ARDEN
ai février i$U.
Le meeting métropolitain de la Ligue , tenue mercredi dernier au théâtre de Govent-Garden, formera certainement un des traits les plus remarquables dans riûstoire de VagitcUion commerciale.
Le nombre dea billets demandés pendant ia semaine a dépassé trente mille4 11 n'y a aucune exagération à dire que si la salle eût pu contenir ce nombre d'assistants, elle aurait été encore bien étroite relativement aux besoins de la cîj^censtance. Longtemps avant cinq heures la foule encombrait toutes les avenues du théâtre, et est devenue telle en peu de temps , qu'on a jugé à propos d'ouvrir toutes les portes. Aussitôt toutes les parties de la salle ont été envahies. Une foule épaisse a stationné pendant toute la soirée dans les rues adjacentes , répondant par des applaudissements enthousiastes aux acclamations qui s'élevaient dans l'enceinte du meeting. A sept heures, le président, accompagné des membres du conseil et d'Un grand nombre de personnagesdedistinction, s'est présenté sur l'estrade, mais M. O'Connell n'est arrivé qu'après de huit heures. Lorsque l'honorable membre a fait son entrée, l'enthousiasme de l'assemblée n'a plus connu de bornes. Les acclamations de l'auditoire, répétées au dehors, ont duré un quart d'heure, et il n'a feUu rien moins pour les apaiser que l'épuisement
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des forces physiques. Une autre circonstance, qui a exdté au plus haut degré l'intérêt du meeting, c'est la présence de M. Georges Thompson, récemment arrivé de Tlnde. Nous avons remarqué sur la plateforme des Aldermen, plusieurs généraux et une trentaine de membres du Parlement.
M< Jaiies Wilson a la parole. Malgré récitation de rassemblée^ ce profond économiste traite avec sft vi* gueur accoutumée quelques points relattft à la liberté du coâ[imertoe> Il est plusieurs (bis iafterroinpu par la fausse annonce de M, O'Connell. Enfin on apprend que le grand patriote irlandais va parattre. Toute l'as* semblée se lève spontanément et ébranle les voûtes de €k>vent-Garden par des sialves réitérées d'appiaudissemeutSft Les acdamations duf ent «ans interruption pendant dix minutes consécutives. Toutes les Yoi& s'unissent, tous les bras sottt tendus^ on agite tes cha* peauk, les moudioirs, les schals. M. O'Connell s'avance et salue l'assemblée à plusieurs reprises, mais chacun de ses saluts ne fait que provoquer de nouvelles ma* nifestations d'enthousiasme. Eniin l'honorable gentteman prend sa place, et M. Wilson ^ntiniie' son discours. Mais c'estr surtout quand M. O'Connell se présente devant la table des orateurs quis l'enthousiasme atteint son paft>xisme. Covekit'-Gnrden en est ébrtmlé jusques aux fondeiients. Il est iflnpoasible d'exprifitor ce qu'il y a d'imptaant dans les acclama* tiens de six mille voix auxquelies répondent du dehors les applaudissements d'une multitude innombrable. M. O'Connell parait très ému. il essaye en vain de
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se faire eoiendre. Enfin le silence s'èiani calâié « il s'exprime en ces termes :
fin me présentant au milieu de vous« mon intention était de bire ce soir an discours éloquent; mais j*en cède la partie la plus sonore k un autre^ et je commence par tous présenter 100 }. Sé de la part d*un de mes amis qui est aussi un ami d$ U Juiiiee. (Applaudissements). De telles souscriptions ont aussi leur éloquence^ et û vous en obtenez 999 semblablesi vous aurez vos 100^000 l.s. (Rires d'approbation). Mais hélas! là 8*arréte mon éloquence, car où trouverai-je des expressions, de quel langage humain pourrais*je revêtir les sentiments de gratitude et de reconnaissance dont mon cœur est en ce moment pénétré. On dit que ma chère langue irlandaise excelle à exprimer les affections tendres» mais il n*est pas au pouvoir d'une langue humaine, il n'est pas au pouvoir de l'éloquence, f&t-elle imprégnée de la plus séraphique douceur, de rendre ces élans de gratitude, d'orgueil, d'exci-» tation d'âme que votre accueil me fait éprouver. (Nouvelles acckinations). Oh ! cela est bien à vous I et c'est pour cela que vous l'avez fait. Cela est généreux de votre part, et vous avez voulu me donner cette consolation 1 A toute autre époque de ma vie j'aurais été justement fier de votre réception ; mais je puis dire que Je me trouve dans des circoustances , ai&qaelies je ne ferai pas autrement allusion ( ')» — qui décuplent et centuplent ma reconnaissance. — Je suis venu ici ce soir résolu à garder cette neutralité politique qui est le caractère distinctif de votre grande lutle^ Il doit m'étre per-
<^) M^ CCounell perat au ofeeeting de rÂiili-€on^law-lei«ae, dans rkMervaUs qui sépare W condamnalîsn ^ fcoo empriaoRnemcnt W février 1S44).
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mis de dire cependant, paisqtt*au9si bien cela ne s'écarte pas de la question des lois-céréales, que je me réjouis de voir les ducs de Buckingham et de Richmond commencer k soupçonner qu'ils pourraient bien, eux aussi, être des c conspirateurs » ( ' )• (Approbation et rires). C'est pourquoi ils sont partis — couple de vaillants chevaliers, — et de peur de se laisser entraîner par trop de vaillance, ils s'adressent à un magicien, dans le temple ^— un certain M. Platt — bonne créature — ejt lui demandent humblement : dites, sommesnous des amspirateurs ? — c Non, dit M. Platt, vous ne l'êtes pas. » — Ils les regarde et voit qu'ils n^appartiennenl pas à cette classe qui produit les conspirateurs, car le conspirateur penche toujours quelque peu du côté populaire. (Nouveaux rires). — Nop, répète M. Platt, vous n'êtes pas des conspirateurs. > Mais malgré cette décision, je ne conseille pas aux .nobles ducs de tenter l'épreuve de l'autre côté du canal. (Rires prolongés et acclamations). Oui, votre réception m'est délicieuse, et je sens mon cœur prêt k éclater sous le sentiment de la joie k l'aspect de cette sympathie entre les eniànts de l'Angleterre et de l'Irlande. (Bruyantes acclamations). Je vous ai dit que votre générosité me touche. Ah! croyez bien que s'il existe sous le ciel une vertu qui surpasse la virile générosité des Anglais , on ne pourrait la trouver que dans la reconnaissance des Irlandais.— Oui, je le répète, votre conduite est noble, mais elle ne s'adresse pas k un ingrat.
Votre vénéré président a daigné m'introduire auprès de vous par quelques paroles bienveillantes. Il m'a rendu jus-
(') À cette époque , raristocratie anglaise organisait une Hgiialiim en feveur des monopoles; la loi lai était aussi bien applicable qu^ l'agitatîon irlandaise.
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tice en disant que je suis, que j*ai toujours été un constant ami de la Ligue* Je le suis non par choix ou par prédilection, mais par la profonde conviction que ses principes sont ceux du bien général. (Écoutez , écoutez.) J'ai été éLu au présent Parlement par deux comtés d'Irlande qui présentent ensemble une population agricole de plus de 1,100,000 habitants : les comtés de Meath et de Cork. Je représente le comté de Cork qui contient 750,000 habitants voués à Tagriculture. Je n'avais aucun moyen d'acheter ou d'intimider leurs suffrages , aucun ascendant seigneurial pour influencer leurs convictions consciencieuses; mon élection ne m'a pas coûté un sheHing, et une majorité de 1,100 votants, dans un district agricole, m'a envoyé au Parlement, sachant fort bien mes sentiments à l'égard des loisK^réales, et que j'étais l'ennemi très décidé de toute taxe sur le pain du peuple. (Acclamations.) Bien plus, non-seulement mon opinion était connue, mais je l'avais si souvent émise et développée, que la même conviction s'était étendue dans tout le pays, à tel point que les monopoleurs n'ont pas essayé d'un seul meeting dans tonte l'Irlande. — Je me trompe, ils en ont eu un où ils furent battus (rires) ; mylord Mountcashel y assistait. (Murmures et sifflets.) I^ pauvre homme ! il y était, et en vérité il y faisait une triste figure ; car il disait : c Nous autres, de la noblesse, nous avons des dettes, nos domaines sont hypothéqués, et nous avons des charges domestiques. > Un pauvre diable s'écria dans la foule : c Que ne les payez-vous? » (Rires). Quelle fut la réponse, ou du moins le sens de la réponse? c Grand merci, dit mylord, je ne payerai pas mes dettes , mais les classes laborieuses les payeront. J'obtiens un prix élevé de mes blés sous le régime actoeL Je serais disposé k être un bon maître et à réduire les fermages, si je le pouvais. Mais j'ai des des dettes, je dois maintenir mes rentes, pour cela assurer k mes blés un prix
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éievéi «Il au moym dû oette exiorsioft, je |[M|«rai inM créaa^ cierB.M quand il me plaira. » (Rires.) -^ Il fi*y a en tôul œh qu'une proposition qui aoii parfaitement aisuréeto'estque myiord Hountcaahel obtiendra un grand prix de son blé; quand à Tacquittement des dettes , il reste dans ce qu'on appelle à Técole le pûulù potî fûtutwn^ c'est-ènlire oda arriirelra une lois ou autre. (Rires.)
Et| pas plus tard qu'hier^ voici que le duc de Northum-» berland s'écrie % dans Une proclamation à ses tenanciers : c Vous devei former des associations pour le maintien des € lois-céréales; car ces misérables et importuns conspira** € teurs de la Ligue vous disent que si ces lois sont abrogées, c VOUS aures le pain à bon marché. N'en croyea pas un mot »« flyolite-t-îL-^Je pense pouvoir vous prouver qu'il ne s'en croit pas lui-même. Ne serait-ce pas une chose curieuse de voir un noble duc forcé de reconnaître qu'il ne croit pas à ses propres paroles? (Rires*) Cependant en void la preuve. Il a conclu par ces mots : < La protection nous est nécessaire* » Mais quel est le sens de ce mot : proieçtwn? Protection veut dire 6 deniers de plus pour chaque pain. C'est Ih la vraie traduction iriandaise* (Rires et applaudissements.) Protec* tion, c'est le mot anglais qui signifie 6 déniera additionnels, et, qui plus est, 6 déniera extorqués. — Vous voyez bien que jwotoclton, c'est êfoUatitm (applaudissements), et spoliatioa du pauvre par le riche; car si le pauvre et le riche payent également ce prix additionnel de 6 déniera par chaque pain, le pain n'entre pas pour la millième partie de la dépense d'un Northumberland, tandis qu'il constitue les neuf dixièmes de celle de la pauvre veuve et de l'ouvrier ; --^ mais c'est un de voft poissants aristocrates, un de vos excessivement grands hommes, et son ombre ose à peine le suivre. (Rires bruyants •t prolongés). En voici un autre qui est un Ligmur^ mais de
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celte Ugoe qui a poar objet la cherté do pain; c^est un aatre proteetîoniste, e^est un autre homme de rapine. (Rires.) H dit ; c Ob ! ne laissez pas baisser le prix du pain, eela* serait horrible 1 > (Ici quelque confusion se manifeste au fond du parterre.) «^ Je crois qu'il y a là*bas quelques mangeurs de gens qui viennent troubler nos opérations. — Ce grand homme dit donc : c Cela serait horrible de vendre le pain k bon marché, car alors les bras seraient moins employés, et le taux des salaires baisserait > Voyons comment cela peut être. Si le pain était h bon marché, ce serait parce que le blé viendrait des pays oik on Tobtient h bas prix. Pour chaque livre sterling de blé que vous ach^riez dans ces pays, vous y enverriez pour une livre sterling d*objets manur facturés, de manière qu'au lieu de voir les salaires diminués, vous verriez certainement les bras pins recherchés. Cela est clair comme 2 et 2 font 4, et Tobjeclion tombe complètement le parle ici comme un représentant de Tlrlande , et fort de la connaissance que j'ai de ce pays essentiellement agricole. Si votre législation devait avoir pour effet d'élever le im% des salaires, cet effet se serait fait sentir surtout en Irlande. Oserait-on dire qu'il en a été ainsi ? Oh ! non , car vous pouvez y fsiîre travailler un homme pendant tout un jour pour4 deniers. (Honte! honte!) L'ouvrier regarde comme son bienftileur le maître qui lui paye 6 deniers, et il croit atteindre la félicité sapréme quand il obtient 8 deniers. — Tel est l'effet de la loi-céréale. Elle agit en Irlande dans toute sa force, eHe fait pour ce pays tout ce qu'elle peut faire, et cependant voilk le taux des salaires, et ce qu'il y a de pis, c^est que Ton n'y trouve pas d'emploi, même k ce taux. — Voilà pourquoi le peuple d'irhinde, et ceux même de la noblesse qui étudient en conscience les affinires publiques, voient cette question au même point de vue que je la vois moi-même ;
en sorte qae bien loin que Tlrlande soit on obstacle sur votre route, bien loin qu'elle soit une de vos difficuUës (rires) , elle est k vous toute entière, et de cœur et d*âroe. (Applaudissements enthousiastes.) N'en avons-nous pas une preuve dans la présence au milieu de nous du représentant de Rochdale (acclamations), qui est un des plus grands propriétaires de rirlande, et un ami, vous le savez, de la liberté partout et pour tous. Je fais allusion a M. Crawford , qui représentai! un comté dlrlande avant de représenter un bourg d*AngIe-' terre , et qui était Ligueur dans T&me avant d'être membre du Parlement. (Bruyantes acclamations.) Il est donc clair que vous avez pour vous l'assentiment et les vœux de Tlrlande, et vous n'aurez pas peu de part dans sa reconnaissance , quand il apprendra l'accueil que je reçois de vous. Non, Anglais , le bruit des acclamations dont vous avez salué ma présence n'expirera pas dans les murs de cette enceinte. It retentira dans votre métropole;- les vents d'Orient le porteront en Irlande; il remontera les rives du Shaunon, de la Nore, de la Suir et du Barrow ; il réveillera tous les échos de nos vallées ; l'Irlande y répondra par des accents d'affection et de fraternité ; elle dira que les enfants de l'Angleterre ne doivent pas être affamés par la loi. ( Acclamations qui durent plusieurs minutes.) — Je vous déclare que l'injustice et l'iniquité de l'aristocratie m'accablent d'une horreur et d'un dégoût que je suis incapable d'exprimer. Eh quoi ! si la loi-céréale actuelle n'existait pas; si le ministère osait présenter un bill de taxes sur le pain ; s'il plaçait un agent à la porte du boulanger, chargé d'exiger le tiers du prix de chaque pain, taxe que le boulanger se ferait naturellement rembourser par le consommateur, il y a-t-il un homme dans tout le pays qui supporterait une telle oppression ? ( Grands cris : Écoulez, écoutez I) Il ne servirait de rien au ministre de dire:
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c Cet argent e&l nécessaire k mes plans financiers ; j*en ai besoin ponr réqnilibre des recettes et des dépenses. > John Bail vociférerait : c Taxez ce qu'il vous plaira, mais ne taxez pas le pain. » Mais ne voit-on pas que, par le chemin détourné de la proteetùm^ ils font absolument la même chose? Ils . taxent le pain, non pour le bien de TÉtat, — du moins chacun y participerait, — non pour repousser l'invasion étrangère ou pour maintenir la paix intérieure, mais pour le profit d'une classe, pour mettre l'argent dans la poche de certains individus. (Écoutex, écoutez.) Véritablement, c'est trop mauvais pour que vous le supportiez et prétendiez passer pour nn peuple jaloux de ses droits. (Rires.)
Je ne voudrais pas sans doute en ce moment vous manquer de respect; mais tout ceci dénote quelque chose de dur et d'épais dans les intelligences que je ne m'explique pas. (Murmures d'approbation.) Duc de Northumberland I vous n'êtes pas mon roi ! je ne suis pas votre homme-lige » je ne vous payerai pas de taxes. (Bruyantes acclamations.) Duc de Richmond ! il y a endesRichmond avant vous, vous pouvez avoir un sang royal dans vos veines ; vous n'êtes pas mon roi cependant, je ne suis pas votre homme-lige et je ne vous payerai ps» de taxes ! (Applaudissements.) Qu'ils s'unissent tous; c'est à nous de nous unir aussi; — paisibles, mais résolus, — tranquilles, mais fermes, — décidés k en finir avec ces sopbismes, ces tromperies et ses extorsions. — J'aimerais à voir un de ses nobles ducs prélever sa taxe en nature. — J'aimerais k le voir, pénétrant dans une des étroites rues de nos villes mannfiictBrièTes, et s'avançant vers le panvre père dé famille qui , après le poids du jour, affecte d^être rassasié pour que ses enfants affamés se partagent une bouchée de plus, — ou vers cette malheureuse mère qui s'efforce en vain de donner un peu de lait k son nourrisson,
t2t24 COBDfitV ET LA UGtl£«
pendant que fton Mtre fila vfine daa tennea pM«e qu'il a faim. — J'aimeniia, 4îa-je,k voir le noble dno, àarvonir an milieu de ces acènea de déaolation, s'emparer de 4a plus gfOflse portion de pain, disant : « Voilk ma part , la part ée ma tate, mangez le reste ai vous\oolea. » Si lataseaeiHélenit ainsi, vous ne la toléreriez pas; et cependant, voilà ee que fait le lord, sous une autre forme. 11 ne vous laisse pas entrevoir le fragment de pain, avant de remporter; saulemont il prend soin qu'il no vous arrive pas, et il voua Ikit payer de ce pain un prii pour lequel vous pourries avoir et 00 pain et le fragment en sus, si ce n'était la loi, (Ecoulai! écoutez ! ) Ob I j'aurais mieux auguré deranciomif noUesae d'Àogleierre ; je me serais attendu à quelque ehoee de moins YÎI delapartdecesbommesqui, je ne dirai pas^eonqrirmf», ear ils ne sont pas cwiinnrtmnt — je ne dirai pas : c m co9^ ffif$ent ^, quoique ee soit un crime qu'on ne punit guère que çboi las pauvrea , — mats qui if réHm$ntê pour déoider que le peuple leur payera le pain plus ober qu'il ne vaut. Je répéterai ma propoaition encore et encore , parae que je désiPi la fii^ar dans l'esprit de ceux qni m*éeoulent; c'est du vol, c'est du lullage. Ne nous laissons paa prendre ï l'appftt de fwgmef^d^fiom dts Kifaîr^i. Augmentation des salairea ! mais ouvrez le premier livre vmiu d'économie poli* tique, vous y verres que chaque foia que le pain a été à bas prix , les salaires ont été élevés ; ils ont été doublement élevés puisque l'ouvrier avait plus d'argent et acbetait plos de choses avec le même argent* Tout cela est auaai clair que le soleil «T^et nous nous laisaona embarrasser par ces aophismes! Il semble que nous soyons des hipèdea sapa lèta et qui pis sf t aana eesort Oh , fipissonaven avec ce ayatènie ! (^Pfdandia» aamenta-) Is parieauwt n'ealvil pas composé de moaopoleurs? n'y sont**ils pas vanna en grande majorité, nM-aenhi-
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ment des eomtés, grâces k la d^iuse Ghandôs, mais encore en achetant des boargs (^ )? Il y a deux ans on admettait onvertement^ aux deux côtés de la Chambre , que jamais la corruption n'avait autant influencé Télection d*un Parlement. M.Roébnck le proclamait d*uacôté; M. R. Peel Tadmettait de Tautre sans difficulté. Quoique opposés eh toute autre chose, ilsétaientau moinsparfaitement d*aceord sur ce point (Rires.) — Et voilà vos modèles de vertu et de piété; — voilà les soutiens de rÊglise; voilà les hommes qui puniraient volontiers un malheureux s*il venait à se tromper le dimanche sur le chemin qui craduit au temple; oui , ces grands modèles de moralité lèvent vers le ciel le blanc des yeux , centristes qu'ils sont par Tiniquité d'autrui, lorsqu'eux-mémes mettent les mains dans les poches du malheureux qui a besoin de nourrir sa famille. (Immenses acclamations.) Oh! cela est trop mauvais. Voilà ce qu'il faudrait < proclamer » dans tout le pays. Voilà ce qui doit inspirer aux hommes justes et sages de la défiance, de la désaffection et du dégoût Si les nobles seigneurs épousent la cause du pauvre et du petit, db ! que toutes les bénédictions du ciel se répandent sur jeux ; mais s'ils persistent à appauvrir le pauvre, à augmenta la
(1) Il y a â la Chambre des communes deux classes de réprésentants, ceux des comtés et ceux des bourgs. — Pour être électeur de comté, il suffit d'avoir une propriété {fredioid) de iO sli. de rentes. C'est ce qu^on nomme la clause Giandos. — Il est aisé de comprendre que les possesseurs du sol ont pu faire autant d'électeurs qu'ils ont voulu. C'est en mettant en eeuvre cette clause sur une grande éctielle qu'ils acquirent ea iS4i. cette nu^orité qui a renversé le cabinet whig. Josqu'icî la Ligue n'avait pu porter la batiille électorale que dans les villes et bourgs. On verra plus loin que M. Cobden a proposé et fait accepter un plan qui semble donner des chances aux ff€§^fa4êT$ même dans les comtés. Ce plan consiste à décider tous les amis de la liberté du commerce, et particulièrement les ouvriers à consacrer en acquisitions dé fre^kiMê^ tontes leurs économies.
aonffrance de ttM qui soiiAre , k acefotire la nniière et ie démieiDent, — afia qoe le ricbe deYi6iiiie phis riehe et fliase servir la tai,e do pain k libérer ses domaines, alors je (fis : honte il eux, qui pratiquent riniqnîlé; et bonle h ceux qui ne font pas entendre leurs d<^nces , jusqu'il ce que la grande voix de rbumanité, comme un tonnerre, eflBraye le coupable, et donne au pays et au peuple la liberté. (Bruyantes acchniatiens.) Oui , messeigaeurs , tous entrez dans la bonne ?oie et je suis convaincu que vos efforts pour contrebalancer ceux de ta Ligue auront un effet contraire. Nous voici donc k néne d'argumenter avec eux. Amenez-les à raisonner et ils sont perdus. Qu'ils viennent k l'école primaire , (et bcMceup d'entre eux n'ont guère jamais été au-ddà) nons leur disputerons Je terrain pied h pied; nous les combattrons de point en point* Plus ils entraîneront de monde k leurs meetiags, plus nous aurons de chances de voir la vérité sexépaodre, et les fermiers suroMMiter l'illusion dont on 1er aveugle. — Pourquoi Ids sôgneurs n'accordent-ib pas de baux aux fermiers? ceux*ci ne seraient-ils p^ mis k qiéme par tt de nourrir leurs oimiera et de prendre part dans leur veisini^e *Mt associations de bienfaisance? Mais non ; le seigneur veut tout avoir. Son nom est Behemutb et il est insatiable. (Rires et applaudissemeiits.) Vous êtes engagé dans une lutte glorieuse et je suis fier qu'il me soit donné d'y prendre part avec vous. C'est avec une joie profonde que j'y apporte la coopération de mes talents, ((nelques faibles quils soient, et le secours d'une voix fatiguée par de longues épreuves. Tels qu'ils sont je les consacre de grand cceur k votre cause st^ crée. (Applaudissements.) Je me hasarderai k dire de moimême qia'oa m'atinouvé du edté de la liberté dans tontes les questions qui ont été agitées depuis que je fais partie dn ParlemenU Je ne demande pas k quelle race^ k quelle caste.
