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GARDEN

11 décembre iS4l.

Six mille personnes assistent à la réunion. Le président de la Ligue, H. George Wilson occupe le fauteuil.

En ouvrant la séance, après quelques observations générales, le président ajoute :

c Vous avez peat«étre entendu dire que depuis notre dernier meeting la Ligue avait c pris sa retraite. » Mais soyee assurés qu'elle n'a pas perdu son temps dans les cours d'enregistrement {regiêtration ecuriê). Nous avons envoyé des hommes expérimentés dans 140 bourgs, dans le but d*orga-

DÎser des comités élecloraiix là où il n'en existe pas, el de donner une bonne direction anx efforts des /ree4raibr«lk où il existe de semblables institutions. Depuis, les cours de révision ont été ouvertes. C*est là que la lutte a été sérieuse. Je D*ai pas encore les rapports relatifs a la totalité de ce^ 140 bourgs; mais seulement à 108 d'entr'eux. Dans 98 bourgs nous avons introduit sur les listes électorales plus de freetraderi que nos adversaires n'y ont fait admettre de monopoleurs ; et d*un autre côté nous avons fait rayer de ces listes un grand nombre de nos ennemis. Dans 8 bourgs seulement la balance nous a été défavorable, sans mettre cependant notre majorité en péril. (Applaudissements).

Le président entre ici dans des détails de chiffres inutiles à reproduire; il expose ensuite les moyens de conquérir une majorité dans les comtés.

M. Yilliers, m. P., prononce un discours. La parole est ensuite à M. Gobden. Nous extrayons du discours de rhonorable membre les passages qui nous ont paru d'un intérêt général.

M. CoBDEN Les monopoleurs ont fait circuler à profu-

sion une brochure adressée aux ouvriers, qui porte pour épigraphe une sentence qui a pour elle Tautorité républicaine, celle de M. Henri Clay. Je suis bien aise qu^ils aient inscrit son nom et cité ses paroles sur le frontispice de cette œuvre, car les ouvriers n'oublieront pas que, depuis sa publication, M. Henri Clay a été repoussé de la présidence des États-Unis. Il demandait cette honneur \k trois millions de citayenslibres, et il fondait ses droits sur ce qu'il est Fauteur et le père du système protecteur en Amérique. J'ai suivi avec une vive anxiété les progrès de cette lutte, et reçu des dépêches par

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tous les paquebots. J'ai lu le compte-rendu de leurs discours et de leurs processions. Vraiment les harangues de Glay et de Webster auraient fait honneur aux ducs de Richmond et de Buckingham eux-mêmes. (Rires). Leurs bannières portaient toutes des devises, telles que celles-ci : c Protection au travail national. » « Protection contre le travail non rémunéré d*Europe. » c Défense de Findustrie du pays. » c Défense du système américain. » c Henry Glay et protection. 1 (Rires). Yoilk ce qu'on disait k la démocratie américaine, comme vous le dit votre aristocratie dans ce même pamphlet. Etqu'k répondu le peuple américain? Il a rejeté Henry Glay; il Ta rendu k la vie privée. (Applaudissements). Je crois que nos sociétés prohibitionnistes, s'il leur reste encore un grand dépôt de cette brochure, pourront l'offrir à bon marché. (Rires). Elles seront toujours bonnes k allumer des eigarres. (Nouveaux rires)....

Eh bien ! habitants de Londres ! Qu'y a-t-il de nouveau parmi vous? Vous avez su quelque chose de ce que nous avons fait dans le Nord ; que se passe-t-il par ici ? Je crois que j'ai aperçu quelques signes, sinon d'opposition, du moins de ce que j'appelle des tentatives de diversion. Vous avez eu de grands meetings, remplis de beaux projets pour le soulagement du peuple..... Mon ami M. Villiers vous a parlé du grand développement de l'esprit charitable parmi les monopoleurs et de leur manie de tout arranger par Yaumône. En admettant que cette charité soit bien sincère et qu'elle dépasse celle des autres classes, j'ai de graves objections k opposer k un système qui fait dépendre une portion de la communauté des aumônes de l'autre portion. (Écoutez, écoulez). Hais je nie cette philanthropie elle-même, et relevant l'accusation qu'ils dirigent contre nous, — froids éconosmistes, — je dis que c'est parmi les free-traders que se trouve la

