MEETING HEBDOMADAIRE DE LA LIGUE
8 avril 1845.
L'assemblée est aussi nombreuse qu'aux séances précédentes, et nous n'y avons jamais remarqué autant de dames. L'attention soutenue prêtée aux orateurs , l'ordre et la décence qui régnent dans toutes les parties de la salle , témoignent que la Ligue agit avec calme, mais avec efficacité sur l'esprit de cette métropole.
Nous avops remarqué sur l'estrade MM. Yilliers, Gibson, Hume, Gobden, Ricardo, le cap. Plumridge, Malculf, Sholeûeld, Holland, Bowring , tous membres du Parlement; Moore, Heyworth, l'amiral Dundas, Pallison, etc., etc.
Le président, M. Georges Wilson, en ouvrant la séance, annonce que plusieurs meetings ont été tenus sur divers points du territoire; un à Salford, présidé par le premier officier de la municipalité; un autre à Doncastre où plusieurs propriétaires du voisinage se sont fait entendre. Dans tous les deux, des résolutions ont été prises contre le monopole. Vendredi dernier, un meeting a eu lieu à Norwich , auquel assistait une députation de la Ligue, composée du col. Thompson, deM. Moore et de M. Gobden. Plus de 4,000 personnes assistaient à cette réunion , et les applaudissements dont elles ont salué la députation témoignent assez de leur sympathie pour notre cause. Samedi , un autre meeting, spécialement destiné à la classe des agriculteurs, a été tenu dans la même ville avec l'assistance
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de la même députation. Aucun murmure de déssipprobation , aucune parole hostile ne se sont fait entendre ('). A la fin de la séance, le célèbre philanthrope, M. John-Joseph Gurney de Norwich a incité le peuple à mettre de côté tout esprit de parti , toutes préventions politiques , et de ne voir dans cette cause qu'une question de justice et d'humanité. (Applaudissements). Le président se félicite de voir aussi l'Irlande entrer dans le mouvement. La semaine dernière un grand meeting a eu lieu à Newtownards, sur la propriété de lord Londonderry. (Bruyante hilarité). Faute d'un local assez vaste, la réunion a eu lieu en plein air, malgré la rigueur du temps. — Quelqu'importantes que soient ces grandes assemblées, la Ligue n'a pas négligé ses autres devoirs. Les professeurs d'économie politique ont continué leurs cours. Dès l'origine la Ligue a senti combien il était désirable qu'elle concourût de ses efforts à l'avancement d'un bon système d'éducation libérale. Elle aspire à se préparer, pour l'époque où elle devra se dissoudre, d'honorables souvenirs, en guidant le peuple dans ces voies d'utilité publique qu'elle a eu le mérite d'ouvrir. On l'a accusée d'être révolutionnaire; mais les trois quarts de ses dépenses ont pour but la diffusion des saines doctrines économiques. Si la Ligue est révolutionnaire, Adam Smith et Ricardo étaient des révolutionnaires, et le bureau du commerce (board of trade) est lui-même rem*
(•) On conçoit qu'en Angletenre c'est ta dasse agricole qui s'oppose à la liberté des échanges , comme en France la classe manufacturière.
pli de révolutionnaires (^). (Approbation). Ce n'est pas ses propres opinions, mais les opinions de ces grands hommes, que la Ligue s'efforce de propager; ellescommencent à dominer dans les esprits et sont destinées à dominer aussi dans les conseils publics, dans quelques mains que tombe le pouvoir et les portefeuilles. — Il faut excuser les personnes que leur intérêt aveugle sur la question du monopole; mais il est pénible d'àvoira dire que, dans quelques localités, le clergé de l'Église établie n'a pas craint de dégrader son caractère en maudissant les écrits de la Ligue auxquels il n'a ni le talent ni le courage de répondre {"). (Bruyantes acclamations). Le dojen de Hereford a abandonné la présidence delà société des ouvriers^ parce que l'excellent secrétaire de cette institution avait déposé dans les bureaux quelques exemplaires de notre circulaire contre la taxe du pain {hresid'i^x). M. le doyen commença bien par offrir la faculté de retirer le malencontreux pamphlet, mais le secrétaire ayant préféré son devoir à un acte de courtoisie envers le haut dignitaire de l'Église, il en est résulté que la circulaire a resté et que c'est
(') Le Board oftrade est une sorte de ministère du oommeree. Son président est membre du cabinet. *— C'est dans ce bureau, c'est grâce aux lumières de ses membres, MM. Porter, Deacon Hume, M. Grégor, que s'est préparée la révolution douanière qui s'accomplit en Angleterre. Nous traduisons à la fin de ce volume le remarquable interrogatoire de M. Deacon Hume, sur lequel nous appelons Tattention du lecteur.
(*) Le clergé d'Angleterre se rattache au monopole par la dtme. Il est évident que plus le prix du blé est élevé , plus la dlme est lucrative. 11 s'y rattache encore par les liens de famille qui l'unissent à Taristocratie.
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le doyen qui est sorti« (Rires)4 J'ai devant moi une lettre authentique qui établit un cas plus grave. Dans un bourg de Norfolk, un genlleman avait été chargé de faire parvenir^ par Tintertnédiaire du sacristain, quelques brochures de la Ligue au curé et à la noblesse du voisinage. Le sacritain dépose ses brochures sur la table du vestiaire; mais lorsque le ministre entra pour revêtir sa robe, il s'en empara, les porta à l'église et en flt le texte d'un discours violent , où il traita les membres de la Ligue d'assassins (éclats de rires), ajoutant qu'un certain Cobden (on rit plus fort) avait menacé Sir Robert Peel d'être assassiné s'il ne satisfaisait aux vœux de la Ligue ; après quoi il fit brûler les brochures dans le poêle, disant qu'elles exhalaient une odeur de sang. (Nouveaux rires). Je conviens qu'une telle conduite mérite plus de compassion que de colère, compassion pour le troupeau confié à la garde d'un tel ministre, compassion surtout pour le ministrelui-mème qui demandée son Créateur « le pain de chaque jour j» avec un cœur fermé aux souffrances de ses frères ; pour un ministre qui oublie à ce point la sainteté du sabat et la majesté du temple, que de convertir le service divin en diffamation et le sanctuaire en une scène de scandale (^). — La parole sera d'abord à M. Joseph Hume, cet ami éprouvé du peu^ pie. Yous entendrez ensuite M. Brofherthon et Gibson. Nous comptions aussi sur la coopération de M. Bright,
(') J*ai conservé ces détails comme peinture de mœurs et aussi pour faire oonnaitre la chaleur de la luttfs, et Pesprit des diverses classes qui y prennent part.
tiinis H ^ifMi râmedi à NoltiiigbâMf «C ^Durham |iour pi^endré part, d^Aâ rrntérâî^ ki liberté do Minmerce, aux luttes éieclorâriefi de ces bourgs.
M. Hume se lève aiï bruit d'acotârtiacionfi proioogées. Lorsque le sîteiVce* est rétabli il s'exprime en ces termes :
le suis venu k ce meeliug pour écouler et non pour parler*; mais le comité a fitit un appel àr mon zèle, et ne pouvant comme d'autres alléguer le prétexte de rinhabîtude(') (rires), l'ai 4û m'exécuter malgré mou insuffisance. Cest avec plaisir que j'obéis, car je me rappelle un temps, qui n'est pas très éloigné, où les opinions aujourd'hui généralement adoptées, non-seulement au sein de la communauté, maïs encore parmi les ministres de la couronne, étaient pair eux vivemeol controversées. Mais ces hommes autrefois m opposés \ la liberté du commerce, reconnaissent enfin h yévité des doctrines deia Lîgue, et c'est àvee âne vrvé satiaftMctioD qpie j'ai récemment entendta* tomber de la boiMhé nénia'deoeaxipi ftnrent nos plus chauds^ adversaireis, cçtte déoiaraAim : < Le principe du Kbire échange estlepiânctpedu semoAMBimC). » (Aiéclaraatîons^) Je lâe pfémitcf k Q^ naeeting sous des aos* pices bien différents de ceux qui auraient pu m'y accompagner k l'époque h laquelle je fais allusion. Il y a quelque qoar t^rae ans que je fis uxie motion devant une assemblée comp<^ de six cent cinquante-huit gentlemen (rires. Écoutez, éd^utez) qui n'étaient pas des bommes ignorants ou illetu^,
(*) On sait qu*au Parlement M. Hume est toujours sur la brèche. U hdsse rarement passer uo article da budget des dépenses sansdemander une éconoduie.
(*) Ce mot est de sir James Orsham , ministre secrétaire d^État m département de rintérieur.