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k qudle eoirieor appartient unecréatorehoiiiiMie, jeréelaiiie poareUelespriTilèges ellesdroiiade riioiiitte« etia prolèciion, non da toI et du pillage, mais^la protection contre riniqoité quelle qu'elle soit. (Brayantes acclamâtiona.) Je ne puis donc que m'iknir à vons ; et quel qne soit le sort qni m'Mtend, — qne ce soit la prison on même réchaftnd , ( grands cris : non, non, jamais ! jamais I )--^ je sois convaincu que » cela dépendait de tosTOtes, il n'en sérail pas ainsi. (Une Toix : TSom ne sommes pas contre vous.) Je crois à votre sincérité (rires), — je me félicite d'être engagé avec vous dans cette InttOé J'en comprends toute la portée. Je sais combien la lib^é des échanges favoriserait votre commerce en vous ouvrant des dânmchés; je sais combien ette contribuerait k renverser l'ascendant politique d'une classe, ascendant qui me séndrie avoir sa racine dans la loi céréale. C'est Ih un stimulant k tous les genres d'iniquité. L'aristocratie comprend l'injMliee de sa position , et die appuie )i sa défense toute la force, toutes les fonnsdités de la l^lation. Mais elle ne nSussiva pas, — les yeux du peuple sont ouverts; l'esprit puMie est éveillé. Jamais TAngleterre n'a voulu et voulu en vâim» -^ Jadis elle poussa sa volonté josqu'k l'eUraVagMfce, et it tomber sur l'échafaud la tête d'un monarque insensé. Ce An une Mie, car eHe amena le despotisme militaire qni suit tM* jours kl vidence. Plus tard, le (Us de ce roi viola les \Qk du pays, et le peuplé , instruit par l'expérience, n'abattit pas sa tète, mais se contenta dei'esilcr ponrâvoii' foulé a«x piedH les droits de la nation. — Ces violentes mesures ne sont pins nécessaires; elles ne sont pius eii bamionie avec noM épo^^ que. Ce qui est nécessaire, c'est un effort concerté et public; cet efèrt commun qui nait de la sympathie, de Féiectricité de Topinimi publique. Ob oui î cette puissante électricité da s'étemlra $itr tout l'empire. L'Ecosse partagera
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aolre eothoanaame; les classes maaaraciarières sont d^s debout , les classes agricoles CoiiuMoceot k coiapteodre qu'elles oDt les mêmes intéréls. Le temps ^ipproche**: il esi irréBistible. Ils peaveût tromper çk et Ik quelques éleclears; d'autres peuveat être iotimidés; mais rialeiligeoce publique marche, comme les puissantes vagues de Tocéau. Le tjrâu des temps anciens ordonna aux flots de s'arrêter, mais les flots s'avancèrent malgré ses ordres H engloutirent Finsensé qui voulait arrêter leurs progrès. — Pour nous, nous n!avoBs pas besoin d'engloutir les grands seigneurs, nous nous contenterons de leur mouiller la plante des pieds. (Htre&) Mais, vraiment, cette lutte oOré un spectacle magnifique ; quel pays sur la surface de la terre aurait pu faire ce que vous avez lait. L'année dernière, vous avez souscrit 80,000 liv. slerl., c'est le revenu de deux ou trois petits souverains d'Aïleônagne. Cette année vous aurez 100,000 liv. sterl. , et, s'il le faut, vousen aurezle double l'année prochaine» (Applaudissements.) Oui , ce mouvement présente le spectacle d'un majestueux progrès. Chaque jour de nouvelles recrues grossissent nos rangs; et nous, vétérans de cette grande cause, nous conlemplons avec délices et la force toqours croissante de notre armée et l'esprit de paix qui l'anime. — La puissance de l'opinion se manifeste en tous lieux. Les plus violents despotes, k l'exception du monstre Nicolas, s'interdisent ces actâft cruels qui leur étaient autrefois familiers. L'esprit de l'Anglet^re veille , il ne s'endormira plus jusqu'k ce que le pauvre ait reconquis sesdroitset que le riche soit forcé d'être honuête. (L'honorable et docte gentlemen s'asseoit au bruit d'acclamations véhémentes et prolongées.)
M. Georges Thompson s'avance au bmit des applaudissemenis et s'exprime en ces termes : M. le président, quand je suis venu ce soir dans cette enceinte pour assister k la
ou L*A<îrrArro^ anglaisi:. i20^
réception de M. (yConnelt, je ne pensais pas h être appelé à prendre la parole, et je sens hien que je ne pnis guère être qoe cette ombre dotit parlait H. O'Connell, qoi ne suivait dé loin son maître qu'avec crainte. Messieurs, - le spectade dont je suis témoin est bien fait pour enivrer mon' cœur* Depuis deux ans, j*ai été absent de mon pays;, etj'at parcouru des régions lointaines qui n'ont jan^iis vu des scè« nés, qui n'ont jamais entendu des accents tels que eeux^qui viennent de réjouir ma vue et mes oreilles. Mais quoique je me sois éloigné de plus de i5,000 milles de rendroît oâ nou& sommes réunis, jamais je ne suis parvenu en un lieu où ne soit pas arrivé le bruit de vos glorieux travaux; partout j'ai entendu parier de cette association gigantesque, qui a entrer ]^risde purifier, de diriger et de préparer pour uu grand et définitir tnompbe les sentiments et l'opinion publique delà Grande-Bretagne. Il a été dans ma destinée, sinon de m'as<socier intimement aux efforts de la Ligue, du moins de suivre ses progrès depuis son origine, et de compter mes meilleurs et mes plus vieux amis parmi ceux qui ont accepté avec tant de dévouement le poids du travail etla chaleur du jour. De retour sur ma terre natale, je me plais à comparer la situationde cette cause k ce qu'elle était quand je pris congé à Manchester d'un meeting rassemblé pour le même objet qui ^ous' réunit dans^ cette enceinte. Je me séparai de la Ligue au mi^ lieu d\ioe assemblée provinciale de douze cents personnes, et je la retrouve représentée par six fois ce nombre dans le plus vaste édifice de la métropole. Alors, vous luttiez contre des adversaires silencieux, — pleins de confiance en leur rang, en leurs ridiesses, en leurs grandeurs, — spectateurs^ muets de vos progrès parmi les classes laborieuses. — Main-^ tenant je vous retrouve combattant ouvertement et k arme^ courtoises ces mêmes adversaires; mais ils ont rompu le si-
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leiiee; laiin pliM sont déeonceriés, le«n espémnoeé év»aooies, lears forées dùnmiiéeB, «t tes voilà foicés, dans rin- (Mt de leur défeose, de reooarir ii ces «lémes mesures qu'il» oBt lanl de fois blMiées, (AcdamalioDs). FanMI mal angarer de Totre caose parce qu^its imiteiit vos procédés 7 Non, cettainraieQt, Je crois aa contraire que rien ne peut vous itae plos favorable que d'être mis à même de connattre tons les êff^meiUêt — * si on pevt leur donner ce nom^ — par lesqnels ils s'efforcent de soutenir, ao^dedans comme au-debors des Chambres; les monopoles dont ils profitent. Gentlemen, je voua félicite de vos progrès; je vous fâicite de la fermeté avec biqnelle vous avei toujours adbëré aux vrais principes, et de ressentiment que vous avez obtenu des intelligences les plus éclairées. Je vous félicite d'avoir maintenant réani autour de votre bannière k peu près tout ce qu'il y a d'estimabie et d'excellent dans notre chère patrie, — Pâitont ob j'ai porté mes pas, en Egypte comme dans l'iode, j'û vu le plus vif intéiêt se manifester pour les travaux de cette association ; partout j'ai entendu exprimer le plus profond éton* nement de la folie et de Tinfatuation de ceux qui prétendent fonder leur prospérité sur les désastrea et la pauvreté, et la foim , et Ha nudité el le crime du peo^e , prospérité bien odtovse et bten coupable achetée à e^pfix ! H n^y a 4|tt'une opinion b cet égard parmi les hommes que n'aveuglent pas l'esprit de parti ou Tiniérêt persmnel. Ils ne peuvent tra* veraer des plaines incommensurables, en calculer les ressoui^ e^Si estimer la fadHté avec laquelle on pourrait transporter snr le rivage, et de là h travers l'Océan, vers notre pays, des objets propres k soutenir la vie de tant de nos frères qui périssent juaques sous nos yeux; ils ne peuvent savoir que la valeur de ces. aliments reviendraient vers les lieux de leur origôie sous une autre forme également avantageuse ; ib ne
ou l'agitation anglaise. 23i
pewdiit I éàê*i^ , voir et eompreattab ees dMMs mus dire ft«H^ d'^Mneomu à rps^eclée it monatmettse et «éfiri** tante «poliatioo q«l se pratique dans ce pays. ^Aedamations). Gendemen Je n*ai laouiis en qu'me vue aur le régime restrietjif, et c*est une vue qni les embrasse tontes; qiû satisfiiit plein«Bent omi esprit et qw^a bit de moi ee que je ànis : un ennemi déclaré abscriu , «nivconel, étemel des lois qui circonscrivent les bienfaits de la divine nrovidenee, ei disent an doue que Dieu a répandus avec tant de libéralité sur la surbee de la terre : c Vous ires jH8que84à, vous n^rez pas pins km. BU (Tomerre d'applavdîss^iiettts). Tout point de voe étrait , — îe dirai même national « — de la question , — perd i^ mes 7eu:i de son importanee, quand je viens à penser qu'il n'a pu entrer daas les desseins de IMeu^ qu'on peuple toujours croissant, dans l'enceiitite de frontières immuables» dépendit de son sol peur sa sutMÛstance ; tandis que les routes de TOcéin, le génie des bommes de scienee, la bravoure de nos marins, randace de nos armateurs, la fécondité des régions kùntaînes, la prospérité du monde, et la variété qui se montre dans les dispensations et dans la paternelle soUîcilude de no4'e créatenr, revient asses qu'il a vonln que les hommes échangeassent entr'eui le^ dons divers qu'ils tiemieiit de sa munificence, et que l'abondance d'une région coirtribult au bien-être et au bonheur de toutes. (Acclamations).. A mes yeux l'offense commise par les promotenrs de ces lois, est une de celles qui atteint le trône de Dieu même. Le monopole, c'est la négation pratique des dons que le TouuPnlssant destinait à sas créatures. Il arrête ces dons au moment oi its s'échappaient des mîw de la Provi* denee pour aller r^uir le cœur et ranimer les forées défail«> lantes de eew à q^i elle lea avail deetinéf* 3nr une rive, les aliments surabondent; sur l'antre, voii^ 4es^ hommes affamés
qui commcUraieot uir crime s'ils^toocliaient on grain de ces moissonft jaunissantes qui on| été prodigués à la terre pour le bien de tous. Que me parle-t-on d'intérêts engagés, de droits acquis, du droit exclusif de TariMocratie k ces moissons? Je connais ces droits. Je respecte le rang de Faristocratie, alors surtout qu'elle y joint ce qui est plus respectable que le rang, cette sympathie pour ses frères qui doit s'accroître en proportion de ce que Dieu a été bon pour elle, et qu'il a jugé à propos de leur retirer ses bienfaits temporels. (Acclamations). Que le seigneur garde ce qui loi appartient loyalement; qu'il possède ses endos, ses parcs et seschasses;. qu'il les entoure de murs, s'il le veut,et qu'il fasse inscrire sor des poteaux : c Ici on a tendu des pièges aux hommes. » Je n'entreprendrai pas sur ses domaines, je ne regarderai pas par dessus ses murs, et me contenterai de suivre la roate poudreuse, pourvu qu'arrivé au terme de mon voyage, je puisse acheter pour ma famille le pain que la' bonté de Dieo lui a destiné. (Applaudissements). L'opulent seigneur demande proteetiml Mais il la possède. Il la possède dans la sopériorité de ses domaines, dans leor proximité des centres de popolation ; il la possède dans l'éloignement des plaines rivales , dans les tempêtes et les naufrages auxquels sont exposés sur l'Océan les vaisseaux qui portent dans ce pays les productions étrangères; dans les frais de toutes sortes, assurances^ magasinages, commissions dont ces produits sont grevés. Voilk ce qui constitue en sa faveur une protec^ tion naturelle aussi durable que l'Océan et dont personne ne peut le priver. Mais il veut plus; il veut que la loi élève en^ core artiftciellement le prix de son blé, et que le pauvre luimême soit forcé de le loi acheter, ne lui rendant le droit de se pourvoit dans le marché du monde que lorsqne la possibi- Htëlni échappe de bénéficier par la confiscation de ce droit.
ou L AGITATION AflGLAlSE. 233
•......• GcntiemeD, la législation de ce pays a beaucoup pris
sur elle. On parle de désaffection , d'insubordination , de conspiration ! Je demande où sont les causes de ces maux. Je cherche le coupable; je m'adresse k celai qui tient en ses mains le châtiment, et je lai dis : c'est toi! (Écoutez). Une loi injuste, c'est un germe révolutionnaire. Suivez-la dans son action jusqu'à ce qu'elle commence à flétrir, appauvrir, fouler et provoquer Thumanité. Puis vient le temps de l'appel des patriotes; puis celni de l'écho populaire; puis l'attitude de la détermination et du défi, et puis enfin les persécutions, la prison, l'échafaud, les martyres. (Acclamations). Mais je remonte aux criminels originaires^ aux hommes qui ont conçu la funeste loi, et je leur dis : Vous avez fomenté la désaffection, vous avez popularisé la résistance patriotique; vous avez provoqué les plaintes du peuple; vous avez organisé la persécution; c'est vous qui commettez le crime, c'est vous qui devez subir le châtiment. Gentlemen, telle est mon opinion; si les gouvernements étaient justes , l'esprit de sédition mourrait faute d'aliment (écoutez), et si les lois étaient équitables, les chaînes seraient livrées k la rouille. C'est pourquoi je m'en prends aux mauvaises lois, et j'en vois beaucoup dans cette ileetplus encore dans une ile voisine. Elle nous avertissent que si nous voulons rétablir la paix et l'amitié, maintenir l'union et la loyauté , si nous voulons que la Grande- Bretagne soit ce qu'elle a toujours été, c maltresse des mers, invincible dans les éombats, > nous devons faire justice au peuple, et non-seulement rendre la liberté aux noirs des Antilles, mais encore affranchir le pain de Fouvrier anglais. (Âpplàudfssements).
»iîî
234 COBDËN ET LA LIGUI^
Séance du 28 février 1844.
M. AsawoRTu : Ce n'est pas une chose ordinaire quede voir un manufacturier du Nord abandonner ses foyers et ses occupations pour se montrer devant une telle assemblée. Un manufacturier a autre chose ii faire, et il est peu enclin à recourir k ses concitoyens alors même qu'il se sent lésé. Il répugne naturellement k Vagilaiion ; et absorbé par Tétude pratique des sciences et des arts qui se lient k Taccomplissement de son œuvre, il aimerait à ne pas s'éloigner de ses intérêts domesti(Iues, s'il n'y était forcé par des lois pernicieuses. Messieurs, c'est avec une pleine conGance que j'en appelle \ vous, comme manufacturier, parce que j'ai la convictiou que j'appartiens k une classe d'hommes qui ne réclame que ses droits. (Applaudissements). On les a accusés d'être difficiles dans leurs marchés; ils ont cela de comnmn avec tous les hommes prudents , et vous comme les autres, s^ns dout^ (Rires). Mais on ne peut au moins leur imputer d'avoir une grande maison commerciale, sous le nom de Parlement, de s'en servir pour circonvenir les intérêts de la communauté» et fixer eux-mêmes le prix de leur marchandise* Messieurs, les manufacturiers ne jouissent d'aucune protection; ils Q*en demandent pas ; ils repoussent le système protecteur tout entier, et tout ce qu'ils réclament, c'est que tous les sujets de S. M* soient placés à cet égard, ainsi qu'eux-mêmes» sur le pied de l'égalité. (Écoutez, écoutez). Est-ce Ik une exigence déraisonnable? (Bien) Les landlords vous disent qu'ils ont besoin de protection; qu'ils ont droit à être protégés par cei^ taines considérations. Je ne vous dirai pas qi^elles sont ces considérations. Je laisse ce soin à lord Mountcashel et sir Edward Knatchbull. Ils ne vous l'ont pas laissé ignorer ( *).
(*) Alluûou à Tavca fiiit par ces deux personnages que ki protection
ou l'acitation anglaise. t235
(Rires et applaudûsemeots). Ils disent eneore qu'ils ont besoin dé prsteetion pour lutter contre Tétranger. Pour ee qui ne regarde, je ne sais pas, sous quels rapports, le petfple anglais est inférieur aux autres peuples. Je suis convaincu que les fermiers anglais, et notamment les ouvriers des campagnes, sont capables d^autant de travail que toute autre ebsse de la communauté ; et il n'en ^t pas qui soient plus en mesure ée soutenir la concurrence étrangère, pourvu que les landlords leur permettent de se procurer les idiments à un prix saIttreL (Applaudissements). Les manu&cturiers sent bien eiqposés k cette concurrence. Pourquoi les landlords en 8eraienil«*il8 affiranchis? {Très bien). Je le répète, les manufacturiers ne jouissent d'aucuns privilèges ; ils n'en veulent pas. ils n^ont, sous le rapport des machines, aucun avantage qui ne soit commun au monde entier. (Écoutez, écoutez)* Nms empruntons aux antres peuples leurs inventions et leurs perfectioDnements; nous les appliquons & nos madiines et en augmentons ainsi la puissance; et si l'exportation de ces machines perfëctionuéM fut autrefois prohibée, elle est libre aujourd'hui , et il n'est aucun peuple qui ne puisse se les procurer k aussi bon marché que nous-mêmes. La loi prohibitive de Pexpertation des machines a été abrogée, il y a un an ou deux, et quoique à cette époque notre industrie fût dans otie situation déplorable, — quoiqu'il ne taianquAt pas de bons esprits qui regardaient la libre exp(»1alion de nos belles machines, comme une mesure hasardeuse pour le maintien de notre supériorité manufacturière, — cependant, nous ne flmes aucune opposition à cette mesure, et nous la laissâmes s'accomplir sans hésiter, sans incidenter, en esprit de
leur était nécesssaire pour payer leurs dettes, dégager leurs doinaiue& et doter leurs filles.
justice et de loyauté. ( Acclamatioiis )• ÂiBÛ, a|»rte avoir conféré k l'étranger tons les avantages qne nous pou* vion^ retirer de la supériorité de nos machines, nous demandons k être affranchis de toutes restrictions, et nous posons en principe, que puisque les manufacturiers sont abandonnés k Tuniverselle concurrence, ils ont le droit de dire qu'il leur est fait injustice si une autre classe — el notamment Topolente classe des landlords — jouit d'avantages 'excln8i6^ d^avantages qui ne soient pas communs k toutes les autres.
On a dit que le marché intérieur était le plus important pour l'industrie manufacturière. — Je suis en mesure d'éva* luer l'importance du marché intérieur en ce qui concerna ma propre industrie, l'industrie cotonùière. Elle s'alimente principalement par l'exportation. On voit dans l'ouvrage de Arom, qu'une balle seulement de coton sur sept est mise en œuvre pour la consommation du pays, et, par conséquent, cette gob* sommation ne paye qu'un septième de la main-d'œuvre bri* tannique qui est consacrée k cette branche, ou environ un jour par semaine. (Écoutez, écoutez). Np perdez pas de vue que c'est Ik la totalité de la consommation du pays. Ainsi, cette clienlelle de l'aristocratie terrienne qu'on nous dépdnl en termes si pompeux, se réduit, quand nous venons k l'examiner de près, k payer une fraction d'un jour pour une semaine de travail ; et quand aux débouchés que nous offrit les autres classes, — car les landlords ne sont pas nos seuls acheteurs, — je me bornerai k dire que cette métropole saile consomme plus que toute l'Irlande et la ville de Manchester, plus que le comté de Buckingham. (Écoutez, écoutez). — Venons aux exportations. — Je viens de vous dire qu'elles s'élèvent aux six-septièmes de ce que nousfabriquons. Il en résulte que nous dépendons de l'étranger pour les six-septièmes de notre travail, et comme nous n'avons aucun empire sur la
ou l'agitation anglaise. 237
législation étrangère, nons sommes incapables de recevoir aOGone protection, dans cette mesure, alors qu'elle vous serait offerte. — Considérons maintenant l'intérêt agricole. La
foMeaiion des aliments n'est pas dans ce pays, une industrie
d'exportation. Elle possède, dans le pays même, le meilleur marché du monde, et jouit encore de la protection. Il fut un temps oà les produits agricoles de l'Angleterre étaient ex« portés, où les landlords vendaient leurs céréales au^debors. Ce temps n'est plus. Aujourd'hui notre population consomme tous les grains que le pays peut produire, et ses besoins en réclameraient bien davantage, s'il lui était permis d'en recevoir. (Écoutez, écoutez). Ainsi, les propriétaires voyant que notre population manufacturière consomme tous leurs pro« dnits, ont cessé de les exporter, et ils ont l'avantage de vendre-cet insuffisant produit sur un marché où l'offre est constamment inférieure à la demande. Ce n'est point Ih, comme je viens de le démontrer, la situation de l'industrie manufacturière. Les six-septièmes de ses prodoits sont exportés. Arrêtez un moment votre attention aux conséquences de cet état de choses. Lm alments «ouf la matière première du travail, précisément comme le coton est la matière première, de l'étoffe. Il s'ensuit que les balles de produits fabriqués que nous exportons, contiennent virtuellement du froment et autres produits agricoles aussi bien que du coton. (Écoutez, écoutez). C'est ainsi que les propriétaires du sol, tout en cessant de vendre directement au-dehors, se sont déchargés de ce soin sur les manufacturiers, et se sont mis en possession d'un moyen indirect d'exportation beaucoup plus commode et surtout plus profitable. Ils se sont épargné les embam» de convertir leurs denrées en argent sur les marchés étrangers, et les manufacturiers, par la circulatioaqueje viens de décrire, ont pris cette peine à leur charge. (Écoutez, écou^
238 l»O01>Ki> £T tA UGUll,
te^V Ainsi le maniifiiétttrier angkôs qoi aoeeni^Iil ses opératioDS sous F iafiiieDcede» loisrcéréaleft, est d*ab<»rd contraiot de payer on prix légMaîivmnmi arîifieM pour ses alime&ls et eeax de ses ouvriers; ensnite, puisque ses prodaiissMt destinés à Tetpcrtation, et puisqu'ils sont une sorte d'in* carnation de denrées agricoles anglaises, comlMiés^ sous ftmmie de travail, avec le coton et autres matières premièrea, il devient rintérmédiaîre malheureux de la revente de ces mêmes aliments, livré k la concurrence du monde entier, sur des marchés lointains oi les produits similaires se vendent peut-être pour la moitié du prix qu'ils lui ont coulé dans la Grande-Bretagne. (Applaudisseolents). Ain»,nous sommes devenus les instruments du propriétaire pour la débile de ses denrées, et, jcé qu'il y a de pire, l'opération nous constilM en perte pour la mmlié de leur valeur. (Écoutez, écoutes). Comme manufacturier travaillant pour l'exponation, jem'ar^ rêterai encore un m^noent sur cette partie de mon sujet. Vous n'aurez pas de peine k comprendre cet axiomegénérai : L08 imporêaieurM smU d€S ackeêmrsé I)onc, le critérium de la prospérité d'un pays ce n'est pas ses expartatùmê^ mais ses impartaîimt. Je le répèle, Us tmjiortelsMri êmU^Jhê adk«* ieurs. Permettez-moi d'éclaircir ceci par im exemple. Le narire qui aborde nos rivages chargé de marchandises, — n'importe la provenance, — est la persomficatiidn d'un marchand étranger k la hourse bien garnie, car le cha^eaa»t est bîentét converti en aidait, et cet argent est k la dispositien du consignataire pour être de nouveau converti ra mardmndises d'expcMation. Plu* donc il nous arrive de ces navires, plus il nous arrive d'acheteurs. — Au sujet de nos impôts, je vous ferai observer que les marchandises qui nous viennoit du dehors ne passent pas directement du rivage au magasin du négociant. Elles s'arrêtent d'abord k la douane.
ou l/AtilTATIOtN ANtilAlSE. 239
et Hi, elles payent on droit fiscal. Comme free-îraden ûom
n*atons ptas d'objection contre nu tel droit. Il est juste et convenable d'asseoir une partie des recettes pubHqnes sur tes marchandises étrangères. Mais ici nous distinguons, et nous disons : s'il est juste que nous payions un droit pour le revenu puMic, il ne Test pas que nous en payions un autre pour des avantages personnels, et notamment pour grossir les rentes des propriétaires du sol. Messieurs, nos importatations devraient être libres. Dans un pays éclairé elles seraient libres comme les vents qui les poussent vers nos rivages. (Applaudissements). Supposez-vous transporté pa^la pensée dans un autre pays, — car je ne veux pas vous oflR^ser inutilement en citant votre propre patrie, — supposez que vous voyez sur les côtes des hommes en uniforme, allant et venant, un mousquet d'une main et une lunette de Fautre. Si l'on vous disait qu'il s'agit d'un service préventif, d'un service destiné par le gouvernement à empêcher l'arrivage des navires, et, par suite, l'introduction de prodoits étrangers, ne déclareriez-vous pas que c'est lU pour ce pays, l'indice d'une ignorance qui ta jusqu'au snicide? et ne jugeriez-vous pas que ses lois commerciales remontent aux siècles les plus barbares? Ceçt pourtant fesprit, je regrette de le dire, qui caractérise notre législation. Nos lois admettent les objets de luxe, les vins, les soieries, les rubans à l'usage des grands et des riches ; elles laissent librement entrer ces choses moyennant un droit fiscal, et elles prohibent Timportation des aliments, c*est-k-dire, de ce qui affecte le plus les classes pauvres et laborieuses. De telles lois sont le fruit de l'injustice, et nous nous élevons contre lenr partialité. Les seigneurs £sent que c'est là une question manufacturière. S'ils l'ont ainsi stigmatisée, c'est qu'ils ont surtout trouvé les manufacturiers prompts et persévérants à combattre leurs privil^es. Mais
t240 COBDEN ET LA UGCE,
nous repoussons leur imputation. Non, ce n'est pas la eanse des manufacturiers ; c'est votre cause ; c'est la fniefuuj c'est la cause de tous. Ce n'est pas une question individuelle^ c*esi une question générale, qui intéresse toute la communauté ! Le manufacturier voit son industrie lésée, ses ouvriers affamés, et dès-lors il lui appartient, il appartient à tout homme dans cette situation, de se plaindre. — Cette vaine clameur des landlords est suivie d'une autre. C'est la sur-productionÇ)^ disent-ils, qui fait tout le mal. On les entend s'écrier : c Ces manufacturiers prétendent vêtir l'univers entier. » Peut-être feraient-ils mieux de nous laisser d'abord vêtir l'univers, et si, par 1^, nous portions le trouble et la misère dans le pays, ils seraient à temps de gémir. (Rires et approbation). Cependant examinons la question de plus près. Supposez que nous pairvinssions à habiller l'univers entier, nous n'avons pas encore trouvé le secret de faire des calicots éternels (rires), ils s'usent, et dès-lors ceux que nous avons accoutumé à en porter en réclameront d'autres. Voilà donc une source permanente de travail. (Écoutez). Ne serait-ce point une chose plaisante de voir venir à cette tribune un manufacturier du Lancastre, pleurant comme Alexandre, de ce qu'il ne lui reste point un autre monde, non à conquérir^ mais à Habiller? (Éclats de rire). En tous cas, au milieu de son chagrin, il aurait au moins cette consolation, fondement d'une espérance légitime, que s'il parvient à vêtir l'univers, c'est bien le moins qu'il ait le droit d'être nourri. (Acclamations). Je n'ai encore entendu personne se plaindre qu'il avait trop de vêtements. (Une voix dans les galeries : Je suis sans. Rire universel). Quel que soit leur bas prix, nul ne se fftche de les avoir à trop
(') Surprodaction, aatre néologisme pour ttuduire le mot nvêr-produetion^ excès de production. Ici au moins je puis m*étayer de l'autorité de. M de Sismondi.
