MBBTING GÉNÉRAL DE LA LIGUE A MANCHESTER
sa janvier 1843.
Une première séance a lieu le matin. Elle a pour objet la reddition des comptes, au nom du conseil de la Ligue, aux membres de l'association. Les opérations de cette séance ne pourraient avoir qu'un faible intérêt pour le public français.
Le soir, une immense assemblée est réunie dans la grande salle de l'édifice élevé à Manchester par la Ligue. Plus de six cents des principaux membres de l'association sont sur la plateforme à sept heures. M. George ^ilson occupe le fauteuil. On ne peut pas estimer à moins de 10,000 le nombre des spectateurs présents à la réunion .
M. HiGKiN, secrétaire de la Ligue, présente le compte*rendu des opérations pendant l'exercice de 1844. Nous nous bornons à extraire^de ce rapport les faks suivants :
410 CGBDEN El LA UGUE,
En coofonirité do plan de la Ligne « rAnglelerre a élé divisée en treize dislriete éiectoranx. Des agents écfancés, rompos dans la connaissance et la pratique des lois « ont été assignés à chaque district pour snnreiller la formation des listes électorales, et en poarsnivre la rectification devant les tribananx.
L'opération a été exécutée dans iflO bourgs. La niasse des informations ainsi obtenues permettra de donner à Tavenir aux eiTorts de la Ligue plus d*ensenible et d*efficacité. JusquMci, on peut considérer que les free^traden ont eu Tavantage sur les monopoleurs dans 112 de ces bourgs, et dans le plus grand nombre , cet avantage suffit pour assurer la nomination de candidats engagés dans la cause du libre commerce.
Plus de 300 meetings ont été tenus en Angleterre et en Ecosse, il ne parler que de ceux où ont assisté les députations de la Ligue.
Les professeurs de la Ligue ont ouvert des cours dans trente-six comtés sur quarante. Partout, et principalement dans les districts agricoles, on demande plus de professeurs que la Ligue n^en peut fournir.
II a été distribué 2 millions de brochures, et 1,340,000 exemplaires du journal la Ligue,
Les bureaux de rassociation ont reçu un nombre immense de lettres et en ont expédié environ 300,000.
Ce n'est que dans ces derniers temps que la Ligue a dirigé son attention sur les listes électorales des comtés. En peu de jours, la balance en faveur des free-traden s'est accrue de 1 750 pour le Lancastre du nord, de 500 pour le Lancastre du sud et de 500 pour le Middlessex. Le mouvement se propage dans les comtés de Chester, dTork , etc.
ou LÀGITAtlON ANGLAISE. ill
Les recettes de la Ligue se sont élevées à 86,009 liv. sterL Les dépenses à 59,335
Balance en caisse .... 26,676.
L'annonce de ces faits (que, pressés par l'espace, nous nous bornons à extraire du rapport de M. Hickin ), est accueiilie par des applaudissements enthousiastes.
M. Bright. (Mouvement de satisfaction.) C'est, ce me semble, une chose convenable que le conseil de la Ligue vienne faire son rapport annuel à cette assemblée, dans cette salie et sur le lieu qu'elle occupe ; car cette assemblée est la représentation fidèle des multitudes qui, dans tout le pays, ont engagé leur influence dans la causé du Ittre-eammeree ; cette salle est un temple élevé ^ rindépendaoce, a la justice, en un mot aux principes du Hhre-^ommeree ; et ce lieu est à jamais mémorable dans les fastes de la lutte du monopole et du tibrê<amm«ree , car, à l'endroit même où je parle , il y a un quart de siècle , vos concitoyens furent attaqués par une soldatesque lâche et brutale^ et l'on vit couler le sang d'hommes inoffensiis et de faibles femmes qui s'étaient réunis pour protester contre Tiniquité des lois-céréales. (Écoutez , écoutez.) Deux choses qui se lient k ce sujet frappent mon esprit en ce moment. La première c'est que Tobjet et la tendance de toutes les lois-céréales qui se sont succédées ont été les mêmes , à savoir : spolier les classes industrieuses parla famine artificielle; enrichir les grands propriétaires du sol, ceux qui se disent la noblesse de la terre. (Bruyants applaudissements.) Lorsque la loi fut adoptée eu i8l5, elle avait pour objet de fixer le prix du froment a 80 sh. le quarter. Ce prix est maintenant k 45 sb. ou un peu plus de moitié. Or, nous sommes convaincus que SOsh. c*est