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vraie philanthropie, lis oottenii un grand meeliiig , il y a deiKi mois, dâiiB le Sofolk. Beaueoup de seignenre, de nobles, d<e squîres, de prêtres se sont réunis, et pourquoi ? Peur re« médief , par un projet philanthropique, a la détresse générale. Ite ont ouvert miesooscription. Ils se sont inscriIssénDee tenante; et qn'est-ii arrivé depuis? Où sont les effets de celte œuwe qui devait fermer tîntes les plaies? i*oserais aflkmer qu'ils est tel ligueur de Manchester qui a plusdonoé pour établir dans cette ville des lieux de récréation pour les ouvriers, qu'il n'a été recueillî parmi tonte la noblesse de Suffiolk peur le soulagement des ouvriers des campdgnes» Ne voos méprenez pas, messieurs, nous ne venons pas ici faire parade de générosité, mais décrier ces accusations sans cesse dirigées contre le corps le plus intelligent de la classe moyenne de ce pays, et cela parce qu'il veut se faire une idée sdentiâque et éclairée delà vraie mission d'un bon gouvern^tnent Ils nousappellent c économistes politiques; durs et secs utilitaines. v Je répondsque les « économistes > ontla vraie charité et senties plus» sincères amis du peuple. Ces mesûenrs veulentabsolument que le peuple vive d'aumônes, je les sommede ■eus donner au moins une garantie qu'en ce cas le peuple ne sera pas affamé. Oh ! il est fort commode k eux de flétrir par une dénomination odieuse, unepoUtique qui scrute leurs procédés, (fiires). Nous nous reconnaissons c économistes, » et nous le sommes, parce que nous ne voulons pas voir le peiqile se fier, pour sa subsistance, aux aumônes de l'aristeGraiîe, sachant fort bien que, s'il le fait, sa condition sera vraiment désespérée. (Applaudissements). Nous voulons que le gouvernement agisse sur des principes qui permettœt à chacmi de pourvoir k son existence par un travail honnête et indé» pendant Ces gmnds messieurs ont tenu un autre meetinf^ aujourd'hui. On y a traité de toutes sortes de sujets, exee|^

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dn* sujet easeniieL (Écoutez). Uoe réuDioD a eu lieu ee maAkè k Exeie«-Iihtt, e& il y ayaildes gens de toute espèee, et èuia qael b«l? Afin d'imagiDer des moyens et de fonder nofe société pour € FassainisseiDeni' des vîUes. » (Rives). Ils ions doimeroDtsde.la- vemnlation, dis^Faiiv de Feaiiv des dessècW^ meuis, des promenades^ de touti, excepté du pain. (Applao* dissements^ €epenâanl', dn meins en ce qui concerne le Laflcasbire,.noii6 atvons les registres généraux de la modalité qui moBirent distinctement le nombre des décès s'^e*vant et s'abaîssant d'année en année, ayec le prix doiUé*, et ¥Ous pouvea^ suivie eetie connexité avec autant de certilnde que si elle résultait d'une enquête du coroner. Il y a eu trois mille morta de plus dans les années de cherté que depuis que le Ué est descendu à un prix naturel, et cela dans^un tiis petit district du Lancastre. — Et ce& mesrieurs , dans leurs sociétés de bienveillance, parlent d'eaa,. d'air, de-tout^ excepté du pam qui est le soutien et comme Pétofle de la lie! Je ne m'oppose pas à. des œuvres de Qhanté; je les appuie d^ toute monàme; mais J0 dis : soyons justes d'abord, ensuite nous serons cbaritables* (Applaudissemrats). Je ne doute nullement de la pureté des motifs qui dirigenl^ ces messieurs; j^.ne leS'aecusenii point ici d'hypocrisie ,. mais j0 leur dirai : « répondez à lai question, ne reacamotetpas. » Jemeplaâiisparticulièremeotd'une^partiederari^oeratieC),

