‹ Clovis, tragedie en cinq actes;Chapitre 34 sur 74 · CÉSAIRE , SYAGRIUS · texte numérisé non relu

CÉSAIRE , SYAGRIUS

SYAGRIUS

Souffrez que je la suive , et de ce qui se passe.... CÉSAIRE.

Eh ! ne le vois-tu pas ? c’est toi que l’on menace.

Les Francs à Clodéric s’unissent contre toi:

Leur avide fureur te demande à leur roi.

SYAGRIDS.

Moi , seigneur ! et Clovis a couru me défendre !

, CÉSAIRE

Qu’il les appaise ou non , garde toi de l’attendre !

On accorde souvent à la soumission Ce que l’orgueil refuse à la rébellion.

Chaque jour ces périls menaceront ta vie.

Leur haine ne mourra qu’après s’être assouvie.

Tu sais par quels chemin» on peut les éviter.

Sortons de ce palais , viens , il faut se hâter.

Viens, mon fils ; laisse-là ces Francs qui te détestent. Jette-toi dans les bras des amis qui te restent.

Leur zèle , avec la nuit , prêt à se signaler ,

N’attend que les renforts que j’ai su rassembler :

A ta valeur enGn tout un peuple se livre.

Sous le joug du Sicambre il refuse de vivre.

Dans ce palais surpris il veut l'exterminer ,

Et sur son corps sanglant il doit te couronner.

SYAGRIUS

Juste ciel ! quel moment choisit votre vengeance?

4s CLOVIS,

F.udomire et Clovis embrassent ma défense.

Ils protègent mes jours , vous proscrivez les leurs , Ft voulez que mon bras seconde vos fureurs.

De mon sort, de ma foi , je ne suis plus le maître j J’acceptai des bienfaits , je dois les reconnaître.

Je serais criminel si j’osais l’oublier.

CÉSAI RE.

La couronne t’attend pour te justifier.

SYAGRIUS

Des Césars d'Orient laissez là les maximes.

Malheur à qui s’élève et règne par des crimes !

Si j’étais sur le liône, on m’y verrait mourir ;

Mais jamais à ce prix je n’en veux acquérir.

CKSAIRE.

La Gaule te le donne , et ses peuples fidèles....

8YAGRIUS.

Mais l’intéiêt du peuple est-il dans ces querelles ? Sort afiieux des états en proie aux factions !

Chacu .<■ a ses projets et ses opinions;

Et , soit que le destin les élève ou les brise ,

De l’intérêt public chacune s’autorise ,

Égorge au nom du peuple un parti détrôné ,

Ou poursuit dans sa gloire un parti couronné;

Et de tous ces débats , dont le peuple est victime , L’étranger seul profite et nous en fait un crime.

* A peine sur mon front cinq lustres ont passé,

* Et | ai vu mon pays dix fois bouleversé.

* Ce besoin de changer qu’en a produit l’usage,

* Ce dégoût du présent est le triste héritage

* Que lègue à l’Occident la chute des Romains.

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