vtn fris d€ fitmme, Célaît donc qd prix de fiunîae que la loi 60 tendait rendre permanent II est vrai que, depns celte époque , deux années seulement ont vu le blé à 80 sh. En i817 et i8l 8, le prix de famine légale fat atteint et ce fut deux années d*effroyable8 détresse, de mécontentement, où rinsnrrection faillit éclater dans tous les districts populeux du royaume. Hais la loi entendait bien que le prix de famine fût maintenu, non point pendant deux ans, mais à toujours, aussi longtemps qu*elle existerait elle-même. Les vues de ses promoteurs, leur objet avoué n^avait d'autre limite que celleci : approcher toujours du prix autant que cela sera compatible avec notre sécurité (Bruyantes acclamations.) Arracher à l'industrie tout ce qu'elle voudra se laisser arracher tranquillement (Écoutez.) Ne craignez pas d'aifamer quelques pauvres; ils descendront prématurément dans la tombe, et leur voix ne se fera plus entendre au milieu des dissentions des partis et des luttes qae suscite la soif de la puissance politique. » (Nouvelles acclamations). Oh I cette loi est sans pitié 1 et ses promoteurs furent sans pitié. — Nous avons eu des périodes où le pays était comparativement affranchi de sa détresse habituelle; nous traversons maintenant un de ces courts intervalles; mais si nous ne sommes point plongés dans la désolation, nous n*en devons aucune reconnaissance îi la loi.|yous avez entendu dire et je le repète ici, qu'il y a une puissance, une puissance miséricordieuse qui, dans ses voies cachées, ne consulte pas les vues ignorantes et sordides des propriétaires du sol britannique; c'est cette puissance infinie, qui voit au-dessous d'elle ces potentats qui siègent dans l'enceinte où s'élaborent les lois humaines, c'est cette puissance qui, déconcertant les projets des promoteursde la loi-céréale, répand en ce moment sur le peuple d'Angleterre le bien-éire et l'abondance. Nous apprenons quelquefois que
ou l'agitation anglaise. 413
TescbiTe a M loin du fouet et de la cfaatue et qu'il a échappé à la sagadté de la meute lancée sur sa trace» Hais est-il jamais Tenu dans la pensée de personne de faire hooneuf dé sa fuite et de sa sAreté ii une clémence qu'on ne rencontre point dans ces dogues altérés de sang? Est^il un homme qui osAt dire que ce pays est redevable à la protection, k une clémence cachée au fond du système protecteur, s*il n'est point, à cette heure, accablé sous le poids du paupérisme, et st ses n<ri)Ies et chères institutions ne sont pas menacées par la révolte de multitudes afTamées? — La seconde diose que je veux rappeler, et qu^il ne faut pas perdre de vue un seul instant, c'est que cette loi a été imposée par la force militaire et par cette force seule ; (écoutez], écoutez) que, le jour où elle fot votée, on vit, dans cette terre de liberté, une garnison occuper Tenceinte législative; que, cette même police, cette même force armée, que nourrissent les contribslions do peuple , fot employée à imposer, k river sur le front du peaple ce joug odieux qui devait être k la fois, et le signe de sa servitude, et le tribut que lui coûte son propre asservissement. Dans nos villes, c'est encore la force, dans nos campagnes, c'est la fraude qui maintient cette loi. Le peuple ne Ta jamais demandée. On n'a jamais vti de pétitions au Parlement pour demander la disette. Jamais même le peuple n'a tacitement accepté une telle législation, et, depuis Thenre flitale où elle fut promulguée, il n'a pas cessé un seul jour de protester contre son iniquité. Ce meeting ensanglanté, dont je pariais tont-M'heure , n'était qu une protestation ; et depuis ce nwmient terrible jusqu'à celui où je parle, il s'est toujours lencontré des hommes, parmi les plus éclairés de cet empire et do monde, popr dénoncer l'infamie de ces lois. (Applaudissements.) La Ligue elle-même, qu'est-ce antre chose, sinon l'incarnation , pour ainsi dire, d'une opinion ancienne.
