SCÈNE III
MATHILDE, SYAGRIUS, EUDOMIRE, CÉSAIRE , gardes.
EUDOMIRE.
Clovis a triomphé , seigneur , et dans ce jour Il m’annonce à la fois sa gloire et son retour.
Une raison puissante , et que je dois vous taire ,
A ses yeux quelque temps me force à vous soustraire.
Moi , madame !
CÉSAIRE
A ses jours voudrait-il attenter ?
EUDOMIRE
Est-ce en proscrit, seigneur, qu’on me le voit traiter ? Vous ai-je refusé cette longue entrevue ?
Ai-je mis sur vos pas une garde assidue ?
Il est dans ce palais aussi libre que moi.
CÉSAIRE
Vous craignez cependant la présence du roi.
Madame , pardonnez aux terreurs de Césaire.
Mais l’usage des Francs, le meurtre de mon frère Ont droit de m’alarmer pour les jours de son fils. Quels que soient pour vos vœux les égards de Clovis , Son peuple et ses guerriers chérissent la vengeance ,
Et peuvent d’un grand cœur enchaîner la clémence.
EUDOMIRE.
Tels furent nos aïeux et leurs sanglans arrêts.