‹ Clovis [microform]Chapitre 31 sur 41 · III. — LOI SALIQUE · texte numérisé non relu

III. — LOI SALIQUE

La plus ancienne rédaction latine de la Loi salique paraît être due à Clovis. Avant lui, cette loi était déjà arrêtée et fixée dans un ensemble de formules non écrites, mais confiées à la mémoire, et conçues dans l'idiome germanique des Francs. Cette rédaction germanique primitive, non mise par écrit, c'est évidemment celle qui fut l'œuvre des quatre prud'hommes, au dire de la tradition franque. Faite en terre germanique et par un peuple qui ne connaissait encore les Romains que comme des ennemis, elle ne pouvait être qu'en langue franque (1). Il

(1) C'est l'idée qui est à la base des traditions, et lorsque celles-ci disent que les auteurs de la loi la firent outre-Rhin, elles se trompent sans doute

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APPENDICES

s'en est conservé de curieux vestiges dans les gloses malbergiques ajoutées au texte de la loi par plusieurs manuscrits. Cf. Kern, Notes on the Frankish words in the Lex salica^ dans Hessels et Kern, Lex salica^ pp. 433-435.

Tout porte à croire que la première rédaction latine de la loi et sa mise par écrit sont du temps de Clovis. Le Grand Prologue de la loi, sans le dire explicitement, marque cependant en termes formels le souvenir de laclivité législative de ce roi ; l'épilogue parle également de Clovis, bien qu'il ne le nomme pas, et tous les deux ajoutent qu'il a fait des additions à la loi. Celle-ci ne peut donc pas être postérieure à Clovis, puisqu'il Ta complétée ; elle ne lui est pas antérieure non plus, puisqu'on ne prononce le nom d'aucun de ses prédécesseurs. Comme elle ne présente pas la moindre trace d'influence chrétienne, il semble bien qu'elle ait été rédigée avant hi conversion des Francs au christianisme. Le Grand Prologue dit formellement que la nation franque lit sa loi diim adhuc teneretur barbara. Il est vrai qu'il semble faire ici allusion à la rédaction germanique ; mais le manuscrit de Leyde se réfère à la rédaction de Clovis lorsqu'il écrit : Non est sacramentum in Francos ; quando illi legem composuerunty non erant christiani.

On croit retrouver la rédaction de Clovis dans le texte où la Loi saliqne se compose de soixante-cinq titres, dont ledernier est intitulé : De caballo e.vrorticato. Ce texte est celui du manuscrit 4404 de la Bibliothèque de Paris, qui est donné pour le plus ancien dans les éditions de Pardessus, de Merkel et de Hessels. L'épilogue dit en termes formels que le roi des Francs, qu'il ne nomme pas et qui parait être Clovis, ajouta trois titres à la loi, et que dès lors il y en eut soixante-huit. Le manuscrit de Leyde contient une notice disant que les quatre prud'hommes auteurs de la Loi salique se sont arrêtés au titre de mitio fnstito ;oT ce titre est, en effet, le soixante-sixième dans

au point de vue géographique, mais elles ne font qu'accentuer l'origine toute germanique de la loi. •

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