(') I/orateur désigne ici le parti qui s -intltaleolftjeaiK Angleterre. r qui aà sa tête lord Âshiey, Maouer», d'Israely^ etc. Lord Aahley oHer^ chant à rejeter sur les manufacturiers les impotationa que la Ligue dirige contre les mattres âù sol; attribue les souffhinces du peuple à rsxetaidaetfsraîl. £n oQBSéqiteiree;.dttniéniB'qn«M. VltilawBiopsa» chaque année la libre introduction du blé étranger,,lord Aahley propose la limitation des heures de travail. L'un cherche le remède à la détresse générale dans la liberté, rautre^dansdénouvellesrettrietions.—- Ainsi, eea deux* écoles éeonomfques sont toujpurs et partout en présence.

qui affiche saos cesse ses prétenlioas k une charité sans égale, doot, sans doute par ce motif , les lois-céréales firoi»sent la conscieDce, et qui les maintient cependant, sans les discuter et même sans vouloir formuler son opinion. Je fais surtout allusion à un noble seigneur qui en a agi ainsi Tannée dernière, à l'occasion de la motion de M. Yilliers, quoique , en toutes circonstances , il fasse profession d'une grande sympathie pour les souffrances du peuple. Il ne prit pas part k la discussion, n'assista pas même aux débats, et ne Tint pas moins au dernier moment voter contre la motion. (Grands cris : Honte, honte, le nom, le nom.) Je vous dirai le nom; c'est lord Âshley. (Murmures et sifflets.) Et bien, je dis: Admettons la pureté de leurs motifs, mais stipulons au moins qu'ils discuteront la question et qu'ils l'examineront avec le même soin qu'il donnent c aux approvisionnements d'eau et aux renouTellements de l'air. > Ne permettons pas qu'ils ferment les yeux sur ce sujet. Comment se conduisent-4Is en ce qui concerne la ventilation ? Ils appellent à leur aide les hommes de science, lis s'adressent au docteur Southwood Smith, et lui disent : Comment faut-il s'y prendre pour.qne le peuple respire un bon air? Et bien ! quand il s'agît 4e donner au peuple du travail et des aliments, nous les sommons d'interroger aussi les hommes de science, les hommes qui ont passé leur vie k étudier ce sujet , et qui ont consigné dans leurs écrits des opinions reconnues pour vraies dans tout le monde éclairé. Comme ils appellent dans leurs conseils Southwood Smith , nous leur demandons d'y appeler aussi Adam Smith , et nous les sommons ou de réfuter ses principes ou d'y conformer leurs votes. (Applaudissements.) Il ne suffit pas de se tordre les bras, de s'essuyer les yeux et de s'imaginer que dans ce siècle intelligent et éclairé le sentimentalisme peut être de mise au sénat. Que dirions-nous