00 L'AGltATIOPr ANGLAISE. 241
bon mardié. Les landlords se réunissent de temps k autre, et on les entend se flatter d^étre de bons patriotes, parce qu'ils font deux coupes de foin là où ils n'en faisaient qu'une autrefois. Gentlemen, à ce compte Je puis aussi, comme manufacturier, réclamer le titre de patriote, car je fais maintenant deux chemises pour moins qu'une seule ne me coûtait il y a quelques années. (Rires). Mais je n'accepte ni pour les landlords ni pour moi-même la qualification de patriote ou de philanthrope k ce titre. La même cause, la même impulsion nous fait agir, et c'est notre mlérét éclairé. (Écoutez, écoutez). Mais voici une autre clameur de l'aristocratie. Elle s*en prend aux machines.
Ici Torateur combat l'erreur qui fait considérer les machines comme nuisibles à l'emploi du travail hu-^ main. Il établit, par des faits nombreux, qu'il y a dans tous les comtés oà les machines ne sont pas employées, une tendance à émigrer vers ceux où elles sont le plus multipliées. Ce sujet ayant déjà été traité par d'autres orateurs, et notamment par M. Gobden, nous supprimons à regret cette partie du remarquable discours de M. Ashvorth.
Séance du 17 avril. — Présidence de M. Cobden.
Le président rend compte des nombreux meetings auxquels lesdéputations de la Ligué ont assisté depuis la dernière réunion de Govent-Garden ^ à Bristol, Wolwerhampton, Liverpool, etc. —Il parle aussi des noiesarés prises par l'association pour porter pritiëipalement la discussion partout où se font des élections ,
«fin lie répandre la lumière précisémeut au iDomenl où rexeîtatioD qui aocoflapagne toujours les luttes électorales, dispose le public i la recevoir. C'est pourquoi dorénavaut la Ligue portera toutes ses forces dans tout bourg où un certain nombre d'électeurs, quelque pelit qu'il soit, sera disposé à appuyer la candidature d'un free-trader.
M. Ward, membre du Parlement, prononce un discours pleins de faits curieux, ()e données statistiques et de solides arguments.
Le colonel Thompson succédé à H. Ward. Ce vétéran de la cause de la liberté commerciale s'est acquis eu Angleterre use immeose réputation par ses discours et S9S nombreux écrits. Nous aurions heancoop déliré le faire emoattre au publie français. MaUiau<reu^ment pour nous, le brave officier est dans Fueage dQ revêtir des peines profondes de formes etrigînakft, çt 4*Mn langage iiiiQisîf et populaire entiér^menl inr iradMisib^^ — "Wous essayerons peut^tre à la fin de 4S9l çAiYrage de faire passer diws notre langue, au risque de les affaiblir, quelques-unes de aea^ifitfes.
Le président. J'ai rhonneur de voas présenter un des oratenrs les plRs^cçeippli^ de Tépo^ue^ un hoip^m^qui a déjà déployé des talents de Tordre le plus élevé dans une grande cs^se humapitaige, égale en importance h «elle qui nous féiuiil aujourd'hui* tt a paîssamment contribué k rémanoHflDÎPP de9 eçQlatea de noa colonies des Indes oeeidentales et qmudi ^ 9NU^ «'ai jamais pu ap^reftioir la moindre dîftftjrence çntre spolier l'honw^ tout; ^nHfi^ w le formant au travail çt Iç dépouilla du kv^ de wn travail J'introduis an*
ou l' AGIT ACTION ANGLAISE. 248
près de TOUS IL Geot^es TbompiMMi. (Tonnerre d^pplMdis- $ement&)
Les événements qai se passent dans la Grander Bretagne ont naturellement leur retentissement dans les meetings de la Ligne, surtout quant ifs ont quelque connexité avec la cause qu'elle défend. On a pu voir déjà Fopinion qui s'était manifestée au Èetn de cette puissante association au sujet de l'émigration forcée {compuhory émigration) , quand cette queS'tion était traitée au Parlement. On a m aussi TeffibC qu'avait produit sur la Ligue Faccusatian de cott<^ spiration dirigée contre O'Gonnell et Tagitation trlan'^ daise. — A l'époque où nous sommes parvenus, trne seconde modillcation dans les tarifs était soumise aux Chambres par le cabinet Peei , et comme ette servira dorénavant de texte à plusieurs oratéorg, il n'est pas sans utilité de dire ici en quoi ces modifications consistent.
Le droit sur le sucre colonial était de 24 sh. , et sur le sucre étranger de 63. La différence ou 39 sh« était ce qui constituait propfement h protection. —Le gouvernement proposait» tout en maintenant le droit sur le sucre des colonies à 24» de réduire le droit sur le sucre étranger à 34^ c'est-à-dire de limiter la pro* tection à 10 sb. — C'eût été un grand pas dans la voie de la liberté commerciale , si le catùnet anglais a'eAt en même temps restreint le d^rèvemeot au sucre jpro* dtt«e jENir le travail Wpre {firee-groum eugar). Maie en laifr» sam peser le drpil de 63 sb. syr le sucre produit dam les pays à esclaves (itdm-fTMw nif0r), on excluait
les sucres du Brésil, de Cuba, elc. Cette distinction étant évidemment un moyen indirect de maintenir le monopole autant que la diffusion des lumières, et les circonstances le permettaient, elle avait la chance de rallier, beaucoup d*hommes honnêtes en leur présentant la mesure proposée comme dirigée contre l'esclavage, et la preuve que les monopoleurs avaient bien calculé, c'est qu'ils sont parvenus à rallier à leurs vues un grand nombre d'abolitionistes, et de se créer ainsi en Angleterre un appui sur lequel ils ne pouvaient compter que grâce à cette distinction hypocrite. — On verra dans la suite l'opinion des free-trader$el les péripéties de ce débat.
M. Geoq;e Thompson, après avoir réclamé, vu Tétat de sa santé, l'indulgence de rassemblée, s*exprime ainsi : comme l'honorable et brave officier qui vient de s'asseoir, je pense que la question de la liberté commerciale , et notamment de l'abrogation des lois céréales, en tant qu'elle touche au bienêtre et au bonheur de la race humaine , & la stabilité et à l'honneur de l'empire britannique, ne le cède point en grandeur et en solennité à cette antre question à laquelle, dans d'autres temps, je consacrai mes efforts. Si je réclamais alors la Iil)erté de l'homme , je réclame aujourd'hui la franchise de ses aKments. ( Acclamations. ) Dieu a voulu que l'homme fAt libre; et je crois qu'il a voulu aussi que l'homme tédH. C'est' un crime de lui ravir là liberté, mais c'est ârussi un crime d'élever le prix, d'altérer la qualité on de diminuer la quantité de ses alimens; et quand je viens à éonsidérer que la loMéréale affecte les salaires, rompt l'équiiîbre enure ïiùBtà jei la dema04<& des brae, jetie hors d'emploi des mil-
ou l'agitation anglaise. 245
lions d'ouvriers, ne laisse à ceux qui sont assez hevreux pour s'en procurer que la moitié d'une juste rémunération , et les force en outre de payer le pain à un prix double de celui qu'il aurait sans son intervention , alors je dis qu'une telle loi m'apparatt comme une monstrueuse spoltation (applaudissements), et comme la violation'de cette charte descendue du ciel sur la terre : c homme ^ tu mangeras les fruits de la terre ; la saison de semer et la saison de moissonner, l'hiver et Tété, se succéderont à perpétuité, afin que tes créatures de Dieu ne soient pas privées de nourriture. » Quel est le grand principe d'économie sociale dont nous confions la propagation à nos concitoyens , pour leur bonheur, celui de la patrie et du monde? Quelle est cette doctrine que la Ligue,, comme une mouvante université, prêche et enseigne en toua lieux? C'est que toutes les classes de la communauté doivent être abandonnées à leur libre action , dans la conduite de leurs transactions commerciales, tout autant que ces transactions soient en elles-mêmes honnêtes et honorables ; — c'est qjQ'on ne doit souffrir aucune intervention, aucun con* trôle , et moins encore aucune contrainte législative en matière de travail, d'industrie et d'^échanges. (Écoutez, écoutez.) Nous avons foi dans la vérité de cette doctrine; mais nous "ne nous bornons pas à l'ériger en un système abstrait, qu'on prend et qu'on laisse à volonté. Noiis la régardons comme d'une importance pratique et capitale pour ce pays et pour touslespays, pour ce temps et pour tous les temps. Dans son application honnête et impartiale , elle implique la chuté de toutes les restrictions qui ont été si souvent dénoncées dans cette enceinte; eHe ouvre le monde au travail dé l'homme ; elle soustrait au domaine de la Joi anglaise T^ change des fruits de notre travail et dé notre habileté avec les nations du globe; elle appelle sur nos rivages les innom*
346 COBOEfi ET LA LIGUE,
braUei trîbiia répandues soug tous les climats. Gmiiie la piété» elle est 4eux fois béoie; h^m â^o& celui qui âonne, béoiedaus celui Qui reçoit* (Écoutez^) Ce a'est pas sans an seotineut profond de douleur qne nous pouvons, comme Anglais, contempler les scènes de désolation qui se soal passées soua nos yw% depuis deux ans; et si la situation de ce pays est pour nous un juste siyet d'orgual , d*un autre çM elle cet liien propre k esciter notre compassion. Notre grandeur comme nation est incontestable. Des rivages de eette Ue, nous nous sommes élancés sur le vaste Océan; nous y avons pr<»mené nos voiles avantureuses ; nous avons visité et exploré les régions les plus reculées de la terre ; nous avons fait plus , nous avons cultivé et colonisé l^s plus belles et les plus riches contrées du globe ; aux hommes qui reconnaissent Tempirede notre gracieuse et bien^aimée souveraine, nous avons $(jonté des hommes de tous les cUmats et de toutes les races; par la valeur de nos soldats et de nos marins, Thabileté de nos officiers de terre et de mer, l'esprit d'entreprise de nos armateurs et de nos matelots, les talents de nos hommes d'État au-dedans et de nos diplomates au dehors, nous avons soumis bien des nations , formé des alliances avec toutes, (ait reconnaître en tous lieux notre prééminence industrieUe , et c'est ainsi que la puis^nce combinée de notre influence morale, physique et politique a rendu l'univers notre tributaire, le forçant de jeter k nos pieds ses innombrables trésors. (Acclamations prolongées,) En ce moment, nos capitaux surabondent, nos vaisseaux ilottent sur toutes les eaux et n'attendent que le signai de cette nation , — que de voir se dérouler au vent le drapesiu de la liberté illimitée du commerce pour amener et verser sur nos rivages les produits de notre mère commune. Des millions d'êtres humains ne deniandent qu'à échanger les fruits de leur jeune civilisation
ou t'AGlTATlOIf ANGLAISE. 347
cxNilfe iea produits pias eoAleil, plas élaborés de noire oivtlîseiion avaaeéei (NouveUeb aodamàiîonsi) fct la puissance de la prodMlioQ esl incommeronrable ; sons aos pieds gisent d^îasondaUes conebss 4é minéiaiix divers ^ date es^ étroit voi«na|e, que des oiétau ploë précieux que I-or peoTent être eitraits, fOttdns et fiifOfuiés sur phiee fKiur rusais des hooiniés de tons les pays. Dans nos ?enes Tailées^ se précipitent de* rivièreë capaMode mouvoèr dii mille fois ait fliilie OMchines y et rhomme règne sur cette Ile , < cèiniM un diadème de gloire swr la créatioo. > Le )^mier^ quoiqa*entré le dernier dans la carrière de la citilisatîott^ moninant au mofede combien est yastesa oapadté et coÉilnen il doit k la libéralité de la nature; appréciant la valeur et la dëstiitation d4 toutes les puiasanoes qni Tenlottreot^ il à lin ml pour la benntét une inteUigenee pour la science, un bras pour le travail ^ un coenr pour la patrie ^ une ame pouif la religion. (ApplaodissementSk) L*air^ la terrë^ Tocéan loi soiit finnilielrs dam tons leurs aspects^ leurs doingementg, leurs usages et leurs applications^ Cbacun d'eux paie k ses investigations le tribut qu'H refuse h une apathique ignphince ; obàcon d*euK lui révèle ses secrets avee certitude^ quoique avec une lente réserire. Le voiËi debout, éternel objet d'éconnement et de terreur pour les peuples làcbes , okîet d*ttne mUo ému* lalMNa pour les nations dignes de la liberté* A la hauteur oâ il eel parvenu , s'élever encore ou tomber voilk sa seule alternative. Il ne peut s'arrêter et il dédaigne de tomberr car la trempe de son esprit le soutient et k vigueur de son génie le pousse en avant. Telles sont quelques^nnes dea ciicmialMices que j'avais à l'esprit quand je vote disais q»i comine Anglais , nous sommes justifiés, de noua complaire dans des sentimentsd'orgœil national. Mats, béMs ! combien de causes ne vienneni-elles pae froisser oe& sentiments et les convertir
248 COBMN ET LA LIGUB,
eû une profonde humiliation ! Car pourrait*on jamais croim que cette Angleterre , si illimitée dans son empire, si riche de ressources, A supérieure par ses armées et sa marine , si fière de «es alliances, si incomparable dans son génie pro* ductif , quels que soient Tabondance de ses capitaux, la surabondance de ses bras et de son habileté , orgueilleuse de sa littérature puisée aux sources les plus pures , de sa moralité qui respire la bienveillance universelle, et de sa religion qui est divine, — que TAngleterre ne peut pas, ne veut pas nourrir ses propres enfants ; mais qu'elle les voit errer dans Toisivelé , s'accroupir dans rabattement, et languir et mourir d'inanition sous les murs de ses monuments, sur les marches de ses palais, sous les portiques et jusque dans le sanctuaire de ses temfdes I Quel est l'étranger, connaissant notre posK* tion géographique , retendue et les ressources de notre empire, le génie, l'habileté et l'énei^ie de nos concitoyens, qui pourrait jamais croire qu'ici où siège le gouvernement, dans ce pays , la grande usine du monde , le centre du commerce ; dans ce pays où s'entreposent tant de richesses , où s'élaborent tant d'idées et d'intelligence , il y a plus d'oisi^ veté, de misère, de privation, de souffrances physiques et morales , qu'on n'en pourrait trouver, 3i population égale , dans aucune autre contrée du monde ? et pourtant voilà où en est la puissante Angleterre. Peut-être les choses se sontelles un peu améliorées dans quelques comtés de la Grande- Bretagne, et, s'il en est ainsi, nousen remercions le Dieu toatpuissant , au nom des malheureux et des indigents. Mais même en ce moment, vous pouvea rencontrer des multitudes d'hommes oisife tout le jouf , tandis que ceux qui smit occupés ne reçoivent que d'insuffisants salaires, et n'obtiennent, après une longue semaine de travail incessant, qu'une chétive pitance à peine suffisante au soutien de la
ou l'a€1TAT10iN ANGLAISE, 249
Tk.. Oh! si TOUS cherchez, vous trouverez bien des intérieurs dësolés, — ob le feu s*est éteint au foyer, — où la coupe est vide, — où les couches ont été dépouillées et les couvertures vendues pour du pain, — où la mère a laissé sur la paille Tenfant s'endormirau bruit de ses propres vagissements, — où le père de famille qui, s*il eût été libre, aurait pu et voulu être un artisan honnête, actif et satisfait, n*est qu'un vagabond affamé, sans ressources, sans courage et sans espoir; — triste famille, ou plutôt, quand elle est réunie dans sa sale nudité, triste juxtà-position de créatures dégradées, dont TirrésistiUe action de la misère a détruit les mutuelles sympathies. Ui, vous ne rencontrerez plus le sentiment de la dignité personnelle. Là, le murmure s'élève contre Dieu , c^mme la malédiction contre les gouvernants et les législateurs. Là, s'est éteinte toute vénération pour les lois sociales ou pour les divins commandements. Là, des projets de rapines se complotent sans remords. Ui, enfin, des créatures proscrites , se croyant abandonnées de Dieu et de Thomme , se regardent comme les victimes de la législation, ou sentant du moins qu'elle n'est pour elles ni une protection , ni mi refnge^ s'insurgent contre la société , puisque aussi bien le sort qui les attend ne saurait être pire que celui qu'elles endurant (Bruyantes acclamations.) Voilii ce qui se passe en Angleterre. — Je veux que vous compreniez bien que l'existence d'nn tel éfat de chose révèle l'existence de quelque mauvaise loi , qui étouffe le commerce de ce pays, qui nous ferme les marchés du monde , en empêchant les produits des antres contrées de venirici pour satisfaire à nos besoins. Une misère aussi profonde, une indigence aussi abjecte, une souf-* france aussi incurable n'existe ailleurs nulle part. Quoi qu'aient pn faire dans d'antres pays le despotisme et la superstition, ils ne sont point parvenus, comme nos lois, a affa-
mer une population actWe et laborieuse , lu qui il reste au moins la faculté d*échanger ee qo^elle produit contre ce dont elle a besoin. (Acclamations bruyantes et prolongées^) — rai beaucoup voyagé; j^ai vu Tignoraûce la plus profonde; la superstition la plus sombre et là plus terrtMé ; le despo^ tisme le plus illimité et le plus rigoureux; la théocratie la plus orgueilleuse et la plus tyrannique; mais une misère semblable k celle que je vois ici et qui nous entoure, je ne Tai vue nulle part« (Applaudissements.)
Ici Torateur discute le principe et les eflSots déê loiscéréales, et arrivant à la question des sucres, il continue en ces termes :
Je viens de vous parler des lois céréales; permettez^iDoi de vous entretenir de la loi des sucres. — Peraoïme ne me soupçonnera, je pense, de désirer le maintien de Tesclavage. S'il se trouvait dans celte eiiceinte quelque persomte disposée à diriger contre moi une telle accusation , il me suftrait de loi dire, en signalant Phistoire de mes actes ci de ma vie passée:— * Voilà ma réponse. (Acdamatioin.) -^ J'ai le regret de différer d'opinion avec d'anciens anus^ qui, dirigea par les plus pores intentions, croient légalement dévoir s'opposer au triomphe de la liberté commerciale dans k qoe»* tion des sucres. J'ai examiné h question maturément, pendant de longues années; je me sois efforcé d'arriver à ooe saine et juste conclusion, et je condlattrai énergiqœaMni, sans m'écarter du respect et de l'affection que je leor ai vooést cette doctrine qu'il appartient ao gouvernement de fermer au sucre produit par les esclaves tVocès de noti» marcM national. Nous sommes d'accord sur l'esdavage; naos l'avons également en horreur; noos croyons que réduire o« retenir
les hommes daos Tesdavage , les forcer au travail , toal en retenant le juste salaire qui leur est ét^ ce «ont des crimes aux yeux de Dieu, et d*horribles empiétements sur les droits et régalité des hommes. Mous croyons aussf que c'est le devoir de tout homme éclairé et de tout chrétien d'élever la voix contre Fesclavage sous toutes ses formes, et d'employer tous les moyens moraux et légitimes pour devancer le jour où cessera la servitude et avec elle le commerce de l'espèce humaine. (Écouter, écouter.) Il faut donc se demander, d*a-* bord y quels sont les droits du peuple de ce pays; ensuite, quels sont les moyens de saper Teselavage qu'on peut considérer comme honnêtes et légitimes, c'est-à-dire qui, tout en ayant pour fin la justice due aux hommes des autres contrées, n'interviemient pas cependant dans l'action de la fiherté civile et dans les justes prérogatives de nos concitoyens. — J'admets la vérité de cette proposition : que les hommes ont droit à la liberté personnelle; qu'ils doivent demeurer eq pleio exercice de leur liberté, dans le choix de leurs èbefs ( * ), de la nature et du lieu de leurs occupations , et du marché snr lequel ils jugent li propos d'apporter ou leur travail , ou les résultats de leur travail. —* Mais il est également clair à mon esprit que les hommes de ce pays et de tous les pays doivent être libres aussi , (je veux dire libres par rapport à l'intervention de la loi civile) de choisir, comme consommateurs, parmi tous les produits portés des diverses régions du globe sur le marché commun. (Broyantes acchnnations.) le ne vois pas qu*ils puissent avec justice être empêchés d'a« cheter les produits du ft*é8il et de Cuba sur le fondement que ces produits sont le fruit de l'esclavage. Je ne vois pas qu'ils puissent avec justice être placés dans l'ahemative
(') Employers.
•0 d*acheter les produits des Antilles britADDiqaeB oo de se passer d'aoe chose qui leur est nécessaire.
