ACTE I , SCÈNE III
Mais les Francs ne sont plus cachés dans leurs forêts. Au grand jour maintenant l’Europe les contemple ; Et Clovis est venu pour leur servir d’exemple.
m SYAGRIÜS.
Je ne partage point, madame, ces frayeurs,*
La mort est peu de chose après tant de malheurs :
Je l’ai cent fois bravée ; et le soin de la vie Passe aux yeux d’un guerrier pour une ignominie. Mais je tiens à l’amour , à vous , à votre foi ;
Et la crainte en mon cœur pénètre malgré moi.
On parle d’un héros , qui , par un grand courage , Sur Clovis et les Francs a pris quelque avantage ;
Qui , des rois de Cologne héritier orgueilleux,
Amis à vos genoux sa couronne et ses vœux.
Clovis ne pourrait-il protéger sa tendresse ?
EUDOMIRE.
Je serai de ma main souveraine maîtresse :
Mon frère , qu’un tel soin n’importuna jamais , DeClodéric peut-être ignore les souhaits.
Cessez de redouter ce courtisan sauvage ,
Qui toujours altéré de sang et de carnage ,
Par des fureurs toujours prêt à se signaler ,
Semble mettre sa gloire à me les étaler.
Dans cette âme superbe et de meurtres nourrie ,
Que les pleurs des vaincus n’ont jamais attendrie , Un sentiment d’amour a-t-il pu pénétrer ?
Quand il l’éprouverait pourrait-il l’inspirer?
Laissez là Clodéric , ses feux , son diadème.
C’est bien assez....
MATHILDE
Madame , il approche lui-même.
CLOVIS
EUDOMIRE.
Sortez ; que dans ces lieux il ne vous trouve pas.