ACTE I, SCÈNE ÎL tt
n vient poor consacrer notre union formée ,
Me dis-tu : mais comment? suivi de son armée ,
Escorté de brigands, effroyable ramas,
Par son ordre attirés des plus lointains climats ^
Tout prêt , si ma fierté Tairète à mes frontières,
A rompre de nos murs les trop faibles barrières.
Me laisse-t-il le choix , ai-je encor le pouvoir
De lui fermer la route, ou de le recevoir?
La faveur qu'il demande est une adroite ruse
Pour punir mes soupçons si je la lui refuse.
Ce perfide voisin, que tu sais mal juger.
Veut qn^un affront reçu le pousse à se venger ;
Et que la renommée en publiant ses crimes ,
Colore ses forfaits de raisons lé^times.
Il n'attend qu^un prétexte à scanner contre moi.
Ce n'est donc pas l'amour^ le respect , mais f effroi
Que nous doit inspirer son approche sinistre.
Quel messager l'annonce et Ini sert de ministre ?
Une triste captive, EddSnde, mon fils,
Dont il sait qu'ardemment votre eœur est épris,
Dernier sang d' Alaric , princesse jeune et belle ,
Qu'à la mort condamnait la victoire cruelle ,
Et dont, sitôt qu^il vit se former vos amours,
Pour mieux vous enchaîner il épai^a les jours»
Mon fils, jugez par-li quelle est sa perfidie!
n veut, si contre lui ma vieillesse enhardie
Ose de mes États lui fermer tout accès ,
En votre aveugle cœur assurer son succès :
Il pense, d'Alaric vous présentant la fille,
Se faire un défenseur dans ma propre famille ;
Et , de notre discorde allumant le tbon ,
la CLOVIS.
Par elle, sans combats, me vaiDcre en ma maison. Ce sont là ses projets.
CLODOmC.
Seigneur , où vous entraîne La déplorable erreur de votre injuste haine y Si Thonneur qu'un héros vous rend dans votre Etat , A vos yeux fascinés semble être un attentat l Si le soin généreux d^envoyer vers moi-même En noble messagère , Edelinde que j^aime , Vous parait de ce prince un artifice affreux , Pour briser en mon cœur le plus sacré des nœuds \ Ah ! souriez plutôt à ce tendre présage :
L'amour vient de la paix nous confirmer le gage^ Oui , Clovis , fier des coup^ qu'il sut toujours frapper , Est trop noble , est trop grand pour vouloir nous tromper. Qu'en aurait-il besoin , et qui peut Ty résoudre ? Ce dieu, quand il s'irrite, abbat tout de sa foudre : Rois , princes , en tous lieux nous-mêmes Tencensons : Et du jour que ;Son bi:as , sous les murs de Soissons , Ravit au joug romain, cette moitié du monde Où des Français ps^r lui le royaume se fonde. Et du jour qu'on le vit, secondé par vos mains. Aux champs de. Tolbiac terrasser les Germains , Et du jour qu'instruisant ma jeunesse guerrière De la gloire à mes pas il ouvrit la carrière, Et de sang engraissa les plaines de Vouglé, Tout l'Occident muet sous ses lois a tremblé. Que lui sert dans ses vœux une perfide adresse , Recours de l'impuissance , arme de la faiblesse ? Lorsqu'il nous accusa , de son sort détachés ,