ACTE I, SCÈNE II
Des meurtriers sans nom et de sang abreuvés ,
Des Verrès , que leurs vols dérobaient aux supplices , Des Nérons , dont l’audace ennoblissait les vices; Sais-je, enfin, les brigands que ce peuple orgueilleux , A reçus pour Césars et mis au rang des dieux î Des combats, la discorde, et même la victoire Épuisent ce colosse ; il s’écroule sans gloire.
Le Nord vomit alors de ses antres impurs Des peuplades sans mœurs , des conquérans obscurs , Qui , dans Rome cherchant les dépouilles du monde , Tournent vers nos climats leur fureur vagabonde.
Le meurtre , le pillage et les embrasemens Signalent leur passage ou leurs débordemens,
Et ce n’est point assez de carnage et de guerre !
El vous n’ètes poiut las d’ensanglanter la terre ! Qu’espèrent les Gaulois quand Rome est dans les fers? Attachés à son sort , partageons ses revers.
S’il plaît aux immortels que , malgré leur courage , Les Gaulois d’un vainqueur soient l’éternel partage ; S’il est vrai cjue les Francs se montrent glorieux De la même origine et des mêmes aïeux ,
Puisque la Gaule enfin trouve un roi magnanime ,
Qui la traite en sujette et non pas en victime ,
Qui connaît ses malheurs et les veut réparer,
Dans les bras de Clovis laisscz-la respirer.
CÉSA IRE.
Ainsi donc sur ta gloire emportant la balance Ton amour
SYAGRIUS
Arrêtez ; Eudomire s’avance.
CLOVIS