‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 7 sur 67 · ACTE I, SCÈNE L · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE L

Et pour qu'elle a{^ayàt «a haute reaouunëe Qui lui «ouinet les theù de la Gaule opprimje. Je vis son art trompeur se faire confier Le secret des vertus qu'il voulait châtier :

Et lorsque dans son cœur languissait une oflénse , La mémoire en revivre au jour de la vengeance. / Enfant d'un siècle horrible , où les frères , les soeUrs , Les pères , les neveux , combattent de noirceurs , Ce Sicambre , à nos cours soufflant les parricides , En a gardé les moeurs féroces et perfides.

De ses propres soldats , on n vu Vinhumain Discipliner les rangs une hache à la main , Les abattre k ses pieds \ et nos longues batailles Ont aux larmes, aux cris, endurci ses entrailles. iMLQle fois son maintien me fit apercevoir Ses mépris pour le sang et sa soif du pouvoir. Aux bords du Ahin à peine eut-il sauvé la France, Qu'au peuple de Paris il rendît sa présence : Son art tissut le nceud qui m'enchaiue à jamais : n séduisit mon fils mené dans son palais :

En vain de le quitter s'alarmait ma tendresse ^ Mais il se l'attacha par sa flatteuse adresse, Et prêt contre moi-même à lui servir d'appui , L'héritier de ton roi n'est qu'un soldat sous lui. Ainsi donc , fléchissant à ses lois souveraines , Mon fils ne râlera qu'engagé dans ses chaînes ! . Ce sera donc en vain q^e , monarque prudent , J'espérai lui transmettre un sceptre indépendant : C'est donc sans fruit , hélas ! que ma main vieillissante En conserve pour lui la charge trop pesante^

8 CLÔVIS.

Fardeau que je voudrais et n'ose abandonner , Quoiqu'un grand âge enfin semble me Tordonner !

ÀDELMÂK.

Votre long âge en .vous accroît l'expérience Qui de§ ëvénemens donne la prévoyance.

La douceur à la force en votrç âme se joint.

Les rêne» de TEtat ne se relâchent point :

Vos mains y malgré les ans^ les tiennent sans mollesse.

Vous savez mieux que tous

SIGEBERT

Va, je sais ma faiblesse.

Je sens mille périls chaque jour m'investir, Et dans les soins pressans mes pas se ralentir : Ma vigueur n'agit plus -, je m'effraye et je doute .^ Avec art cependant le fier Clovis ajoute Aux embarras nombreux dont il faut me tirer, Et sème tous les bruits que j'énteùds murmurer. Des peuples quil rangea sous son pouvoir suprême. On vante le bonheur à mon peuple lui-même :

Les pasteurs des Chrétiens parlent autour de moi Des bienfaits mensongers de leur nouvelle foi, Et des dieux immortels raillant tous les mystères, Opposent à mes lois leurs tristes ministères : L'autel contre l'autel s'érige insolemment :

Le crime à ma poursuite échappe à tout moment : En vain la flatterie, assiégeant mes oreilles, De ma sage vieillesse exhalte les merveilles ; Mon cœur est un témoin qui dément ses discours. J'ai besoin qu'un appui me prête ses secours.

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