J'admets que c*est on droit et on devoir de dénoncer Tes* clatage , et de propager les saines idées parmi tontes les classes, relativement k la criminalité de ce système. C*est nn droit et nn devoir de mettre en lumière Tobligation pour chacun de retirer tout encouragement k ceux qui commettent le crime de retenir les hommes en servitude. Chaque fois qye par le raisonnement, la persuasion et la prière, nous amènerons un homme 3i agir volontairement en cette ma* tière, on pourra dire, dans ie langage de TÉoriture : c Tu as gagné ton frère I » C'est Ik un moyen légitime de détourner les hommes d*une pratique mauvaise et un pas fait dans la bonne voie, vers l'extinction d'un système que nous avons en égale exécration. Mais la prohibition législative, c'est de la violence et non du raisonnement; c'est de la force et non de la raison ; de la tyrannie et non de la persuasion. De tels actes sont la perversion et l'abus de la puissance l^slative. Il n'y a pas de garantie contre un tel exercice de l'autorité. C'est, de la part du Parlement, une usurpation sur la conscience des hommes dans un sujet où ils ont le droit déjuger par eux-mêmes et de se conduire comme des êtres mo* raux et responsables. Une loi telle que celle à laquelle je fais allusion et qui est en ce moment en pleine vigueur dans ce pays, ne peut être considérée comme émanée du peufrie ou comme un acte conformé à sa volonté ; car, s'il en était ainsi, la loi elle-même serait superflue, et le produit qu'elle prohibe, débarqué sur nos rivages et exposé en vente, ne trouverait pas d'acheteurs et serait délaissé comme flétri de la pdlutien morale qui y est attachée. — Même , en tant qu'imposée par des hommes parlementaires, cette loi prohibitive manque manifestement de sincérité; car ces mêmes hommes
ou l'agitation anglaise. 253
permettent que le sacre-esclave soit débarqué et raffiné dans ce pays, — ils en encouragent Teiportation sur des bâtiments anglais; ils sanctionnent le commerce qu'en font nos négociants avec les nations étrangères* — Ils savent bien qu'il est consommé au-debors, à l'état raffiné^ et malgré cette coûteuse préparation, k un prix moins élevé que le sucre brut dans notre ile. Us encouragent ce commerce, jusqu'à ce qu'il approche de cette limite où il affecterait leur propre monopole, et alors seulement ils le prohibent sous le prétexte qu'il porte la tache de la servitude^.* Malheureusement pour la sincérité de ces hommes, ils sont les mêmes qui, dans les temps passés, mirent tant d'éloquence au service de la cause de l'esclavage. (Écoutez , écoutez). J'ouvre le livre bleu ; il mentionne le nom de ceux qui ont reçu indemnité sur le fonds de vingt millions voté pour opérer l'émancipation,, et je trouve qu'ils étaient les principaux co*partageants de ce qu'ils appellent maintenant le prix dç l'injustice. Je scrute leurs votes au Parlement et je les vois résistant opiniâtrement, d'année en année, à toute tentative pour adoucir les horreurs de l'esclavage des nègres, jusques-lk qu'ils repoussaient l'abolition de cette coutume barbare, la flagellation des femmes. (Écoutez). Je rencontre les mêmes honmies imposant des droits monstrueux sur le sucre de l'Inde, quoique produit par un travail libre ; je les rencontre encore prodiguant annuellement des millions sous la forme de draw^ backij de primes, de protection, aux planteurs des Antilles, possesseurs d'esclaves. — Eh quoi ! ils étaient alors produc^ teurs de sucre comme ils le sont aujourd'hui; ils étaient, comme ils le sont encore, producteurs de céréales. Montrezleur un article qu'ils ne produisent pas, et ils en permettront volontiers rimportation et la consommation, fût-il saturé des larmes et du sang des malheureux esclaves (Acclamations);
4>nt gagné par le travail de la semaine on ebétif salaire, leur défendent-ils d*en employer une partie, le samedi soir, à rachat d'an peu de sucre à bon marché? Pourquoi ? parce qa*ils ne sont pas producteurs de coton, tandis qu'ils sont producteurs de sucre ; il n'y a pas d'autre raison. Voici trente années que nous aflSrmons, que nous essayons de prouver que le travail libre revient moins cher que le travail des esclaves; que les mettre loyalement aux prises c'est le moyen le plos pacifique et le plus efficace de Bétruire l'esclavage. Cestponr propager cette vérité que nous avons distribué k profusion les écrits de Fearon , de Hogdson , de Cropper , de Jérémie, de^Conder, de Dickson et de bien d'autres. Donnerons-nous maintenant un démenti pratique k nos affirmations antérieures en invoquant la prohibition,, funeste même au travail libre, et l'intervention arbitraire de la loi dans le domaine de la raison individuelle et de la libre action de l'homme?— J^ai lu avec plaisir une déclaration solennelle et officielle émanée des chefs des abolitionistes, par laquelle ilsexprimeot que dans leur conviction il est funeste et dispendieux, dangereux et criminel, de faire intervenir les armes dans la cause dé l'abolition. Je partage cette conviction (^). L'arithmétique et l'histoire prouveront la première partie decette proposition; le sens commun et le christianisme se chargent de la seconde. Mais l'analogie n'est-elle pas parfaiteentre l'intervention armée et des actes du Parlement, qui seraient vains et de nul effet s'ils ne puisaient leur force dans les peines , les châtiments, le blocnsde nos côtes et les armées permanentes? -Qu'est-ce qui communique quelque puissance à cette loi na-
(') Ceci prou?e, pour le dire en passant, que le droit de viaile n'était pas, de Tautrecôté du détroit, aussi populaire qu^on le suppose en France , puisqu'il était repoussé par deux puissantes associations : \e^ ab&iilionfslfs et les [rfc-lraders.
•U l'agitation ANCLAI8£. 353
torellemeot opposée aux droits et aux sentiaientsdu peuple?
N*esl-ce point rirrésiatible force jrtiyaiquedugouvernein'eDt?
Quelles seraient les suites de la désobéissance? Nous savons
tous que peu de personnes respectent une loi qui force le peuple a assister au réembarquement du sucre du Brésil,
raffiné ici, pour être vendu ailleurs à i d., tandis que luimême ne peut obtenir de sucre brut qu'à 8 d. Mais chacun craint d'enfreindre la loi à cause des conséquences terribles attachées à cette infraction. Aussi, ce n'est point aux vues et aux idées des monopoleurs que Ton croit; mais c'est le douanier la cour de Téchiquier, l'amende et le cachot que l'.on craint. (Approbation). Est-ce ainsi qu'il convient de rendre les hommes abolitionnistes? Est-ce ainsi qu'il faut rendre l'esclave a la liberté ? Toutes nos anciennes maximes d'économie politique sont-elles changées? N'est-il pas possible d'atteindre l'objet que nous avons en vue par l'action combinée du travail libre au-dehors, et d'un loyal appel k la conscience des hommes au-dedans? — Je comprends, qu'autant pour se
montrer conséquent avec leurs principes que pour décourager l'esclavage, les hommes s'abstiennent de l'usage des produits du travail des noirs ; mais je dénie formellement à la législature (alors surtout qu'elle ne s'appuye pas sur la voix du peuple) le droit de forcer qui que ce soit à une semblable privation. C'est à nqs yeux, je l'avoue, une choquante incon^ séquence de prétendre maintenir un principe par la violation d'un autre principe ; — de défendre dans un sens les droits des hommes et de les usurper et de les détruire dans un autre sens. (Écoutez). Combien il serait plus noble de dire : Nos ports sont ouverts ; — ouverts aux produits de tons les cBmats a6n que notre peuple se procure toutes choses au meilleur marché possible. Nous n'intervenons dans la conscience de personne. Nous ne forçons qui que ce soit à acheter eeci,
358 G0fe1>£N ilT LA LIGUE y
à 6*àhBteinr de cela. Aui natimis qui eoDsenrenl des esclaves aousdisofis'.noiisiie nous battrons pasavec TOUS, earse sanU fiiire le flftal pour que le bien se fasse; nous n^imposerons pafe des droits pr^ibitifs, car oe serait violer le principe de la liberté des échanges, et employer à Tégard de nos citoyens des mesures coërcitives. Hais nous ne cesserons jamais de vouer votre système d^esclavage à là censure et k Texécration universelles ; de faire retentir nos protestations comme individus, commeassociatiôtis, comme peuple.[(Âpplaudissements}. Nous encouragerons dans tous les recoins du globe le travail libre, votre rivaLNous tendrons enfin, comme gouvernement, justice et liberté h nos magnifiques possessions. Au lieud^arrêtét le développement de Tindustrie indigène dans Tlnde, notfs Tencooragerons par de nobles récompenses. Nous accueillerons le sucre, le riz, le coton, le tabac des contrées où îes soupirs de l'esclave ne se mêlent pas an murmure des tents, mais où la joyeuse voix du travailleur volontaire retentit sur des champs aimés, autour de 'foyers indépendants et heureux. — Vendes comme vous pourrez vos sucres et vos cafés. En attendant, nous travaillerons la conscience des hommes jusqu'à ce qu'ils rqettent volontairement tout ce qui porte la tache de Pesclavage. (Applaudissements). Oui, et nous attaquerons aussi vos consdiètices.Noscanons sont eocloués €^ livrés \k la rouille; mais nous aurons recours aux armes inorales, et nous porterons des coups qui, s'ils ne brisent pas les membres et ne réparùdent pas le sang, pénètJrent néanmoins jusqu'au cœur des hommes, les forcent k céder à la voix de la justice, et leur enseignent que l'honnêteté est la meilleure politique. (Écoutez, écoutez, et applaudissements). Nous ne toxùberons pas dans cette contradiction de Mftmer chez vous Ta spoliation des facultés humaines pendant que nous tolérons chez nous la spoliation du produit de ces fa-
ou l'agitation anglaise. 259
cultes; nons n'aurons donc point de lois resirielives. Nous avpns foi dans les principes universels d'une saine et honnête économie sociale. Nous avons foi dans la puissance de Pexempleque n'affaiblissent pas la restriction et la contrainte. Nous avons foi dans la fécondité de ces régions où Teselavage o*a pas porté sa rouille et ses malédiciions. Nous avon^ foi dans cette doctrine qu'un but honnête n'a pas besoin de la coopération de moyens deriionnétes. Nous nourrissons d'autres espérances, et tant que nous pourvoirons aux besoins et veillerons sur les droits de nos laborieux enfiints, tant que nos donnerons un grand exemple au iBonde en ren* versant les barrières qui enviroBuent cette maison de servitude, en ouvrant nos ports aux produits de tons les climats, afin que ceux qui ont fiiim soient rassasiés, et qoe ceux qui sont oisife soient occupés; tant que nous préfiéreromle frukdu travail libre au produit 4hi travail servile, nous ospéronsque Dieu répandra sur nous ses bénédictions, ot nous choisira entre tous les peuples pour arracher les nations aux voies tortueuses et mauvaises , et les replacer dans le droit sentier de la justice et de la liberté. (Applaudiusement^). Que ii nos adversaires nous menacent des conséqueneesde la liberté commerciale, nous acceptons. ces conséquences, car vom avons foi en nos principes; nous avons fn dans la parole iê Dieu ; nous avons foi dans là réciprocité des intérêts !»«• mains ; nous croyons qi^e le système k {dus simjrfe, le plus équitable, le plus juste est aassi celui qfti repaiera le ptas de bienlaits sur les habitants^de ce pays. (Ai^^bmationa). Wm^ gnons donc de nous toute impression de doute ou de décoa-> uagement li regard de l'issue denotreeatreptise. Un progi*ès rapide et sans précédent a été Ait. Des difficultés énormes ont été vaincues et tout nous présage un prochain triomphe. Des siècles d'obscurité et d'ignorance, d'erreurs «t de mé*
priaeâfquanlaaxeSéU des lois prolectrices, se soDiécoalés. Notre pernicieux exemple , il est vrai , a entraîné les autres peuples, par de fausses inductions, h adopter nos suicides ( < } théories. Tout le mécanisme des luttes de parti, tout le poids de rinfluence gouTernementale ont été engagés en faveur de la cause du monopole. — Mais enGn le jour se fait Des vérités cadiées pendant des siècles ont été mises en lumières. Le monde, dans ses belles et inGnies variétés de sols, de climats, de productions et d'intérêts, a été observé k la lumière du sens commun, et sous Timpression du désir sincère et respectueux de discerner la volonté de Dieu, révélée par les œuvres de ses mains et par les dispensations de sa providence. On a constaté une conscdante harmonie entre les maximes les plus profondes de Téconomie sociale, et les plus nobles desseins de la philanthropie et d'une religion d'amour et de paix. Ce n*est pas tout. Des hommes ont appara gu'oto peut avec justice signaler comme les apôtres de la liberté commerciale. (Écoutez, écoutez). Ils ont relevé des vérités découvertes dans le silence du cabinet par le philosoptie, ou déduites par Thommé du monde de Tobservation éclairée de la situation, des circonstances spéciales et de la dépendance mutuelle des hommes et des nations, et ils ont parcouru le pays dans tous les sens proclamant et vulgarisant ces grandes vérités. Leur voix vivante a frappé Toreille de millions de nos concitoyens. La chaire, la bourse , la place publique, le salon du riche, le parloir du fermier, le boudoir, et jusqu'aux chemins et aux sentiers de l'Empire, tout est devenu le
(*) On a fait ded adjectifs des mots homicides, régicides, libertiddes. On peut dire une théorie homicide. Pourquoi ne ferait-on pas aussi un adjectif du mot tuieide. — Qu*on me permette donc encore oe néolo> gisme sans lequel il n'est pas possible de traduire ces mots : êiif-dMruciing.
ou l'a(;itation anglaise. 3Qf
tbé&lre de cette discuwioa animée et in^ructife. AticaM portion de la population n'a été oubliée, oa méprisée, ou né* gligée. L*almanach du free-trader est suspendu au mur de la chaumière; le pamphlet du free^irader se trouve sur la table du plus humble citoyen, el celui même qui ne sait pas. lire a été instruit par des peintures éloquentes. Chacun a pu étudier et comprendre la philosophie do travail, de rechange, des salaires, de Toffre et de la demande. La lumière a péné^ tré là où elle était le plus nécessaire, — dans le Sénat. Un économiste s^est rencontré qui a revêtu la vérité du latigage le plus convaincant, qui a su disposer son argumentation dans un degré de simplicité et de clarté qui n'avait jamais été égalé, qui a fait dominer les principes sur le tumulte des luttes parlementaires. Son éloquence et sa modération ont arraché l'admiration de ses adversaires et on les aurait vu accourir sous son drapeau s'ils n'eussent été retenus par les liens des hypothèques et par la soif indomptable des rentes élevées. Cet homme a demandé audience aux monopoleurs, et il les a forcé d'entendre sa voix retentir sous les voûtes de leurs orgueilleux palais; ils ont été muets pendant qnll p;|rlait, el ils sont restés muets quand il cessait dé pari- 1er; car, 6b ! triste alternative! ils ne savaient point répondre et ils ne voulaient pas céder. (Bruyantes acclamations). Âyezr doue bon courage. Fuyez les pièges, les manœuvres et les expédients de l'esprit de parti. Laissez aux principes leur propre poids et leur légitime influence* Quand le jour de l'ér preuve sera venu, soyez justes et ae craignez rien. — Le devoir est à nous ; les conséquences appartiennent à Dieu. Celui qui suit les inspirations de sa conscience, les lois delà nature et les commandements du Ciel, peut en toute sécUr nié abandonner le reste. Au lit de mort, son esprit revenant sur ses actions passés, prononcera ce verdict coi)Solant :
Ui as VU ton demr et la Tas remplL — (ApptaadnMBieiitft pfoloDgë^.
Séance do i«» mai i84«.
Le fauteuil est occupé par un membre de Faristocratie, lord Kinnaîrd, un des plus grands propriétaires et des plus savants agrononomes de la Grande- Bretagne. .Cette circ<mstance répand un nouvel intérêt sur cette séanoe* Je n'ai pourtant pas cru devoir traduire le diseours du noble lord, tant parce que l'espace et le.temps me font défaut^ qu'à cause du caractère agricole et pratiqué de ce discours, qui, quoique très adapté au but de la Ligue, n^offHrait que peu d'inlé» rèt au public français.
M. RiccuLRBO. L'orateur se livre k quelqi^es reflexions générales et contînae ainsi : Je viem ici sons Timinression d^ dégoût et n'espérant plus rien de cette antre enceinte où je me suis effidrcé^de soutenir votre cause* le viens ici pour en appeler de Toppressear k Topprimé, — de ceux qui font la loi k cem qai sont victimes de la ki (Bruyante approbation.) €e n'est pas qu'en quelques eceasions^ je n'aie entendu développer au Partement d'excellentes doctrines ^<momiqne& l'y ai entendu furofesser les plus saines doctrines k propos de Kègeê (rires), et je ne sois d'abord étonné de l'onanime accueil qu'elles y ont reçu. (Écoutez , écoutez^) Mais en regardant autour de moi, j'ai vu qu'il n'y avait pas de fabrir eants de bouchons dans la Chambre^ (Nouveaux rires.) J*ai vu encofe étaler d'excellents principes au sujet de pailU {reêêée* mais il n'y a pas d'ouvriers empailleurs derrière les
OD L AGITATION AXGLAISE. Wi
baac8 ^e la Irésorerie^ (oa rît plus fort,) et eefte uml mAim, j^ été surpris de voir oomie a été bies reçu le degne de la UtMrtéà propos de laifliM de CeryBtiie.SeiiieiBeiit, jemesnis prisa peaaer que^ dais teus mes voyagea es ciMniii de fer dana le pa]fs , je a'ai jamais tra?^ié ane photatioa de cette espèce. De tout cela je eeoelue que vouapauves ea user sans 6(011 avee les pauvres booehooniers^ empaiUeura, el ras* vener lovte ta mehée des petits aaonepoles; meia âtea un brin de paille à la roebe des gnoida monopolea, et vous seras assaWi par une nnée de fréisM (brujanta applaHdissemeBia)^ qui vous feraient un mauvais parti si leur aiguillon répen dait a leur bourdonnement (Rîtes et aeeiaattttions.) 11 it'est pas hors de propos de dire comment nous avona été traités dans cette ehambre. Je me souviens qne les seuls arguments qu'on opposa à M. Yilliers, la première foie qu*il porta kquea» tien au Parlement, ce fut des murmures et des rieaaements. Mais quand Topiniott publique a été éveiUée dans le pays, ils ont jugé prudent de rompre le silenee, et deseendant de leur dédaigneuse position , ils se sont mis k parler de drmi$ ofi" fjuiê. Plus tard , et k mesure que le public a pris la question aveci^us de ebaleuri ils ont commencé k aj^menter. Battus sur tous les points, chassésde position en position, incapables de rester d^ut, les voUk maintenant qui reviennent sur leurs pas et ne savent plus qu'invoquer les ifM$ açqurn. Notre noble Président a déjà fort bien dévoilé la aatnre de ces droits acquis. Excusez-moi si je m'sirrtte un moment à expliquer en quoi ils conûstent. Â ma mfuiière de voir, posséder un droit acquis, c'est avoir déroM quelque chose k quelqu'un. (Rires). C'est avoir volé I9 propriété d'antrui et prétendre qu'on y a droit parce qu'on l'a volée, depuis Umf' temfê. (Acclamations.) — n en est beaucoup d'entre vous qui ont été eu France, et ils savent qu'on n'y connaU pas
364 COUbEN ET LA LIGUE ,
cette classe d'hommes que nous appelons houeurê. (Riretf.) On est dans Tosage de déposer les cendres et les balayures devant les maisons. Certains industriels, qu^on nomme chiffonnière j viennent remuer cette ordure pour y ramasser les chiffons et autres objets de quelque valeur, et se procurent ainsi une chétive subrâtance. A Tépoque du choléra, le gou« vemement français pensa que ces tas d*immondices contribuaient k étendre le fléau et ordonna leur enlèvement ; mais en cela il touchait aux droOi acqui» des chiffonniers. Ceux-ci se soulevèrent; ils avaient des droits acquis sur les immondices, si bien que Tadministration, craignant une émeute, ne put prendre des mesures de salubrité et ne les a pas prises encore. (Rires.) La même chose est arrivée à Madrid. Il est d'usage dans cette capitale d'approvisionner les maisons d'eau apportée d'une distance considérable. Il fut question de construire un aqueduc ; mais les porteurs d'eau trouvèrent que c'était toucher à leurs droiu acquis. Ils avaient un droit acquis sur l'eau et nul ne pouvait s'en procurer qu'en la leur achetant k haut prix. Eh bien ! quelqu'absurdes et ridicules que paraissent ces exemples de drmts acquis, je dis qu'il s'en faut de beaucoup qu'ils soient aussi absurdes, aussi déshonnétes, aussi funestes que les droii$acqui$ qu'invoque l'aristocratie de ce pays. (Approbation.) Quelle fut l'origine de ces prétendus droits? Une guerre longue et terrible , et le prix élevé auquel elle porta les aliments ne fut pas le moins désastreux de ses effets. Elle fut un fléau pour le pays, mais un bienfait pour les propriétaires terriens. Aussi, quand elle fut terminée, au prix des plus grands sacrifices, ils vinrent à la Chambre des communes, et s'appuyant sur ces mêmes bayonnettes qui avaient combattu l'ennemi, ils firent passer une loi qui avait pour but de maintenir la disette artificielle des aliments et de dépouiller le pays du plus grand
ou L*A€1TAT10N ANGLAISE. 265
bienfiiit que la paix paisse conférer. (Approbation.) Us ont, epx aussi, des droits acquis à la disette. Mais le pays a des droits acquis à Fabondance , droits fondés sur une loi antérieure \k celles qui émanent du Parlement, car les produits sont répandus dans le monde, non pour l'avantage exclustf des lieux où ils naissent, mais afin que tous les hommes, par des échanges réciproques, puisent à la masse commune une juste part des bienfaits qu*il a plu k la Providence de répandre sur Tbumanité. (Acclamations.) Quand nous voyons ces choses, quand nous ne pouvons nous empêcher de les voir, quand il n*est pas un négociant, un manufacturier, un fermier, un propriétaire, un ouvrier à qui elles ne sautent aux yeux, ne fant*il pas s'étonner, je le demande, devoir tout un peuple demeurer dans Tapathie à l'aspect de ses droits foulés aux pieds , à l'aspect de milliers de eréatures humaines poussées par la faim dans les maisons de travail? Ne devons-nous pas être frappés de surprise, quand nous entent dons un membre du parti protectioniste dire (et pour tout l'univers je ne voudrais pas qu'on eût k me reprocher ces insolentes paroles) que pour ceux qui n'ont pas de pain , il y a de l'avoine et des pommes de terre; lorsque, pour toute réponse , un ministre d'État vient nous affirmer que plusieurs millions de quarters de blé pourrissent en ce moment dans les greniers de l'Amérique et qu'il considérerait leur introduction dans ce pays comme une calamité publique ? (Applaudissements.) Quoi ! les citoyens des États-Unis , les habitants de l'Ukraine et de Pnltavira voient leur blé se pourrir et on vient nous dire que l'échange de ce blé dont nous manquons contre des marchandises dont ils ont besoin serait une calanoité universelle ! Hais quand ils proclament ouvertement de telles doctrines , en ont-ils bien pesé toutes les conséquences? Ne s'aperçoivent-ils pas que pendant qu'ils croient,
266 GOB0EN ET lA LIGUE ^
par des lois de fer, environoer leurs propriétés d'un mur inpénélrabie, il est fort possiblequ'ils ne fassent qae susciter des amernis k la {wqiriété elle-même? Qu'ils se rapp^eat les paroles qui ont été prononeées, non par un l^emr, non dam cette enceinte, mais par on senritenr du pouvcnr : c Is penplede ce pays reconnaît le droit depropriété. Mais ù quelqa'iui fient nons dire 4|u'il ; a danssa propriété quelque attribut par* tîcuHer qui Taulorise k envahir la nôtre que nous avons ae^ quise par le travail de nos mains , il est posëUe que nous nous prenions à penser quHl y a dans cette natune 4e piopriéié quelqu'anomalie , qudque injustice que nous devons kqfalement nous efforcer de détruire. > ( Appn^tkwO Ce sont fil des sujets sur lesquels je n'aime pas k m'appesantir. Il n*a fellu rien moins pour m'y décider que le souvenir du traitement qu'on nous £aiit éprouver. (Écoutez.) Je ne vous retiendrai pas plus longtemps; mais avant de m'asseoîr, je réclamerai votre assistance , car vous pouvez et vous pouvea seub nous assister. Nous présentons le don, mais vousétesiemar^ tenu qui Tenfonee. (Bruyantaapplaudîssementa.) Vosaneétres vous ont \égaé la liberté civile et religieuse. Ils la conquiieiiti la pointe de Tépée, au péril de leur vie et de leur fortune. Je ne vous demande pas de tebsaerifices; mais n'oubliez pasque vous devez aussi un héritage à vos enbnts^t c'est la Ub^rU <?omin«reta/tf.(Tonnerred'applaudissements.)Si vous Tobtenez, vous ne regretterez pas vos efforts et vos saçriâce8.1Uippelezvous que vos noms seront inscrits dans les années de la pa<> trie, et en les voyant, vos enfiints et les enfonts de vo^ enfants diront avec orgueil : Voilà ceux qui ont affranchi le commerce de l'Angleterre. (L'honorable membre repr^d sa place au bruit d'applaudissements prolongés.)
M. SoifMERs, fermier du comté de Somerset, succède
ou l'agitation anglaise. 207
à M» Riceardo, et traite la question au poiat de voe de Fintérét agriede.
