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ET LES PÉNITENTS

L j avait à Cluny, avant la révolutioD, un couvent fie Récollets et un couvent cl'Ursulines. Louis de Lorraine avait donné aux Récollets, en 1619, les vieux bâtiments de l'hôpital Saint-Lazare, l'ancienne léproserie^ situés à près d'un kilomètre au nord de la ville. En 1627, Jacques d'Arbouze leur permit de s'établir à Cluny et leur concéda un assez vaste emplacement sur le penchant de la montagne de Saint-Odile. Les bâtiments occupés par ces religieux, vendus d'abord comme biens nationaux, ont été cédés depuis, en 1812, à la sœur Anne- Marie (madame Javouhey), fondatrice de l'ordre de Saint- Joseph de Clunj*.

La chapelle des Récollets n'a qu'une nef à plein cintre, assez large, avec une grande tribune. La façade sur la

* Les religieuses de Sainl-Joseph, dont la maison mère est restée longtemps à Cluny, se consacrent à l'enseignement, et vont remplir aux colonies des missions de charité. Madame Javouhey qui a créé un •grand établissement dans la Guyane française, esl une des célébrités du département de Saône-et-Loire.

rue Saint-Joseph est percée de trois fenêtres, et surmontée d'un petit cloclier-arcade ; c'est là que se tenaient, en 1793, les séances du club révolutionnaire.

Le couvent des Ursulines, autrefois dans la rue Saint- Majeul, a complètement disparu. Le Chapitre de l'Abhaye avait autorisé sa fondation le 12 juin U)45. Cette autorisation fut confirmée au nom de l'enfant qui était alors abbé de Clunv, au nom du prince de Conti, le 1 1 juillet de la même année, à la condition que les religieuses resteraient « sous la juridiction, correction et visite de l'archidiacre de l'Abbaye », juge spirituel du Ban de Cluny. Cependant, le même abbé accorda, deux ans après (6 juillet 1647), à l'évêque de MAcon, le droit de visiter ce couvent.

Enfin, en 1645, s'était formée une confrérie de Pénitents blancs ; ils avaient leur chapelle qui est encore fort reconnaissable aujourd'hui ; elle était presque à l'entrée de la rue Saint-Mayeul^ en face du puits du Petit Saint-Jean'*. C'est maintenant une maison particulière avec deux grandes fenêtres au premier. L'arête du toit perpendiculaire à la rue, ou le pignon, supportait autrefois un petit clocher en forme de dome.

Cluny, comme on le voit^ ne manquait pas de corporations religieuses. Mais le couvent des Récollets n'avait aucune importance à coté de la grande A])baye bénédictine, et il serait complètement oublié aujourd'hui, comme celui des Ursulines, si son nom n'était resté aux bâtiments qui en dépendaient avant la révolution.

Le jour de la Fête-Dieu, toutes les sociétés religieuses de la ville se réunissaient dans une procession générale : les

• Ainsi nommé de rhôtollorie, autrefois établie, à l'enseigne du Petit Saint-Jean, dans la mai^^on qui s'élève entre la rue de Saint-Mayeul et celle de !m Cliannise.

différents eorp.s de métiers, avec leurs drapeaux, les écoliers, avec leur bannière de satin blanc, les Pénitents, les Récollets, le clergé des trois paroisses, et enfin les religieux bénédictins, dont les plus anciens marchaient les derniers, précédaient le dais, porté par les anciens échevins et suivi du corps municipal. Ce long cortège, où s'étalait une partie des richesses de l'Abbaye, avait de la peine à se déployer dans la petite ville, pour laquelle cette pompe religieuse était une grande fête publique.

CALICE DE L'ABBAYE DE CLUNY (Musée)

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