414 COBDEN ET Lii LIGUE,
d*un «eniimenl vivâee dans le pays? Noos n'avmis fiât que relever la qaestioD qui préoccupait profondément nos pères. Nous sommes mieux organisés , pins résolus pent^ètre, ^ c'est en cela senlement qoe cette agitation diflRère de celle qui s*émnt, il y a un quart de siècle, sur le lien mteie oA s'élève cette enceinte. — Nos adversaires nous demandent souvent ce qu'a fiiit la Ligue ? Quand il s*agit d'une œuvre matérielle, de l'érection d'un vaste édifice, le progrès se montre de jour en jour, la pierre vient se placer sur la pîorre jusqu'à ce que le noble monument soit achevé. Nous ne pouvons pas nous attendre à suivre de même dans ses (ntogrès la destruction du système protecteur. Notre œuvre, les résultats de nos travaux, ne sont pas aussi visibles à l'œil extérieur. Nous aspirons à créer le sentiment public, là tourner le sentiment public contre ce système , et cela avec une pois* sanee telle qoe la loi maudite en soit virtuellement abrogée, notre triomphe consommé , et qoe l'acte du Parlemnt , la sanction législative, ne soit que la reconnaissance, la formelle ratification de ce que l'opinion publique aura déjà décrété* (Applaudissements.)
Je repassais nos progrès dans mon esprit, et je me rappelais qu'en 1859 la Ligue leva une souscription de 5000 Ls. (i25,000 fir.) , ce fut alors regardé comme une chose sérieuse; en 1840, une autre souscription eut lieu. En 1841, intervint ce nreeting mémorable qui réunit dans cette viDe sept cents ministres de la religion , délégués par autant de congrégations chrétiennes. Ces hoilimes , avec toute l'autorité que leur donnaient leur caractère et leur mission, dénoncèrent la loi-céréale comme une violation des droits de l'homme et de la volonté de Dieu. Oh! ce fut un noUe apeetaclel (^plaudissements) et il n'a pas été assez apprécié 1 Mais dans nos nombreuses périgrinations k travers toutes lea
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parties do ro jaunie, nous avons reironvé ces mêmes hommes; nous avons vu qo*en se séparant à Manchester, ils sont allés répandre jusqu'aux extrémités de cette Ile les principes que ce grand meeting avait ravivés dans leur àme , organisant ainsi en faveur du ltbre'€ommêre$ de nombreux centres d'agitation , dont les résultats nous ont puissamment secondés. En 1843, nous eûmes un haxar à Manchester qui réalisa* 10,000 L s., somme qui dépasse de plusieurs milliers de livres celles qui ont été jamais recueillies dans ce pays par des établissements anal(^es, quelque nobles que fussent leurs pa« trons et leurs dames patronesses. En i645, nous levftraes une souscription de 80,000 l s. (1,250,000 fr.) (Bruyantes acclamations). En 1844, nous avons demandé 100,000 1. s. (2,800,000 fr.) et vous venez d'entendre que 83,000 I. s. avaient déjà été reçus , quoique un des moyens les plus puissants qui devait concourir ii cette œuvre ait été ajourné (^). Mais que dirai-je de l'année 1 848, dont le premier mois n'est pas encore écoulé ? Sachez donc que depuis trois mois, sur rappel du conseil de la Ligue, aidés de nombreiu meetings , auxquels la députation a assisté, les free-traden des comtés de Lancastre , d'Tork et de Chester ont certainement dépensé un quart de million sterling pour acquérir des votes dans les comtés que je viens de nommer, (Broyantes acclamations. Vous vous rappelez ce que disait le Times il y a moins d'un an, alors qu'un petit nombre de manufacturiers, objet de vains mépris, souscrii^aient à Manchester et dans une seule séance 12,000 liv. sterl. (300,000 fr.) en faveur de la Ligue. On ne peut nier, disait-il , que ce ne soit < un grand faiL » Maintenant , je serais curieux de savoir ce qu'il dira de celui que je signale, savoir que, dans l'espace de trois mois, et à
(*) Le baiar de Londres qui a été tenu en mai 1845 et a produit plut de «5,000 Hv. st. (098,000 fr.)