La parole est ensuite à M. Cobden« A peine le pré* sident a prononcé ce nom, que les applaudissements éclatent dans' toute la' salle et empêchent pendant longtemps l'honorable orateur de se faire entendre. Le calme étant enGn rétabli, M. CoBDErv s^exprime en ces termes :
Que vous dirai-jesQr la question générale de h liberté
' du commerce , Messieurs , puisque vous êtes tous d'accord à ce sujet? le ne puis que me borner a yoos fiéliciter de ce que, pendant cette semaine, notre cause n'a pas laissé que de faire quelques progrès en haut lieu. Nous afons eu la présentation da budget, — je ne pais pas dire qae ce soit un budget ftrwHrader, car lorsque nous autres, ligueurs, arriverons au pouToir, nous en préseoterens un beancoup meil-* leur. (Rires, écoutez, écoutez). Mais enfin, il a été &it quelques petites choses lundi soir à la Chambre des communes^ et tout ce qui a été feit, a été dans le .sens de k liberté du commerce. Que faisaient pendant ce t^nps-là le duc de Richraond et les proleetiomstes ? Réunis dans le parlw de sa Grâce, ils ont, k ce que je crois, déclaré que le premier ministre était allé si loin, qu'il ne loi sera pas permis de passer outre. Mais il est évidrat pour moi que le premier ministre ne s^inquiète guère de leur ardeur chevaleresque, et quil compte phis sur nous qu'il ne les redoute. (Écoutez). — Il y a une mesure prise par le gouvernement, et qui est excellente en ce qu'elle est totaU et ifmnédiaU {*)»le veux
('} On a vu ailleurs que c'est la formule employée par la Ligué dans ses réclamations.
parler de rabolitiofl do droit protectear sur la laiae. — Il j a vingt-cinq ans qa*il y eut une levée ea masse de tous les Knatchbulls , Backiogbams et Richmonds de l'époque, qui disaient : c Nous exigeons un droit de 6 d. par livre sur la laine étrangère, afin de proléger nos prodoits. » Leur volonté fut faite. A cinq ans de là, M. Huskisson déclara que, selon les avis qu'il recevait des manufactures de Leeds, si ce droit n'était pas profondément altéré et presque aboli, toutes les fabriques de drap étaient perdues, et que, dès-lors, les fermiers anglais verraient se fermer pour leurs laines le marché intérieur. A force d'habileté et d'éloquence, M. Huskisson réduisit alors ce droit de 6 k 1 denier, et c'est ce dernier denier dont nous nous sommes débarrassés la semaine dernière.— Lorsqu'il fut proposé de toucher à ce droit, les agriculteurs (j'entends les Knatchbulls et les Buckinghams d'alors), exposèrent que, s'il était aboli, il n'y aurait plus de bergers ni de moutons dans le pays. Â les entendre, les bergers seraient contraints de se réfugier dans les workhouses, et quant aux pauvres moutons, on aurait dit qu'ils portaient sur leurs dos toute la richesse et la prospérité do pays. Enfin, il ne resterait plus qu'à pendre les chiens. — Les voilà forcés maintenant d'exercer l'industrie pastorale sans protection.. Pourquoi ne pratiqueraient-ils pas la culture et la vente da blé sur le même principe ? Si l'abolition Mat$ et imméiiaU des droits sur le blé est déraisonnable, pourqucM le gouvernement opère-t^il l'abolition toiaU et mmédisUe du droit sur la laine? Ainsi, chaque pas que font nos adversaires, nous fournit un sujet d'espérance et de solides arguments. Voyez pour le café! nous n'en avons pas entièrement fini^ mais à tnoitié fini avec cette denrée. Le droit était primitivement et est encore de 4 d. sur le café colonial et de 8 d. sur le café étranger. Cela conférait justement une prime de 4 d.
ou l'agitation anglaise. 269
par livre aux monopoleurs , puisqu'ils pouvaient vendre k 4 d. plus cher quMIs n'auraient fait sans ce droit Sir Robert Peel a réduit la taxe sur le café étranger, sans toucher k celle du café colonial, ne laissant plus k celui-ci qu'une prime de 2 deniers par livre. Je ne puis donc pas dire : ^m ^t fait, mais e'eêi à moitié fait. Nous obtiendrons l'autre moitié en temps et lieu. (Très bien). Vient ensuite le sucre. Mesdames, vous ne pouvez foire le café sans sucre, et toute la douceur de vos sourires ne parviendraient pas k le sucrer. (Rires). Mais nous nous trouvons dans quelque embarras à ce sujet, car il est survenu au gouvernement dé ce pays des icrupulei de comeience. Il ne peut admettre le sucre étranger, parce qu'il porte la taehe de Veeelaisage. Gentlemen , je vais di-valguer un secret d'État. Il existe sur ce sujet une corres^ pondance secrète entre les gouvernements anglais et brésilien. Vous savez que les hommes d'État écrivent quelquefois k leurs agents au-dehors des lettres et des instructions confidentielles qui ne sont publiées qu'au bout de ^eeni an$^ quand elles n'ont plus qu'un intérêt de curiosité. Je vais vous en cooHnuniquer une de notre gouvernement à son ambassadeur an Brésil, qui ne devait être publiée que dans cent ans. Yons n'ignorez pas que c'est sur la question des sucres que le cabinet actuel évinça l'administration antérieure. Lord Sandon, lorsqu'il s'opposa, par un amendement, k l'introduction du sucre étranger proposé par le ministère whig, se fonda sur ce qu'il serait impie de consommer du sucreesclave. Mais il ne dit pas un mol du café» La lettre dont je vais vous donner connaissance vous expliquera le reste : € Infermez le gouvernement brésilien que nous avons des engagements relativement au sucre, et qu'en présentant le budget, nous nous Terrons forcés de dire au peuple d'Angleterre, très crédule de sa nature et disposé k accueillir tout ce
870 COBDfiN ET LA UGUE^
qu*ii noQspIaira de bi dire de dessus dos sièges de laChaÉdure des commiiaeà , qu'il sendl criaûnel d'encottrager Tesclange et la traite par Tadmission da sucre da Brésil. — Mais afin de prouver au gouvernement brésiUea que nous n^avtms aucune intention de lui nuire, nous aurons sœn de faire précéder nos réserves k Tégard du sucre de la dédaratîoD que nous admettons le caifé brésilien sous la réduction de 2 d. par livre du droit actuel. — EX comme quatre esdaves sur cinq sont employés au Brénl sur les plantations de café, et <piecet article forme les trois cinquièmes de toutes les exportations de ce pays (toutes choses que le peuple d'Angleterre ignore profondément), le gouvernement auprès duquel vous êtes accrédité demeurera convaincu que nous ne voulons aucun mal 11 ses plantations , que Tesdavage et la traita ne nous préoccupent guère, mais que nous sommes contraints d'esclnre leur sucre par les exigences de notre parti et de notre position^particnlière. Mais fidtes-lui bien comprendre en même temps avec quelle adresse nous avens désaifooné les whigs par cette maH€mvr0. » (Rires et a|>plaudiflseBients. ) Telle est la teneur de la dépédie du oalnBet actuel à son envoyé extraordinaire et ministre plâ^ipotentiaire au Bréâl, dépêche quisera publiée dans cent ans d'id. Il n'«st pas douteux que beaucoup de gens se smit laissés prendre à «t étalage d'intérêt affecté au suj^ de l'esclavage; bons ^ h<Minètes philanthropes, si tant estquece ne soit pas trop s'avancer ipie de décerner ceHitre k des horatmes qui se complaisent dans la pure satisfaction d'une consciaice aveugle, car la bienveilr lance du vrai philflnttirope deit bien être guidée par quelque chose qui ressemble k la raison. 11 y a une classe d'individus qui se sont acquis de nos jours une certaine renommée, qui veulent absolument nous assujétir, n<m aux iaspiraticms d*une charité éclairée, mais au contrôle d'un pur fanatisme.
OV L'A«lTAtlON ANGLAISE. 271
Ces hommes; sons le préieiled'étfe les avocats def«MMDit»
péCitkmnéiK lé goQveniemeiit pour qa'il ialerdise m poiple
de ce pays Tmage do sacre, ^ moins qa*il ne soit proo^ que
ce sacre est par 4e la iaehe de reulmoag^ comme ils Tap-^
peHeat. Y a-t-il ifoelqoe chose dans r^Nrdre fl^ra!, analof^e
îi ce qai se pisse dans Tordre pbysiqQe, d'où i*oa pusse iih*
férer qoë certains objets sont €tmiueîewr$ , d'autres smh-
ecné^etmitrs dlmmoralité? (Rires). Que le café, par exemple,
n'est pas cmiueîewràt FimmoraUtéde Tesclavage; mais que
le «were est très tcnducUwr , et qa*ea conséquence ii n'en
dut pas manger? JTai rencontré de ces philanthropes sails
logique, et ils m'ont personnellement appelé à répondre k
lenrs olqections contre lemera-eMfov^. Je me rappelle, en-
tr'antres circon^nces, ayoir discuté la question avec lœ très
bienveillant gentleman , enveloppé d'une belle cravate de
mousseline bhmdie. (Rires)^ c N'ajoutez pas un mot, lui dis»
je, avant d'avoir arraché celle cravate de votre cou. » (Éclats
de rires). H mè répondit que cela n'était pas pratiquaUe. ((Ni !
oh ! ) c JMnsiste, lui Tépondis-je, cela est pratiquable, car je
Connais un gentleman qui se refuse des bas de colon, même
en été (rires), et qui ne porterait pas des habits cousus «vec
do fil de coton s'il le savait. > (Nouveaux rires). Je puis vous
assurer que \t connais un philantimope qui s'est imposé ce
sacrifice.-^ € Hais, ajoutai-^ sMI ti'est pas pratiquable pour
« vous, qui êtes lîi devant moi avec du produit eschve autour
« de votre cou, de vous passer de tels produits, cela esi>-il
< pratiquable pour tout le peuple d'Angleterre? Gela est-il
c pratiquable pour nous eomme nation ? ( Appkudissementii).
c Tous pottvez bitt, «&cela vous plaît, défendre paor une loi
€ fintroduction du sucreHcsclave en Angleterre. Mais atteins
c drez^voos par là votre but ? Tous recevez daus ce pays du
c sucre-libre; cela fait un vide en Hollande on ailleurs qui
c sera comblé avec du tuere-^eêclaven » (ÀpplaudissemenU.) Avant qoe des hommes aient le dfott de prêcher de telles doctrines et d'appeler à leur aide la force du gouvernement, qu4is donnent, parleur propre abnégation, la preuve de leur sincérité. (Ecoutez, écoutez). Quel droit ont les Anglais, qui sont les plus grands coqsommateurs de coton du monde, d*aller au Brésil sur des navires chargés de cette marchandise, et là, levant les yeux au ciel , versant sur le sort des esclave des larmes de crocodile, dire : Nous voici avec nos chargements de cotons; mais nous éprouvons des scrupules de conscience, des spasmes religieux, et nous ne pouvons recevoir votre sucre-esclave en retour de notre coton-esclave. (Bruyants applaudissements). Il y a là à la fois inconséquence et hypocrisie. Croyez-moi, d'habiles fripons se servent du fanatisme pour imposer au peuple d'Angleterre un lourd fardeau. (Écoutez, écoutez). Ce n'est pas autre chose. Des hommes rusés et égoïstes ex{rioitent sa crédulité et abusent de ce que sa bienveillance n'est pas raisonnée. Nous devons en finir avec cette dictature que la raison ne guide pas. (Applaudissements). Oseront-ils dire que je suis l'avocat de l'esclavage, parce que je soutiens la liberté du commerce? Non, je proclame ici, comme je le ferai partout, que denx principes également bons, justes et vrais, ne peuvent jamiais se contrarier l'un l'autre. Si vous me démontrez que la liberté du conmierce est calculée pour favoriser, propager et perpétuer l'esclavage, alors je m'arrêterai ians le doute et l'hésitation, j'examinerai laquelle des deux, de la liberté personnelle ou de la liberté deséchanges, est la plus conforme aux principes de la justice et de la vérité; et comme il ne peut y avoir de doute que la possession d'êtres humains comme choses et marchandises ne soit contraire aux premiers principes du christianisme, j'en concUierai que l'esclavage est la souve-
ou l'agitation anglaise. 273
raine , et je serai préparé h abandonner la cause de ta liberté commerciale elle-même. (Applaudissements enthousiastes). Mais j'ai toujours été d'opinion avec les grands écrivains qui ont traité ce sujet, avec les Smith, les Burke, les Francklin, les Hume, — les plus grands penseurs du siècle, — que lé travail esclave est plus coâteui[ que le travail libre, et que s'ils étaient livrés à la libre concurrence, celui-ci sormonteraît celui-là.
L'orateur développe cette proposition. Il démontre par plusieurs citations 'd'enquêtes et de délibérations émanées de la société contre l'esclavage {anti-slavery sociely) , que cette grande association a toujours considéré la libre concurrence comme le moyen le plus efficace de détruire l'esclavage, en abaissant assez le prix des produits pour le rendre onéreux.
Et maintenant, continue-t-il, j'adjure les abolitionistes dé faire ce que font les free-iradersy d'avoir foi dans leurs pràprès principes (applaudissements), de se confier, à travers les difficultés de la route, à la puissance de la vérité. Comme fre^traders^ nous ne demandons pas l'admission du sucre^esclave^ parce que nous préférons le travail de l'esclave à celui de rhomma libre^ mais parce que nous nous opposons à ce qu'un iojaste monopole soit infligé au peuple d'Angleterre, sous le prétexted'abolirresclavage.Nous nionsquece soit là un moyen loyal et efficace d'atteindre ce but. Bien au contraire, c'est araujétir le peuple de la Grande-Bretagne à un genre d'oppreasion et d'extorsion qui n'est dépassé en iniquité que par Tesclavage lui*méme. Nous soutenons, avec la convention^des abolitionistes {ani^slavertf cMoenliQn) , que le travail libre, mis en concurrence avec le travail esclave, ressortira moins cher, sera plus productif, qu 'il Tétouffera à la fin, k force de
rendre enéreu an piaateBr Taffreux ayslème de retenir ses Avères en servilode. (Applaudissements). Eli quoi ! ne seraitee peint one chose monstmense qoe, dans la disposition du gonirernement moral de ce monde, les choses fussent arran* gées de telle sorte que l'homme fàt rémunéré pour avoir exercé riojoslîce envers son semUable ! L'abondance et le bon maicbé, voilà les récompenses prc«nises dès le commencement h cent qui suivent le droit sentier. Mais si un meilleur marché, une plus grande abondance sont le partage de celui qui s'empare de son frère et le force au travail sous le fouet^ plutôt q^ue de celui qui offre une loyale récompense à Fouvrier volontaire; s'il en est ainsi, je dis que cela bouleverse toutes les notions que nous nous faisons do juste, et que c'est en contradiction avec ce que nous croyons du gouvernement moral de l'univers. (Bruyants applaudissements). Si donc il est dans la destinée de la libre concurrence de renverser Tesdavage, je danande anx abolitionistes qui ont pre^himé ceUe vdrité, oommem ils peuvent aujoard'hui, en fsslMit conséqoeMs avec eox- mêmes , venir pélitioMer la Ghamhre des communes, hii demanda d'interdire cette libre eoncwrrence, c*esl4i«dire d'èmpècher qne les moyens mêmes fa'ils ont proclsmés les plus efficaces contre l'esclavAge ne soient mis en œuvre dans eepiiys. le ve«xbien croire que keancoup de oei indivîéaeeottt honnêtes. Ils ont prouvé leur désintéressement par les travaux auxquels ils se sont livrés; mais qu'ils prennent bien garde- de n'étfe pas les insfroments aveugles d'honunes ««Mis el égoïstes; dfhoonnes qin ont inlését à maintsttr le monopole dm sucre, qui est aussi pior oe pays l'eselavage^ sons une ont re fbrme; d'hoosmes q« i, peu arriver klenr fin persemMNe et iaiqiie^ a'empararoni effrontément des sêDlinienls de ce peuple, et eiploiteroni sans scrupule celle vieilie horreur britamuqoe contre resdavsf^.
ou L'AG1TATI0^ ANGL4ISi;* 375
Le reste de ce discours a irait aux mesures prises par l'association pour élargir et purifier les cadres du corps électoral. La Ligue s'étant plus tard exctusitement occupée de cette œuvre» nous aurons occasion de faire connaître ses plans et ses moyens d^exécution.
On remarquera les efforts auxquels sont obligés de se livrer les ^ee-ira(i^« pour prémunir te peuple contre Texploitàtion par les monopoleurs du sentiment public à l'égard de l'esclavage; ce qui prouve au moins l'existence, la sincérité et même la force aveugle de ce sentiment.
Séance du 18 mai i 844.
Le fauteuil est occupé par M. John Bright, m. P« , qui ouvre la séance par Tallecution suivante, dont nous donnons ici des extraits, quoiqu'elle n'ait qu'un rapport indireef avec la question de la liberté commerciale, mais parce qil^elle nous parait propre à initier le lecteur français dans les mœurs anglaises sous le rapport électoraK
Ladies et gettUemeo, le président du conseil de la Ligue devait aujourdini eoeaper le Ikuteml ^ mais quand je veûs auruB expliqué la cause de seu alMmce, voua serez eomme moi convaincu quil ne pouvait pas être plus udemeut «• copé dans rîmérèt de notre eause« I) est en ee moment engagé dans dans les dispositions qu'exige la grande lal«e électorale qui se prépare dans le Sud-Lancastre; eleonnais* auBC, conune je le l^ié , Tbabileté «xtiuor^&iaire ds M. Cr. m^faou eu cette matière, je suis certain quHI n'est aucun
liomme doBt on eût plus mal ^ propos négligé les services. (Bruyantes acclamations). Lorsque je promène mes regards sur la foule qui se presse dans ce vaste édifice, quand je considère combien de fois elle y a déployé son enthousiasme, combien de fois elle y est accpurue, non pour s^abreuver des charmes de Téloquence, mais pour montrer au monde qu'elle adhère pleinement aux principes que la Ligue veut faire prévaloir, je suis certain aussi qu'en ce moment des milliers de cœurs battent dans cette enceinte, animés du vif désir de voir la lutte qui vient de s'ouvrir dans le Lancastre se terminer par le triomphe de la cause de la liberté commerciale. (Acclamations prolongées). Il y a des bourgs de peu d'importance où nous ne pouvons compter sur aucune ou prèsqu'aucune voix indépendante, et, sous ce rapport, les résolutions dn Lancastre ont plus de poids que celles d'une douzaine de bourgs, tels qne Woodslockou Atûngdon. C'est pourquoi lessives sympathies de ce meeting se manifestent au sujet de la lutte actuelle, et il désire que tes électeurs du Lancastre sachent bien toute l'importance qu'il y attache. Et quelle que soit notre anxiété , je crains encore que nous ne voyions pas ce grand débat avec 4out l'intérêt qu'il mérite. (Écoutez). J'ai souvent rencontré des personnes dans le sud de l'Angleterre qui parlent du Lancastre comme d'un comté d'une imporiance ordinaire ; comme n'en sachant pas autre ^ose, si ce n'est — qu'il reaCMme un grand nombre de manufacturiers avares et cupides, dont quelquesuns très riches, et une population compacte d'ouvriers brutalisés, mal payés et dégradés; — qu'il contient un grand nombre de villes considérables, de morne apparence , reliées entr'elles par des chemins de fer (rires) ; que chaque tnût de ce pays est plus bit pour inspirer la tristesse que le consentement; qu'il n'a de valeur que parce qu'on en retire; qne
ou L AGiTATIOnr ANGLAI{»K. 277
c'esl one terre en un mot dont le toariste et Tainateor du pittoresque doit soigneusement s'éloigner. (Rires et applaudissements). — Je suis né dans ee comté, j'y ai vécu trente ans; j'en connais la population, Findustrie et les ressources, et j'ai la conviction, j'ai la certitude qu'il 'n'y a pas en Angleterre un autre comté qui puisse lui être comparé^ et dont l'importance influe au même degré sur le bien-être et la grandeur de l'empire. (Bruyantes acclamations). C'est certainement le plus populeux, le plus industrieux, le plus ricbe comté de TAngleterre. Comment cela est-il arrivé? Il fut un temps où il présentait un aspect bien différent. On le consi^ dérait comme un désert, il y a deux cent quarante ans. Cambden, dans son voyage, traversa le pays de Yorck à Durham, et, sur le point de pénétrer dans le Lancastre, son esprit se remplit d'apprébension. « J'approcbe du Lancastre, écrivaitil, avec une sorte de terreur. » (De notre temps fl ne manque pas de gens qui ne pensent aussi au Lancastre qu'avec terreur). (Rires et applaudissements). < Puisse-t-elle n'être pas c un triste présage; cependant, pour n'avoir pas l'air d'évic ter ce pays, je suis décidé k tenter les basards de l'entrec prise, et j'espère que l'assistance de Dieu, qui m'a accomc pagné jusqu'ici, ne m^abandonnera pas en cette circonsc tance. » (Écontez, écoutez). II parle de Rochdàle , Bury , Blackbarn^ Preston, Manobester, coteme de villes de quelque industrie; il mentionne JLtf?er/>oo/ — Uiherpool^ et par abréviation Lerpod^ comme une petite place sur le rivage, bien située pour Taire voile vers l'Irlande. Mais il ne dit pas un mot de Âshton, Bolton , Oldbam , Salford et autres villes, et il n'y a aucune raison de croire qu'elles étaient connues à cette époque. (Écoutez, écoutez). 11 n'est pas inutile de consacrer quelques instants à examiner le prodigieux accroisse*^ ment de valeur qu'a acquis la propriété dans ce comté. En
978 COBDBN n LA Lions,
1092, il y a un sièele et demi, la valeur ammeUe était de 7,000 liT, attti En 4844, elle était de 6,492,000 Ut. ateri. (Bniyantea aeelamatieM). Ainsi, raecreisaement majen dans ce eomté, pendant cent einqaante ans, a été de 6,300 pour cent;, Par là les Landiorda peuvent apprécier combieQ rinduitrie réagit ft.vorablement anr la propriété.
