probus, empereur.
rejetèrent les Germains dans leurs forêts, mais ce ne fut pas pour longtemps, car l'empire devenait de jour en jour une proie plus tentante et plus facile à saisir.
D'ailleurs les Barbares étaient entrés dans les armées et ils ne tardèrent pas à y exercer des commandements. Pourquoi n'auraient-ils pas été amenés à faire servir à l'accomplissement de leurs projets, cette force dont ils disposaient?
Dioclétien donna quatre maîtres au monde (284), espérant qu'ils s'annihileraient mutuellement, etseraient plus redoutables aux ennemis du dehors. Un grand changement s'opère dans la constitution même de l'empire, et à côté du despotisme qui s'organise pour durer, on voit se développer à l'intérieur un esprit nouveau,