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notre recommandation, plDB de 900,000 ii?. isterl. J'osettis dire 850,000 liv. steri. (6,250,000 fr.) ont été consacrée k raeqoisition de propriétés dans le seul bat d'augmenter Tininence électorale des free^^traden dans trois comtés. (Applaudissemeats.) Je le demande à ce meeting, après cette Mccîncte desc^ption de nos progrès, ce mouvement peut-îl s'arr^r? (Cris, non, non, jamais ! ) Je le demande à ceoi des monopoleurs qui ont quelqu*étinceUe d'intelligence, et ^ savent comment se résolvent dans ce pays les grandes gestions puMiques; je demande aux ministres mêmes du ^gouvernement de la Reine, s'ils pensent qu'il peut y avoir quelque repos pour ce cabinet ou tout autre qui serait appelé h lui succéder, tant que cette infâme loi-céréale déshonorera notre code commercial. (Applaudissements et cris : jamais ! ) Cette agitation naquit quand le commerce commença k décliner; elle se renforça quand ses souffrances furent extrêmes; «Heiraversa cette douloureuse époque, etelle marche encore d'nn pas plus ferme et plus audacieux aujourd'hui que les joursde prospérité se sont de nouveau levés sur l'Angleterre^ Quelle îtlosion, quelle misérable illusion n'est-ce pas que de voir dans ce retour de prospérité industrielle ta chute de notre agitation ! Oh ! les hommes que nous combattons ne nous ont jamais compris. Ils ont cru que nous étions comme l'un d'eux, que nous étions mus par l'intérêt , la soif du pouvoir ou l'amour dB la popularité. Mais quelle que soit la diversité de nos motifs, quelle que soit notre fragilité à tous, j'ose dire qu'il n'est pas un membre de la Ligue qui obéisse h d'aussi indignes inspirations. (Tonnerre d'Applaudissements.) Ce mouvement est né d'une conviction proliMide — cottvic^on qui est devenue une foi — foi entière dès f origine, et qu'a renforcée encore l'expérience des dernières années. Nous avons devant nous des ^veuves si exlmeadi-
ou l\git\tion anglaise. 417
naires, que si on me demandait des fails pour établir notre cause, je n'en voudrais pas d'autres que eetix que chaque au« née qui passe apporte k notre connaissaneé. (Écoa^z, écou*^ tez.) Pendant cinq ans, de 18S8 à i8ti,Té pth mojëhàn blé a été de 65 sh., — il est maintenait "Séf 43 &(M. ^^eaft 20sh.de différence. Qu'en résùlte-C-ir? (Éëoute^.)' SI ïtùAU consommons 20 millions de quarten^ de bfé, noué'épfargnani âOmillions de livresdans l'achat de notre subsfdtààcé, com^ parativement aux années de cherté auxqoelle^fe (atsars allusion.— Alors les seigneurs dooiinaieiit, él abal^àÂt féur grande éponge féodale (rires), ils puisaient 2d^ ttfflibiis de livres dans l'industrie des clasdès laborifetfife^ isan^ leur en rendre un atome sous quelque fonâë qué'ee 'so?l. (Applaudissements). Maintenant, ces 20 nrillions circulent par dfès milliers de canaux, ils Vont enc^oragel^ toutes lès ii)fdifs(tr}és, fertiliser toutes les provinces, et répandre en* to'us^ liéb^ fè contentement et le bien-être. (Iitfméoséi» àcdàmattons): On parlait dernièrement du bien que fait ronteftuf e du marché chinois. Cela est vrai, mais combien esti^hiiiâ favôrabl'eff ouverture de ce nouveau marché anglais. (Appfàiùîilfe^ements); Si vous considérez la totalité de nos exportafiofa^ vëré uèii co^ lonies, vous trouverez qu'elles se sont élevées^ €à 1842, à 13 millions. Les marchés réunis dé l'Altemagne, ht ttèHande, ?a France, l'Italie, la Russie, la Belgique et le Brésil ttolis ont acheté pour 20,206,446 livres sterlings* ^-^ Tous voyea^bien que cette simple réduction de 20 sb. danslie jprix dû blé, ribtts a ouvert un débouché intérieur égial à éelufquéûbns offi^étid toutes ces nations ensemble, et stipëriettr ât 'htAûé à celui que nous ont ouvert nos innbitabrables colonies népaVidfues sur tous les points du globe. (Bruyantes accTamâtions). tt eài donc vrai que notre prospérité itaéAé nous fait une loi de continuer cette agitation. (Nouvelles aeclanlations). Et en
tons cas la détresse agricole nous en imposerait le devoir......^
.... La lutte dans laquelle nous sommes engagés est la lutte
de l'industrie contre la spoliation seigneuriale. (Applaudissements). Vous savez comment ils parlent de l'industrie. Vous savez ou vous devez savoir ce que le Standard a dit de cette province, c L'Angleterre serait aussi grande et chaque utile c enfant de l'Angleterre aussi riche et heureux qu'ils le sont
< maintenant, alors même que toutes les villes et^ toutes les c provinces manufacturières du royaume seraient englouties
< dans une ruine commune. » Oh ! ce fut Ik une malheureuse inspiration ! c'est là un horrible et diabolique sentiment! mais il ne dépare pas la feuille où il a trouvé accès. On a bien des fois essayé depuis de lui donner une interprétation moins odieuse, et on avait raison ; car si ce sentiment doit être considéré comme l'expression réelle des idées de nos adversaires, il ne sera pas difficile de susciter dans toutes les classes industrieuses du pays un cri d'exécration contre un^ telle tyrannie, et de la balayer pour toujours de dessus la surface de l'empire. (Applaudissements). C'est ici la lutte de l'honnête industrie contre l'oisiveté deshonnête. On a dit que quelques-uns des promoteurs de ce mouvement étaient 0lateurs ou imprimeurs sur étoffés. Nous l'avouons. Nous confessons que nous sommes coupables et que nos pères ont été coupables de vivre de travail. Nous n'avons pas de prétention aune haute naissance, ni même k de nobles manières. Si nos pères se sont courbés sur le métier, — et je ne nierai jamais que ce fut la destinée du mien (applaudissements), — nous n'en sommes pas moins nés sur le sol de l'Angleterre, et quel que soit le gouvernement qui dirige ses destinées, nous sommes pénétrés de cette forte conviction qu'il nous doit, comme aux plus riches et aux plus nobles de nos concifoyens, impartialité et justice. (Bruyantes acclamations).