L'orateur entre ici dana quelques détaila etatisti* quea sqr les étonnants progrés du Lancastre, et poursuit ainsi :
k qoi sont dos ces grands changements? (Acclamations)^ Est-Kse aux seigneurs terriens? (Non, non). Il y a quarantequatre ans que Tantiquaire Whittaker, dans son histoire de Whalley, dépeignait Tétat des propriétaires terriens du Lan* cashiré comme n*ayant subi aucun changement depuis deux siècles, c Ils aiment, disait-il, la vie de famille; sontaana curiosité et sansambiticm* Ils demeurent beaucoup chez eu, et 8*occopent d^amusanents domestiques peu délicats, mais aussi peu coûteux. » Il ajoute qu*il ne rencontra parmi enx qu*uq homme ayant de ki littérature, (Rires). Si tels étaient les propriétaires du Lancasbbe, ce n*est donc pas eux qui Tout bii ce qu'il est II existe dans ce c<Mnté beaucoup de vieilles demeures, résidences d'andennes familles, mainMnant éteintes pour la plupart ; elles se sont vu dépasser dans la carrière par une autre classe d*hommes» Leurs habitations sont transformées en manuftctures, et elles-mêmes ont été halayées de toute la partie méridionale du comté ; non qu^ellas aient souffert la persécution ou la guerre, car elles ont eu les mêmes chances ouvertes à tous les citoyens; mais, frmftê toHiUmere nolî» elles n*ont pas jugé nécessaire de eukiver leur intelligence, elles n*ont pa^ cru devoir $e livrer il aucun
liftvaiL D'Mlrei hooMneB m aosl éiefët, qoi^ i'en|NiraBt des îÉvmlNBs de Wttt et d*Arkwiglit, dédttgoéM par te Mblea, oMefiheé lé& iBcîeMMagMUds pays etseaoMttîs à k iéte de cette grande popolaliett. (Aedattationa), Ceat l'iadiiatrie, nDlelligenee et la peraévéïaBce de ces géoératîMa BevTeHea qui, en ae comliiBaiil» ont fch du Laii^aaiie ce 4M nom le voyona au joiird*liai. Sea nmiéraax eani iiiapprédaUea; oiaia giaaiit d^ina dea aîèclea aova la aarfiMsede acB lerriuiire, il a blla que dea racea MMnfellea, pleinea de aère el de jeuisaae, lea raaneiaaaeiii k la Imiàre pettr lea tranafarmer en eaa madunea puiaaaDtea ai mépriaéea par d*aatrea ciaaaea; «-^ Boadûnea qai aont conune les fcraa de rAi^elerfe,doatelle ae aen poar diiaémner daoale meode lea rkbeaaea de aon indtalrie, rapporter et répandre a?ec profnaiM an aein de l'enq^ire iea tréaora acenoiidëa dana tont rnnner& (Tonnerre d'applandiaBenienta). Ce souple et Mger dttvet arraché li la fleur du eotunniert teiieeat.la aubatance li iaqÉelle cette grande nation doit aa puiaaance et aa splendeur. (Applau^asementa). Ainai^ le Lancaatre eat Tenflint du tra* vail et de l'induatiie aous leurs formes les plus nagnîflquea. Naguère il eaaayait encore sea premiers pas dans la vie ; il eat mainlenant plein de force et de puiaaance^ et dans le eourl eapace de tempa qui auffit k Tenfant pour deteui^ hoBHne, il eat devenu un géant aui proportiona coioaaaiea. Et pourtant) malgré sa vigueur, ce géant languit comme abattu aoua iea liena et lea dialnea qu*une politique impr^ voyante, ignorante et arriérée a impoaée k aea membfea mua* cnleiix. (Âpplau^aaementa prolongés). La queatioBi pour les électeora du Lancaatre, est donc de aavoif ai cea entravée doivent durer h toujours. (Écoutez, écoutez)» Riveront-ils eux-mêmes ces fers par leura sufllragaa, ou sanrent-ih s*en dégager comme des hommea? Si les électeurs savaieut tout
280 cobdeh et la ligue,
ce qui dépeod de leors voles, quel est l'homme , dam et comté, ou ailleurs, qui oserait aUer leur demander leurs voîk eu faveur de ce fléau pestilentiel — la loi-eéréale, et tous les monopoles qui raccompagnent ? (Bruyantes acclamations). S'ils étaient pénétrés de cette conviction . (et je crois qu'elle a gagné beaucoup d'eotr'eux) que la détresse des cinq dernières années doit son origine à cette loi ; s'ils savaient qu'elle a précipité bien des négociants de la prospérité à la mine, et bien des artisans de Taisance à la misère; qu'elle a poussé le peuple à l'expatriation, porté la désolation dans des milliers de chaumières, la douleur et le découragement dans le cœur de millions de nos frères ; s'ils savaient cela, croyezvous qu'ils iraient appuyer de leurs suffrages la plus aveugle, la plus hypocrite folie qui soit jamais entré dans l'esprit de la législation d'aucun peuple de la terre? (Acclamations pnn longées). Oh ! si les électeurs pouvaient voir ce meeting; si chacun d'eux, debout, sur cette estrade, pouvaient sentir les regards de six mille de leors compatriotes se fixer sur leur cœur et sur leur conscience, et y chercher si l'on y découvre quelque souci du bien public, quelque trace de l'amour du pays, je vqus le demande, en est-il un seul assez dur et assez stupide pour se présenter ensuite aux hustings et y lever la main en faveur de cet effroyable fléau ? — Mais je conçois d'autres et de meilleures espérances. J'espère que le résultat de cette lutte tournera à la gloire de notre grande cause. Le principe de la liberté gagne du terrain de toutes parts. — Il peut arriver encore pendant quelque temps que vous ne réussirez pas dans les élections; il se peut que votre minorité actuelle dans le Parlement ne soit pas prête k se transformer en majorité; il peut se rencontrer encore des organes de la presse qui nient nos progrès, raillent nos efforts et cherchent à les paralyser. — Tout cela peut-être; mais le flot est en
ou l'agitation AiNGLAISE. 281
ffiouvemeDl; il s*enfle, il d'avance et ne reeulera pas. Dans les assenriblées publiques^ eonsme au sein des foyers doraestiqoes, partout où nous allons, partout où nous nous mêlons, nous voyons le pr^ugé de la c protection > mis a nu, et le principe de la liberté dominer les intelligences. (Applaudissements bruyants et prolongés). La lutte actuelle ^u Laneadiire nous offre encore un sujet de satisfaction. Le candi* dat des free-iraden est le chef d'une des maisons de commerce les phis . puissantes de ce royaume , et peut-être du monde* C'est un bomme de baute position, de longue expérience, de vastes richesses, et de grand caractère. Il a d'énormes capitaux engagés , soit dans des entreprises com* mercîales, soit dans des propriétés territoriales. Ses principales relations sont aux États-Unis, et c'est ce qui me platt dans sa candidature. Il a vécu longtemps en Amérique; il y a un établissement considérable ; U sent avec quelle profusion le Providence a accordé à ce pays les moyens de satisfaire les besoins de celui-ci, et combien d'un autre cêté, le génie, rindiistrie et le capital de l'Angleterre sont merveilleusement calcolés pour répandre sur nos frères d'outre-mer les bienfaits de l'aisance et du bien-être. (Acclamations). Il est un de ces hommes qui sont debont, pour ainsi dire, sur les rivages de. cette lie, comme représentant les classes laborieuses, et qqi échangent, par dessus l'Atlantique, les vêtements que nous. produisons contre les aliments qui nous manquent. Si ce n'était cette loi que sa mission au Parlement sera de déraciner à jamais ; $i ce n'était cette loi, il ne rapporterait pas seulement d'Amérique du coton, du riz, du tabac, etd'autres produits de cette provenance], mais encore et surtout ce qui les vaut tous, l'akmeni^ l'aliment substantiel pour les millions de nos concrtovens réduits k la plus cruelle des privations.
28ti GOBDEN ET LA LIGUG ,
(Les aoclamations se renouvelleot avec iib entiioosiaoïe toujours croissant). L*aceaeH que tous fiîtes an seoltewls qêt j^exprime prouve qu'il y a daas oeite asseosbiée une anziéié profonde quant an résultat de oetla grande lutte ileotDrale,ul que Bops, qu'elle couceme phis spécialement, dans les meu^ tings que nous tiendrons dans le Lancaslre, dans les diuoem que nous y prononcerons, dans les écrits que nous y Ibrons circuler, noua sommes autorioés k dire an 18,000 éhsdeum de ce comté que les babitants de cette métropole, ruprémntés par^ la foole qui m'entoure^ les prient, les exhortent^ les adjurent, par tout ce qu'il y a de plus sacré au monde, de rs* jeler au loin toute manoeuvre , tout pr^ugé, tout esprit de parti; de mépriser tes rien cris de guerre des fectfoos; de marcher noblement et ririlement sous la bannière qui Mt flotter dans les airs celte derise : LAerié du euMUsrlM pêmr h monde etUmr; fUmêjuâiicê ûux tbuiêi lëhêritUHt 4$ fAt»
A la fin de ce brillant discours, l'assemblée se lève en masse et fait retentir pendant plusieurs minuftes des applaudissements enthousiastes, au milieu deaquels Bi, Bright reprend le fauteuil. Au bout d'un moment, il s'avance encore et dit : Le meeting eniendm maintenant M. James Wilson que j'ai le pluiatr d'introduire auprès de vous comme un des plus Mvants économistes de Tépoque.
M. James Wilsoa s'avance et est accueilli par des marques de satisftiction. Il s'exprime en ces termes :
M. le président, ladies et gentlemen^ pour ceux qui, dons plusieurs années, ont suivi avec un profend intérêt les
ou l'agitation anglaise. !2g3
progrès de eolle qoesiion, il n*est peo^étfa pas de «pedsde pins côosoltBt à la fins el plos enconragcsant que cehri que BOUS offjrent œs vastes réwDHHis. Nous ne devons pas perdre de vM oepeadant que la lorle coDvictioii qui nous anime n*a pas eneore gagné PensemMe du pays , la grande masse des éiecteors d» royaume , et malheoreosement la plus grande portion de la législature ; et nous devons nous rappeler que, sar le sujet qui nous occupe, les esprits flottent encore au gré d'ua grand nombre de pr^ugés spécieux quMl est de notre devoir de combattre et de dissiper par tous les moyens raison* oables^ Un de ces sophismes, qni peut-être en ce moment nuit plus que tout autre^u progrès de la cause de la liberté comanorciale, c^est l*accu8atiOT d^inconséquence qui nous est adressée relativement )i une double assertion que nous avons souvent k refMtiduire. Cette imputation est souvent répétée en dedans et en dehors des Chambres ; elle est dans la bouche de toutes les personnes qui soutiennent des doctrines opposées aux nôtres, et je crois que, présentée sans explication, elle ne manque pas d*un certain degré de raison apparente. Par ce motif, nous devons nous attacher k détruire ce préjugé. J'ai rhabitttde de considérer ces meetings comme des occasions d*instiruction plutôt que d'amusement Lors donc que je me pn^pose d'élucider une ou deux diflBcultés qui me paraissent, dans le moment actuel, agir contre le progrès do notre cause, j'ai la confiance que vous m'excuserez si je renferme mes remarques dans ce qui est capable de procurer une instruction solide , plutôt que dans ce qui serait de nature k divertir les esprits ou exciter les passions. Cette incon^ séquence, k laquelle je (kisais allusion, et qu'on nous attribue trop souvent, consisterait en ceci : que, lorsque nous nous adressons aux classes manufiicturières et commerciales, nous représentons les effets des loisi-céréales comme désas^
ireux, en conséquence de la ckerlé des alimmUi qutUes mflx§e9U au comonmaieur; tandis que d'un sotre eftté, quand nous nous adressons k la population agricole, nous loi disons que la liberté commerciale ne nuira pas à sei intéréU quant aux prix aetueli , et moins encore peutrétre, quant aux prix relatifs. — Ces assertions, j'en conviens, paraissent se contredire , et cependant je crois pouvoir prouver qu'elles sont toutes deux exactes. — Jl &ut toujours avoir présent k Tesprit que la c cherté » et le c bon marché » peuvent être Teffet de deux causes distinctes. — La cherié peut provenir ou de la rareté , ou d'une grande puissance de consommation dans la communauté. Si la cherté provient de la rareté, alors les prix s'élèvent pour les consommateurs au-dessus de leurs moyens relatifs d'acquisition. Si la cherté est l'effet d'an accroissement dans la demande, cela implique nne plus grande puissance de consommation, ou, en d'autres termes, le pro* grès de la richesse publique. D'un autre côté, le bon marché dérive aussi de deux causes. Il peut être le résultat de Va* bondance^ et alors c'est un bien pour tous; mais il peut être produit aussi, ainsi que nous en avons eu la preuve dans ces deux dernières années, par l'impuissance du consommateur à acheter les objets de première nécessité. — Maintenant, ce qqe je soutiens , c'est que les restrictions et les monopcto tendent à créer cette sorte de cherié qui est préjudiciable, parce qu'elle naît de la rareté; tandis que la liberté du commerce pourrait bien aussi amener la cherté, mais seulement cette sorte de cherté qui suit le progrès de la richesse et accompagne le développement de la puissance de consommation.— De même, il peut arriyer que les mesures restrictives soient suivies du bon marché, non de ce bon marché qui est TefTet de l'abondance , mais de ce bon marché qui prouve rabsence de facullés parmi les consommateurs. C'est pour*
ou l'agitation anglaise. 285
quoi je dis que la première tendance des lois-céréales, l'objet et le but même de notre législation restrictive, c'est de timiier la quaniité. Si elfes limitent là quantité, iear premier effet, j'en conviens, est d'élever les prix. — Mais Feffet d'approvisionnements restreints, c'est diminution d'industrie, suivie de diminution dans l'emploi, suivie elle-même de dimiputioo dans les moyens de consommer, d'où résulte, pour effet dernier et déGnitif, diminution de prix. (Bruyants applaudissements.) Sur ce fondement, je soutiens que les lois-6éréales, ou toutes autres mesures restrictives, manquent leur pi^pre but, et cessent, à la longue, de profiter à ceux-là même dont elles avaient l'avantage en vue. En effet, ce système produit d'abord des prix élevés, mais trompeurs, parce qu'il ne peut les maintenir. Il entraine dans des marchés qu'on ne peut tenir, dans des contrats qui se terminent par le désappointement; il sape dans leur base même les ressources, de^la communauté, parce qu'il lèse les intérêts et détruit les fiTcultés de la consommation. Combien est clair et palpable cet enchaînement d'effets en ce qui concerne la restriction qui nous occupe , principalement , la loi-céréale. Sa tendance est d'abord de limiter la quantité des aliments, et par conséquent d'en élever le prix '; mais sa seconde ten-» dance est de détruire l'industrie. — Cependant, le fermier a stipulé sur sonJbail une rente calculée sur le haut prix pro-. nftis par la législature; mais, dans la suite des événements, rindttstrie est paralysée, le travail délaissé, les moyens de consommer diminuent, et en définitive, le prix des aliments baisse au désappointement du fermier et pour la ruine de tont ce qui l'emoure. (Approbation.) — Raisonnons maintenant dans rhypothèse d'une parfaite liberté dans le commerce des céréaks. L'argument serait le même pour tbute autre denrée ; mais bornoBSrnous aux céréales. — Si l'importation était
286 COIIOSM KT LA UttUE,
libre, la teodance inunédiale serait d^aogmeitter la qnBtiié, et il 8*ensaivrait peatrètre une dimination de pris. Mais avee des quantités ennssantes tous auries un travail eioissmt, et avec un travail croissant plus d'emploi pour vos navires et vos usines, vos marins et vos ouvriers, {dus de eoamunieations iatéiieures , une meilleure distribution des aliments parmi les classes de la communauté, finalement plus de tfu* vail, afin de créer précisément les choses que vous aunes à dopner en payement du blé ou du sware. Je dis donc que, quoique la première tendance de la liberté commerdale soit de réduire les lurix, son effet ultérieur est de les relevet, de les maintenir k un niveau plus égal et plus régulier que ne peut le bire le système restriràf. H n'y a peul-élre pas d'erreur plus grossière que celle qui consiste k attribuer trop d'importance aux prùs obo/iM. Quand nous parions de diminuer les droits, on nous dit sans cesse : < tiela fera tout < au ighès une différence d'un fiirtlûng ou d'ntf penny par « livre, et qu'est-ce que cela dans la consommation d^ in- € dividu? » Mais quand la diflEéroMO serait nuUe, quand le sucre conserverait son prix actud, s'il est vrm que la diminution du droit doit amener dans le pays une quantité additionnelle de sucre, cela même est un grand bien pour la communauté. En un mot, si la nation peut importer plus de sucre, et payer la plus grande quantité au même prix qu'Ole pa^t la plus p^ite, c'est là précisément ce qui témoigue de son progrès, parce que cela prouve que son travail s'est assez accru pour la mettre en mesure de consommer au mène taux des cpmntités additionndlc».
Nous avons eu, l'année dernière, des preuveerenaarquables de la vérité de eas principes. Au conmiencement de Fan, leu prix en toutes choses étaient exlraoftKnairem«Bl réduits» Les produits agric(des de toutes natures, l€» cAjete manuft^turés
ou l'agitation anglaise. 287
de tontes espices étaient à très-bon mairché, et les matières premîtees de lentes sortes ii des prix pins bas qn*on ne les avait jamais w. La conséquence de ce bon marché, (et t^s dits se snbent lonjonrs anssi fégniièrement qne les taria* timis dn mercure suivent dans le baromètre les variatioiis de la pesanteur de rair), la conséquence de ce bon marebé, dis«je, fut de donner à rindnstrie une impulsion qui réagit sur les prix. Pendant Tannée , vous avez vu s'accroître Timportation de presque tontes les matières premières , et spéeialemeni de cet article (la laine) dont s'occupe maintenant la législature el qui témoigne si bautement de la vérité^de nos principes. Le dnc de Riehmond se plaint amèrement de ce qne sir Robert Peel se propose d'abolir le droit sur la laine. n est persuadé que la libre introduction de la laine étran^ gère dimimiera la valeur des toisons que lui fournissent ses nombreux troupeaux dn nord de TÉcosse. Mais sile noble duc &*ëtait donné la peine d'examiner la statistique commerciale du pajs (et il n'a certes pas cette prétention), il aurait trouvé qne nos plus fortes importations ont toujours coïncidé avec l'élévation du prix des hîoes indigène», et qne c'est quand nous cessons d'importer que ces prix s'avilissent En 1849, la Mneétrang^ était assnjétie à un droit de 6 d. pnr livre, et nos iaf^iortatiotts étaient de 19,000,000 livres. M. Huskissen décida le gouvernement et la législature à réduire ka droit ii 1 d., et depuis ce moment, l'importation s'ncemt jusqu'à ce qu'elle a atteint , en 1856 , le ebifflre de 64,000^e001iv. ; dorant c^te période, le prix de la laine in* digène, au lieu de baisser par l'elfol d'importations crois* anntiB», aî'éleva de iS b 19 d. par livre* Bepuis 18S8 (et ceei esl b vemaiqner)> pendant les années de crises commerciales, l'inaportation de la laine est tombée de A4 millions k 40 millions de Mvres (1842), et pendant ce temps, malgré qne la
288 'COBDENET LA LIGUE,
laine indigène n*ait eu à lutter que contre une concurrence étrangère réduite de 20 millions de livres, elle a baissé de 19d. il 10 d. — Enfin, Tannée dernière, l'état des affaires s'est amélioré, fai dans les mains un document qui constate l'importation des trois premiers mois de Tannée dernière, comparée à celle de la période correspondante de cette année.. Je trouve qu'elle fut alors de 4,500,000 livres, et qu^elle a été maintenant de 9,500,000 livres, et dans le moment actuel, le producteur anglais, malgré une importation plus que double , reçoit un prix plus élevé de 25 pour cent Ces principes sont si vrais, que les faits viennent, pour ainsi dire, les consacrer de mois en mois. J'en rappelerai encore un bien propre à résoudre la question , et je le soumets au noble duc et k tous ceux qui s'opposent k la mesure proposée par le ministère. Je viens de dire qu'en i842 Timportation fut de 4,500,000 livres, et le prix de 10 d.,— en 1845, l'importation a été de 9,500,000 livres, et lé prix de 13 d. Mais il faut examiner Tautre face de la question; il faut s'enquérir de nos exportations d'étoffes de laine, car c'est là qu'est la solution du problème. Nous ne pouvons en effet acbeter au dehors sans y vendre; y augmenter vos achats, c'est y augmenter vos ventes. Il est évident que Tétranger ne vous donne rien pour rien , et si vous pwmez importer, cela prouve que vous d^ex exporter, (bruyantes acclamations.) Je trouve que dans les trois premiers mois de 1842, quand vous importiez peu de laines et que les prix étaient avilis, vos exportations ne s'élevèrent qu'a 1,300,000 liv. Hais, cette année, avec une importation de 9,500,000 liv, avec des prix beaucoup plus élevés, vous avez exporté pour 1,700,000 liv. C'est là qu'est l'explication. Vos croissantes importations ont amené de croissantes exportations et une amélioration dans les prix. (Écoutez, écoutez.) Je voudais bien demander
ato dac de Ricbmoiid «t k ceox qui pensent eomim lui en cette matière, à quelie condition ils amèneraient rindvtrie de ce pajs, slls donnaient pleine carrière à leurs principus restrictifs? 3*ils disent : < Nous circ^qscrirooK rindiistrie de
Ig nation k ses proprjas prodaits p , il s'i^suji qiie nous aurons de pQins en moins de prodnits à éelwwer, d^ moins en moins d'affaires, de moins en ndoins de tnivail, et finalelement de pins eo plus de panpéri#me< — An contraire, si vous agissez selon les principes de la lîJ^rté , plus vojvs leur laissera d'influence , plus leurs elTets sç feront sentir» Tout accroisi^pent 47v^portation amènera m aciçroisseineiit correspondait d'exportation et réciproquement, et i^insi de suite sani^ liniite et sïuis terme* Plus vous ^youterez k la richesse et au bien-être de la race humaine dans le monde entier, plus elle ^nn la pnissgnçe et la volonté d'ajouter k votre propre richesse, à vût^ propre hien-étre. (ApplandissementSt) A ch^qoB pas , 1^ principe de la restriotiop s*ahearte k nne noi^velle difficiilté; tandjs qu'il chaqne pas le principe de la lihertié acqqiert phis d'influence sur le bonheur de la grande Aimille hniçaîne* (Les applandîssepents se renouveUem*) Il y a, dans les doctrines qne les gouvernements ont de tous tempiS appliqué et appliquent encore au commerce, une inconséquence dont il est difficile de se rendre compte. Ce n'est paf que le principe pour lequel nous combattons soit nonve;m, car il n'est pas d'hommes d'Etat, de philosophes, d'hommas d'afiaireset mévie de grandsseigneurs, doués d'une vaste intelligence, qui ne répètent depuis des siècles, dans leurs écrits et leurs disconrs,)es inémes paroles qu'à chaque na^tîng pow (aispns retentir à cette tribune, ^oos en ibrouyfiw partout 1« preuve ; hier encore , il me tomba f» hasard seus tes vm% «0 dîscMrs pr^eneé il y a quetna^vingu ans à la Chambre des communes, par lord Chatham, et le langage
qu'il tenait alors ne serait certes pas déplacé aujouà'hui dans cette enceinte. En parlant de l'extension du commerce , il disait : c Je ne désespère pas de mon pays , et je n^épronve aucune difficulté^ dire ce qui, dans mon opinion, pourrait lui rendre son ancienne splendeur. Donnez de la liberté au commerce , allégez le fardeau des taxes, et vous n'entendrez point de plaintes sur vos places publiques. Le commerce étant un échange de valeurs égales, une nation qui ne veut pas acheter ne peut pas vendre, et toute restriction à Timporlation fait obstacle k l'exportation. Au contraire , plus nous admettrons les produis de l'étranger, plus il demandera de nos produits. Que notre absurde sjfstème de lois-céréales soit graduellement, prudemment aboli ; que les productions agricoles de l'Europe septentrionale, de l'Amérique et de l'Afrique entrent librement dans nos ports , et nous obtiendrons pour nos produits manufacturés un débouché illimité. Une économie sévère, efficace, systématique des deniers publics, en nous permettant de supprimer les taxes sur le sel, le savon, le cuir, le fer et sur les principaux articles de subsistance, laissera toute leur influence à nosavantagesnaturels;etpar notre position insulaire, par l'abondance de nos mines, de nos combustibles, par l'habileté et l'énergie de notre population , ces avantages sont tels , que , si ce n'étaient ces restrictions absurdes et ces taxes accablantes, la Grande- Bretagne serait encore pendant des siècles le grand atelier de l'univers > (Pendant la lecture de cette citation, les applaudisements éclatent k plusieurs reprises.)
Ainsi, ces principes ont été proclamés par tous les hommes qui se sontfait un nom dans l'histoire comme hommes d'État et comme philosophes. Cependant , nous trouvons que, jusqu^à ce jour, ces mêmes principes sont répudiés par tous
ou i/aoitatiom ANr.LAisn. 291
les gouvernements sur la surface de la terre. Quel témoignage plus éclatant de Tinconséquence de leurpoHlique que ce principe qui la dirige, savoir : La ehoie dont le pay$ manr gue le plue sera le plue rigidement exclue ; la chose que le paye poeeéde en plue grande abondance sera le plue liiremetU admise. (Écoutez, écoutez.) La France nous donne un remarquable exemple de cette inconséquence , et il vaut la peine de le rapporter, car nous jugeons toujours avec plus de sangfroid, de calme et d'impartialité la folie d*autrui que la ndtre. Il y a environ trois ans, un de mes amis fut envoyé sur le continent par le dernier cabinet pour conclure un traité avec la France. Elle consentait k admettre nos fers ouvrés, notre coutellerie et nos tissus de lin h des droitsplus modérés. Mais la principale chose que les Français stipulé^ reni en retour, c'est qu'ils pourraient recevoir nos machines à filer et tisser le lin. Gela était regardépar la France comme une grande concession. Elle se souciait peu des machinée k filer le coton, ayant appris depuis longtemps k les faire a&ssi bien que nous. Mais elle désirait ardemment recevoir nos machines liniéresy branche d'industrie dans laquelle nous faisions de rapides progrès. — La stipulation fut arrêtée, nos manufacturiers consultés acquiescèrent libéralement k Tex* portation des machines linières. — Sur ces entrefaites, l'ancien cabinet fut renversé et le traité de commerce n'eut pas de suite. — Cependant, l'année dernière, notre gouverne* ment, sans avoir en vue aucun traité, afiVanchit le commerce des machines, comme il devrait faire de tous les autres. Il purgea notre code commercial, notre tarif, de ce fléau , la prohibition de l'exportation des machines. — Eh bien, quoique la libre exportation des machines linières de ce pays pour la France fût précisément la stipulation qui lui tenait tant k cœur, il y a trois ans. quelle a été sa première démarche alors
que nous atoiui affranchi cea machinea 4e lotts droila? Dana cette sesatoot dana ce wooieDi inipiie, ell^ fait ^eal^îapoor «ijebire noa maebîaea; et ee qui eat le combla 4)^ Ym^^àqueoiee, ^alie va mettre un droU de $0 fr. pur c^t Jkjlog» mm* laaiDMhioeaicetoDoiàr^ liMt elle m a'ioqi^ifitdit fia», et uip droit de 80 fr. aur lea loachiaea liaièrea dont elle ^ml avec tant d*arde«r la libre iotroductiou. (Écpulez , t^e^tei). Et .eofiuoeBt j«Btifie-t-o0 une eopd^ite i» déraiaoxnabW? Si voua pariez de cela ii un Français, il voua dira : VA^gt^tm c eat devenue puîsaaale par ae^ pacbin^a; dçoc il importa a à un pajfa d^avoir dea macbinea» et par ce motif noua e^c durons les y^ea afip d*encouf^er nos proprea méca* a niciena. » VoiUi uns manière 4'figir qui nous aenible bien inconaéquente, bien eitravacante dana les Français : wisil n*eat pas une dea restriçtipiia que Qona impoaona k potre commerce qui ne aœl enlacbée de la même incooséq^eiice, d'une semblable absurdité. (Écoutez, écoutea). PaaaejE en revue loua les articlea à^ notre tarif; cfaoîaiss^ les juiklea dopt BOUS avoua le plua grand besoin, et vous les verrez asaujétîs ans i^ua aévèrea reatriciioqa. Prenez ensuite lea ot^f^ qtti M noua aont pas néceasaires et voua lea trouverez afiûr^ii^bia de toute entrave. (Écoutez, écoutez), U eat potoire que ce pays-ci manque de produits agricoles et que nous aoQiines obligea d'en importer périodiquement des quantités énormes. £b biffl, ce sont ces produits qui popt exclus ;^vec le pbia de rigueur. ▲ peipe ImssH^oq à cette branche de (commerce comme w% s^p9pe 4? «Areté, aana I9 ^rme 4« fér cbelle-mobile , {êkuUng'-sçaU) de peur i]ue la chaudière ne s'échauffe trop et ne vole en éclata. (Apprpbation.) L*impor* tation est donc tolérée di^pa las années de pruelles détneeies. — Maia lea choses que vou^ avez en abond$ince n^ sont ^^ sujéties h aucune restriction. Ainsi, cetl^ même ipcoqsé-
(fiente ^Jie ncfê miûiÉife» r«|^«€faeûl âu ffoismniétàtntê iitmien, et atr flvjét dc^lsmoeilé ito éerhent Mat d« noté»
rions), fis h pi^tiquént iioff'^éiileifiettt k P^fïtrd des tttûae» qae ûMê ne pfodoisoos pas au deéansen asseir grandeab^AH ifance, mats aussi i r^ard des prodaits insofltsaftto de Bcia eôTooiés. SU cfsi tine denrée dotf t les eofoiriesf nwA laissent manqttc^f, t^ési eene-Ri métt€ que Ton l'epodssé par dé î<Me^ eaiies. Vàjei h sucre, ^jet de première nécessité , dont I$f production coloniate ne répond pas k notre consoniinatîofl^ c'est précisÂnent l'article que tfotre gôuvernenient exclo< atec lé pfus de rigueur et soumet h la plus forte taie. Mai^ énfitf, la liberté commerciale obtient en cê moment ce que je contfidiiré cnrnme on triomphé signalé. Le ministère ac^ t0ét, après aroîr renrersé le cabinet wbig à propos de hr question ie» sucres, entraîné maintenant par les nécessités du pays éf par fé progrès de TopinionpubKque, présente une mesure dans fe sens de la liberté. (Écoutez, écoutez). Je suis torn dé vouloir déprécier lé changement proposé ('), et je serais plutftt dfisposé à lui attribuer plus ^^pdrtance que ne Semblent fadmettre les ministres et les planteurs des An-* tilt^. ié régardé cette mesure comme aussi libérale, plus R« béralemémé, (en tant qu'un droit de 34 sh. est moindre qtf'flrn droit de 36 sh.) que celle h Poccasion de laquelle lord Sandott et sir Robert Peel reUTersèrent lord John RusSell et
(*) Lia droits sur les sticrea étmnt :
Sucre élraoger. Sucre colonial.
