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LES COURS D'EAU ET LES FONTAINES

luny, par sa position, est plus exposé à subir des inondations qu'à manquer d'eau. Sans parler de la Grosne^ que quelques pluies suffisent à faire sortir de son lit, et qui alimentait, du temps des moines, deux

grands étangs, l'un au midi, l'autre au nord^ la ville est traversée par un petit ruisseau, qui ne se contente pas toujours du canal où l'on a voulu l'emprisonner*. Le Médasson coule de l'ouest à Test, sous les maisons qui bordent au midi la rue du Merle, la rue Mercière et la Grand'Rue. Il entre dans la ville en passant sous une tour où se voyait autrefois une énorme grille de fer. Il vient se jeter, près du pont des Fours, dans le bras de la Grosne, qui dessert aujourd'hui la fabrique de papier. Les subdivisions de ce bras, qui passent maintenant sous les maisons, ou sous des ponts au niveau de la rue, étaient récemment encore à découvert sur plusieurs points. La transformation la plus importante fut faite en 1784, sur l'ordre des Etats du Mâconnais. La place qui s'étend

* I-es inondations les plus terribles que l'on se ni:'[)(v(j sont celles du 19 mai 1589, du 4 novembre 1744 et, de nos jours, celle du 9 juillet 1882.

devant la rue de la Levée, entre la rue de Bute vent et celle de la Porte de Mâcon^ était alors occupée par le lit marécageux du ruisseau de l'Eclouze, dernier reste du cours primitif de la Grosne, et par un pont élevé, à trois arches, sur lequel était bâtie la chapelle de Saint- Philibert. Les Etats du Maçonnais firent démolir ce vieux pont, qui s'appelait le pont des Chèvres'^^ et que le pont de la Levée avait depuis longtemps remplacé. Un ponceau d'une seule arche permit d'assainir et de ni vêler cette place.

Les sources abondantes, que l'on trouve surtout à l'ouest et au nord' de Cluny, ont rendu facile l'approvisionnement en eaux potables. Aussi la ville est-elle depuis longtemps pourvue de fontaines jaillissantes, dont quelques-unes méritent d'être mentionnées.

La fontaine des Serpents, qui se trouve à l'ancien carruge ou carrefour des Forges, date de 1789. Dans une grande niche en maçonnerie, au dessus d'un bassin carré, s'élève une urne, d'où sortent deux tuyaux en forme de serpents entortillés; c'est un monument un peu lourd.

La fontaine de Notre-Dame est plus ancienne. Ce n'était autrefois qu'un bassin carré, où Ton descendait par deux escaliers et où deux tuyaux de cuivre versaient l'eau en abondance. Elle reçut, en 1772, sa forme définitive. C'est un bassin circulaire de trois mètres de diamètre intérieur, au milieu duquel s'élève une pyramide quadrangulaire. L'eau, prise dans les prés à l'ouest, à une distance de douze cents mètres environ, a assez de pente pour que l'on ait pu ménager un jet d'eau au sommet de la pyramide, à travers la boule et la fieur de lys en bronze doré qui la surmontaient avant la révolution. La fleur de lys avait été remplacée quelque temps

* D'après une vieille tradition^ comme nous ravoiis dit; il y avait lù un ancien étang, appelé l'étang de la Chèvre,

par un bonnet phrygien. On ne fait plus jouer le jet d'eau, mais la fontaine Notre-Dame continue à répandre, par ses quatre bouches de bronze, une eau ordinairement assez abondante et qui passe pour la meilleure de Clunj.

La fontaine Prud'hon et la fontaine Philibert sont plus modernes.

Les puits publics sont tous maintenant remplacés par des pompes ordinaires. Je ne regrette que le vieux puits de Saint-Mayeul. Il méritait d'être signalé pour son ancienneté et l'abondance de'ses eaux.

CHEMINÉE DU PALAIS DE JEAN DEIeOURBON (WC siècle) (Musée Ochier)

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