XXVIII INTRODUCTION
son coraïuerce colonial , comme le constate le tableau suivant :
KXPORTATIONS* -''-"^^^^».'^^-^-^^***"^^^ TOTAL.
aux colonies. A rétraoger.
1851 10,254,940 I. s(. 26,909,432 1. st. 37,164,372 1. st.
Aux deux époques, le commerce colonial n'entre que pour un peu plus du quart dans le commerce général. — L'accroissement, dans onze ans, est de trois millions environ, et il faut remarquer que les Indes Orientales, auxquelles ont été appliquées, dans l'intervalle, les principes delà liberté, entrent pour 4,300,000 liv. dans cet accroissement, et Gibraltar, qui ne donne pas lieu à un commerce colonial, mais à un commerce étranger, avec l'Espagne, pour 600,000 liv. sterl., en sorte qu'il ne reste pour l'augmentation réelle du commerce colonial, dans un intervalle de onze ans, que 1,400,000 liv. sterl. — Pendant ce même temps, et en dépit de nos tarifs, les exportations de l'Angleterre en France se sont élevées de liv. sterl. 602,688 à 3,493,939.
Ainsi le commerce prof^^gf^ a progressé dans la proportion de 8 pour 400, et le coifnmerce canirarié de 450 pour 400!
Mais si le peuple anglais n'a pas gagné, s'il a même énormément perdu au système colonial, il n'en est pas de même des branches cadettes de l'aristocratie britannique.
D'alK)rd ce système exige une armée , une marine, unr diplomatie, des lords'lieutenants, des gouverneurs,
INTRODUCTION. XXIX
des résidents, des agenls de toutes sortes et de toutes dénominations. — Quoiqu'il soit présenté comme ayant pour but de favoriser l'agriculture, Je commerce et l'industrie , ce n'est pas, que je sache, à des fermiers , à des négociants , à des manufacturiers que ces hautes fonctions sont confiées. On peut affirmer qu'une grande partie de ces lourdes taxes, que nous aTons vu peser principalement sur le peuple, sont destinées à salarier tous ces instrumentsde conquête^ qui ne sont autres que les puînés de l'aristocratie anglaise.
C'est un fait connu d'ailleurs que ces nobles aventuriers ont acquis de vastes domaines dans les colonies. La protection leur a été accordée ; il est ban de calculer ce qu'elle coûte aux classes laborieuses.
Antérieurement à 1825, la législation anglaise sur les sucres était très compliquée.
Le sucre des Antilles payait le moindre droit; celui de Maurice et des Indes était soumis à une taxe plus élevée. Le sucre étranger était repoussé par un droit prohibitif.
Le 5 juillet 1825, Tlie Maurice, et le 13 août 1836, l'Inde anglaise furent placées avec les Antilles sur le pied de l'égalité.
La législation simplifiée. ne reconnut plus que deux sucres : le sucre colonial et le sucre étranger. Le premier avait à acquitter un droit de 24 sh., le second de 63 sh. par quintal.
Si l'on admet pour un instant que le pria de revieni soit le même aux colonies et à l'étranger, par exemple,
XVX INTHODUCTION.
20 sh., on compreodfa aisém^it les résultats d'une telle législation, soit pour les producteurs, soit k Tégard des consommateurs.
L'étranger ne pourra livrer ses produits sur letnar obé anglais au*dessous de 83 sh., savoir : 90 sb« pour oouvrirles frais de production, et 63 sb., pour acquitter la taxe. — Pour peu que la production coloniale soit insuffisante à alimenter ce marché; pour peu que le sucre étranger s'y présente, le prix vénal (car il ne peut y avoir qu'un prix vénal) sera donc de 83 shell., et ce prix, pour le sucre colonial se décomposera ainsi :
âOsb. Remboursement des frais de production.
24 Part du trésor public ou taxe.
39 Montant de la spoliation ou monopole.
83 1^ri)t payé parle consommateur.
On voit que la loi anglaise avait pour but de feire payer au peuple 83 sh. ce qui n'en vaut que 20, et de partager l'excédant, ou 63 sh., de manière à ce que la part du trésor fâtde 24, et celle du monopole de 39 sh.
Si les choses se fussent passées ainsi,, si le but de la loi avait été atteint, pour connaître le montant de la spoliation exercée par les monopoleurs au préjudice du peuple, il suffirait de multiplier par 39 sh. le nombre de quintaux de sucre consommé en Angleterre.
Mais , pour le sucre comme pour les céréales , ta loi a failli dans une certaine mesure. La consommation limitée par la cherté n'a pas eu recours au sucre étranger, et le prix de 88 sh. n'a pas été atteint.
Sortonfs (tu cewie des hypothèses et consultons le$
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faits. Lies ^ci soigneusement relevés sur les docu* nieiit8 officiels.
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du
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du
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3,954,810 3'909,365 3,825,599 3,594,fô4 4,038,435
16 lS/15 16 8/13
15 lS/13
ftb. d.
sh. d.
SI 3 21 3 » S tt 6 SD 6
^wmoiKt.! 3^868,668 161/6
39 5 tl 5
De ce tableau il est fort aisé de déduire les pertes énormes que le monopole à infligées, soit à TEçhi^ quier, soit au consommateur anglais.
Calculons en monnaies françaises et en nombres ronds pour la plus facile intelligence du lecteur.
A raison de 49 fr. 20 c. (39 sh. 5 d.), plus 30 fr. de droits (24 sh.}, il en a coûté au peuple anglais, pour consommer annuellement 3,868,000 quintaux de sucre, la somme de 306 millions et demi, qui se décompose ainsi :
103 i/2 millions qu'aurait coûté one ^le quantité de sucre étranger au prii^de 29 fr. 75 (21sh. 6d.)
{16 millions impôt pour le reif«ou à 30 fr.
(24 sh.) 86 4/2 milUons part du monopole résultant de la diflTérence du pri.\ edontol au • prift étranger.
306 ïniRions.
XXXII INTRODUCTION
Il est clair que, sous le régime de Tégalité et aveo un impôt uniforme de 30 fr. par quintal, si le peuple anglais e6t voulu dépenser 306 millions de francs en ce genre de consommation, il en aurait eu, au prix de 26 fr. 75, plus 30 francs de taxe, 5,400,000 quintaux ou 22 kil. par habitant au lieu de i6. — Le trésor, dans cette hypothèse, aurait recouvré i62 millions au lieu de 416.
Si le peuple se fût contenté de la consommation actuelle, il aurait épargné annuellement 86 millions, qui lui auraient procuré d'autres satisfactions et ouvert de nouveaux débouchés à son industrie.
Des calculs semblables, que nous épargnons au lecteur, prouvent que le monopole accordé aux propriétaires de bois du Canada coûte aux classes laborieuses de la Grande-Bretagne, indépendamment de la taxe fie^ cale, un excédant de 30 millions.
Le monopole du café leur Impose une surcharge de 6,500,000 fr.
Voilà donc, sur trois articles coloniaux seulement, une somme de 424 millions enlevée purement et simplement de la bourse des consommateurs, en excédant du prix naturel des denrées ainsi que des taxes fiscales, pour être versée, sans aucune compensation, dans la poche des cotons.
Je terminerai cette dissertation , déjà trop longue , par une citation que j'emprunte à M. Porter, membre du Board ofirade.
« Nous avons payé en 4840 , et sans parler des « droits d^entrée, 5 millions de libres de plus que