‹ Code de l'enseignement primaire obligatoire et gratuitChapitre 102 sur 217 · TROISIÈME PARTIE. -- CHAPITRE DIXIÈME · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. -- CHAPITRE DIXIÈME

t-il? Mais c'est bien moins, permettez-moi de vous le faire remarquer, un examen qu'une enquête. S'agit-il donc ici d'un examen anologue au baccalauréat, même au certificat d'études, où les enfants viendront concourir, où il faudra qu'ils obtiennent un certain nombre de points? S'ils ne répondent pas, si ces pauvres petits perdent un peu la mémoire, lorsqu'ils se verront en présence de ce petit jury si paternel pourtant., estce qu'on leur donnera zéro, pour qu'ils retombent alors sous le coup des derniers paragraphes de l'article 16, l'examen étant déclaré insuffisant? Eh ! Messieurs, vous nous prenez pour des fous, si vous pensez que nous voulons mettre le paj-s à un pareil régime? — Il n'y aura aucune analogie, ou si vous aimez mieux, la procédure de cet examen et celle des examens ordinaires, ce sera, je le répète, une enquête autant qu'un examen. Et lorsque l'enfant troublé n'aura pas répondu, ce qui souvent arrive aux enfants de neuf à dix ans qui ne sont pas accoutumés aux écoles publiques et aux examinateurs, la commission, le jury s'entourera de tous les renseignements possibles, on lui apportera les devoirs, les cahiers de l'enfant. Que rechercherons-nous en définitive? La vérité sur le caractère et le sérieux de l'éducation donnée dans la famille. — Eh bien, si vous établissez devant le jury, même en lui amenant un enfant à qui sa timidité ferme absolument la bouche, si vous établissez que cet enfant, élevé dans la famille, y reçoit une instruction sérieuse qui n'est pas trop au-dessous des connaissances qu'on est en devoir d'exiger d'un enfant de son âge, l'examen sera jugé suffisant et le dernier paragraphe ne sera pas applicable — M. Bu(l'et : o Où est donc la garantie? — M. de Racigiian : « Qui est-ce qui le dit? — M. Honnoré : « C'est le bon sens qui le dit. — M. de Broglle : u C'est une garantie de paroles. — M. le Ministre : « La garantie, elle est dans les règlements du conseil supérieur, elle est dans la sagesse de l'Université, elle est dans le bon sens du gouvernement et de l'administration. Je vous marque d'une manière générale le caractère de cet examen : il ne porte pas, comme je vous le disais, sur des points précis et exclusifs. Il n'interdit pas à l'examinateur de se préoccuper des épreuves antérieures ou des preuves qui lui sont fournies d'autre part, soit des cahiers rédigés par l'élève, soit des témoignages établissant que l'instruction est sérieusement donnée dans la famille. Tout

cela peut rentrer dans cette sorte d'enquête que nous appelons un examen. Et qui vous dit que cet examen mettra côte à côte, — c'est cette hypothèse qui tout à l'heure excitait votre indignation, — vos enfants, les nôtres, avec les petits vagabonds? Qui vous dit cela? Mais cet examen, il n'y a aucune raison, il n'y a aucune prescription de la loi ni du bon sens qui exige qu'il soit public. L'examen du brevet de capacité pour les filles, vous le savez bien, n'a pas lieu devant le public ; il est passé devant les mères de familles et les maîtres. Il en sera de même de cet examen des petits enfants. Tous vos tableaux sont de pures fantaisies, et vous cherchez par toutes ces prosopopées à exciter dans le pays une indignation que vous ne parviendrez pas à y soulever. — Messieurs, on a aussi parlé du jury et l'on a émis cette prétention que la famille avait le droit de compter un représentant au sein du jury d'examen. — M. de Broglie : » C'est l'avis de M. le président. — M. le ministre: - Mais où puise-t-on ce droit ? Est-ce que toutes les fois qu'un canilidat se présente à un de ces jurys quelconque de plus en plus nombreux, qu'on

constitue dans ce pays, il a le droit d'exiger qu'on place

parmi les juges son maître, son professeur, son avocat, comme on l'a dit dans l'autre Chambre ? — Messieurs, vous demandez là une exception absolument contraire à tous les principes de notre législation scolaire, à toutes les traditions de nos examens. Ce qu'il faut considérer, c'est la composition du jury lui-même. Si les trois personnes que nous indiquons : l'inspecteur primaire ou son délégué, le délégué cantonal et une personne munie d'un diplôme universitaire ou d'un brevet de

capacité, — si ces trois personnes sont bien choisies

— M. Buffet : « Et si elles sont mal choisies ? — M le ministre : « Comment voulez-vous qu'elles soient mal choisies ? Qui peut les bien ou les mal choisir ? Qui peut les choisir dans un sentiment hostile à tel ou tel enfant ? Ce sont des terreurs imaginaires. On a établi un jury restreint, composé de trois personnes, parce que l'examen ne peut pas avoirni le caractère, ni les programmes, ni la solennité, ni les conséquences des autres examens. On a pris l'inspecteur primaire, parce que c'est lui ei non pas la commission scolaire qui doit avoir la direction de cette épreuve. On a pris le délégué cantonal, parce qu'il représente à la fois les familles, l'intérêt et le sen-

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