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de ces messieurs qui gémissent sar les souffrances du penpiè« si, pour des fléaux d'une autre nature, ils refusaient de prendre conseil de la science, de Tobservation , de Téxpérience? S*ils entraient dans un hôpital, par exemple, et.sl, à Taspect des douleurs et des gémissements dont leurs sens seraient frappés, ces grands philanthropes mettaient à ta porte les médecins et les pharmaciens, et, tournant au ciel leurs yeux attendris, ils se mettaient k traiter et médicamenter a leur façon? (Rires et applaudissements.) Taimeees meetings de Covent-Garden et je vous dirai pourquoi. Nous exerçons ici une sorte de police intellectuelle. Byron a dit que nous étions dans un siècle d'affectation ; et il n'y a rien de plus difficile k saiur que Taffectation. Hais je crois que si quelque chose a contribué k élever le niveau moral de cette métropole , ce sont ces grandes réunions et les discussions qui ont lieu dans cette enceinte. (Acclamations.) Il va y avoir un autre meeting ce soir dans le but d'offrir à sir Henry Poitinger un don patriotique. Je veux vous en dire quelques mots. Et d'abord, qu'a fait sir Henry Pottinger pour ces menopolenrs? — Je parle de ces marchands et millionnaires mdnopoleurs, y compris la maison Baring et O, qui a souscrit fMnir SO tiv. st. k Liverpool, et souscrira sans doute k Londres. Je le demande ! qu'a fait H. Pottinger pour provoquer cetfe détermination des princes-marchands de ht cité? Je vous le dirai. Il est allé en Chine, et H a arraché au gouyernement Ab ce pays, pour son bien sans doute, un tarif. Mais de qMffe espèce est ce tarif? Il est fondé sur trîMs principes^ te i^pemier, c*est qu'il n'y aura aucun droit d'aucune espèce sur ^ les céréales et tontes sortes d'afiments importés dans le Céleste Empire, (tcootet, écoutez*) Bien plus, si un bâtiment arrrive chargé d'dimentsi, non-seulement la mar^ttdise ne paye aucun droit , mais le navire {ni-méme est exempt 4e

4(Kl COBI^LN ET LA LiiSUL,

tous droits d^ancrage^ de port, etc^ a c'est la seule eiee|itîon lé celte nature qui eiiste au monde. — Le second principe, e*est qu'il n*y aura aucun droit peur fa profecltbn. (Éeoolet). Le troisième, c'est qu'il y aura des droits modérés pom U HVimi. (Écoutez , écoutez. ) Et quoi ! c'est pour obtenir un semblable tarif, que nous, membre de la Ligue , combattons depuis cinq ans! La différence qu'il y a entre sir Henry Pottinger et nous, la voici : c'est que pendantqu'il a réussi k eon<férer, par la force, un tarif aussi avantageux au peuple chinois, nous avons échoué jusqu'ici dans nos efforts pour obtenir de l'aristocratie, par la raison, un bienfait semblable en faveur du peu pie anglais. (Applaudissements.) Il y a encore celte différence: c'est que, en même temps que ces marchands monopoleurs préparent une splendide réception à sir Henry PoUinger pour ses succès en Chine, ils déversent sur nous rinve<5tive, l'insulte et la calomnie, parce que nous poursuivons ici, et inutilement jusqu'il ce jour, un succès de même nature. Et pourquoi n'avons-nous pas réus» ? Parce que nous avons rencontré sur notre chemin la résistance et l'opposiUon de ces mêmes hommes inconséquents, qoi vont maintenant saluant de leurs toasts et de leurs hurrahs la Hberté du commerce.... en Chine. (Applaudissements.) Je leur adresserai à ce sujet une ou deux questions. Ces Mesneors pensent-ils que le tarif que M. Pottinger a obtenu des Chinois sera avantageux pour ce peuple ? A en juger par ce qu'on leur entend répéter en toute occasion, ils ne peuvent réellement^lKis le croire. Ils disent que les aliinents h bon marché a la libre importation du blé seraient préjudiciables à la classe ouvrière et abaisseraient le taux des salaires. Qu'ils répondent catégoriquement. Pensent-ils que le tarif sert avantageux aux Chinois? S'il le pensent, quelle inconséquence n'est-ce pas de refuser le même bienfSût h leurs oon-

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citoyens et à leurs frères. SMIs ne le pensent pas, s'ils supposent que le tarif aura pour. les Chinois tons ces effets funestes qu^un semblable tarif aurait, k ce qu*ils disent, pour FAngleterre, alors ils ne sont pas chrétiens, car ils font aux Chinois ce qn*ils ne voudraient pas qu'il leur fût fait. (Brupntes acclamations). Je les laisse entre les cornes de ce dilemme et entièrement maîtres de choisir.

