ACTE I, SCÈNE I
Triste sort des mortels dont les cheveux blanchissent !
Non moins que leurs regards leurs esprits s'obscurcissent,
Et sous le faix des ans, résignés à mourir,
Leur débile vertu ne sait plus que souiSrir.
Plût aux dieux que mon fils .eût moins d^idolatrie
Pour Toppresseur qui vient menacer ta patrie!
Mais jeune, plein dVrreurs, se livrant à Clovis,
Qu'en espérer ? ses vœux lui sont tous asservis :
Il lui soumet son sort, ses droits, et son courage : : /
C'est de lui qu'il attend jusqu'à .mon héritage >^ . , «^
Et comme à le servir il dévoua son bras ,
Il croirait lui devoir son sceptre et ses soldats,
Et devançant le but où l'orgueilleux aspire,
Lui-même à sa conquête il joindrait mon empire;
Heureux, en secondant son superbe projet, ' • /
De conserver le nom de son premier sujet ,
Et toujours aveuglé sur le§ noirs artifices
Qui comblèrent de biens ses mains usurpatrices.
N'en doute pas : Çlovis , à son œil prévenu
Semble être un demi->dieu de l'Olympe venu , . .
Pour commander en maître à la terre où nojussomm^.»
Et ranger tous les rois dans la foule des hommes.
La gloire d'un mortel en tous les temps vainqueur, ^ '
Brillante illusion, déduit un jeune cœur; .
Et mon fils, ébloui d'un éclat qui. le trompe.
Juge mal un tyran voilé de tant de pompe.
Mais, il accourt.... La joie anime tous ses traits.
i« GLOVIS.