‹ Clovis, tragédie en cinq actes, précédée de considérations historiques;Chapitre 8 sur 67 · ACTE I, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I

Triste sort des mortels dont les cheveux blanchissent !

Non moins que leurs regards leurs esprits s'obscurcissent,

Et sous le faix des ans, résignés à mourir,

Leur débile vertu ne sait plus que souiSrir.

Plût aux dieux que mon fils .eût moins d^idolatrie

Pour Toppresseur qui vient menacer ta patrie!

Mais jeune, plein dVrreurs, se livrant à Clovis,

Qu'en espérer ? ses vœux lui sont tous asservis :

Il lui soumet son sort, ses droits, et son courage : : /

C'est de lui qu'il attend jusqu'à .mon héritage >^ . , «^

Et comme à le servir il dévoua son bras ,

Il croirait lui devoir son sceptre et ses soldats,

Et devançant le but où l'orgueilleux aspire,

Lui-même à sa conquête il joindrait mon empire;

Heureux, en secondant son superbe projet, ' • /

De conserver le nom de son premier sujet ,

Et toujours aveuglé sur le§ noirs artifices

Qui comblèrent de biens ses mains usurpatrices.

N'en doute pas : Çlovis , à son œil prévenu

Semble être un demi->dieu de l'Olympe venu , . .

Pour commander en maître à la terre où nojussomm^.»

Et ranger tous les rois dans la foule des hommes.

La gloire d'un mortel en tous les temps vainqueur, ^ '

Brillante illusion, déduit un jeune cœur; .

Et mon fils, ébloui d'un éclat qui. le trompe.

Juge mal un tyran voilé de tant de pompe.

Mais, il accourt.... La joie anime tous ses traits.

i« GLOVIS.

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