n y a quelque chose de sophistique et d'erroné li représenter, comme on le fait, le tarif chinois comme un traité de conmierce. Ce n'est point un traité de commerce. Sir Henry Pottinger a imposé ce tarif au gouvernement chinois, non en notre faveur, mais en &venr du monde entier. (Écoutez, écoutez). Et que nous disent les monopoleurs? c Nous n'avons pas d'objection contre la liberté commerciale, si vous obtenez la réeiprociié des autres pays. » Et les voilà, à cette heure même, nous pourrions presque entendre d'ici leurs i Atp, kip, Asjp, hurrahJ AtirraA/les voilà saluant et gIo«> rifiant sir Henry Pottinger pour avoir donné aux Chinois un tarif sans réciprocité avec aucune nation sur la surface de la terre ! (Écoutez). Après cela pensez-vous que sir Thomas Baring osera se présenter encore devant Londres? (Rires, el cris : Non, non») Lorsqu'il manqua son élection l'année der^ nière, il disait que vous étiez une race ignorante. Je vous donnerai un mot d'avis au cas qu'il se représente. Demandezlui s'il est préparé à donner à l'Angleterre un tarif aussi libéral que celui que sir Henry Pottinger a donné à la Chine, el si non, qu'il vous explique les motifs qui l'ont déterminé à souscrire pour cette pièce d'orfèvrerie qu'on présente à M. Pottinger. Nous ne manquons pas, à Manchester méîne, de monopoleurs de cette force qui ont souscrit aussi à ce don patriotique. On fait toujours les choses en grand dans cette ville, et pendant que vous avez recueilli ici mille livres ster-

ling dans cet objet, ils ont levé là-bas trois mille presque tout parmi les monopoleurs qui ne sont ni les plus éclairés, ni les plus riches, ni les plus généreux de Mire classe, quoiqu'ils aient cette prétention. Ils se sont joints k cette démonstration en faveur de sir Henry Pottinger» J*aî Mé invité aussi & souscrire. Voici ma réponse : Je tiens sir Henry Pottingerpourun très digne homme, supérieur à tous^rds à beaucoup de ceux qui lui préparent ce splendidc aocoeil. Je ne douté nullement qu'il n'ait rendu d'excellents services an peuple chinois ; et si ce peuple peut envoyer un ûr Henry Pottinger en Anglelerre, si ce Pottinger chinois réussit par la force de la raison (car nous n'admettons pas ici l'intervea^ tion des armes), si, dis-je, par la puissance de la logiqne, h supposer que la logique chinoise ait une telle puisssooe (rires), il arrache au cœur de fer de notre aristocratie monopoliste le tnëme tarif pour l'Angleterre que notre général a donné k la ChineJ'entrerai detoutmonccsurdansmesMs-* cri)ption pour ofUrir à ce diplomate chinois une pièce d'orfèvrerie. (Rires et acclamations prolongées). Mais, gentlemen, il (aut en venir k parler d'affaires. Notre digne président vous a dit quelque chose de nos derniers travaux. Quelques^ans de nos pointilleux anris , et il n'en manque pas de cette espèce, ^- gens d'un tempérament bilieux et enclins à la ctt» tiqne, qui, ne voulant ni agir par eux-mêmes , ni aider les autres dans l'action , de peur d'être rangés dans le sertum pecus, n'ont autre chose k faire qu'k s'asseoir et k blftmer, — ces hommes vont ré|[>étant : c Voici un nouveau mouvement de la Ligue ; elle attaque les landlords jusque dans les comtés ; elle a changé sa tactique. > Mais non, nous n'avons rien changé , rien modifié ; nous avons développé. Je sois eonviiincu que chaque pas que nous avons fait était néeessaire pour élever Yagitatifm Ik où nous ta voyons aujonrd'ImL