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ttim eoimatosaiit, ott da moins censés connaUi^è (eurs devoirs eiiTers éox-méHies et envers té pays* Je proposdfiâ h ces six éent cinqoante-hirit gentlemen de retoucher li Ta loi^éréale, de telle sorte qne Téchelle m^^ile fftt gradaellement transformée en droH fiie,ét que le droit fixe fît place en défiai (ive k k fiberté absk)lue. (Applaudissements). Mais sur ces six cent cioquante-huit gentlemen, quatorze seulemeiit me soutinrent (Écoutez, écoutez). Chaque année, depuis loi^s, des effortd Éùùi tentés par quelques-uns de mes collègues, et il est consolant d'observer que chaque année aussi notre grande cause gagne du teif^ifftf . Je suis fôcbé de voir que les Tand- * lords ef ceux qA vivent sons leur dépendance, persistent à ne considérer la question que par le côté qui les touche. PiU'^ stenrs d'entre eux font partie de la législatnre, et, se plaçant h leur point de vue {personnel, ils ont fait des lois dont le but avoné est de feVoriser Kurd iMéréts privés sans égard k Tintérét public. C'est \h une violatiôn^ des grands' principes de notre constitution, qui veut ^ne les lois embrassent les inté* rets de toutes tes classe^. (Approbation). Malheureusement la chambre des commune^ né re^^ésente pas les opinions de toutes les classes. (Approbation). ERe ne représente que les ophiions d^nne certaine classe , celle des législateurs euxmêmes, qui ont fait tourner la puissance législative & leur propre avantage, au détriment du reste de la communauté. (Applaudissements). Je voudrais déMaioder k'ces hommes, tp sio/6t riéhes et possèdent plus que tous autres les moyens dé se protéger eux-mêmes, éomment îb peuvent, sans que teiïr conscience soit troublée, trotivéir sur leur cbévet un pafâblé éommeil après avéfr faH des lois, tellement injustes €t!oppf essives, qu'elles vont jus^u^à priver de moyens d'éïistèhté {Itasieurs mHlioirà de leurs frères. (^Atppfeltod>i$sements). C'est ^ur çé principe que j'ai toujours plaidé la qtJfitt-
tion, et iroici la seule réponse que j'ai pu obtenir : c Si now croyions mal agir, nous n*agirions pas ainsi. » (Rires). Vous riez. Messieurs, et cependant je puis vous assurer qu'il y a beaucoup de personnes, et même de personnages qui soot si Ignorants des plus simples principes de Téconomie poli^ tique, quUls n'hésiteraient pask venir répéter cette assertion devant la portion la plus éclairée du peuple de ce pays. Hais une lumière nouvelle s'est levée k l'horizon des intelligences, etil y a des signes dans les temps capables de révâi- 1er ceux-là même qui sont les plus attachés k leurs sordides intérêts. (Applaudissements). Il est temps qu'ils regardent autour d'eux et qu'ils s'aperçoivent que le moment est venu où en toute justice la balance doit enfin pencher du côté de ceux qui sont pauvres et dénués. — L'état de détresse qui pèse sur le pays est la conséquence d'une injuste législation ; c'est pour la renverser que nous sommes unis, et j'espère qu'en dépit de la calomnie, la Ligue ne tardera pas k être considérée comme Tamie la plus éclairée de l'humanité* Cette grande association, j'en ai la confiance, se montrera supérieure aux traits qu'il plaira k la malignité de lui infliger; elle apprendra, comme une longue expérience me l'a appris k moi-même, que plus elle se tiendra dans le sentier de la justice, plus elle sera en but k la persécution. (Applaudissements). Lorsqu'il m'est arrivé que quelque portion de la communauté m'a assailli par des paroles violentes, ma règle ini^riable a été de considérer attentivement les imputations dirigées contre moi.- Si je leur avais trouvé quelque fooder ment, je me serais empressé de changer de conduite. Dans le cas contraire, j'y ai vu une forte présomption que j'étais dans le droit sentier et que mon devoir était d'y rester. Je ne puis que conseiller k la Ligue de faire de même. Vous êtes noblement entrés dans cette grande entreprise ; vous n'avez épar-
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gné ni totre argent, ni votre temps; vous avez fait pour le triomphe d'une noble cause tout ce qu*il est humainement possible de faire, et le temps approche où le succès va couronner vos généreux efforts. (Applaudissements). C'est une idée très répandue que les intérêts territoriaux font la force de ce pays; mais les intérêts territoriaux puisent eux-mêmes lenr force dans la prospérité du commerce et des manufactures, et ils commencent enfin k comprendre ce qu'ils ont gagné k priver le travail et l'industrie de leur juste rémunération. L'ouvrier ne trouve pins de salaire ; les moyens d'adieter les produits du sol lui échappent : de Ik, ces plaintes sur l'impossibilité de vendre le bétail et le blé. La souffrance pèse en ce moment sur les dernières classes, mais elle gagne les classes moyennes, elle atteindra les classes élevées, et le jour, peu éloigné, où celles-ci se sentiront froisséeS) ee jour Ik elles reconnaîtront qu'un changement radical au présent systtoe est devenu indispensable. (Approbation). En me rappelant ce qui s'est passé aux dernières élections générales, je ne puis m'empêcher de remarquer combien le peuple s'est égaré, lorsqu'il a cru, en appuyant les monopoleurs, soutenir les vrais intérêts du pays. Les défenseurs de la liberté du commerce voient aujourd'hui avec orgueil que ceux- Ik même qui les accusaient d'être des novateurs et qui combattaient la doctrine du libre échange, ne sont pas plutôt arrivés au pouvoir, qu'ils se sont retournés contre leurs amis pour devenir les champions de nos principes. (Applaudissements). Tout ce que je leur demande, c'est de suivre ces principes dans leurs conséquences. Il n'y a pas un homme dans la chambre des communes ni dans toute l'Angleterre, pins capable que sir Robert Peel d'exposer clairement et distinetement les doctrines qui devraient régir notre commerce, et qui sont les mieux calculées pour promouvoir les intérêts
et la prospérilé de ce pays. (Marques d^apprabaUoo). Le très honorable baronet a fait un paa dans cette voie, mais ce ii*est qu*un pas. 11 s'attarde et s'allanguit sur la route, sans doute parce que son parti ne lui permet pas d'avancer. Il a proclamé le principe, il ne lui reste qu'k TappUqoer pour assurer au pays une paix solide et ope prospérité durable. (Applaudissements). — Il y a un grand nombre de personnes bieo intentionnées qui ne peuvent comprendre pourquoi une té^ forme commerciale ^t plus urgente aujourd'hui qu'à des époques antérieures. Les feripiei^ s'im^nent qMO, parce que au temps de la guerre, ils onl^ obtenu des prix élevée en même temps que les fabriques réalisaient de grands pvofils, il ne s'agit que d'avoir encore la guerre pour ramener et ces prix et ces bénéfices. Cette illusion existe même parmi quelqoes manufac^turiers; dans les classes agricoles elle est presque universelle; mais il est aisé d'en montrer l'inanité. Si les circonstances étaient les mêmes qia'aiix époques qui oui précédé 181 S, elles amèneraient sajDS doute les menues résulr lats« Bien heureusement, sous ce rapport du moins, la situation de l'Angleterre a tellement changé, qu'il est impossible que des conséquence^ semblables découlent d'une législation identique. Pendant la guerre qui. a rempli ce quart de siècle qui s'est terminé en 1815, il n'y avait pas de manufiictures sur le continent, et k la paix, l'Angleterre qui était en possession de pourvoir tous les marchés du monde, put maintenir pour un temps les hauts prix occasionnés par la guerre. C'est ce qu'elle fit, malgré que le prix des alimf^ts fût alors plus élevé de 50 p. 0/0, dans ce pays que partout ailleurs. Mais quel est l'état actuel des choses? La paix règne en Europe et en Amérique, et la population s'y partage entre l'indua* trie et l'agriculture. Elle rivalise, sur les marchés neiitm9$ avec le fabricant anglais, et à moins que celui-ci ne puisse
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établir les mêmes prix, il toi est impossible de soutenir la coDGimeiiee. Que veat-il donc quand il demande fabrogation des lois restrictives ? U vem que les ports de TAngletefre soient ouverts ans denrées du monde entier, afin qu'elles s*]r vendent a leur prii naturel, et que les Anglais soîenft placés sur le même pied que toutes les atttoea nations. Gsfà^ gne&vQus qu k ces conditioos le génie industriel, le capital et ractivité de la Grande-Bretagne aienft rien k redonlarT (Acdamatîons). Vos acclamations répondent, Nm. Ne nous lassons donc pas de réclamer la liberté du cosHnerce» — J'adresaerai maintenant quelques paroles k cens qui jouissent du privilège d*envoyer des représentiatB au Parlement. Une grande responsabilité pèse snreui ; car ils ne doivaat pas oublier que le mandat qu'ils confirent dure sept ans, et pendant ce temps , quelles que soient leurs souffrances , fiktee une ruine totale, ils ne peuvent plus rien povr eux^némes. C'est Ik un gfava sujet de réflMions pour tous les électeurs. Tous sont intéfossésk voir le paysilorissant, et cen'est certes pas son état actuel. Le seul moyen d'y arriva, c'est d'ouvrir nos ports k toutes tes marchandises du monde. Je pourrais nommer plusieurs nations dont les produits nous convien*nent : je n'en dterai qu'une. A un meeting tenu ep septembre dernier, sous la présidence du duc de Rutbland^ M. Bverett, ministre plénipotentiaire do l'Union^Américaioe , fut appelé k prendre la parole , et il dit en sobsianee : c Mon pays^ dé- € sire échanger ses produits contre les véties. Vous avea c beaucoup d'objets qui lui manquent, et il a pour voqs € payer des marchandises qui encombrent ses quais, jusqufl^ • € ce point qu'on a été obligé de se servir desalaisons^comm^ c de combustiMOic » (Et en eflbt un citoyen des États-Unis m'a confirmé qu'il y avait sur les quais de laNouvelle-Orléans des amas de sateisons qu'on pourrait vendre k 6 deniers la
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Hirre, et qo'on employait en guise de charbon , à bord des bateaux k vapeur), c Nous avons, ajoutait M. Everett, do c Mé qui pourrit dans nos magasins , et nous manquons c de yétements et d'instruments de travail. » Qui s'oppose k réchange de ces choses? le gouTomement britanique : ce que nous réclamons, c'est cette liberté d'éohanges avec le monde entier. Chaque climat, chaque peuple a ses productions spéciales. Que toutes puissent librement arriver dans ce pays, pour s'y échanger contre ce qu'il produit en surabondance, et tout le monde y gagnera. Le manufacturier étendra ses entreprises; les salaires hausseront; la consommation des produits agricoles s'accroîtra ; la propriété foncière et le revenu public sentiront le controHsoupde la proapé*. rite générale. Mais avec notre législation restrictive, les usinea sont de moins en moins occupées, les salaires de plus en plus déprimés, les productions du sol de plus en plus délaissées, et le mal s'étend à toutes les classes. Que ceux donc qu| ont k cœur le bien-être delà patrie consacrent k ces graves sujets leurs plus sérieuses méditations. N'est-il pas vrai que le pays décline visiblement, et ne donneriez-vous pas k cette assertion votre témoignage unanime ?
On a dit que la loi-céréale était nécessaire prar soutenir les fermiers; mais voilk la quatrième fois que les fermiers sont dupes de cette assertion. Le prix de leurs prodi^ts s'avilit et ne se relèvera pas tant que le travail manqueira aii peuple. Les propriétaires leur disent : c Si vous ne pouvez payer la rente , prenes^ patience , la dépréciat;ion ne sera pas permanente ; le cours de vos denrées se relèvera comop^ il fit après les crises de 1836 et 4837. » Mais comment pourraiton assimiler la détresse actuelle k celle d'aucune autre épo-; que antérieure ? J'ai reçu aujourd'hui même d'un fermier de Middiessex, nommé M. Fox, un document qui établit que
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le capital des tenanciers était tombé de 2S pour cent dans ces cinq dernières années. Il a calcalé que 53 millions de bétes à laine, sept millions de bêles à cornes et 60 millions de quartersde blé, formant ensemble une valeur de 468 millions de livres sterling, ont perdu 25 pour cent, ce qui constitue pour les iermiers une perte de 447 millions de livres. Ce n*est pas là un tableau imaginaire, et, si les capitaux décroissent dans une aussi effrayante proportion , comment le pays pourra-t* il supporter S5 k 56 millions de subsides?
Les loii'CéréaUs ont pour objet l'avantage des landlords; mais, dans mon opinion, elles ne leur ont pas plus profité qu*aux autres classes de la communauté. Tout ce qu'on peut dire d'eux , c'est qu'après tout ils n'ont que ce qu'ils méritent, puisque ces lois sont leur œuvre. (Rires). Soyez certains que les rentes tombenmt aussitôt qu'interviendront entre les fermiers et les seigneurs de nouveaux arrangements ; car , si le prix des denrées décline, il faut Uen que les fermages diminuent Quelle sera alors la situation du propriétaire? Le sol est grevé d'une première cbarge , qui est le pauvre; avant que le seigneur touche sa rente, il faut que le pauvre soit nourri. Or, il est de fait que, dans ces derniers temps , la taxe des pauvres à doublé et même triplé! Dans ma paroisse, Mary* le-Bonne , qu'on pourrait croire une des plus étrangères k la crise actuelle, elle s'est élevée de 8,500 a 17,000 1. s. Ainsi une portion considérable delà rente réduite passera aux pauvres. Vient ensuite le clergé, et l'on sait que depuis la dernière commutation de la loi des dîmes, le seigneur ne saurait toucher un Êirthing de sa rente, que les ministres ne soient payés. Voilii une seconde charge. — Et puis , voici venir Sir Robert Peel , avec son meame'taœ^ qui dit : c Vous ne palperez pas un schelltng sur vos baux que l'échiquier ne soit satisfait. > Cette taxe a produit un million huit cent mille livres steriing peu*
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dant ce quartier, mais selon toate apparence^ ttoe bifeie partie deeelte somme aura été acquittée par les seignews^car ib soBt toajonrs les derniers à payer. (Rires). Cest une tMisième charge de la propriété. — Enfin, s*il est vrai, oomne je Fai onî dire, qa'ane grande portion du soi. est bypelhéfBée, c'est une quatrième charge. — Que reste4-4l donc aux propriétaires campagnards? Je leur conseille d*y regarder de pièt. La difficulté e^t le fruit de leur impéritie, et elle Be fera que s'accroître jusqu'à ce qu'ils yiennent eux-mêmes oibir Unir assistance à la Ligue. (Écoutez I écootesi) Gentlemen;, les circonstances travaillent pour yms; l'ineome^tax {riaîée.paor vous; l'abaissement des revem» témoigne pour voos^ ei U le fallait peut-être , car il y en a beaucoup qui ne s'énenvenl que lorsque leur bourse est compromise. — D'un antre cdté, les prisons regorgent; cent einquamCe mille peraonnes y passent tous les ans, chacune desquelles suffit ensuite poar en corrompre cinquante autres. C'est pourquoi je dis qne.c'esl ici une question qui touche à vos devoirs de chrédeQs. Nous demandons justice! Nous demandons que le gouiremanait ne persévère pas dans une voie qui conduit le pays dans un état de ruine et de mendicité capable de faire frissonner le cœur de tout homme honnête ! (Applaudissements).