£nl^40' é9sh. S4sb.
PropnkioD RoflBtll . M M
Proposition Peel . . 54 34
Mais selon le projet de M. (Peel , converti en loi , on n'admet au droit de 54 sh*. que le sucre produit du travaU libre.
ses collègues. Il est bien ^rai qu*il y a entre les deux mesures une prétendue différence. La dernière aspire k établir une distinction entre le sucre4iire et le sucre'^sclaee. (Écoutez , écoutez). Hais la moindre investigation suffit pour démontrer que cette distinction n*a rien de réel. Si le ministère eût présenté le plan que H. Hawes soumit Tannée dernière k la chambre des communes, et qui ne parlait ni de sucrelibre ni de sucre-esclave, le résultat eAt été absolument le même ; et en ce qui me concerne Je me réjouis que cela n'ait pas été aperçu; car, si cela eût été aperçu, il n*est pas douteux qu*on aurait fait une plus large part k la protection. Examinons, en effet, la portée de cette prétendue différence. On nous dit que nous ne pouvons, sans nous mettre en contradiction avec les principes de moralité que nous professons et avecceque nous avons fait pour abolir l'esclavage , recevoir du sucre produit k l'étranger par le travail des esclaves. Je crois que ceux qui soutiennent aujourd'hui la libertécoramerciale, furent aussi les plus ardents défenseurs de la liberté personnelle. (Acclamations). C'est pourquoi, dans les observations que j'ai k présenter, veuillez ne pas supposer un seul instant que je sois favorable au maintien de l'esclavage dans aucune partie du monde. Seulement, je pense que la mesure proposée ne tend point directement ni efficacementk l'abolition; jecrois que, comme peuple, nous nous livrons au mépris du monde, lorsque, sous prétexte de poursuivre un but louable que nous savons bien ne pouvoir atteindre par ce moyen, nous en avons en vue un autre moins honnête, auquel nous tendons par voie détournée, n'osant le faire ou vertement. (Applaudissements). On nous dit que nous pourrons porter sur le marché autant de sucre-libre que nous voudrons. En examinant de près quelle est la quantité de sucre-libre dontnous pouvons disposer, je trouve que Java, Sumatra et Manille en pro-
uu l'agitatiom anglaise. 295
doûenieDviiiOD 95,000 taaoesannuelleineiit Ed même temps, j'ai la conviction que^ sous Tempire du droit proposé, nous ne pouvons sur ces 93,000 tonnes, en consommer plus de 40,000. Il en restera donc plus de 50,000 tonnes qui devra se vendre sur le continent ou ailleurs et au cours. Vous voyez donc que celui c^ui arnvera ici sera précisément au même prix que te sucre-esclave sur le continent Chaque quintal de ce sucre que nous, importons, lequel aurait été en HoUande, en Allemagne ou. dans la Méditerranée,, y sera remplacé par un quintal de sucre-esclave que nous aurons refusé à TAmérique. Ainsi nous nous bornons k dire que nous recevons le sucre destiné à la^HoUande ei à r Allemagne ; que cela y occasionne un vide qui sera comblé par du sucre-esclave. Trans^ porté sur noê navires, acheté àenôire argent, échangé contre noi produits; ce sucre-esclave sera nôtre, entièrement nôtr$, sauf juil ne nùu$ sera pas permis de le eonswnmer. Nous l'enverrons remplacer ailleurs le sucre-libre que nous aurons porté ici. Ne serons-nous donc pas les agents de toutes ces transactions tout comme si nous introduisions ce sucre-esclave dans nos magasins? (Écoutez, écoutez). Eh ! quoi ! nous le portons dans nos magasins, nous Ty entreposons pour le raffiner. Nous nous rendons la risée de rEuf:ope. continental^, etc.
L'orateur continuée discuter la question des sucres. Il traite ensuite avec une grande supériorité la question du numéraire et des instruments d'échange, à propos du bill de renouvellement de la banque d!Angleterre, présenté par sir Robert Peel. Cette question, n'ayant pas un intérêt actuel pour le public français, nous supprimons à regret cette partie du discours de M. Wilsoa.
29^ GOÉIliR ET Lilr UOUti,
Ld TpAtolé ^ priftér wetàe6»hmtmt par M. ToiUfËR, fermier dattii le SMnersef^hire, et le ftét. Joàit SuAifÉr.
Séance du S3 piai 1844. Présidence du général Brigg«.
Le ttieettiig eMeqd d'abord le ftét. Sam* Gusmc ) eMirite M* Rigaarp TkUtùhj oommOfiNSouneilttian de Farlû^doit. Le |yréMeivt donne la parole à Bf , Georges Thompson.
M. Tfio«t*soN est accdeilti par des salves réitérées d'applaudissements. Quand le silence est rétabli , i( s'expripoe en ces termes :
M. le pfésMent, laA'es ei gentlemeii, en me letaiii deviM ce splendlde meeting, j^proinre mi embairas q«rl prend aa sonree dans te sentiment de mon insaffisanee; maïs je me console en pensant que toos entendras après moi an oia« teur qui TOUS dédrainiagera* amplement do temps que tous m'aeeorderex. J*espère donc qae tous m*excnserez ai je me décharge, sinon entièfrentent, du moins en grande partie, da devoir qui vient dç m'étre inopinément imposé par le eonaeH delà Ligue. (Cris : non! non!) M. le président, je regrette infiniment que cette assemblée n^î^ pas eu ce soir Toccasion d*en tendre votre opinion suif la grande question qui nous rassemble. Je sais pertinemment qu^il est en votre pouvoir d'établir devant ce meeting des (lits et des arguments d^une grande valeur pour notre cause , des fiiits et des arguments qui ne sont pas à la disposition de la plupart de nos orateurs, parce qu'il en est bien peu qui aient eu, comme vous, Toccasion d'étudier les hommes et les choses dans les contrées
ou l'agitation Ail glaise. 297
loialmcs; il eo est pe« qui aient fKMsé^ tanttie voiiif une gnuÉde fÊXfàt de h vie là oii te fléao du menopole et \é» éf^ fetftdei lois festricâ^es ge montrent d'une manièlfe plus nlà^ mieste qa» dans ee pays; dans ce ps^s qui, quels qne soiedl les liais qni arrêtant son essor, est, grftee an Ciel, notre terré natale. Car, après tont, nous avons une patrie qne, ttalgré ses errenrs et ses faotes , nons ponvons aimer, non^mlé^ menl parée que noos y 9 v9M reç« le jovr, mais eacoi^ patce qn'elle eal riche de bénédicttons ^iteaues par le courage ^ rintëgrîté et la persévéranee de ms ancêtres. (Acchmations.) J'ai la confiance que yoos n'ave2 qu*ajoumé raccemplisse-* ment d*an devoir dont j'espérais vous voir vous acquitter au-* jowd'loB, et que vous vous empresserez de rémpUr, j'en ai la certitude, dsna une prochaine occasion. Je pensais ce soir combien c'est un glorieux spectacle qne de voir une grande patîosi presque onanûne , poursuivant un but tel que celui que nom avons en vue par des moyens ausn conformes k la justice universelle que ceux qu'emploie VAnociëtim. En iS9i6t le secrétaire d*État, qni occupe aii^ourd'huî le ministère de Pinlârieur, fit un livre pour persuader aux monopoleora de renoncer k leurs privilèges, et il les avertissait que s'ils ne s'empmsaitf^ pas de céder et de subordonner leurs îm^ téréta privés aux grands et légitimes intérêts des masses, le temps viasdrait où dans ce pays, comme dans un pays vot-» sia j le pnple se lèverait dans sa force et dans sa majesté, et bsrfayerait de dessus le sol de la patrie et leurs henaeurs, et leurs titres, et kfbrs distineti<His, et leurs richesses anl aoi qmaes^ Qu'est-ce qui a détourné, qu'esl-ce qui détemrue ep^ coue oelts catastrophe dont l'idée seule fait reculer d^bor* renr? C'est rinterveution de la Uffm avec son action purement morale, intellectuelle et pacifique, rassemblant aiMur d^lle et accueillant dans son sein les hommes de la moralité
la plus pure, non moins attachés aux principes du chrisiianisme qu'k ceux de la liberté, et décidés k ne poursuivre leur but, quelque glorieux qu*il soit, que par des moyens dont la droiture soit en harmonie avec la légitimité de la cause qu*ils ont embrassée. Si Tignorance, Tavarice et Torgueil se sont unis pour retarder le triomphe de cette cause sacrée, une chose du moins est propre k nous consoler et k soutenir notre courage, c*est que chaque heure de retard est employée par dix mille de nos associés k propager les connaissances les plus utiles parmi toutes les classes de la communauté. Je ne sais vraiment pas, s*il était possible de supputer le bien qui résulte de Vagitation actueHe, je ne sais pas, dis-je, s*il ne présenterait pas une ample compensation au mal que peuvent produire, dans le même espace de temps, les lois qu'elle a pour objet de combattre. Le peuple a été éclairé, la science et la moraiitéont pénétré dans la multitude, et si le monopole a empiré la condition physique des hommes^ rasaociation a élevé leur esprit et donné de la vigueur k leur intelligence. Il semble qu'après tant d'années de discussions les faits et les arguments doivent être épuisés. Cependant nos auditeurs sont toujours plus nombreux, nos orateurs plus féconds, et tous les jours ils exposent les principes les plus abstraits de la science sous les formes les plus variées^t les plus attrayantes. Quel homme, attiré dans ces meetings par la curiosité, n'en smrt pas meilleur et plus éclairé? Quel immense bienfrit pour ce pays que la Ligue! Pour moi, je suis le premier k reconnaître tout ce que je lui dois, et je suppdse qu'il n'est personne qui ne se sente sous le poids des mêmes obligations. Avant l'existence de la Ligue^ avais-je Tidée de l'importance du grand principe de la liberté des échanges? Tavais-je considéré sous tous ses aspects? avais-je reconnu aussi distinc-^ tement les causes qui ont fait peser la misère, répandu le
ou l'agitation anglaise. 299
crime, progagé l'immoralité parmi tant de millions de nos fr&res? savais-je apprécier, comme je le fais aujourd'hui, toute rinfluénce de la libre communication des peuples sur leur union et leur fraternité? avais-je reconnu le grand obstacle au progrès et ^ la diffusion par toute la terre de ces principes moraux et religieux qui font tout k la fois la gloire, Tor* gueil et la stabilité de ce pays? Non, certainement, non. D*où est sorti ce torrent de lumière? De F association pour la l^erêé du commerce. Âh ! c'est avec raison que les amis de rignorance et de la compression des forces populaires s'efforcent de ren« verser la Ligue^ car sa durée est le gage de son triomphe, et plus ce triomphe est retardé, plus la vérité descend dans tous les rangs et s'imprime dans tous les cœurs. Quand l'heure du succès sera arrivée, il sera démontré qu'il est dû tout entier à la puissance morale du peuple. Alors ces vivaces énergies, devenues inutiles à notre cause, ne seront point perdues, disséminées ou inertes; mais, j'en ai la confiance, elles seront convoquées de nouveau, consolidées et dirigées vers l'accomplissement de quelque autre glorieuse entreprise. Il me tarde de voir ce jour, par cette raison entre autres, que la lumière, qui a été si abondamment répandue, a révélé d'autres maux et d'autres griefs que ceux qui nous occupent aujourd'hui* La règle et le cordeau qui nous ont servi a mesurer ce qu'il y a de malfaisant dans le monopole des aliments du pauvre, ont montré aussi combien d'autres institutions, combien de mesures, combien de coutumes s'éloignent des prescriptions de la justice et violent les droits nationaux, et j'ajouterai les droits naturels du peuple.
Hâtons donc le moment, où, vainqueurs dans cette lutte, sans que notre drapeau ait été terni , sans que nos armes soient teintes de sang, sans que les soupirs de la veuve, de l'orphelin ou de l'affligé se mêlent k nos chants de triomphe,
aOO CMDEK Et LA Lf^OÊ,
Boo» f9mr«mB dirigar sar qtdqii'Mira objM €«itfe puî^^ 8dnt0 ané0 qm s'esl levée eofltre te m^M^j^y et eondirire }i dé mmfèàmT eoeete on pevpieqtii ami tout ^ la fois <)#« tenu le jmte salaire de aot trafail elfiâl réprsové de sa forée HiOFale^ Nous fusons bm étpériettcé dont le monde eaffief profitera. Noos enseignons aui Itommes dé \am les pays comtnenl on triomphe sans hifrlgue, Sanis fraM^etion, ssm erinie et sans remords^ sans tener le sang hnmain, sanseiH freiadre les lois de In société éC eocoi^ moins les eommatt^ déments de Dien^ JPsi la coiifianee qne lé jenf approche 06 non» serons délivrés des enti'sven qol oons géveot, ef ôfries antres natieirs, encouragées par les réseltafs qns nons amrw» sfttens, enireront dans la même voie et imiteront notre exemple^ Qnelle est e» effet, ttonsienr, TopiniOB qn^on à de nous en pays étiimger, gr&ces \ ces fonesces lois-K^éréales? Un excellent philanthrope, dont le cœur embrasa le monde, fnt, ans Éfats^tJnis, chargé d'âne mission' it bienfsdssmce e» fjsrvenr des malhenrent nègres dé ee pays, je veni: paorler de M* Joseph Sturge. (Brtryantes acclamafkms). B n^y avait pas Irente-^ix henres qn'il était déharqné, (fu'dn henrénx hasard le conduisit à rfaAfel où fêtais avec ma femme et mes enfants. Mais celles fetent les paroles dent on le salua à son arrivée h New^York? « Ami, hir dit-on, retonrnez es Angleterre. € Voén avez des lois céréales qni affament vos compatriotes, s Regardes learspftlesfignreset leurs formes eaféndées,ér # lorsque vous aurez aboli ces lois, lorsque vms aores: al^ $ franchi rindu8lrie[,brhanniqoe, revenez et bissez édater € votre mépris pour notre système d^esclavage. » (Applau-^ dissemeift). Qnel étais i^ y a quelques jovrs le tangage d*uQ des grands journasfi de ParisO? s Angleterre, oii^ueiiteuse
OleNaliaml.
ou l'agitation anglaise. 30i
# ^ng}^»r% e(Eie« à» \m écvsspi» |(& fier lion britMiiiiqtie f (i\ mi» ^ ^ plaœ w ouvrît mommii »a ioiplimot vni*
c nemept 4« paiOr p (^elamitÛNa» pinotongés). Qimb répoo- Mjmhèm^X^Mi h m Me^ qui l«î feproeh«i(«09#fitème i)^ nropp^, <^r i) eut h gi9ip4 et «universel gnonop^^r d« i'%rpt«- 4 Allez, ^it )ej^c)ui« ^i^ a^^f cbei? vo«9 ]« 190*^ 4 oopplç^)^ 0ér^lci9« et ¥99» me (r<Miv»riâ« pr^t ^wuite k 4 vpw accorder imn^le^ Mlité^ ^^wm^llep 4iie yo«» 4 9(>^y^l d^ir^, » Ainfii, ^oH le grarf p9cbi d*iMe»iodrie, «oil rAmérjcaîn /^uscepiibi» 09 1^ fnnuA^ fm% twam^ lû^, cbacun B09$ jette k la iSi^ jiptre j^opre mowéqwmut ; ^ pu B^ pwt {^9 eomprepdre cooment le paiipte d*Ajai^-r Lame, gai prétend ae gon^erMr par »q I^kmept de aoa i^fioi)^, tplèr^ ce fl^p 4eBtni^eiir qii'm uppetta loi^r^Mtdêê (Acclamation^)- Hv» il eat çopsolaot de peoaer ^ue bow ftommw epdaapx prises ave^ l^^demièredifficulié. LaChaiaEibM de3 opJwnuAps i)'é|aU pas ootre plus grand dhBtacle* J#erois qm'pp pwu 4îre avec vériié de la plupart des «p»«âes qiaes- }iopf ^ 99*ell^9 seront emportdesi quelle que ^ii la compasi-r iifm 4e ip Cbaudç^^re des coQMBuues» aussitdt que le peuple sqp^ l^rôçMra plcâ^oeut, g^éral/emeiit et uiiiversdleneiit la na^ llir# et )p ppit/ée de ce ^u'il damaiide. Je se pois voir a?ee 4^co«nigpiaept le Cbambrie des communes, touie mauvaise qu'elle esff Copsidérée ea ellenuéme et dans les éléments der^A^me qu'elle recèle, elle est incurable, dépourvue qu'elle eut de tmt germe de mstauration ou de rénovation. Hais je S9iis apsai, par rhistoîra des trente dernières années, ^ne le p^^pLe p'e qu'^ étie u#aaime ponr réussir. ^rayanisappiaB- 4isfieD)^q)f), J^i nous ;iyons obtenu lerq>pd de Taete de ceor pératipn 4'90 Parlement angliean, — Témancipatiop imika^ liqop d' we législature Orangiste , ttt- la réfarme éleeleraie d'^neCbambre nommée par les bourgponrris , — TabolRiâB
de te traite et de Tesclavage d*one assemblée de possesseors d'hommes, eh bien! nous arracherons la liberté commerciale Ji un Parlement de monopoleurs» (Applaudissements).