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(Écoutes). Nous avons commencé par enseigner, par dislribuer des pamphlets, afin de créer une opinion publique éclairée. Cela nous a tenu nécessairement deux ou trois ans. Nous avons ensuite porté nos opérations dans les collées électoraux des bourgs, et jamais, à aucune époque, autant d'attention systématique, autant d'argent, autant 4e travaux n'avaient été consacrés k dépouiller, surveiller, rectifier les listes électorales des bourgs d'Angleterre. Quant k l'enséiment par la parole, nous le continuons encore, seulement, au lieu de nous faire entendre dans quelque étroit salon d'un troisième étage, comme il le fallait bien a l'origine, nous nous adressons k de magnifiques assemblées telle que celle qui est devant moi : Nous distribuons encore nos pamphlets, mais soùs une autre forme; nous avons notre organe, le journal la Liguey dont vingt mille exemplaires se distribuent dans le pays, chaque semaine. Je ne doute pas que ce journal ne pénètre dans toutes les paroisses du royaume, et ne circule dans toute l'étenduede chaque district.Maintenant, nous allons plus loin , et nous avons la confiance d'aller troubler les monopoleurs jusque dans leurs comtés. (Applaudissements). La première objection qu'on fait k ce plan, c'est que c'est un jeu k la portée des deux partis, et que les monopoleurs peuvent adopter la même marche que nous. J'ai déjk répondu k cela en disant que nous sommes dans cette heureuse situation de nous asseoir devant un tapis verd où tout l'enjeu appartient k nos adversaires et où' nous n'avons rien k perdre. (Écoutez). Il y a longtemps qu'ils jouent et ils ont gagné tous les comtés. Mon ami M. Villiers n'a eu l'appui d'aucun comté la dernière fois qu'il a porté sa motion k la Chambre. Il y a Ik i52 députés des comtés, et je crois que si M. Villiers voulait prouver clairement qu'il peut obtenir la majorité. Sans en détacher quelques-uns, il y perdrait son

arithmétique. Nous allons donc essayer de lui en donner un certain nombre,...

Ici r orateur passe en revue les diverses clauses de ia loi électorale et indique, pour chaque position, les moyens d'acquérir le droit de suffrage soit dans les bourgs, soit dans les comtés. Nous n'avons pas cru devoir reproduire ces détails qui ne pourraient intéresser qu'un bien petit nombre de lecteurs.

Les monopoleurs ont des yeux de Wux pour découvrir

les moyens d'atteindre leur but. Ils dénichèrent dans le bill de réforme la clause Chandos, et la mirent immédiatement en œuvre. Sous prétexte de faire inscrire leurs fermiers sur (es listes électorales , ils y ont fait porter les fils, les neyeox, les oncles , les frères de leurs fermiers, jusqu'à la troisième génération, jurant au besoin qu'ils étaient associés à la ferme, quoiqu'ils n'y fussent pas plus associés que vous. C'est ainsi qu'ils ont gagné les comtés. Mais il y a une autre clause dans le bill de réforme, que nous, hommes de travail et d'industrie, n'avions pas su découvrir; celle qui confère le droit électoral au propriétaire d'un freeholi de 40 shellings de revenu. J'élèverai cette clause contre la clause Chandos et nous les baUrons dans les comtés mêmes. (Bruyantes acclamations«}.f*

Il y aun trèsgrand nombre d'ouvriers qui parviennent

à économiser 50 k 60 liv, sterl. et ils sont peut-être accoutumés à les déposer à la caisse d'épargnes. Je suis bien éloigné de vouloir dire un seul mot qui tende à déprécier cette institution ; mais la propriété d'un cottage et de son enclos <|oune un intérêt double de celui qu'accorde la caisse d'épar-