H. BMTflBnT<Hf : Ce n'est pas ici la cause d'un parti, mais celle de tout un peuple; ce n'est pas la cause de l'Ajugletenne, mais celle du monde entier ; car c'est la cause de la jnstioe et de la firalemité. Mon honorable ami a dit que la Ligne soutenait le principe du sens commun , et il a été reconnu au Parlement, par le premier ministre de la couromie , que vendre et adieter aux prix les plus avantageux, était le droit de tous les anglais et de tout homme. Lui aussi a proclamé que le principe de la liberté des échanges étût le principe du sens commun , mais ce qu'il faut feire sortir de ce principe,
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c*est un peu de commiine honéleté. (Acclamations). Les léff»^. lalems fiaient bien ce qui est jasle; tout ce que le peuple demande, c'est qu'ils le mettent en pratique. J'aurai bieot^ l'honneur de présenter k la Chambre des communes une pé-* tition de mes commettants pour le retrat de la loi-céréale, (rires) , et je crains bien qu'elle n*; reçoive qu'un froid accaeiU Mes commettants néanmoins venleal que j'en ^pdle non-seulement à la Chambre , mais à ce meeting* C'est an peuple de cette métropole que la nation doit en appeler. Le peuple de la métropole tient dans ses mains les destinées de l'empire. Il y a longtemps que les provinces agiiem celte grande question ; elles en comprennent toute l'importance. C'est la condition la plus favorable U une prochaine solution ; car dans mon expérience , j'ai toujours reconnu que comme tonte corruption descend de haut en bas, toute réforme procède de bas ^n haut. (Applaudissements). L'agitation actuelle a commencé parmi de pauvres tisserands. Leurs sentiments furent d'abord méconnus, même par les manufacturiers, mais ils reconnaissant j^iqourâ'hui que les pauvres tisseiwds avaient raison...»
J'ai toujours combattu les lois-céréales au point de vue de la justice; car je les considère comme i9JiQi9tes, inbumaines et impolitiques. Je dis qu'une loi qui protège une classe de la communauté aux dépens des ai^tres classes est nne hn injuste. Je ne conteste pas aux landlords le droit de disposer de leurs propriétés à leur plus grapd ayanlage , et méwe d'exporter le blé s'ils le peuvent pnoduire k meilleur mar*dié qu'an dehoiis; niais 1^ laoïdlords ont 6ît ime Im qui dé* pouiUe l'onvrier du droit ^dictpo^er .d# produit d6 son travail selon s^ convenance; et c'est pourquoi je dis qu'une telle loi ne saurait se maintenir, voyant qu'eue est «l manifestsr ment injuste. — La loi-céréale a encore le tort d'aSecter les
diverses classes de la société d*une maière fort inégale; si elle ôtecinq pour cent au riche, elle arrache cinquante pour cent aux pauvres , et moi qui ne suis taxé qu*k cinq pour cent, je finis par oublier jusqu^an sens du moi justice. Ce qui fait que beaucoup d*hommes ne comprennent pas toute la signification de ce mot , c*est que l'intérêt personnel les aveugle. Je me rappelle qu*nn gentleman, discutant au milieu d'un grand nombre de gens d'église, ne pouvait leur faire comprendre le sens d'un terme que je supposerai être ce moi justice. Il écri« vit ce mot et demanda : qu'est-ce que cela signifie? Un des ministres s'écria : justice. Le gentleman posa une guinée sur le mot et dit : que voyes-vous maintenant ? et le ministre répondit : rien, — car l'or lui interceptait la vue. — (Rires). On dit que ces lois ont été faites, non pour l'avantage des landlords, mais pour celui des fermiers et des ouvriers des campagnes. Mais il n'est personne qui, après avoir observé les effets de ces lois, soit arrivé à cette conclusion, qu'elles ont profité aux manonvriers des districts agricoles , et quant aux fermiers , s'ils étaient appelés en témoignage , ils déclareraient qu'ils n'en on tiré certainement aucun bénéfice. Les seigneurs sont donc les seuls auxquels ont pourrait supposer qu'elles ont profité ; mais on reconnaîtra à la fin qu'il n'en a pas été ainsi. Je suis assez vieux pour me rappeler les démons trations d'enthousiasme avec lesquels les seigneurs terriens accueillirent la guerre de France, déclarant que, pour la soutenir , ils dépenseraient leur dernière guinée et leur dernier acre de terre, et chacun se h&ta de faire honneur de leur désintéressement k leur patriotisme. Tant que dura la guerre, ils empruntèrent comme ils purent. Enfin, la paix revint et avec elle l'abondance et le bon marché; mais les landlords qui avaient emprunté de l'argent commencèrent k rechercher comment ils pourraient en éviter le payement Quoiqu'ils
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eoflsent engagé lear dernier acre et leur dernier écu à cette cause glorieuse , payer n'était jamais eatré dans leurs inten* tions. (Écoutez! écoutez!) Leur premier soin fut de débarrasser leurs épaules de 14 millions d'impôts fonciers, et puis ils firent la hi-eér^ale^ afin de maintenir le taux élevé des rentes. Ils savaient bien que les rentes fléchiraient naturellement comme le prix des blés, et ils inventèrent les lois-céréales* Lorsqu'elles furent portées pour la première fois devant la législature, lord Liverpool admit avec franchise et loyauté qu'elles auraient pour effet, et par voie d'induction, qu'elles avaient pour but, d'empêcher la dépression des rentes. Ainsi^ l'aristocratie qui avait hypothéqué ses domaines dans des vues soi-disant patriotiques, au lieu de payer elle-même ses dettes, saisit la première occasion d'en reporterie fardeau sur les classes laborieuses, et après avoir emprunté jusqu'à concurrence de la valeur des terres, elle en a législativement doublé la rente, en élevant le prix du pain, c'est-à-dire que c'est le peuple et non elle qui paye les arrérages. Voilà comment on en a agi envers le peuple de ce pays ; c'est à lui de dire si cela doit continuer. Le duc de Nevircastle a demandé s'il n'avait pas le droit d'user comme il l'entendrait de sa propriété. (Rires). Je n'ai pas d'objection à faire contre cette doctrine convenablement définie; mais puisque nous nous donnons pour un peuple loyal et religieux, nous devons bien reconnaître que nul n'a le droit de faire de sa propriété ce qu'il veut, à moins que ce qu'il veut ne soit juste. Il me semble qu'il nous est commandé de faire aux autres ce que nous voudrions qu'il nous fût fait. Les landlords cependant cmt Élit des lois pour obtenir un prix artificiel des fruits de leurs terres, et en même temps pour empêcher le peuple de recevoir le prix naturel de son travail. C'est là une grande injustice , et il n'est personne dont ce ne soit le devoir d'en
|KHiiP80rtf e le redressement La détresse publique est proféûdè^ quoique plostears prissent ne pas réprouver. ERe ne s*estpas encore appesantie sur Londres dans toute son inten* site, on plutôt elle y est moins aperçue qn*aillénrs, parce qtté les hautes classes s*y préoccupent peu du sort du peuple. Je suis disposé k croire, comme M. Hume, qu'il règne ici nùt grande apathie ; mais il n*en est pas moins vrai que la popiilattoÉt souffre, et nous venons demander aide et assistance aux habitants de cette métropole. Il est de leur devoir de répondre à cet appel , et de faire tous leurs efforts pour ramenet* la prospérité dans le pays. La détresse a gagné les classes agricoles , et elles s^aperçoivent enfin que ses màHeurs débèuchés consistent en une clientelle prospère , ou dans Je bien-être général. Il est des personnes qui s'imaginent qu'en poursuivant le retrait des lois-céréales , les tiianulhetliriffis travaillent pour leur avantage au détriment dés antres daaseë. C'est lit une illusion ; la chose est impossible. Il n'est pas p(ossible que Tactivité et Pextehsion des affaires profitent aut uns au préjudice des autres. (Cris : Non, non !) Notre population s'accrott de 300 mille habitants chaque année. Il fiiot que cet excédent soit occupé et nourri. S^il n'est pas nourri au-dehors des w&rkhouses , il faudra qu'il soit nourri au-dedahs. Hais s'il trouve de remploi, des moyens de subsistances, par cela même il ouvrira aux produits du sol de nouveaux débouchés. Aujourd'hui la législation prive les ouvriers dé travail , en s'interposant dans leurs échanges; elle en fait un fiiMeau pour la propriété. Ainsi que l'a dit H. Hume « il fkut bien que ces ouvriers soient secourus, et à' mesure que leur itîasse toujours croissante pèëera de plus en plus sur lïhpro^^ priété » Taristocratie reconnaîtra que l'honnêteté eût été une iheillenre politique. (Écoutez! écoutez !)yonlez-vous le maintien des lois-céréales ? (Non , non !) Eh bien ! J'en appelle k
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font luMOM qui s'intëfene h ramélioratîoD eu sort du feople, au pPÉgrèar de son édocatiM inteHeetoelle et morale , ii b prospérité de' i'mduMîe et du commerce , ralKosa-noiis à la ligtiet uniteoiis ôeu^fforts pour eflMser de nos Godes œa lois iafiqnies et déteatsUes.' ^Aippiaodiasementa prolongés).
