TOUS PEUX
Je suis enflé ,
Mais très-enflé, '^
TOUS DEUX se regardant.
Je ne m'en doutois pas. ( bis» )
RICCO
Comment! je suis^enflé moi? Coco-Ricco me trouves-tii
ciiaRgé ?
Ah mon dieu ! pas du tout. Et moi , papa Ricco , suis-je grossi.
Je ne m^eu apperçois pas, mon fils; je vois bien que ton j habit est trop étroit pour la taille, mais du reste...
NI c o L E.
Vous allez voir que ce sont vos habits qui se sont rétrécis? A-t-on jamais vu les habits changer de forme tous seuls,
Elle a raison.
Je sais feen ça 5 mais si papa étoit enflé, je le verrois I peut-être?
NICOLE
Comment, est-ce que vous ne trouvez pas monsieur, 1 prodigieusement grossi.
Pas du tout.
"V A IJ D E V I li L E; i3
Et V0U5 , monsieur , est-ce que monsieur votre fils ne vous paroit pas rond comme une cuve ?
Ma foi... il me semble aussi fluet qu'à son ordinaire.
NICOLE
C'est incroyable ! il faut que vous ayez les jeux malades comme le reste du corps.
Tâtez moi donc , papa !
R I c c o 5 le tâte.
Son corps tient presque dans mes deux mains comme
hier.
coco — RICO G.
Pardi, et moi, je vous tiens presque dans les mieimes.
NICOLE
Je vous crois bien.... vos mains ont chacune au moins six aunes de long et sont grosses en proportion.
Mes mains ont six aunes de long ?
Ah mon dieu î mais est-ce que ça seroit vrai !
NICOLE
Si vous ne me croyez pas.... regardez-vous dans ce miroir.... vous jugerez.
Elle leur donne un miroir, coco-«.icco,^ie regardant.
Ah ! mon dieu ! papa ! elle n'a que trop raison ! je me suis fait peur.
R l c c o, ^e regardant.
Ah! grand dieu je suis plus gros qu'un bœuf.
.^'"^r^-'—'-'^y^ Air : On compteroit les diamans, ^ ^«^l\^ Si vous trouvez dans ce miroir î^4^[[jV>Lf Des défauts à votre visage ,
Cela doit bien vous faire voir
La vérité de mon langage ;
Car le miroir est merveilleux
Pour embellir une figure ,
Toujours il déguise à nos yeux
Los disgrâces de la nature.
Arrhiuac W^k \^ \ -^ ^^ n •
Comment! je suis plus laid que je ne le parois là-dedans.
NICOLE
Beaucoup .. Me croirez-vous à présent ? Pourquoi doutiezvous de ce que Je vous disois; est-ce que je suis intéressée à vous faire croire que vous êtes malades ?
R I c c o tombe dans un fauteuil.
C'est singulier, tout enflé que je suis, je tiens sans gêm dans ce fauteuil-là !
C'est pourtant un fauteuil ordinaire.
C'est là un fauteuil ordinaire! ali! messieurs, dans quel étai vous êtes 1 prendre pour un fauteuil le plus grand canapé qu'il y ait dans la maison.
Cà, un canapé ! ali mon Dieu !
Goco-Ricco tremblant,
A ce compte-là, la fille , il ftiut que nous soyons dans une fière chambre ; car elle me paraît grande malgié mon infirmité.
Que faire donc ? Ma bonne amie, je vous en prie, ne noua abandonnez pas.
Ma foi , messieurs , le plus court parti serait d'envoyei chercher un médecin.
La fille, je vous payerai bien, soyez de bon compte avec nous.... Est-ce que tous ceux qui couchent chez vous sont attaqués de la même maladie ?
NICOLE
Ivon, monsieur 5 je vous jure que c'est la première fois.
R I c c O5 s^ agitant un peu.
Effectivement, la fille, je me sens mal à mon aise.
NICOLE
PaiMi, je le crois bien, vous enflez à vue d'oeil 5 je vais jii^occuper de vous envoyer du secours.
GOCO-RICCO.
Vous ne vous en repentirez pas. 7 ,.?.
JVicole son, et rit en détournant la tête.
V A U D E V I îi L E. iS.