ou l'aûITàTION ANtiLAlSE. 407

gnes* El puis, qaelle satisfaction pour un ouvrier de croiser ses bras et de £iire le tour de son petit domaine, disant : c Ceci est ë moi, je Taî acquis par mon travail. » Parmi les pères dont les fils arrrivent à Viige de maturité, il y en a beaucoup qui sont enclins it les tenir en dehors des affaires et étrangers au gouvernement de la propriété. Mon opinion est que vous ne sauriez trop lAt montrer de la confiance en vos enfants et les familiariser avec la direction des affaires. Avez-vous un fils qui arrive k ses vingt-un ans ? Ce que vous avez de mieux it faire, si vous le pouvez, c'est de lui conférer un vote de comté. Cela Taccoutume à gérer une propriété et à exercer ses droits de citoyen ^ pendant que vous vivez encore , et que vous pouvez au besoin exercer votre paterne) et judicieux contréle. Je connais quelques pères qui disent : c Je mettrais mon fils en possession du droit électoral, mais je redoute les frais. » Je donnerai un avis au fils. Allez trouver votre père et offrez-lui de faire vous-même cette dépense. Si vous ne le voulez pas, et que votre père s'adresse k moi, je la ferai. (Applaudissements.) C'est ainsi que nous gagnerons Middiessex. Mais ce n'est pas tout que de v«us faire inscrire. Il faut encore faire rayer ceux qui sont sans droit. On a dit que c'était une mauvaise tactique et qu'elle tendait à diminuer les franchises du peuple. Si nos adversaires consentaient k ce que les listes s'allongeassent de &ux électeurs des deux côtés, nous pourrions ne pas faire d'ob« jections. Mais s'ils scrutent nos droits sans que nous scrutions les leurs, il est certain que nous serons toujours

battus

..... L'Ecosse a les yeux sur vous. On dit dans ce pays-là : Oh ! si nous n'étions soumis qu'à ce cens de 40 shellings , nous serions bientôt maîtres de nos 12 comtés. L'friande aussi a les yeux sur vous. Son cens, comme en Ecosse, esC

408 COfiOKN ET LA UGUE,

filé à iO lîv. ftterliiigs. — Quoi , F Angleterre, Fc^leDle Anglelerre n*auraU qa*Qn sens naiiiiQal de 40 shcdiiugs, elle aurait ane telle arme dana les mains et elle ne battrait pas cette olygarchie inintelligente et incapable qoi ropprimel le ne le croirai jamais ! Nous élèverons nos voix dans tout le pays : il n*est pas de si légère éminence dont nous ne nous ferons un piédestal pour crier : Aux listes ! aux listes ! aux listes Ilnscrivez-Yous, non-seulement dans l'intérêt de millions de travailleurs; mais encore dans celui de Taristoc^aMe elleHnéne; car, ^i elle est abandonnée k son impéritie et à son ignorance, elle fera btentAt descendre TAngleterre au niveau de l'Espagne et de la Sicile, et subira le sort de la grandesse castillane. Pour détourner de telles calamités , je repète donc : Aux listes ! aux listes ! aux listes ! (Tonnerre d'applaudissements.)

Nous terminerons ce choix ou plutôt ce recueil de discours (car nous pouvons dire avec vérité que le hasard nous a plus souvent guidé que le choix ) , par le compte-rendu du meeting tenu à Manchester le 23 janvier 1845, meeting oà ont été rendus les comptes de Texercice 1844 et qui dot, par conséquent, la cinquième année de l'agitation. Encore, dans cette séance, nous nous bornerons à traduire le discours de M. Brigbt qui résume les travaux et la situation de la Ligue. M. Bright est certainement un des membres de la Ligue lès plus zélés, les plus infatigables et en même temps les plus éloquents. La verve et la chaleur de Fox, le profond bon sens et le génie pratique de Gobden semblent tour à tour tributaires du genre d'éloquence de M. Bright. Ainsi que nous venons de le dire, au mi-

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lieu des richesses oratoires qui étaient à notre disposition, nous avons dû nous fier au hasard et nous nous apercevons un peu tard qu'il nous a mal servi en ceci que notre recueil ne renferme presque aucun discours de M. Bright. Nous saisissons donc cette occasion de réparer envers nos lecteurs un oubli involontaire.

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