L'AGITATION EN ECOSSE
Nous croyons devoir donner ici un compte rendu succinct des travaux de la Ligue en Ecosse, du 8 au 18 janvier 1644.
Rien ne nous semble plus propre à donner une idée de la puissance de l'association , de la vie politique qu'ette fait circuler dans le^orpa mci^i , et doMn influence sur la diffusion des lumières^ Commuât m pas admirer rnciiviié prodigieuBe, le dévouement infatîgaUe des Cobden, <tes firi^^des Thompson ? fit quel
est le but de tant d'efforts? propager , valgariser un grand principe.
Nous aurions pu choisir tout autre semaine de l'année : elle nous aurait montré la même énergie. On devinera aisément pourquoi nous avons préféré suivre la Ligue en Ecosse. — Il existe en France un préjugé contre les économistes Anglais. On y est imbu de l'idée que s'ils proclament le principe de la liberté commerciale, s'ils paraissent même travailler à la réaliser dans la pratique, tout cela n'est que ruse, hypocrisie, machiavélisme. On répète contre l'agitation commerciale ce qu'on a dit contre l'agitation abolitionisle. Ce sont des démonstrations, dit-on, qui cachent un but secret et funeste aux intérêts des nations. Le caractère écossais est beaucoup moins impopulaire, et c'est le motif pour lequel j'ai, de préférence, rendu compte de l'agitation en Ecosse. On sera peut-être bien aise de voir comment sont accueillis les principes de la liberté du commerce sur cette terre loyale, parmi ce peuple éclairé, qui a le premier entendu la grande voix d'Adam Smith.
CARLISLB.
Extrait du Carlish Jaumaij S janvier iS^.
Lundi soir, 8 janvier, il y a eu un thé à la salle de l'Athénée. L'objet de cette réunion était de recevoir une députation du conseil de la Ligue, et d'activer la souscription nBi\onBie{ih9haguefundofL $. 100,000).
ou l'agitation anglaise. 153
Le meeting à commencé à six heures, sous la présidence de M. Joseph Fergusson. Vers huit heures, M. John Bright, m. P., est entré dans la salie et a été reçu par des applaudissements enthousiastes. On remarquait dans cette réunion les principaux négociants et manufiicturiers de la cité, et un grand nombre de dames.
Le président , après avoir exposé l'objet de la réunion , donne la parole à M. Brigbt.
M. Bright s'exprime avec sa vigueur et son éloquence accoutumée. Le cadre que nous nous sommes imposé ne nous permet pas de donner ici ce remarquable discours.
M. Pierre Dixon soumet au meeting la résolution suivante :
€ Le meeting exprime son inaltérable confiance en la Li- < gue, et s'engage k Taider de tous ses efforts dans sa grande c lutte pour la liberté commerciale. >
Nous remarquons dans le discours de M. Dixon le passage suivant :
€ J*ai été grandement désappointé par le bill de réforme électorale qui a tant agité ce pays. Nous avons eu un Parlement réformé, et qn*a-t-il fait? Au lieu de veiller aux intérêts des masses, les représentants n'ont paru s'occuper que de leurs propres intérêts. Qu'a feit lord Grey, si ce n*est procurer des places k ses cousins? (Rires, écoutez). Nous lui devons sans doute le bill de réforme, mais on en a fait un mauvais usage, et cette mesure m'a, je le répète, extrémepient désappointé. Mais pendant que \e Parlement oublie les souf-
frances da peuple, Ik ligœ s*e8l levée p«re de tout eq^ril de parti CV8treq[>rit de parli ^ rvîiie le pays, A nouaveMNie d^Mlendre les membres de la Ligue déclarer leur ferme délermmatioD d*eo finir avec ioutes oes qeeaiioBs de fiacliew ei de «perseanes. Le bon seas ec la vérité prévaudront Aeux appartient l'empire du monde. Je sens une profonde reconnaissance envers ces hommes qui sacrifient généreusement leur temps et leur tranquillité à Tavancement de notre cause. A peine M. Bright a-t-il vu ses foyers depuis un an. Nous ne saurions trop honorer de tds services, puisqu'ils sont audessus de nos forces. »
autres ojrateurs se font entendre. ^ A la fin de la séance , on procède à la souscription. Elle s'élève à 403 1. s. — Nous remarquons sur la Uste M. Marsbal, m. P., pour 401. s.