H. MiLNER GtB50N 86 lève, ct dprès quelques considérations il continue en ces termes :
Je ne pais jeter les yeéz sur èette nombreuse et brillante aatemUée, sans aie aeaitir assuré qoe^ nous aghoto ici une ^fnestîoil nalionale. On aparté de meeiùngs réunis par surprise; mais tant d^hommes distingués ne sauraient se réunir qae pour vn^ cause qui prédecupe II un haut degré résprit puMc« (As8enCinieni)i Certes , s'il s'agissait de discourir sur le fiéan dé rabondanee, sur les charmes de la disette , sur les bien-* bits des râsttfictions industrielles et commerciales, une pin» étroite enceinte suffirait (^). (RiresV ^ ^^^ ^^^i^ ^^ raeléristîque de ces assemblées, et dont je dois vou)» féltctfer, e'estd'étresanctionnées et embellies par la plus gracieuse poi^ tioB^ekroommnnauté. Coknmeni expliquer la présence du beau sae dans cette enceinte? H n'est pas disposé d'ordinaîre b si'inléresser k de pares questions d'argent, et à d'arides problèaBRS d'économie politique. Poirir avoir mérité son atten* tion, ii fiuft bien que notre cause renferme une gestion de plnlaiitliropTe, «ne question qui touche aux intérêts de l'huaumité, à la condition morale et physique du phis grand nombre 4e nos frères! et si les dames viennent applaudir aui efforts de h ligue, c'est qu'elles entendent souteidr ce grand principe évangéKque , ce dogme de la fraternité humaine que
(*) Aiusiôn m% meetings des profaibitionistes qui se tiennent dans le mkm d'une OMâson particulière de Boi^AStmeU
peuvent senies réaliser Taffraiichisseiiient du commerce et la libre communication des peuples. (Applaudissements prolongés). Une autre leçon qui dérive de cette grande démonstnn tton, c*est que la philanthropie n*a pas besoin de s*ég»rer dans les régions lointaines pour trouver un but à ses efforts. La détresse règne autour de nous; c'est notre propre patrie maintenant qui réclame ces nobles travaux humanitaires par lesquels elle se distingue avec autant d'honneur. ( At>plaudi8sements). J'apprécie lés motifs et h générosité de ceux qui s'efforcent de répandre jusqu'aux extrémités du globe les bienfaits de la foi et de la civilisation ; mais je dois dire qoMI y a tant de souffrances autour de nos foyers , qu'il n'est plus nécessaire d'aller chercher aux antipodes ou en Chine un aliment à notre bienv^llance. (Applaudissements). Je regrette l'absence d'un gentleman qui devait prendre ce soir la parole* (De toutes parts : il est arrivé. En effet , M. Bright vient de monter sur l'estrade). Je veux parler du colonel Thompson, et je suis fiché de n'avoir pas plus tôt prononcé son nom. Je regrette l'absence de ce gentleman , qui, par ses écrits et ses discours, a plus que tout autre fourni desarguments contre le monopole. C'est de ses nombreuses publications, et partie eulièrement de son catéchisme contre les lois^^réales que j'ai tiré les matériaux dont je me suis servi pour combattre ces lois. On raconte que Georges III rencontra par hasard un mot heureux. Une personne lui disait que les avocats étaient des gens habiles, possédant dans leur tête une immAnse provision de science légale pour tous les cas. Non, dit Georges III, les avocats ne sont pas plus habiles que d'autres et ils n'ont pas plus de lois dans la tète; mais ils savent où en trouver quand ils en ont besoin. (Rires). Dans les ouvrages du colonel Thompson vous trouverez la solution de tontes les questions qui se rattachent k notre cause, et vous vous rendrez
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mattrasdeB arguments qo*il ikot opposer aux lois«*eéréa1es. Que aoot ces lois, après tout? On a dit qu'elles étaient nécessaires,— pour protéger l'industrie nationale» — pour assurer de remploi aux ouvriers des campagnes, — pour placer le pays dans un état d'indépendance k Fégard de l'étranger. — D'abord , en ce qui touche le travinl national ^ la protection n'est qu'un mot spécieux, il implique une faveur conférée par la législature aux personnes protégées. Quand on y regarde de près, en effet, on s'aperçoit que tout se réduit k décourager quelques branches d'industrie pour en encourager d'autttt, c'est-à'Klire ï gratifier de certaines feveurs des classes déterminées. (Ici l'orateur examine l'influence des lois restrictives sur la propriété, le fermage et la malnsl'œuvre). Si Ton considère les conséquences des lois-céréales relativement k l'industrie, on ne peut nier qu'elles n'aient pour objet direct de la contenir dans de certaines limites. Le but qu'on se propose , avec une intention bien arrêtée , c'est de prévenir l'émancipation et l'accroissement des classes industrieuses, d'abord pour conserver aux landlords des rentes exagérées, ensuite pour les maintenir dans leur position au plus haut d^ré de l'échelle sociale. (Applaudissements). Je répète que les landlords ont pour but de conserver cet ascendant qu'ils exercent sur le pays , ascendant qu'ils ne doivent certes pask leurs talents ou k leur supériorité ; ils le veulent conserver néanmoins pour demeurer k toujours les dominalenrsdes classes moyennes et laborieuses.( Applaudissements). Ils voient d'un oeil d'envie les progrès de la richesse et de l'intelligence psrrmi les classes rivales, et, dans leur fol amour des distinctions féodales, ils ont fait des lois pour assurer leur domination. (Bravos prolongés). On a dit encore que nous proposions une mesure violente , et que, eu égard aux tenanciers et aux capitaux engagés dans l'agrieullure, il ne
C(> COfiDEN ET LA LI£UE ,
fallait pas, par trop de précipitation, ajoater aux embarras de la sitoation actuelle. Je réponds, dans Tintérét des tenanciers eux-mêmes, que rien ne saurait leur être plus profitable que l'abrogation absolue et immédiate de la loi. (Assentiment). Cest dans leur intérêt surtout qu'il faut renouyel^ entièrement les bases de notre police commerciale. Des changements périodiques et successifs ne feraient, pour ainsi dire, qu'organiser le désordre. Il vaut mieux pour eux que la révolution s'opère complètement et d'un seul coup. Puisqu'on reconnaît la justice du principe de la liberté commerciale, je le demande, pourquoi refuse-t-on de le mettre en pratique? C'est en réclamant, d'une manière absolue, l'abrogation immédiate et totale de tontes les lois restrictives; c'est en suivant cette ligne de conduite , la seule qui ait pour elle l'autorité des principes, que la Ligue a rallié autour d'elle tout ce qu'il y a dans le pays d'intelligence, d'enthousiasme et de dévouement. Ce n'est pas que je veuille nier qu'une mesure de transaction , telle que le droit fixe de 8 schellings, si le dernier cabinet l'eût faite prévaloir,' n'eût conféré an pays de grands avantages et résolu pour un temps de graves questions , etc....
Puisque j'ai parlé du droit fixe , je dois répondre à cette étrange assertion , que le droit sur le blé est payé par l'étranger. S'il en est ainsi , il ne s'agirait que d'augmenter ce droit pour rejeter sur l'étranger tout le fiurdeau de nos taxes. (Rires et applaudissements). Si toutes nos importations provenaient d'une petite lie comme Guemesey , je pourrais comprendre qu'elles seraient trop disproportionnées arec la consommation du pays, pour qu'un droit prélevé sur ce faible supplément pût affecter le prix du blé indigène. Dans cette hypothèse, abolir le droit, ce serait en &ire profiter le propriétaire de Gnernesey. Mais avec la liberté du commerce ,
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les arrivages nous viendraient de tons les points da globe , et feraient an blé indigène une concurrence suffisante pour le maintenir à bas prix. Dans de telles circonstances, une taxe sur le blé étranger ne peut qu'élever le prix du blé na* tional , et soumettre par conséquent le peuple à un impôt beaucoup plus lourd que celui qui rentre à Técbiquier.....
On dit encore que si nous supprimons la taxe sur le blé exotique, Pétranger ponrra le soumettre k un droit d'exportation, et attirer ainsi vers son trésor public une source de revenus, qui maintenant va à notre trésor. Si les étrangers interrompaient ainsi le commerce du blé, nos agriculteurs du moins ne devraient pas s'en plaindre, puisque c'est ce qu'ils font enx-mémes. — Mais commençons par mettre de notre côté la chance que l'étranger s'abstiendra d'établir de tels droits. (Approbation). Ouvrons nos ports, ets*il se rencontre un gouvernement qui taxe le blé' destiné à l'Angleterre, il sera victime de son impéritie , car nous irons chercher nos apprOYisionnements ailleurs.
Il est un autre sophisme qui a fait son entrée dans le monde sous le nom de traités de commerce (*). On nous dit : < N'a-
(') En 1S4!I, sir Robert Peel, en présentant an Parlement la première partie de cette réforme commerciale que nous voyons se développer en IS48 , disait quHl n'avait pas touché à plusieurs articles importants , tels que le sucre , le vin , etc., pour se ménager les moyens d'obtenir des traités de commerce avec le Brésil, la France, TEspagne, le Portugal, etc.; mais il reconnaissait en principe que si les autres nations refusaient de recevoir les produits britanniques , ce n'était pas une raison pour priver les Anglais de la faculté d'aller acheter là où ils trouveraient à le faire avec le plus d'avantage. Ses paroles méritent d'être dtées:
« We hâve reserved many articles from immédiate réduction in the « hope that ère long we may attain what is jnst and right, namely in- « creased facilities for our exports in retum ; at the same time , lam « bound to say, that it is for the interest of this country to buy dieap.
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brogez pas les lois-céréales jusqu'à ce que Tétrafiger réduite les droits sur nos produits manuiacturés. » Ce Mphisme repose sur Topinion que le gouvernemeat d'un pays est dis* posé k modifier son tarif k la requête des étrangers ; il taid k subordonner tonte réforme diez un peuple à des réformes chez tous les autres.
Biais qu^elle e^t, au sein d^un peuple , la force capable de détruire la protection ? Ce n*est pas les prétentions de l'étranger , mais l'union et l'énergie du peuple , fatigué d'être victime d'intérêts privilégiés. Voyez ce qui se passe id. Qu'estce qui maintient les lois restrictives ? c'est l'égoisme et b résolution de nos monopoleurs , les KnatchbuU , les Buckinf^am , les Richmond. Si l'étranger venait leur demander l'abandon de ces lois , adbéreraient-ils k une telle leqnéie ? Certainement fton. Les exigences de l'étranger ne rendraient nos eeigneurs ni plus généreux, ni plus indifférents k leurs rentes, ni moins soucieux de leur prépondérance politique. (Applaudissements). Eh bien , en cela- les autres pays ne diffèrent pas de celui-ci , et si nous allions réclamer d'eux des réductions de droits, ils ont aussi des KnatchbuU et des Buckingham engagés dans des privilèges manufacturiers, et ou les verrait accourir k leur poste pour y défendre vigoureusement leurs monopoles. Ailleurs, comme ici , ce n'est que la force de l'opinion qui affranchira le commerce. (Écoulez ! écoutez!) Je vous conseille de ne pas vous laisser prendre k ce vieux conte de réciproeUé ; de ne point vous laisser dé-
« whetherotberoonntrieswiUbuycheapfromusorno. Webaveright « to exhaust ail meansto induce them to do jQstiGe,bat il they persévère « in refùsing, the penalty i» on us if we do not buy in tfie cheapeii « maitet. (Speach of air Robert Peel, lOth may iS4S). »
Toute la science économique, en matière de douanes , est dans ces dernières lignes.