Permettez-moi de tous dire quelques mots sur la question des sucres. Je le fais avec quelque répugnance, car dans une occasion récente, où ma santé m*a empêché d^assister îi votre réunion, vous avez entendu sur ce sujet un orateur dont je reconnais Textréme supériorité ; je veux parler de ce profond économiste, qui, malgré sa modestie, quelque soin qu*il [Nrenne de se cacher, n'en est pas moins un des plus utiles ouvriers de notre cause , H. James Wilson. (Applaudissements.) Hais j*ai plusieurs motifs pour dire ce soir quelques mots sur la question des sucres. D*abord , parce quMl existe sur ce sujet une lumnéîe différence d*opinion parmi nous ; je dis une honnête différence, car je reconnais la sincérité de nos adversaires, comme je me plais k croire que la nôtre n*est pas contestée. — Ensuite, parce que cette branche si importante de la question commerciale sera bientôt discutée au Parlement, et que les opérations de la législature, du moins quant aux résultats , subissent toujours Tinfluence de Topinion publique du dehors. J*ai peut-être été plus k même qu'un autre d'apprécier les scrupules de ceux de nos amis qui ont embrassé Tautre côté de la question , ayant toujours été uni k eux , comme je le suis encore , en ce qui concerne l'objet général qu'ils ont en vue , quoique, k mon grand regret, je ne partage pas leur opinion sur l'objet spécial dont il s'agit maintenant. Je respecte leur manière de voir; je sais qu'ils n'en changeront pas si nous ne parvenons k les vaincre par de fortes et suffisantes raisons, — je retire le mot vainere^ — si nous ne parvenons k leur démontrer que les sentiments d'humanité auxquels iiscroient devoir céder, trouveront une plus ample et prompte satisfaction dans le triom-
ou L^AGITATION ANGLAISE. 303
phe dé nos desseins que dans Taccomplissenienl de leurs Tues. Et enfin parce que j'aime à rencontrer des occasions qui mettant nos principes h Tépreuve. Voici une de ces occasions. Un aboliiioniste me demande : c Ëtes-vous pour la € liberté commerciale , alors même qu'elle donnerait accès < dans ce pays aux produits du travail esclave? > Je réponds formellement : je^uis pour la liberté commerciale ; si elle ne peut s'établir universellement, ou si elle conduit k Tesclavage , le principe est ùlux ; mais je Tadopte parce que je le crois juste ; je m'unis aux abolitionistes, parce que leur principe est juste. Deux principes justes ne peuvent s'entrecroiser et se combattre; ils doivent suivre les parallèles pendant tonte réternité. Si notre principe est bon pour ce pays, il est bon pour les bommes de toutes les races, de toutes les conditions, il engendre le bien dans tous les temps et dans tous les lieux. (Aplaudissements.) Plusieurs de nos amis de l'association contre l'esclavage disent qu'ils ne peuvent s'accorder avec nous sur ce sujet. Je me suis fait un devoir d'assister au meeting d'Exeter-HalI , vendredi soir. (Applaudisments.) Je n'y aurais pas paru si je n'avais consulté que mes sentiments personnels, l'amitié ou la popularité. J'ai gardé le silence sur cette partie de la question. J'ai cru que mes amis étaient dans l'erreur, et que, contre leur intention , ils faisaient tort k une noble cause en mettant des arguments dans la boucbe de nos adveraires. Dans mon opinion , ils favorisent, et en tant qu'ils agissent selon leur principe , ils faToriseront la perpétration d'une fraude déplorable au sein du Parlement. J'aurais voulu voir le monopole s'y montrer dans sa nudité, dans sa laidenr et dans son égoïsme. J'aurais vouln le voir réduit à ces arguments qui se réfutent d'eux-mêmes tant ils sont empreints d'avarice et de personnalité. Je regrette qu'il soit aujourd'hui placé dans des circonstances
304 GOBD^M ET LA UGUB,
qui lui p^mettant 4« j^r derrière lui e^ vgunitfiM el de Jeiir w pr^er à'wtxe^ qui \m «ont fwnw du dehon par uiae ^9sociatioi) estiniable , ^t qui s^nt nnctioiiiiés p$f le pripaipe de Tbuaiaoité. (^pplandiflseioeata.) Lq$ fwiUes po- Uiqua» vovui on( appris les réaultato de cette oiénomble jiéwce* (Écpuiez, écoutez.) Si j*^^Qve «n eentîmeut de satî^^çtion du euccès qui a accueilli daoa cette aesemblée un aiueBdemeut dws le ^eps de It liberté eommerctele, je te* grette encore plus pei|V-élre qu'une Idle déiQaretie ail été nécessaire et qu'elle aitreoconiré reppQsiiJnp d'une aussi foiie miMuriié, Çepend^ftfi les membres de celte miporité ont éous m vote 9inçèr«, Dès qu'ite seront convaincus, ils «eronUyec mu^; leur ipt^rité et leur iafie^bilité seront de notre eoté, dès qu'ils comprendront , ce qui, je Tespèr^, ne peut tarder, que le gr;ind principe auquel ils vailent fitire des exceptions d^q^ des cas partii^li^rs, émX régner upiycrsellement pour le bjep d« l'bninsinité,
Ffà reçu bi^u dps lettres d9 n^s amis qui m'ficcwif^t d'io^ conséquence , p^rce qu'ayant été jusqu'ici l'avoeal d# Tab^ litîou, je me présente aujourd'hui, disentnl^, comme w promoteur d^ l'esclavage» Monsieur, ea mon npm , au nom de tou^ iceux qui partagent mes yues, je proteste «ontr^ cette imputation. Je ne suis pas plus le promoteur de l'esclavage, p^rpe que je défends la liberté commerciale « que je m 9m HP ami de l'errçur pgrce que je m'oppose k ^ que la peine dç mort soit ip0igée à quicopqiie émet ou pn)i^e de fnwm» opipiops, (Appbwdisseipepts.) Jç crpis que YMei»yag^ ^t efficacement cpmbattp pfur I9 liberté 44s écbmm^^
compi0 je crois que le vérité r'9 P9S bwwP P9«r «e dtfwdge
d^ gibets , dç cha^pesi de t^r^yres et de cacbftts, (^rofwiia icçlapatjops,) ^ quoi ! appeler le mnnopQlP en aide it l'ar boliliop de l'esclav^ige ! mais l'esclavage a sa racine dans le
ou L'^aiTATION AN\;tA|SE. 30S^
monopole. Le monopoie l*a eogetulréf il Ta ooorri, il Ta élevé« il Ta maintenu et le maintient encore. La mort du monopo/e, il y a emquanie am^ eeûi été frobatlementj em'tainemeni^' la Morl de rêiclavage^ (ëcootez, écoutez,) et cela, sans croisières, sans protocoles, sans traités, sans Tintervention de Tagitation .abolitioniste,sansta dépense de 20 millions steri. (ÉcoiHez, écoutez.) Je demande qu*il me soit permis de dire que je n*aî pas changé d'opinion à cet égard. Pour vous en convaincre» je vous lirai quelques lignes d*un discours que je prononçai en i859, longtemps avant que j*eus jamais pds la parole dans nn meeting de la Ligue , parce qu'alors j'étais absorbé par d'autres occupations et n'avais encore pris aucune part au mouvement actuel. Le discours auquel je fois allusion fui prononcé kMancbeslers au sujet de l'abolition de l'esclavage, et de l'amélioration de la condition des Indiens, dans le but de faire progresser simultanément leuT-bien-étre et celui de la population de ce pays. Veuillez me pardonner ce qu'il y a de personnel dans cette remarque, si j'ajoute que , dans le même espace de temps , je ne sache pas qu'aucun homme ait travaillé avec plus d'ardeur et d^énergie que je ne l'ai fait, à évaller l'attention du peuple d'Angleterre sur la nécessité d'encourager le travail libre dans toutes les parties de l'univers. (Écoutez, écoutez.) En plaidant la cause du travail Kbre, je disais : < Quoique le désir 4e mon cœur^ et ma pri^ de
< tous les jours soit que le jour arrive bientôt où il n'y ail c plus une fibre de coton travaillé ou consommé dans ce pays
< qui ne 8<Ht le produit du travail libre, cependant je ne de- € mande ni restrictions, ni règlements, ni droits prohibitifs, c ni rien qui ferme nos ports aux produits de quelque proc venance et <]e quelque nature que ce puisse étre^ que ce
< soit du coton pour vêtir ceux qui sont nus, ou du blé pour « noorrir ceux qui ont faim. Grâces aux imprescriptibles lois
SCMt .€OBDEN KT LA UeUfi,
€ qiî gouternent le monde «ooial , de t«ls renèdes De aoal t pas nëeessaires. 4e oe demande qtie Hbertév jnetiee, iroc partialité, convaiwa qne, si eHea nous sont aceerdëes « c tout système fondé sar le monopole, on mis eii<ea?re par c Tesclavage , s^écrouiera pour toujours. » Je tenais ce Un* gage dans un meeting mémorable de la Soeiéié de$ Àfnù k Manchester, devant on^iuditoire composé en grande partie de memjbres de ce corps respectable de chrétiens. 1^ tendemain, dans la même eneeinlei, je disais: c Si nous laissons une libre c carrière à la concurrence do travail libre de l'Orienl et du f travail esclave de FOecident, nous pouvons ouvrir tons nos c ports, laisser ii^ toutes les nations du globe la chance de € vendre leurs produits sur motremarché, bien assurés que « le génie de la liberté remportera sur la torpeur de la ser- « vitude. > J'adhère encore ii ce sentiment, je crois fermement que tout autre moyen est comparativement impuissant, le ne veux pas dire que tous les autres doivent être exclus. Je ne présente pas la liberté conEtmsroiale coiHiie le seul agent de rabolitîon. J'admete qu1l peut se combiner avec d^autres moyens ,* pourvu qu'ils soient justes, lels que Ja chaire , la tribune etla presse. Que le Parlement fasse son devoir, non en inq>osaBt , mais en détruisant iesrestrictioDS, en affrancbissanl<l'kidu6trie, en lui laissant sa rémunéralioo légitime. Si je suis dans Terreur sur ce sujet, c'est avec les hommes les plus remarquables de la Société contre l'esclavage. (Écoutez, écoutez.) Il fut on iemps , et principalement vers répoque de son triomphe, oè j'étais intimement identifié b cette association estimable, qui avaitavec la Ligue bien des traits de ressemblaftce. Je mo/souviensqu^à^ cette époque elle me rouroissait des ouvrages où je pus puiser des mtempies et des arguments propres^ dévoiler l'iniquité et Timpo- Ktique de Tesciavagc. Je conserve ces ouvrages et je les trouve
ou l'aCITATIOK AN6LAI9E. 307
eneore éminemmeDi iosirueiife. ïj cherche quel élait ^on aoire symbole abolitiooiste* Voici uoe lettre d'an grand mé* rite adressée en 1823 à M. J.-B. Say, par M. Adam HodgsoB, chef d*iiiie grande maison de Liverpool, sor la dépense da trayail esclave comparée à celle du travail libre* Cette lettre ^Qt répandue à profusion dans tout le royaume. Que disait H. Hodgson? c La nation ne consentira pas longtemps à c soutenir un ruineux système de culture , aut prii de ses c plus chers intérêts, sacrifiant pour cela ses transactions c avec 100 millions de sujets de la Grande-Bretagne* Le c travail eslave de Touest doit succomber devant le travail € libre de Test. » (Approbation.) Voici encore un livre dont je déare Vous citer quelques extraits. J'espère que vous m'excuserez. Nous ne devons pas perdre de vue que les discours prraoncés dans cette enceinte s'adressent aussi au dehors. Grâces à ces Messieurs, devant moi, dont les plumes rapides fixent en caractères indélébiles, des pensées qui, sans cela, s*évanoukaient dans l'espace, les sentiments que nous exprimons ici arrivait aux extrémités de la t^re. Qu'il me soit donc permis de parler de cette tribune ^ des amis absents , 2i des hommes que j'honore et que J'aime , et puisseje les convaincre qu'ils ne sauraient mieux faire que de venir grossir nos rangs ; que nous marchons sur une ligne droite qui ne heurle aucun principe de rectitude et qui s'associe spécialement avec la grande cause quils ont pris à tàdie de (aire prévaloir. — Ce livre me fut donné , il y a bien des années par l'anly-Wavery Society. Il est écrit avec soin , et a pour but de montrer que si le travail libre et le travail esclave étaient laissés à une loyale concurrence; le deriiier, ii cause de sa cherté, devrait succomber devant la pâ*fectiOn plus économique du premier. L'auteur est M. Stm*ge , non point Joseph Slurge, mais son frère \k jamais regretté, qui, s*il
308 COBDEN ET LA UfllTE,
m'esX permis de prononcer on jugement, est mort trop tAi pour la cause de rbomanité el de la bienfaisance. Quel était le principe fondamental snr lequel il s^appuyait : c Aucun
< système qui conlnedtt les lois de Dieo « et qui blesse sa € créature raisonnable , ne peut être définitivement a?an» c tageux. » Comme free^iraders^ ces paroles coufreot entièrement notre position. (Écoutez, écoutez.) Nous soutenons que les restrictions et les taies, qui ferment nos ports aux productions des autres régions, qui interdisent rechange entre un homme industrieux qui produit une chose et un autre homme industrieux qui en produit une autre , — sont € con* € traires aux lois de Dieu et funestes ^ sa créature raison- € nable, » et que le système ne peut-être définitivement avantageux ni aux individus ni aux masses. Voyons ce qu*ajoujle M. Storge : c Nous croyons que les faits que nous allons € établir convaincront tout observateur sincère et dégagé de € passion de la vérité de cet axidme : le travail de Thorame € libre est plus économique que celui de Tesclave. En pour^ € suivant les conséquences de ceprincipe général, nous au* c rons fréquemment Toccasion d'admirer la sagesse con- ^ sommée qui a préparé par un moyen si simple un remède
< au plus détestable abus qu'ail jamais inventé la perversité « bumaine.Nous sentirons la consolation pénétrer dans nos € cœurs, lorsque, détournant nos regards des crimes et des
< malheurs de Fliomme, et de Tinefficacité de sa puissance, € nous viendrons à contempler Taction silencieuse mais ir- « résislible de ces lois qui ont été assignées dans les conseils € de la Providence pour mettre un terme k Toppression de € la race africaine. > (Écoutez, écoutez.) H. le Président, ce n'est pas la première fois que je cite ces extraits. Ce livre est couvert de notes que j'y écrivis il y a douze ans, quand il me 'fut remis, aloif que, pour la première fois, ces nobles sen-
timents, réveillant toales les sjmpalhies demoa cœur, Je rae levai pour proelaroer ces glorieux principes el cette doctrine fatale an maintien de la servitade. Je pourrais molti plier Jes eitatiotts. Je me bornerai à une dernière. Veuillez remarquer le fait qu'établit M. Sturge comme preuve de la vérité de son axjdme : c II y a quarante ans, il ne s^exportait pas d'indigo des Indes orientales. Tout, ce qui s*en consommait en Ëu-^ rope était lepcoduitdu travail esclave* Quelques personnes employèrent leur capital et leur intelligence à diriger Tiu-^ dustrie des habitants du Bengale vers cette culture^^ leur enseigner, 2i préparer Tindigo pour les marchés de l-Europe , et quoique de graves obstacles leur aient été opposés dans le commencement, cependant les droits ayant été nivelés, leurs efforts furent couronnés d*un pleia succès. Telle a été la puissance du capital et de rhabileté britanniques, que quoique les premières importations eussent à supporter uafrfet quintuple du taux actuel, Tindigo de Flnde a graduellement reinplacésur le marché Tindigo produit par les esclaves, jusqu'à ce qu'enfin, grâce a la liberté du commerce il ne se vend plus en Europe une once d'indigo qui soit le fruit de la servitude, » (Acclamations.) Vous savez très bien, monsieur^ ce que M. Sturge appelle liberté du commerce; le priadpe même n'en était pas reconnu à cette époque, etc.
L'orateur cite encore un passage dans lequel M. Sturge établit que ce qui est arrivé pour Tindigo arriverait pour le sucre. Il se termine ainsi :
€ Ces faits sont de la plus haute importance^ uou-aeute- € ment parce qu'ils confirment le principe général que nous < prodaraotts, mais encore parce qu'ils nous conduisent ;iu c but de nos recherches, et nous signalcmil le mo^n «pé-
5iO COBDEN ET LA UGUE,
c dflqoe d*abolir Tesclavage et la traite. Laissez sa libre aec tioD il ce prfDCfpeét il étendra sa bénigne influence sur
< tonte créature bumaine actuellement retenue en servi-
< tude« » (Écoutez^ écoutez). Et qui donc a abandonné ce principe. Trè» certainement ce n*est pas nous. — Tarrive maintenant à la convention de 1840, k laquelle, dans une occasion récente, faisait allnsion ce grand bomme qui dirige la Ligue, notre maître à tous, qui s'est ct*éé lui-même on qui a été créé k cette fin, je veux parler de M. Cobden. (Les applaudissements enthousiastes éclatebt dans toute la salle).
L'orateur cite ici des délibérations , des rapports , des enquêtes émanés de la cx)nvention, et qui démon-^ trent que cette association s'était rattachée an principe exposé plus haut par M. Sturge. Il continue ainsi :
Je le demande encore, qui rend maintenant hommage k ce principe? N'est-ce pas ceux qui disent : Nous ne reculons pas devant les résultats; nous n*avons pas posé un principe comme étant la loi de la nature et de Dieu ; nous n'avons pas prouvé par les annales de Thumanité que le malheur et la ruine ont toujours suivi sa violation, pour venir mainte* nant, que lé temps de Tapplication est arrivé, et dans les circonstance les plus favorables, reculer et dire : nous n'en parlions que comme d'une abstraction ; nous n'osons pas le mettre en œuvre; nous contemplons avec horreur le moment où il va lutter loyalement contre le principe opposé. — Que Ton ne dise pas que nous voulons fovoriser l'esclavage et la traite ; car, bien loin de là, quand nous plaidons la cause de la liberté illimité du commerce, nous sommes influencés par eHXe ferme croyance qu'elle est lé moyen le ^lus doux, le
ou l'agitation ANOLAtSE. 311
piM pacîfiqiie de rëaliiser Fabolilion de la traite et de l'eaei»vage. Noos marcboae dane vos aenkîera; noaa adopioae ^ee doctrines; ooas applaudissons krhabiieté avec ia^selle vous a^ez révélé'la beaatéde cette loi diiiipei qui a ordonné que dans tous les cas où ooe franche rivalité est admise, les systèmes-fondés sur4'oppression «doivent être détruits per eeuK qui ont pour base Thonnéteté et b ju^yke. Nous vous imitons en tout, excepté dans votre pusillanimité et dans ce que nous ne pouvons nous empêcher 4e r^rder conune votre inconséquence^ Ne QonabJftmea pasde ce que notre foi est plus forte que. la vêtre. Nous honorons vos sentiments d'humanitéé Votre erreur conaistei selon, nous, à ce que vous vous laissez entraîner par ces sentiments 4 quelque chose qui ressemble -à la négation de vos propres doctrines. Tout ce que nous vous demandons, c'est de rester attachés à vos iNPincipes) de les. appliquer courageusement; et si vous neToset, permettez-nous du moins de ne pas suivre les conseils d^hommes qui manquent de courage quand le moment est veau de prouver qu'ils ont foi dans rinfoillibilité des prîacipes qu'ils «m proclamés eus^^m^mes. — Aujourd'hui nos anis fondent leur opposition a leur grand principe, sur ce qu'il* ne saurait être appliqué d'une manière absolue sans entraîner des conséquences désastreuses^ Mais je leur rappellerai que ce n'est point ainsi qu'ils raisonnaient autrefois. lU en demandaient l'appUcation immédiate sans égard aux conséquences- fatales que prédisaient leurs adversaires. Ils croyaient sincèrement ces craintes chimériques, et fussentelles fondées, ce n'était pas uneraison, diraient-ils pour ^journer un grand acte de justice^ On a(m gisait : vous laites tort k ceuxkqui vous voulez faire duhîen,an^ nègres. On nous opposait sans cesseledanger pour les ng&rs4^1eur affranchissement immédiat. Un membre du Parlemegt m'affirmait un jour, de-
313 CGRDEN ET LA L1G17E,
▼aot des mîHiers de dos concitoyens réunis pour nous entendre discuter cette question , que si nous émancipions les nègres, ils rétrograderaient dans leur condition ; qu^au lieu de se tenir debout commodes hommes, ils prendraient bientôt Thumble attitude des quadrupèdes. (Rires). Il faisait nn •tableau efFrayant de la misère qui les attendait, et y opposait kr poétique description de leur bonheur, de leur innocence et même de leur luxe actuels. (Rires). SI tous doutez de ce que je dis, informez-vous auprès du membre du Parlement qui parla le dernier hier soir à la Chambre. (Rires). Oui, on nouiB disait gravement que l'émancipation empirerait le sort des noirs, et paralyserait les philanthropiques projets des planteurs. Les Antilles, d'ailleurs, allaient être inondées de sang, les habitations incendiées, et nos navires devaient pourrir dans nos ports. Vous pouvez, M. le président, attester la vérité de mes paroles. On calculait le nombre de vaisseaux devenus inutiles et les millions anéantis. Au milieu de tous ces pronostics funèbres, quelle était notre devise : Fiatfu»tieia^ ruai cmlum. Quelle était notre constante maxime: € Le devoir est à nous; les événements sont k Dieu. » Non, le triomphe d^un grand principe ne peut avoir une issue funeste;. Lancez-le au milieu du peuple, et il en est comme lorsque une montagne est précipitée dans l'Océan : l'onde s'agite, tourbillonne, écume, mais bientôt elle s'apaise et son niveau poli reflète la splendeur du soleil. (Applaudissements prolongés). Avons-nous, ou n'avons-nous pis un principe dans ce grand mouvement? Si nous l'avons, poussoQS-le jusqu'au bout. Il a été éloquemment démontré dans une précédente séance, par l'orateur qui doit me succéder ^ cette tribune, que ce que nous défendons, c'est la cause de la moralité; par des centaines de ministres accourus de toutes les parties du royaume, que c'est ta cause de la religion, que
ou l'agitation anglaise. 313
•c'est le droit de l'homme , le devoir de la législature, qoe l'bonnearet la prospérité de ce pays^qoe les intérêts des régions lointaines sont attachés au triomphe de ce principe; eh bien, poussons4e jasqu'au bout. (Applaudissements). Hais, disent quelques*uns de nos amis, € nous exceptons Cuba et le Brésil. > Je ne répéterai pas, avec M. Wilson, qu'il est indifférent pour les nègres que vous consommiez du sucre-esclave on du stacrcf-libre, car si c'est de ce dernier, il ne peut arriver sur notre marché qu'en faisant quelque part un vide qui sera comblé par du sucre-esclave ; mais je demanderai knos adversaires quel droitilsontde réclamer l'intervention de la législature dans une matière aussi exclusivement religieuse que celle-ci, où il s'agit d'incriminer ou d'innocenter telle ou telle consommation ? Ils n'en ont aucun. Je veux qu'on réunisse des hommes appartenant à toutes les sectes religieuses, les hommes de la plus haute intelligence; je veux qu'ils aient le respect le plus profond pour la volonté du créateur et toute la délicatesse imaginable en matière de moralité et de scrupules, et j'ose affirmer qu'ils ne s'accorderont pas sur la question de savoir s'il est criminel de se servir d'une chose, parce que sa production, dans des contrées lointaines, a donné lieu ^ quelques abus, et je crois que la grande majorité d'entr'eux décidera qu'une tdle^ question est entre la conscience iadividuelie et Dieu. Je suis certain du moins qu'elle n'est point du domaine de la Chambre des communes. (Écoutez, écoutez).
Un mot encore et je finis. Je voudrais conseiller à nos amis de bien réfléchir avant de fournir de tels arguments au cabinet actuel ou h tout autre. Si sir Robert Peel n'avait pas été mis à Aiéme de dérouler sur le bureau de la Chambre le mémoire abolitioniste qui porte la vénérable signature de M. Thomas Clarkson, il eût été privé du plus fort argument
doDl il s^est servi pour résister aa principe que nous soûle* Dons, la liberté d'échanges a?ec le Brésil cooiae avec Tunîvers. Mais il a imposé silence k ses adhérents. Il a dit aux planteurs des Antilles : tenez-vous tranquilles. J*ai par devers moi quelque chose qui vaut mieux que tout ce que vous pourriez dire comme propriétaires dans les Indes occidentales. Et s*adressant à la Chambre des communes, il a dit : € Les abolitionistes sont contré vous. Ils nous adjureotaiinom de rbumanité d'exclure les produits du Brésil. Si nous le faisons, ce n'est pas parce que sous possédons de grandes plantations dans rinde et li Demarara ; parie que les CbaBdos et les Buckingham ont de vastes propriétés k la Jamaïque. Non, nous ne cédons pas k de telles considérations. Ge n*esl pas non plus parce que nous sommes obligés de ménager les colons, d'autant plus que si nous les blessions, ils renverseraient dès demain la loi-céréale. Nous ne sommes déterminés par aucune de ces raisons; nous sommes parfaitement désintéressés, et nous ferions bon accueil au sucre du Brésil, s'il n'était teint du sang des esclaves. U est vrai que nous fûmes toujours les adversaires de l'émancipation, et que lorsqu'il ne nous a plus été possible de reculer, nous avons imposé k la nation une charge de vingt millions sterlingsque nous avons distribués non aux eselavesymaisk leurs oppresseurs. (Bruyantes acclamations). Le sens du juste est si délicat chez nous que nous avons indemnisé le tyran et non la victime. (Nouvelles acclamations). Nous avons payé les planteurs pour qu'ils s'abstinssent du crime; nous avons sauvé leur réputation et peut-être leur âme. Nous avons fait tout cela, c'est vrai, mais nous sommes bien changés aiyourd'hai. N'ai-je pas assisté aux meetings d'Exeter-HaU? N'y ai-je point péroré ? N'y ai-je point entendu l'orgue saluer la présence et la parole de Daniel O'Connell? Nous sommes
ou l'agitation AM(2LA1SE. 315
bien changés. Nous sommes mainteDani les disciples, les représentants 4es Grennlle, des Sharpes, des Wilberforces, qui se reposent de leurs travaux. Nous nous couvrons de leur manteau, et nous vous adjurons, au nom de deux mil* lions et demi d'esclaves , de ne pas manger du sucre du Brésil. » (Applaudissements prolongés). Après ce discours, il regardera sans doute les monopolem*s par-dessus les épaules, et dira: < Vous ne vous souciez guère du café, n'est-ce pas? — Non, disent-ils. — ^Très bien, reprend sir Robert, nous réduirons le droit du café de 25 p. 0/0, et nous prohiberons le sucre. » Et c'est ainsi que toute cette belle philanthropie passe de la cafetière dans le sucrier. (Rires).
Après quelques autres considérations^ M. Tliomp- 80D 9 revenant à cette idée que Tabstensioû de la consommation du sucre-esclave est une affaire de conscience, termine ainsi :
Ma force est dans mes arguments, et je n'en appelle qu'à la raison. Si je puis éveiller votre conscience et convaincre votre jugement, vous m'appartenez. Si je ne le puis, que Dieu vous juge, quant à moi, je ne vous jugerai pas. Je m'efforcerai de vous persuader de bien faire, et vous plaindrai si vous faites mal. Je poursuivrai le bien moi-même, et n'emploierai d'autres efforts pour conquérir mes frères que la raison, la tolérance et l'amour. (A la fin de ce discours, l'assemblée se lève en masse, les chapeaux et les mouchoirj» s'agitent, et les applaudissements retentissent pendant plusieurs minutes).
La séance du 29 mai fut présidée par le comte Ducie, qui a traité longuement la question de la lî-
3f6 COBDBN £T LA LIGUE,
berlé commerciale 9U poiDt de vue de Tagriculture pratique. Le meeting a entendu MM. Cobden, Perronel Thompson, Holland, propriétaire dans le Worcester- •hire, et M. Bright, m. P.
Séance du 5 juin 1M4.
Le fauteuil est occupé par M. Georges ^ilson.
Le premier orateur entendu est M. Edward Bou- VERiE , membre du Parlement pour Kilmarnock.
L'honorable membre examine Tesprii de la législation actuelle manifesté par ses actes. La majorité ayant toujours maintenu les lois-céréales, sous le prétexte de faire fleurir Tagriculture » et avec elle toutes les classes qui se livrent aux travaux des champs, M. Cobden a demandé qu'il fût fait une enquête dans les comités agricoles, afin de savoir si la loi avait atteint son but, et si, sous l'empire de celte loi, les fermiers et les ouvriers des campagnes jouissaient de quelque aisance et de quelque sécurité. Il semble que les amis du monopole qui s'intitulent exclusivement aussi c les amis des fermiers, » auraient dû saisir avidement celte occasion de montrer qu'en appuyant la protec«> tion, ils suivaient une saine politique. Mais, continue M. Bouverie, ils ont dit : c Nous ne voulons pas d'enquête. » Et pourquoi? Parce qu'ils savent bien qu'elle démontrerait l'absurdité et la futilité de leurs doctrines; que la protection n'est que déception ; que ce n'est autre chose que le public mis au pillage. Ils préfèrent les ténèbres à la lumière. Ils craignent ta