‹ Cluses! 18 juillet 1904Chapitre 16 sur 18 · PRAIRIES · texte numérisé non relu

PRAIRIES

Quant à ces ouvriers contre lesquels vous demandez une peine légère, sait-on seulement de quoi au juste ils se sont rendus coupables. Même le sont-ils tous ? Les témoins ont paru bien embarrassés pour le dire. Aucun n’a pu établir d’une façon certaine la mesure dans laquelle chacun des accusés à participé aux événements du 18. On a vu Lacroix, Molliex, Caux, Sonnerat, dans l’usine, mais quand il s’agit de déterminer leurs actes, alors c’est la confusion dans les témoignages. Les accusés eux-mêmes ne pourraient pas vous dire ce qu’ils ont fait. Est-ce qu’ils le savent? Dans cette soirée tragique, pouvaient-ils se rendre compte de leurs* actes?

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Tenez, voici Lacroix : il était aux champs où il travaillait pour le compte de la belle-mère d'Henri Crettiez. Il entend des COUPS de fusil ; il croit à un exercice de tir par les soldats. Ilen plaisante : « Voilà, dit-il, qu’on fusille le père Crettiez 5. En rentrant à Cluses, il tombe dans une foule affolée par la colère. Éntrainé par,elle, il est bientôt dans l’usine. Ses actes alors deviennent incohérents, inexplicables. Pendant un moment il participe à la rage de destruction de ses voisins. Puis, subitement, il se transforme en pompier et le voilà courant dans l'incendie pour sauver des meubles.

Et Caux ? Qu’a-tl faitr Personne n’a pu nous l’apprendre avec exactitude. Seulemeut, on l’a vu, le visage enveloppé de linges sanglants, errer comme une âme en peine à travers la foule et dans l’usine. Il avait reçu, après-midi, 17 plombs dans

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