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tourner de Totre bot par ces histoires d'ambassadeurs allant de nation en nation pour négoeier des traités de commerce et des réductions réciproques de tarîis. Le peuple de ce pays ne doit compter que sur ses propres efforts pour forcer Taris» tocratîe k lâcher prise. (Acclamation). — La question mainte nant est de savoir sous quelle forme nous nous adresserons k la législature. Demanderons-nous aux landlords Tabrogation des lois restrictives comme un acte de charité et de ccmdescendance? solliciterons*nous k titre de &veur, ou exigerons» nous comme un droit la libre et entière ^sposition des fruits de notre travail, soit que nous les devions k nos bras ou k notre intelligence? (Bravos prolongés). On a dit Je le sais, que le joug de Toppression avait pesé si longtanps sur la classe moyenne, qu'elle avait perdu jusqu'au courage de protester, et que son cœur et son esprit avaient été domptés par la ser* vilité. Je ne le crois pas. (Applaudissements). Je ne puis pas croire que les classes moyennes et laborieuses , du moment qu^elles ont la pleine connaissance des maux que leur infligeât les nombreuses restrictions imposées k leur industrie par la législature, reculent devant une démonstration chaleureuse et ummime (bruyantes acclamations), pour demander d'être placées avec les classes les plus iavorisées sur le pied d'une parfaite égalité. — Les propriétaires terriens me demanderont si^ lorsque je réclame Tabolition de leurs monopoles , je suis autorisé par les manufacturiers k abandonner toutes les protections dont ils jouissent. Je réponds qu'ils sont prêts k faire cet abandon (applaudissements) , et je rougirais de paraître devant cette assemblée pour y plaider la cause de Tal^ogation des loi-céréales, si je ne réclamais en même temps rabolittoo radicale de tous les droits protecteurs^ en quoi qo*ilft puissent consister. (Applaudissements). C'est sur ce terrain que nous avons pris position et que nous en-
tendons nous maintenir. Les lois-céréales, aassi bien qae les autres droits protecteurs , ont passé au Parlement alors que les classes manufacturières et commerciales n*y étaient pas représentées, k une époque oh ce corps nombreux et intelligent , qtii forme la grande masse de la conmiunauté, ne pouvait s*y faire entendre par Torgane de ses députés. Vainement reproche-t-on aux manufacturiers de jouir des bienfaits de la protection , comme par exemple de dr^ts k rentrée des étoffes de coton k Manchester, ou de la houille à Newcastle. (Rires). N^est-il pas clair que les landlords ont admis ces privilèges illusoires pour faire passer les leurs? (Approbation). Ce n'est pas les manufacturiers qui ont établi ces droits, c'est l'aristocratie, qui, pénétrant dans leurs comptoirs , a la prétention de leur dicter quand , où et comment ils doivent accomplir des importations et des échanges. II est puéril de reprocher k l'industrie ces droits protecteurs, car les lois existantes n'émanent pas d'elle; et la responsabilité en appartient tout entière, ainsi que celle de la détresse nationale, auParlement britannique. (Acclamations prolongées). On a dit que si la cité de Londres était lente k entrer dans ce mouvement , c'est qu'elle ne voulait pas recevoir de lois. Je n'ai jamais compris que la Ligue ait cherché k s'imposer k qui que soit. Nous sommes ici pour un objet commun, le bien-être de la communauté, et, par-dessus tout, celui du commerce de Londres. Est-il possible, par une interprétation absurde» de nous accuser d'outrecuidance, lorsque noos nous bornons k venir dire aux classes laborieuses : « Votre industrie sera mieux placée sous votre direction que sous celle des chasseurs de renards de la chambre des communes (rires et applaudissements); elle prospère mieux sous le r^me dé la liberté que sous le contrôle oppresseur de ces gentilshommes que des votes corrompus ont transformé en législateurs. »
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(Tonnerre d'applaudissements). — J'arrive maintenant à cette question : L'abrogation de la loi-céréale est-elle une mesure praticable ? Si nous pouvons convaincre le premier ministre et l'administration que f opinion publique est &vorabIe k cette mesure , je suisHK)nvaincu qu'elle sera proposée an Parlement; die n'est pas bors de notre portée , nous ne courons pas après un cAjet impraticable. Des réformes plus profondes ont été préparées et amenées par la discussion , par l'appel à la raison publique et au moyen de ce qu'on nomme aujouré^bni agUatùm. Je crois que l'aristocratie elle-même, si elle ▼oit que le pays est décidé, acquiescera par pudeur, et, sinon par pudeur, du moins par crainte. (Bruyantes acclamations). Vons redoutez la chambre des lords. Mais, quoi! il n'y a pas dans tout le pays un corps plus complaisant ! (Rires). Il n'y a pas dans toute la métropole quatre murs qui renferment une coUectiond'hommes si timides ! Que le pays manifeste donc sa résdutiim , et Tadministration proposera la mesure, les communes la renverront aux lords qui là voteront à leur tour. Prat-étre n'obtiendra-t-elle pas les suffrages du banc des évèqnes, mais leurs révérences-en seront quittes pour aller se promener un moment en dehors de la saHe. (Rires). Les grands propriétaires ont déjii montré d'autres sympatbiesde docilité, par exemple en votant Tadmission des bestiaux étrangers, ce qu'ils se sont hfttés de faire lorsqu^il ont vu qu'abandonner le ministère , c'était renoncer à la portion d'influence que , par certains arrangements , le cabinet actuel leur a assuré. Les promesses solennelles faites aux fermiers ne les ont pas arrêtés. En parcourant ces jours derniers un livre d'histoire naturelle, je suis tombé sur la description d'un oiseau, et j'en ai été frappé, tant elle s'applique aussi à ces gentilshommes campagnards envoyés au Parlement comme monopoleurs, et qui néanmoins admettent enfin les principes de la
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liberlé! comm^rdale. Le naturaliste dit, eu partant da roogeiqueue (tmyant édat de rires) : < Son tihant sauirage n^ c rien d*hann<Hiieiix ; mais loihqn'il est amuriToisé il devient < d^une docilité remarquable. 0 apprend des airs k la seri* c nette; il va même jusqu'à parl^, » (Rires prolongés). Que Tadministration présente donc une mesure déciahre, et les grands seigneurs s*y soumettront, car tout le monde peut avoir remarqué que, dans la dernière session, leurs discours oi|t eu une teinte apologétique, et seinblent avoir été eateuléft plutôt pour excuser que pour soutenir les lois-céréales«QueIques personnes pourront penser que je vais trop loin ea de* mandant l'abrogation totale (non , non); mais je les prie d'ob^ server qu'une frai^etùm modérée empêcherait l'entrée d'une certaine quantité de blé, et que, relativement à cette quantité, elle agirait comme une prokibiiiim absolue. C'est donc aa sophisme de dire que la protection diffère en principe de la prohibition* La différence n'est pas dans le principe , nais dans le degré. La Ligue a répudié le principe même de la protection. Elle proclame que toutes les classes ont un droit ^1 à la liberté des échanges et à la rémunération du tia* vaiL (Approbation). Je sais qu'on me dira que l'Àngletere est un pays favorisé , et qu'elle devrait se contenter de ses avantages ; mais je ne puis voir aucun avantage à ce que les ott<* vriers de l'Angleterre ne soient pas pourvus des choses nécee* saires à la vie aussi bien que ceux des États-Unis ou d'aiW leurs. On peut se laisser éblouir et séduire par les parties my nementales de notre constitution , et l'antiquité vénérable de nos institutions; mais la vraie pierre de touche du mérite et de l'utilité des institutions , c'est, a mon sens, que le grand corps de ia communauté atteigne k une juste part des nécessités et du comfort de la vie. Je dis que, dans un pays comme celui-ci , qui possède tant de facilités industrielles et oom*
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merciales , tout homme sain de corps , et de bonne volonté^ doh foumr atteindre non-^senlement à ce qui soutient, nais encore à ce qui améliore, je dis plus, k ce qui embellit rexistence. (Applaudissements)* C'est ce qu'admet la cilé de Londres, dans le mémoire qu'elle a récemment soumis au premier ministre , au sujet de la colonisation. N'ayant pas lu ce mémoire, je ne m'en fais pas le juge, mais je sais qu'il a évi sq[né par desadversairescomme par des partisans de la liberté commerciale. Quant aux premiers, je leur demanderai , avec tont le respect que je leur dois, comment ils peuvent, sans tomber en contradiction avec eux-mêmes, nous engager à créer au loin et à gros frais de nouveaux marchés pour l'avenhr, quand ils nous refusent l'usagé* des marchés déjà existants. Je ne puis concilier le refus qu'on nous fait du hbre échange avec les États*Unis, où il existe une popnlation nonw breiise , qui a les mêmes besoins et les mêmes goûts quei celle de ce pays, avec l'ardeur qu'on montre à créer de nou» vcMX mareh^c'e8t«è-dire, à provoquer l'existence d'une po* polation semblable à celle des États-Unis, et cela pour ouvrir dans l'avenir des débouchés à notre indostrie. C'est ^ une inconséquence manifeste. Quant à ceux qui soutiennent k la fbis et les principes de la Ligue et le projet de colooi-» sation , n'oBt4ls pas ï craindre de s'être laissé entraîner à appuyer une mesure que le monopole considère certainement comme une porte de secours , comme une diversion de ce grand mouvement que la Ligue a excité dans le pays? (Écoutez!) Je ne veux pas contester les avantages de la colonisa*tion; mais il me semble qu'il faut savoir, avant tout, si Ton-* vrier veut ou- ne veut pas vivre sur sa terre natale. (Approbation). Je sais bien que les personnes auxquelles je m'adresse n'entendent pas appuyer témigralùm forcée; je suis loin de leur imputer une telle pensée. Mais il y a deux
manières de forcer les hommes k l'exil. (Écoutez! écoutez!) La première, c'est de les prendre pour ainsi dire cwps à corps, de les jeter sur un navire, et de Ik sur une plage lointaine ; la seconde, c'est de leur rendre la patrie si inhospitalière qu'ils ne puissent pas y vivre (acclamations) , et je crains bien que l'effet des lois restrictives ne soit de pousser k Pexpatriation des hommes qui eussent préféré le foyer domestique. (Applaudissements). Messieurs, j'ai abusé de votre patience. (Non , non , parlez , parlez). On vous dira que les autres nations sont, comme celle-ci , chargées d'entraves et d^ droits protecteurs; cela n'afEsiibliten rien mon argumentation. Nous devons un exemple au monde. C'est à nous, par notre foi en nos principes, k déterminer les autres peuples k se dâbarrasser des droits dont les gonvememenls les ont chaînés. Notre exemple sera-t-il suivi? C'est ce que nous ne saurions prédire. Notre but est le bien général^ notre moyen un grand acte de justice. C'est ainsi que déjk nous avons émancipé les esclaves; et puisque les lois-céréales sont aussi Fesclavage sous un autre forme , je ne puis mieux terminer que par ces paroles deSterne, car il n'y en a pas de plus vraies : Déguisetoi comme il te plaira, esclavage, ta coupe est toujours'amère, et elle n'a pas cessé de l'être parce que des milliers d'êtres humains y ont trempé leurs lèvres. (L'orateur s'asseoit an bruit d'applaudissements prolongés).
Le président, en introduisant M. Bright, dit que quoiqu'il ne puisse pas présenter à l'assemblée le représentant deDurham, il n'est personne qui mérite plus de sa part uu chaleureux et gracieux accueil.
M. Bright raconte qu'étant à Nottingham pour y poser en face des électeurs la question commerciale qui , selon toute apparence , triomphera dans la per-
sonne d'un membre de la Ligue , M. Gisborne (applaudissements), il apprit qu'une réélection allait a^oir lieu à Durham , où un grand nombre d'électeurs étaient disposés en faveur d'un candidat fr0e-irader{*). Je m'empressai de m'y rendre, continue M. Bright, sans la moindre intention de me présenter moi-même aux suffrages des électeurs, mais pour appuyer tout candidat qui professerait bos principes. Par suite de quelques malentendus, aucun candidat libéral ne se présentant , des hommes graves et réfléchis me pressèrent de me porter moi-même. Le temps me manquait pour prendre conseil de mes amis politiques ; je me déterminai à publier une adresse qui parut à huit heures ; à onze l'élection commença. — Lorsqii*on considère que Durham est une ville épiscopale (rires) ; que le marquis de Londonderry exerce sur ce bourg une influence énorme quoique très inconstitutionnelle, disposant de cent électeurs qui votent comme un seul homme sous ses inspirations ; que mon adversaire est un homme d'un rang élevé; qu'il a déjà représenté Duriiam, et qu'il a eu tout le temps qu'il a voulu pour préparer l'élection , je crois qu'on peut voir dans ce qui vient de se passer le présage certain d'un prochain triomphe, puisque j'ai obtenu 406 suffrages contre 507 , ce qui constitue la plus forte minorité que le parti libéral ait jamais obtenu à Durham depuis le bill de réforme » etc^
(■) Fr9i'$rader, partisan de la liberté commerciale.
76 GOBMli ET lA LIGUE,
L'orateor oontinue 8od dUoûurs au milieu d^l^^p^u*: dissements réitérés»
Le président, en fermant la séance^ renouvelé k tous les assistants la recommandation de propager autant que possible les journaux qui inséreront le pro» cés-Terbal dans leurs colonnes.
MEETING nEBDOMÀDÀlRE DE LA LIGUE.
15 avril 1845.
Il devient maintenant inutile déparier de rimmcate concours qu'attirent ces réimtons. Quelque vaste que soit le théâtre de Drury-Lane, il est & notre ecMma»sance qu'un grand nombre de personnes n'ont pa être admises. Le bruit s'était r^ndu qu'il n*y aurait pas d'autres meetings jusqu'après les fêles de Pâques; une foule considérable affluait dans les rues adjacentes. Il nous a semblé que les dames étaient plus nombreuses que dans les occasions précédentes , et l'assemblée prè« sentait un air de distinction bien propre à souteur le caractère de ces meetings, qui est de représenter la classe moyenne. Nous avons remarqué sur la plaie* forme un grand nombre de membres du PsMrleiMal.
