‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 3 sur 74 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

CÉSAIR&, SINORIX.

SINORIX.

«Te yods revois, Césaire, et je m’en crois à peine. Dans les murs de Soissons quel projet vous ramène? Seul guerrier, qui peut-être, en ces temps corrompus, Des Romains du vieux temps rappeliez les vertus, Frère d’Egidius, ministre de Byzance,

Que promet aux Romains sa tardive existence?

Égidius est mort , et son malheureux fils Est tombé comme nous dans les fers de Clovis.

CÉSAIRE

Sinorix , je le vois , est digue de m’entendre.

Qui plaint sa liberté doit vouloir la reprendre.

Et Césaire à vos yeux peut trahir ses desseins, Puisqu’il retrouve en vous un ami des Romains. Clovis , 2'. édition. t

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De vos regrets pourtant que faut-il que je pense ?

Vous en qui la valeur égale la naissance ,

Dont le père et l’aïeul , morts sous nos étendards,

Des Sicambres deux fois ont sauvé ees remparts ,

Vous embrassez leur cause et servez sous leurs princes.

SINOR1X.

Le sort au roi des Francs a livré nos provinces.

J’ai fait pour les sauver de glorieux efiorts ;

J’ai prodigué mon sang , affronté mille morts.

Mon devoir maintenant est de changer comme elles, Pour alléger le poids de leurs chaînes nouvelles. Admis dans cette cour, sans l’avoir souhaité,

J’ai souvent du Sicambre adouci la fierté.

Mais la Gaule au Sicambre est à regret soumise ;

Et je brise son joug , si mon pays le brise ;

Mon pays a mon cœur et mon premier serment.

CÉSAIRE

Un grand cœur , Sinorix, jamais ne se dément.

Vous savez dès long-temps quelle haine m’anime Contre ces étrangers dont le joug nous opprime ,

Ces flots de conquérans , de qui l’avidité Partage des Romains l’empire ensanglanté.

J’ai contre eux quarante ans éprouvé mon courage ;

Et la haine en mon cœur triomphe encor de l’âge.

Cette haine partout cherche à les diviser ;

Et l’un par l’autre enfin je les veux écraser.

SINORIX.

Je reconnais Césaire aux projets qu’il embrasse.

CÉSAIRE

Deux éclatans succès en excusent l’audace.

Quand je vis l’Occident crouler de toutes parts ,

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