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Mais enfin Tindustrie se relève, elle regarde autour d'elle, et ne perd pas de vue ceux qui Tont jusquici tenue courbée dans la poussière. L'industrie conquiert, sur les listes électorales, ses droits de franchise. Ce grand mouvement, cette dernière arme aux mains de la Ligue, fait et fera encore des miracles en faveur du travail et du commerce de ce pays. Lorsque je considère les effets qu'elle a déjà produits, Tenthousiasme qu'elle a excité, il me semble voir un champ de bataille; le monopole est d'uncôtéetle libre commerce de l'autre; la lutte a été longue et sanglante; les forces se balancent, la victoire est incertaine, lorsque une intelligence supérieure jette aux guerriers de la liberté une armure invulnérable et des traits d'une trempe si exquise que la résistance de leurs ennemis est devenue impossible. (Tonnerre d'applaudissements). C'est une lutte solennelle, une lutte a mort, une lutte d'homme à homme, de principe à principe. Mais ne sentons-nous pas grandir notre courage quand nous venons à considérer le terrain déjà conquis et les dangers déjà surmontés? (Acclamations). Je vous le demande, hommes de Manchester, vous dont la postérité dira, à voire gloire éternelle, que dans vos murs fut fondé le berceau de la Ligue, je vous le demande, ne voulez-vous point vous montrer encore valeureux? (Cris : Oui ! oui t). Je sens qu'à chaque pas le terrain se raffermit sous nos pieds; que l'ennemi bat en retraire de toutes parts, et par tous ce que je vois, par tout ce que j'entends, par la présence de tant de nos concitoyens qui sont venus de tous les points de l'Empire pour nous prêter assistance, je sens que nous approchons du terme de ce conflit, et après les travaux, les périls et les sacrifices de la guerre, viendront enfin, comme une digne récompense, les douceurs d'une paix éternelle et dignement acquise. (A. la fin du discours de M. Bright
4*20 COBDEN ET LA LI(;OEy
I assemblée se lève eo masse et les applaudissements retentissent longtemps dans la salle).
Ainsi s'est close la sixième année de Tagitation. Nous devons ajouter que la motion annuelle de M. Yilliers, présentée cette année au Parlement dans la forme la plus absolue, puisqu'elle avait pour objet l'abrogation totale et tmmédùUe de la loi-céréale , n'a été repoussée que par une majorité de 132 voix, majorité qui, on le voit, va s'affaiblissant d'année en année. Ainsi le moment approche où va s'accomplir, en Angleterre, la reforme radicale que la Ligue a en vue. Je laisse aux hommes d'État de mon pays le soin d'en calculer l'inQuence sur nos destinées industrielles, et particulièrement sur ces branches du travail national qui ne portent pas en elles-mêmes des éléments de vitalité. Si, d'un autre côté, le public apprend par ce livre quelle est la puissance de l'association , lorsqu'elle se renferme dans la défense d'un principe, et qu'ellecommenée par faire pénétrer dans les esprits et dans les mœurs, la pensée qu'elle veut introduire dans les lois, s'il reste convaincu que, dans les états représentatifs, l'association est à la fois l'utile complément et le frein nécessaire de la presse périodique, je croirai pouvoir répéter, après un orateur de la Ligue : j'ai fait mon devoir, les événements appartiennent à Dieu t
Je termine en appelant l'attention du lecteur sur Pextrait suivant de l'interrogatoire de M. Deacon Hume, secrétaire du Board oftrade.
ou l'agitation anglaise. Âli