Le président annonce qu'il n'y aura pas de réanioQ la semaine prochaine. Dans rinlervalle, les membres de la Ligue se disperseront dans le pays poor exciter cette agitation dont les résultats sont sensibles à Londres. Il rend compte de plusieurs meetings tenus dans les comtés par les adversaires et par les partisans de
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la liberté commerciale, et particùli^euient de oelui de Somerset , dans lequel se sont fait entendre MM. Cobden^ Bright et Noore. De semblables réunions auront lieu successivement dans chaque comté du royaume tous les samedis. M. Cobden s'est engagé à y assister. (Bruyantes acclamations). Ce système d'agitation ne sera plus abandonné tant qu'il restera à visiter un coin du territoire. Nous commençons à éprouver les bons effets de la distribution des brochures dans les districts ^ricoles. La faiblesse de nos adversaires y devient visible. Nous sommes déterminés à porter la guerre jusquedans leurs propres citadelles, et à arracher de leurs mains cette influence politique dont ils ont tant abusé. (Acclamations). Vous aurez le plaisir d'entendre ce soir mon excellent ami, le doc* leur Bovrriiig, m. P. (applaudissements) , ensuite M. Elpbinstone, m. P. (applaudissements), et enfin votre estimable concitoyen , le révérend John Burnet. (Bruyantes acclamations). Avant la clôture de la séance, M. Heysworth, de Liverpool vous soumettra une proclamation qui a été approuvée par le conseil de la Ligue, et que nous nous proposons d'adresser au peuple d'Angleterre.
Le procès- verbal de la dernière séance est lu et adopté.
Le doctear BowniNe se lève au bruit des aj^laudisseMents enthousiastes. L'honorable gentleman s'exprime en oes termes :
Lâdîes et gentlemen : Il est permis d*éproaver qoelqu*em-
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barras et qnelqa*anxiété en présence d*an anditoiie aussi imposant Qoant à moi, qai ai vu les commencements de la Ligne et ses premiers combats, qaand je compare cette multitude assemblée a^ec le petit nombre d*hommes qui résolurent d*éyeiller Tattention publique sur cette grave question, et de renoncer à tout repos jusqu'à ce qu'ils eussent vaincu le grand abus dont ils voyaient souffrir leurs concitoyens, je vous assure, mes amis , que je me sens encouragé, car j'éprouve que d'honorables et vertueux efforts trouvent toujours une digne récompense. (Applaudissements). Nous avons tous une mission qui nous a été confiée par la Providence. Comme hommes, comme chrétiens, comme citoyens, nous avons des devoirs à remplir. La femme aussi a sa mission, sa haute et sainte mission ! Sa présence dans cette enceinte nous prouve qu'elle en comprend toute l'étèndae et qu'elle se sent appelée à porter l'efficace tribut de son concours dans la grande lutte où nous sommes engagés. (Bruyantes acclamations). Les peuples ont aussi leur mission; et l'Angleterre, la plus grande des nations, — l'Angleterre^ qui possède plus de pouvoir et d'influence qu'il n'en avait jamais été confié à aucune association d'êtres humains ; — rAngleterre, plus grande que la Phénicie , alors que Tyr et Sidon remplissaient le monde du bruit de leur renommée, — cette noble Angleterre , qui étend ses bras jusqu'aux extrémités du globe, qui a fait pénétrer son influence parmi les hommes de tous les climats, de toutes les races, de toutes les langues, de tontes les religions; — l'Angleterre à aussi la plus haute et la plus noble des missions, celle d'enseigner au monde — que le commerce doit être libre (acclamations), — que tous les homme sont faits pour s'aimer et s'entraider les uns les autres, — pour se communiquer réciproquement les avantages et les bienfiiits divers qui leur ont été départis
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par la nature, — pour vivre en bon voisinage comme des frères, sans égard aux fleuves ou aux montagnes qui les séparent. Oui, c*est la mission de l'Angleterre de montrer aux hommes qu'ils remplissent un devoir commun, qu'ils font un moral usage des prérogatives qui leur ont été conférées par la Providence, qu'ils témoignent de leur fraternité comme enfants d'un même père, lorsqu'ils consacrent leurs efforts à émanciper le travail, lorsqu'ils ouvrent toute la terre aux libres et amicales communications des peuples, lorsqu'ils renversent ces barrières élevée», non dans l'intérêt de tous, mais dans l'intérêt du petit nombre, dans le sinistre intérêt d'une aristocratie qui, pour le malheur de l'humanité, ayant usurpé le pouvoir législatif n'en usa jamais que dans des vues égoïstes et personnelles. (Applaudissements). Que si les peuples ont leur mission, les cités ont aussi la leur. Birmingham a agité pour le bill de réforme électorale, pour l'émancipation politique de l'Angleterre. (Acclamations). Manchester s'est levée à son tour pour l'accomplissement d'un devoir plus élevé, d'une œuvre plus grande et plus sainte; Manchester s'est levée pour émanciper le monde industriel, et Manchester, — honneur k cette cité! — a produit des hommes dignes que cette sublime mission leur fût confiée! (Acclamations prolongées). Mes amis, je l'ai déjà dit, nous ne représentons point ici un égoïste et sinistre intérêt. Les doctrines que nous enseignons ici n'intéressent pas nous seuls, elles intéressent toute la grande confraternité humaine, car la voix de l'Angleterre, cette voix majestueuse, quand elle s'élève, retentit jusqu'aux confins de la terre, et les vérités que nous proclamons , revêtues de notre belle langue, sont portées sur les ailes de tous les vents du ciel. (Applaudissements). J'ai devant moi un document venu de la Chine , cette terre fleurie du céleste empire ; il est rempli des
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Opérations de la Ligue. (AcclamatîoDs). Là, vons krei fondé un nQUYeau pouvoir; vous avez porté la terreur de votre nom au milieu d*un peuple innombrable, et que vous dit Técho qui revient de ce lointain pays ? Il vous dit : si vous voulez tirer parti de votre influence, affiranchissez votre commerce, mettez-nous à même d*échanger avec vous, réalisez les opî«^ nions que votre premier ministre a proclamées devant votre chambre des communes; prouvez-nous que lorsque sir Robert Peel a déclaré que c acheter à bon marché et vendre cher, était la politique du sens commun , » il croyait à ses propres paroles ; foites pénétrer dans vos lois cette théorie qull a exaltée comme celle de tout homme consciendeoz et de toute nation intelligente et honnête. (Applaudissements). J'ai encore devant moi une longue lettre d'Ava , le royaume du seigneur au pied d'or et de Téléphant blanc, et cette lettre m'annonce que ce qui se passe en Angleterre produit nne telle excitation dans ces lointaines contrées, que Ton s'y est soulevé contre les monopoles. Le peuple s'est aperçu que son souverain le pille sous prétexte de le protéger, et il est en train de lui donner une leçon qui promet des modifications dans les conseils de l'empire. (Rires et appaudissements). Voyez rÉgypte ! Il y a dans cette assemblée des hommes distingués venus des bords du Nil. Us désirent savoir si on lais^ sera enfin les surabondandes productions de cette terre pri^ vilégiée, venir rassasier le peuple affiuné de l'Angleterre. Les patriarches des anciens temps descendirent en Egypte ponr y trouver du soulagement contre les maux de la famine à une époque que nous qualifions de barbare, et cependant aucune loi n'empêcha les fils de Jacob d'aller sur les rives do Mil, et de rapporter en Palestine la nourriture dont ils avaient l)esoin. Au temps de la révélation mosaïque, et même dans les temps antérieurs, aucun obstacle ne s'opposait à ces
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communications. Sera-t-il dit qae le christianisme a laissé dégénérer les hommes au-dessous du niveau moral auquel ils étaient parvenus dès ces temps reculés I Est-ce ainsi que nous devons appliquer le commandement de faire aux autres ce que nous voudrions qu'il nous fût fait ? Estpce là Tinterprétation que nous donnons à la plus sublime de toutes les leçons : c Aimez-vous les uns les autres comme des frères. » Ah! renseignement du monopole est: < Haïssez-vous, dépouillez-vous les uns les autres. > (Bruyantes acclamations). — Mais la liberté du commerce enseigne une toute autre doctrine. Elle introduit parmi les hommes et dans leurs transactions journalières la religion de Tamour. La liberté du commerce, j'ose le dire, c'est le christianisme en action. (Applaudissements). C'est la manifestation de cet esprit de bénignité, de bienveillance et d'amour qui cherche partout à éloigner le mal , qui s'efforce en tous lieux a augmenter le bien. (Immenses acclamations). — On parle de l'Orient. Il a été dans ma destinée d'errer parmi les ruines de ces anciennes cités auxquelles je faisais tout k l' heure allusion. J'ai vu les colonnes de Tyr dans la poussière. J'ai vu ce port vers lequel a£Suaient jadis les vaisseaux de ces marchands fastueux, princes et dominateurs de la terre , vêtus de pourpre et de lin , et maintenant, il n'y a pas une colonne qui soit restée debout; elles sont cachées sous le flot et sous le sable; la gloire s'est exilée de ces lieux! — Eh! qui en a recueilli l'héritage? qui, si ce n'est les enfants de l'Angleterre? Et quand je compare ces vicissitudes et ces destinées, quand je me rappelle qu'au temps de la prospérité de Tyr et de Sidon, au temps où la Phénicie représentait tout ce qu'il y avait de grand et de glorieux sur la terre, notre ile n'était qu'un désert habité par une poignée de sauvages, je puis bien me demander k quelle cause l'une doit son déclin et l'autre sa prodigieuse élévation. C'est le
eemmerce qui lions a fait grands; c*est le travail de dm mains iadusirieiises qui a élevé notre paissance* L^indoBtrie a créé nos richesses, et nos richesses ont créé cette influence politique qui attire sur nous les regards de rhnmaoité. Et maintenant le monde se demande qoei enseignement noQS allons lui donner. Ah ! nous n'avons que trop disséminé sur le globe des leçons de folie et d'injustice! Et le temps n'est-il pas venu où il est de notre devoir de donner des leçons de vertu et de sagesse ? — Et cette cité, — cette cité qui dan» ces temps reculés échappait aux regards de la renommée; cette cité qui surpasse par le nombre des habitants plusieurs des nations et royaumes qui se sont fait an nom dans l'histoire ^ — ne voudra-t^eile pas aussi se montrer digne de sa destinée? (Applaudissements). Non, elle ne restera pas en arrière. (Nouveaux applaudissements). Des révaions comme celles-ci ne laissent aucune incertitude , et répondent éloquemment k ceux qui disent que la Ligue travaille en vain, qu'elle se lassera de son œuvre, et que le monopole peu t dormir enpaixà l'ombre du mancenilier qu^il a planté sur le sol de la patrie. Oh ! qu'il ne cooipte pas sur un tel aveniri Si Teffort que nous faisons maintenant pour affranchir le conmierce , le travail et l'échange, ne suffit pas , nous en ferons on plus grand (acclamations) , et puis on plus grand encore. (Ton- Mrre d'applaudissements). Nous creuserons de plus en plos la mine sons le temple du monopole ; nous y amoncellerons de plus en plus les matières explosibles , jusqu'il ce que le Parlement en approche l'étincelle fatale, et que l'oiigneiUeox édifice vole en éclat dans les airs. Alors de libres relations txistenmi entre toutes les nations de la terre, et ce sera la gloire de l'Angleterre d'avoir ouvert la noble voie» S*il (allait des exemples pour prouver les fiitales conséquences du monopole, l'histoire aous en fournirait de toutes parts. Con-
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ftidéret k$ plus belles portions du globe. Vojfez rEspag^oe. Vous a?ek enlenda parler de ses fleuves , qui , selon les poètes, roulent des sables d*or; vous aveis entendu parler de ses riches vallées, de ses huiles, de ses vins el de ses trou* peaux ; vous avez entendu raconter ses gloires nsvales et mi^' litaires, alors que ses grands hommes, Biarcb&nt de conquétee en conquêtes « ajoutaient des mondes entiers aot domaines de ses souverains. L'Espagne ne manifesta pas moins sa supériorité intellectuelle par la voix de ses poètes , de ses fiibulistes et de ses romanciers. Et maintenant qu*est«-elle deve^ nue? Vainement elle a subjugué un monde , planté ses bannières au Nord et ali Sud des contwents américains^ acquis des iles innombrables, rapporté de rhémisphdre occidental des trésors qu'elle ne comptait pas, exereé en Europe une prépondérance k laqudle aucune nation n'était parvenue^ -^ Mais l'Espagne a adopté le système proUbitif etphiteeteiir, et la voilà plongée dans l'ignorance et la désolatton. (Applaudissements). Ses marchands sont des (hudeurs , ses négo^^ dants des contrebandiers; et ces grandes cités d'où s^âan» cèrent les Pi^arre et les Cortèz, voient l'herbe croîtra dans leurs rues et le lésard familier se réchauffer sur leurs murs. -^ Reportez maintenant vos regards vers une autre oomrée k qui la nature avait refusé tant d'avantages. Regardes Is Hollande , votre voisine. Son sol est placé au-dessous du niveau de la mer ; il n'a pu être arraché aul flots de TAtlantiqué qné par la plus haute intfMigence et la plus active industrie, unlM au plus ardent patriotisme. Mais la Hdiande à déoouvert lé secret de la grandeur des nations : la libortéi Pftr la Uberté da commerce, bientdt elle soumit, dompta, énchatua TEa^ pagiie; et tant qu'elle fut fidèle à ses principes, tant qu^ëllè et mît en pratique les doctrines de ses grande hdttt^ , elle devint , malgré ses étroites limites , assei influente
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pour être comptée parmi les plus puissantes associations humaines. Et voyez combien, dans des régions éloignées, la tradition porte haut le nom de la Hollande ! Parmi les importations récemment arrivées de la Chine , se trouve un exemplaire de la géographie enseignée dans les écoles du céleste empire. Gomment croyez-vous qu'on y décrit i*An* gleterre ? le voici : c L'Angleterre est une petite lie de TOcc cident, subjuguée et gouvernée par les Hollandais. > (Hilarité prolongée). D'après cette exhibition de Tétat de l'instruction en Chine, vous ne serez point surpris que l'Empereur ait été saisi d'une inconcevable stupéfaction, lorsque son commissaire Ke-Shcn lui apprit qu'un poignée de ces barbares avait mis en déroute la plus forte armée qu'il lui eût été possible de rassembler. Vous vous rappelez qu'il ordonna que Ke-I^en fut scié en deux quand celui-ci arriva avec ia malencontreuse nouvelle. Mais je ne doute pas qu'avant que la présente année ait fini son cours, une nouvelle géographie, ou du moins une édition revue et corrigée ne soit introduite dans les écoles du Royaume du Milieu. (Rires et applaudissements). — Portez maintenant vos yeux vers l'Italie; il n'est pas de pays plus fertile en utiles enseignements. Ses pieds sont baignés par la Méditerranée , tous ses habitants ont une commune origine, mais les uns sont livrés aux bienfaisantes influences de la liberté commerciale , tandis que les autres reçoivent les secours et la protection du monopole. Comparez la situation de la Toscane à celle des États Pontificaux. En Toscane , tout présente l'aspect d'une riante félicité. — Le ccBur s'y réjouit à la vue d'une population satisfaite, d'une moralité élevée, d'uncommerce florissant et d'une production toi^ours croissante ; car depuis le temps de Léopold, elle a été fidèle aux principes posés par cet admirable souverain. — Passez la frontière. — Entrez dans les États Romains.
