PRÉFACE V
Sa corde est longue, et elle pourrait p^tre uiie herbe grasse et verte pendant deux heures. Mais elle commence toujours par tirer sur son, lien et manger à l'exlrémité de sa corde, se mettant sur les genoux, dont le poil est usé, pour atteindre plus loin, attirant du bout de la langue des brins d'herbe hors de sa portée, et faisant tant d'efforts, que son collier l'étrangle et la fait tousser. Ce n'est que lorsqu'elle a maugé au ras de la terre l'herbe qui paraissait hors de sa portée, qu'elle se décide à manger celle qu'elle peut atteindre plus facilement, tout eu faisant de nouveaux efforts de temps en temps et en donnant des secousses à sa corde.
Pour rherbe qui est au centre, elle ne la touche pas, quelque bftlle et appétissante qu'elle soil; elle ne la mange que lorsqu'on a planté plus loin le piquetqui l'attache et que cette berbe se trouve à son tour placée à l'extrémité du nouveau cercle qu'il lui est permis de parcourir.
C'est précisément ce que nous faisons tous dans la vie... Chacun de nous a son piquet, sa corde et son cercle tracé. Presque toujours, au dedans du cercle, il trouverait une pâture facile pour son corps, pour son esprit et pour son cœnr.
Chaque pelouse a au moins ses pâquerettes. Eh