C*est le même sol, le même dimat, le même soleil radieux et vivifiant; ce sont les mêmes puissances de production; les hommes s'y vantent d'une plus haute origine, et s'y. proclament avec orgueil les fils des plus illustres héros qui aieut jamais foulé la surface de ce globe. Je me rappelle avoir été introduit auprès du Pape par son secrétaire qui se nommait Publio-Mario. Il affirmait descendre de Publius-Marius , el il vivait, disait-il, sur les mêmes terres que ses ancêtres occupaient avant la venue de Jésus-Christ. (Rires). Et bien ! dans quel état est l'industrie de Rome? Pourriez-vous croire qu'à l'heure qu'il est, sous le régime protecteur, les Romains foulent la laine de leurs pieds nus, et que les moulins à farine sont d'un usage peu répandu dans les États du Pape infaillible. En fait, que faut-il entendre par l'émancipation du commerce ? Pourquoi combattons-nous ? pourquoi sommes-nous réunis? Nous voulons donner à tout homme, à tout ouvrier, à toute entreprise, les plus grandes raisons possibles de marcher de perfectionnement en perfectionnement. Nous désirons que les Anglais disent au monde : < Nous n'appréhendons rien dans la carrière où nous entrons. Nous ne demandons qu'à être délivrés des liens qui pèsent sur nos membres. Brisez ces chaînes; et nous, race de saxons, nous qui avons porté notre langue, la langue de Shakespeare et de Miltoa aux quatre coins de la terre ; nous qui avons enseigné le grand droit de représentation au monde altéré de liberté ; nous qui avons semé des nations destinées à nous surpasser notts-^mémes ea nombre, en puissance, en gloire et en durée, nous ne craignons aucune rivalité (bruyants applaudissements), pourvu, car il faut toujours en venir à cette simple proposition, que nous soyons libres de vendre aussi cher et d'acheter à ausH Um marché que nous pourrons le faire. (Applaudissements). Et quelle est, mes amis, la signi-
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ficationde oes magnifiques meetiogs, tels que eeliu auquel je m^adreaae T Ih aiguifient qu« wns avez compris oe langage du premier ministre de la Gande-^Bretagne; que vqus ne souffrirez pas que 66 langage se dissipe aux vents comme une oiseuse théorie qui ne doit être Théritage de personne ; que vous Tavei relevé; que vous avez conquis sir Robert Peel ; que vous lui ferez de sa dédaratien un cercle de fer (applaudissements); que vous réclamerez du Parlement d^Angléterre, an^edans de Tenceinte législative, la même vigueur, la même énergie que le peuple déploie au-debors, (Applaudissements). Mes amis , on dit que dans cette Chambre des Conununes , nous ne sommes qu^une minorité désespérante. Mais, Ih aussi, il y ei) a pjusieurs qui ont rendu d'admirables services h la cause populaire, dont Ténergie n^ jamais fait défaut , dont les voix n*ont jamais été étouffées, dont les votes ne se sont jamais égarés, et qui en appellent toujours ii vous pour marcher , sans cesse et sans relâche , vers le noble but placé a» bout de sa carrière. (Applaudissements), Mais après tout, mes amis , nens ne sommes , nous, que le petit nombre, et vous, vous êtes le grand nombre, et c'est k vous de décider s*U appartient aux intérêts, à la voix, à la volonté du grand nombre, de prédominer , ou si la Chambre continuera à rester aveugle, sourde, insoucieuse et indifférente à la détresse qui rentoure de toutes parts. En ce qui me concerne , je nourris dans mon eoeur des espérances plus hantes et plus eonso^» lantes, car je crois fermement que Ténergique vokmté de ^Angleterre n'a qu'à se déclarer, comme elle le feit en ce moment , pour que tohte résistance s'évanouisse. (L'orateur reprend son siège at| bruit 4es applaudissements enthoo* siastes).
VM. Elphinstone, Burnbt et Heyivoth se font
ou l'âgitatiom anglaise. 87
UQdre; une prodamation au peuple est votée à Tuiia* maùiéj et la «éa^e esl levée à dû bénies.
MBBtlflG HBBBOVADAIRB BB LA LIQUB.
96 avril itMS.
L'affluence est aussi considérabfe que dans les préeédentes occasions. On remarque dans rassemblée plusieurs des membres les plus respectables de la société des wesleyens.
A sept heures, le président, M. Georges Wilson, outre la séance. Il expose les travaux et les progrès de la Ligue depuis la dernière réunion. — Nous avons distribué , dit-il , des plis contenant douze brochures (iraeis) , à chacun des électeurs de 160 bourgs et de 24 comtés. — Pendant la lecture de la liste de ces bourgs et comtés, l'assemblée applaudit avec véhémence, pricipalement quand il s'agit de circonspections électorales placées sous l'influence de l'aristocratie. — Le président annonce que ce système de distribution sera étendu à tout le pays, jusqu'à qu'il n'y ait pas un seul électeur dans tout le royaume qui ne soit sans excuse, s'il émet un.vote contraire aux intérêts de ses concitoyens. — Depuis notre dernière réunion , de nombreux meetings ont eu lieu auxquels assistait la députation de la Ligue, lundi à Plymouth, mardi à Devonport , mercredi è la vistock , jeudi à Devontport» samedi à Liskeard, dans le comté de Gornouailles. En outre, mardi, les ouvriers de Manchester ont donné
une soirée à laquelle assistaient quatre mille personnes, et qui a eu lieu dans les salons de la Ligue {free-trade hall). Elle avait pour odjet la présentation d'une adresse à M. Gobden. Jeudi il y a eu meeting à Sheffield, vendredi à Wakefield, lundi à Macclesfield. Il y a eu aussi des réunions dans le Chesshire et dans le Sunderland, présidées par les premiers officiers municipaux , et j'ai la satisfaction d'annoncer qu'elles seront suivies de beaucoup d'autres. — C'est le 9 mai prochain que M. Pelbam Villiers portera à la Chambre des communes sa motion annuelle pour le retrait des lois-céréales. (Bruyantes acclamations). Des délégués de toutes les associations du royaume. affiliées à la Ligue, seront à Londres pour surveiller les progrés de notre cause pendant la discussion (^). — La parole est au Révérend Thomas Spencer. (Applaudissements).
M. Spencer : Je n'ai jamais porté la parole devant une aussi imposante assemblée, quoique je sois habitué aux graudes réunions, ce dont je me félicite en ce moment ; car si je n'étais enhardi par Texpérienee, le courage me manquerait en présence d*un tel auditoire. Je me présente ici comme un témoin indépendant dans la lutte entre la classe manufacturière et la classe agricole. Je n'appartiens ni k Tune ni à l'autre. J'ai observé la marche de toutes les deux, sans intérêt
(') On compreodra aisément et j*ai senti moi-même que ces brèves analyses ôtent au compte-rendu des séances ce que les détails leur donnent toujours de piquant et quelquefois de dramatique. Obligé de me borner, j*ai préféré sacrifier ce qui pouyait plaire à ce qui doit instruire.
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personnel dans leur conflit ; je n'ai de préférence pour anenne, et je respecte dans tons les partis les hommes bien intentionnés. C'est pourquoi j'espère que ce meeting me permettra d^exposer ce qui est ma conviction sincère dans cette grande lutte nationale. (Approbation.) — JTai observé depuis son origine les procédés de la Ligue ; j'ai entendu beaucoup de discours, j'ai lu beaucoup d'écrits émanés de cette puissante association, et, du commencement à la an, je n'y ai rien vu qui ne fût juste, loyal et honorable ; rien qui tendit le moins du monde à sanctionner la violence, et quoiqu'on ait accusé les membres de la Ligue de vouloir ravir la protection, aux fermiers, tout en la conservantpoureux-mémes, jedois dire que je les ai toujours entendus repousser cette imputation, et proclamer qu'ils n'entendaient ni laisser profiter personne ni profiter eux-mêmes de ce système de privilèges. (Applaudissements.) Spectateur désintéressé de ce grand mouvement, je me suis eflbrcé de le juger avec impartialité d'esprit, et de rechercher s'il portait en lui-même les éléments du succès. — J'ai vu naître des entreprises qui ne pouvaient réussir, et des projets placés sous le patronage de préjugés que le tempsdevait dissiper* — Mais quant à cette grande agiiation^ j'aperçois clairement qu'il est dans sa nature de triompher, et je vous en dirai la raison. Je vois des changements dans mon pays, et l'histoire m'enseigne qu'il ne recule pas, mais qu'il avance; qu'il ne se modifie pas dans un sens rétrograde, mais dans un sens progressif. Sans remonter bien loin, dans mon enfance on ne connaissait ni l'éclairage au gaz, ni les bateaux à vapeur, ni les chemins de fer, et maintenant le gaz illumine toutes nos rues, la vapeur parcourt toutes nos rivières, les rails sillonnent toutes les provinces de l'empire. (Applaudissements.) Dans mon enfance, un catholique romain, quelles que fussent sa bonne foi et ses lu-
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inières,ne pouvaitenirer au Parlemeni,il a^eo esl pas de même aujourd'bQi; dans mon enfaoce,Biil ne poavaiiélre chai^ d^uoe foncUoD publique, s'il n'avait reçu les sacremeote de rÉglise établie, il n'en est pas de même s^u)Ottffd*h«i; àdm mw enfonce, aucon Anglais, n'importe ses scrupules, ne pouvait être marié que par un ministre de eelte Eglise, il n'en est pas de même aujourd'hui. (Applaudissements.) De cette progression, qui n'est pas, si l'on veut, arithmétique oa géométrique, mais qui certes est une progression inteUecInelle, politique et nationale, je tire cette conclusion, que nw-seulen^ent d'autres progrès nous attendent, mais qu'on en pourrait presque calculer la rapidité. Le temps passé élutt donné, on pourrait presque dire ce que sera le temps qui le snîL En astronomie, des savants avaient remarqné dans te système solaire un mystère qui leur semblait inexplicable : ils avaient vu que les dislances du soleil aux planètes étaient enlie eUes comme des nombres harmoniques, sauf qu'il y avait dans In série «ne lacune qui leA confondaiL A tel point dn ciel„ di«<saienl-ilsi, il devrait y avoir une planète. — Et en tf et, les astronomes modernes, armés de plus puissante télescopes, ont découvert à la place indiquée quatre petites pianèles qfà complètent la série des nombres harmoniques et proorvent k justesse du raisonnement qui avait soupçonné leur existeMe. Et moi je dis qu'en considérant la série des progrès dans les affisiires humaines, j'y yoîs aussi uneplace vide, quelque chose qui manque, et jugeant par le passé, je dis que si le principe de la liberté des transactions est vrai, il doit triompher. (Applau* dissemeots.) J'ai une autre motif pour espérer ce triomphe : quiconque est engagé dans une grande entreprise doit avoir foi dans le succès, sous peine de sentir ses mains faiUir et ses genoux plier. C'est Ik d'ailleurs un résultat qu'il est dans les lois de la civilisation d'amener. Plusieurs personnes agitaient.
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il y a quelque temps, la questioD de savoir si la civilisation était favorable an bonheur de rhomme ; quelques-nnes se jMt)noncaie&t pour la négative. Je lenr demandai ce qo'elles rateodaient par cM^tlbalûMi, et je découvris, bien plus, elles avouèfent qu'elles avaient donné k ce mot une interprétation erronée* Il y a plusieurs degrés de civilisation : si vous en* soignes k in sauvage qudque chose des moeurs de la vieille Europe, il mettra probablemeot son honneur dans ses véte^ ments; il s*adonnera à la mollesse, aux liqueurs spiritneuses, et votre civilisation Hii donnera la mort. Il en sera de même si vous prodigues Tor a un indigent Msns regardez dans les rangs élevés de la société; considérez un membre de vos no* blés iSuntllas, qui toute sa vie a été accoutumé à ces jouissan** ces ^ k ce luxe, et remarquez cet autre niveau de civilisation qui prévaut dans les classes supérieures; et, k cet égard, je puia dire avec sincérité que Taristocratie anglaise donne un grand et utile exemple k toutes les aristocraties du monde ; elle les a doraieées de bien loin dans hi saine entente de la vie dvilisécu Les lords d* Angleterre ont alMmdonné Torgueil des vêtements, et ils ont jeté leurs livrées k leurs domestiques; fuyant la moUesse et les excès, ils couchent sur la dure et ont introduit la sîmpticitésur leurs tables; ils ont renoncé aux excès de la boisson. Plus vous vous élevez dans Téchelle sociale, plus vous trouverez que les hommes agissent sur ce principe,deconserver un esprit sain dans un corps vigoureux. Le bonheur de Thomme ne consiste pas dans les jouissances des sens, mais dans le développement des ftcultés physiques, intellectuelles et morales, qui le rendent capable de foire du bien pendant une longue vie. (Applaudissements.) S'il est dans la nature de la civilisation détendre k tout simplifier, qu'y at4l de plus simple, en matière d'échanges, que la liberté ; et si l'Angleterre est le pays (lu monde le plus civilisé, ne dois^je
pas iD*aUendre à voir, dans un temps prochain, ce grand résultat da progrès, la simpUficationj s'introdaire dans nos lois commerciales ? Il est une autre chose qui doit résulter anssi duprogrès de la civilisation, et c'est que le Parlement se rende un comple plus éclairé de sa propre mission. Les membres du Parlement, dans les deux chambres, ont blâmé, et quelquefois dans un langage brutal, les ministres de la religion, pour avoir pris part k cette agitaiion au sujet d'une chose aussi temporelle, disent-ils, que les lois-céréales. Ils demandent ce qu'il y a de commun entreces lois et le saint ministère; mais ils savent bien que tout être humain qui paye une taxe, et qui travaille pour subsister, est profondément affecté par ces lois; ils savent bien que tout homme qui aime son frère, et qui voit ce qui se passe dans le pays, est tenu en conscience de prendre partk cette grande agitation. (Approbation.) Eh quoi ! les ministres de la religion n'ont-ils pas été spécialement appelés à considérer cette question? et la lettre de la reine, qui leur a été envoyée pour être lue dans toutes les paroisses, ne leur en fait-elle pas, pour ainsi dire, un devoir? (Approbation.) Cette lettre, que je dois moi-même lire dans l'église de ma paroisse, établit qu'une profonde détresse règne sur les districts manufacluriers, que celte détresse a pour cause la stagnation du commerce, et elle provoque des souscriptions pour subvenir aux besoins des indigents. Certes il n'appartient pas à un être intelligent, après avoir appris queladétresse pèse sur son pays, de rentrerdans l'inaction sans s'inquiéter des causes qui l'ont amenée. L'Écriture nous dit : c Occupez votre esprit de tout ce qui est juste, vrai, honnête et aimable. » Mais pourquoi en occuper votre esprit? Qui voudrait penser, sans jamais réaliser sa pensée dans quelque effet pratique ? S'il est bon de penser, il estboD d'agir,et s'il est bien d'agir, il est bien de se lever pour pren-
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dre part à ce grand mouvemeni. (Bruyantes acclamations.) Je sais enclin à croire que les personnes, dans Tune et l'autre chambre, qui accusent les ministres de la religion de sortir de leur sphère pour s'immiscer dans cette agitation, sont à moitié envahies par les erreurs du Puséisme. (Applaudissements.) Le Puséisme établit une profonde démarcation entre Tordredu clergé et les autres ordres, distinction injuste et indigne de tout esprit libéral et éclairé. Ne voyez-vous pasd'ailleurs que le même argument par lequel on voudrait m'empécher d'intervenir, servirait également à prévenir Tintervention de toute autre personne, k moins qu'elle n'intervint du côté du monopole, auquel cas on est toujours bien reçu. (Applaudissements prolongés.)N'ont-ils pas dit, dans leurs assemblées, que M. Bright n'avait que faire de parcourir et d'enseigner le pays, et qu'il ferait mieux de rester dans son usine? n'en ont-ils pas dit autant des dames qui assistent à ces réunions? Avec cet argument, il n'est personne qu'ils ne puissent exclure de toute participation k la vie publique. Nous avons tous un emploi,une profession spéciale; mais notre devoir n'en est pas moins de nous occuper en commun de ce qui intéresse la communauté. Je crains bien que le Parlement ne cherche k endormir le peuple par cette argumentation. Et loi aussi a sa mission spéciale qui est faire des lois pour le bien de tous; et lorsqu'il fait des lois au détriment du grand nombre, ne peut-on pas lui reprocher de se mêler de ce qui ne le regarde pas? Ce n'est pas le clergé dissident qui sort de sa sphère, c'est le Parlement. Nous supportons le poids des taxes, en temps de paix comme en temps de guerre ; nous partageons les souffrances et le bien-être du peuple. Nous sommes donc justifiés dans notre résistance; mais le Parlement n'est pas justifié lorsqu'il entrave le commerce et envahit le domaine de l'activité pri^ vée. (Applaudissements.) Lorsqu'il intervient et dit : c Je con^
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c nais ks intérêts de cet homnie Biîeux ifâ'il ne les connaît € lui-même ; Je lui preserirai sa nourriture et ses yétements, € je m'enquerrai du nombre de ses enfants et de la manière 4 dont il les élève (applaudissements prolongés), » les ci* toyens seraient fondés k répondre : c Laissez^nous diriger < nos propres affaires et élever nos enfants, ces choses^ ne € sont point dans vos attributions; autant vaudrait qve nons € nommions aussi des commissions d^enqnête pour savoir c si les membres de Taristocratie gouvernât convenable- € jnent leurs domaines et leurs famiHes. » Mais c'est là on jeu dans lequel le droit n*est pas plus d*un côté que de l'autre. Que Taristocratie sache donc qu*il ne lui appartient pas de restreindre les échanges et le commerce de la nation.
J*ai dit que je me présentais comme un témoin indépen-^ dant et impartial dans cette lutte entre les intérêt manuAioturiers et les intérêts agricoles; mais je déclare que, dlms ma conviction, ces intérêts, bien compris, ne font qu'un. Ce qui affecte Tun affecte l'autre.
Supposez qu'il n'y eât au monde qu'une seule iamille. Un des membres laboure la terre, un autre garde et soigne les troupeaux, un troisième confectionne les vêtements, etc« — Si, pendant que le laboureur porte la nourriture au berger^ il rencontre des entraves et des taxes, ne regarderiez^vous pas ces taxes et ces entraves comme un dommage peur tonte la famille? Tout ce qni empêche, tout ce qui retarde, tout ce qui entraine des dépenses, est une perte pour la commu^ nauté. Le même raisonnement s'applique aux nations quelles qoe soioit la multiplicité des professions et la comfdication des intérêts.
En ce qui concerne l'état actuel de ce pays, vous avez été infèrmés par ube haute autorité, par un ministre d'Elat qne la misère, le paupérisme et le crime régnaient s«r cette teire
ou l'agitation anglaise. 95
désolée. (Tefit Ir celai qui ddmet Tetistence de ees matii k prouver que la Ligne en méconnaît la cause lorsqu'elle les attribue à cette législation qui s'interpose entre l'homme et l'homme ; lorsqu'elle aflBrme que la liberté du commerce entraînerait l'augmentation des salaires, que l'augmentation des salaires amènerait la satisfaction des besoins et la diffusion des connaissances, et enfin que l'extinction du paupérisme serait suivie de l'extinction de la criminalité. (Applaudissements). Si la Ligue a raison, que la législation soit changée; si elle a tort, que ses adversaires le prouvent.
Je sais qu'il est de mode de railler les manufacturiers et leur prétendu égoîsme ; de dire qu'ils exploitent à leur profit des milliers d'ouvriers. J'ai visité les districts manufacturiers aussi bien que les districts agricoles, et je demande quela sont ceux qui fournissent les cotisations les plus abondantes quand il s*agit d'une souscription nationale? Où recueillent» on 1,0001. s. dans une seule séance? A Manchester. J'ai dans les mains la liste de plusieurs individus qui donnent 65 liv« par an aux nissioas étrangères, c'est-à-4ire de quoi entretenir un missionnaire. Je ne vois rien de semblable dans les districts agricoles, je ne connais aucun gentilhomme campagnard qui maintienne 2i ses frais un de ces hommes utiles qui s*expatriem pour fiiire le bien. La semaine dernière, j*ai visité one des grandes manubclures dé Bolton, et je n'ai jamais rencontré Uulle part une sollicitude plus éclairée pour le bien-être, Tinstruction et le bonheur des ouvriers.]
L'orateur continue à examiner le système restrictif dans ses rapports avec l'union des peuples, et termine au milieu des applaudissements.
M.Ewàrt et M. Bright prennent successivemeni la
parole. Ce dernier rend compte des nombreux meetings auxquels il a assisté dans les districts agricoles.