‹ Code de l'enseignement primaire obligatoire et gratuitChapitre 126 sur 217 · QUATRIÈME PARTIE. — ANNEXES · texte numérisé non relu

QUATRIÈME PARTIE. — ANNEXES

Nous VOUS prions de considérer qu'il n'y a aucun inconvénient à voter, en quelque sorte, par chapitre, le code de l'enseignement primaire; que le chapitre de robligation, pas plus que celui de la gratuité, ne constitue une partie indivisible de la loi organique, qu'il forme à lui seul une matière distincte; tandis qu'en l'associant aux vicissitudes que peuvent rencontrer les autres parties de l'ensemble dans leur passage à travers les deux Chambres, on risque de différer trop longtemps encore la réalisation d'une réforme attendue, urgente et populaire. On peut dire de l'obligation, comme de la gratuité, qu'intéressant de la façon la plus directe et la plus efficace, la propagation de l'enseignement élémentaire, appelées à concourir énergiquement, dès le jour même où elles auraient passé dans la loi, à la formation du capital intellectuel de sa nation, tout le retard qu'elles subissent est une perte sèche pour l'avenir, et que nous n'avons pas le droit de les faire attendre.

La question qui vous est soumise par le projet de loi est donc avant tout une question de méthode ; elle se pose sur le terrain des faits, de l'expérience acquise, sur la considération du temps écoulé et de la carrière qu'il nous reste à parcourir jusqu'à la fin de la présente législature, carrière visiblement surchargée. Ce projet est une précaution contre les longueurs et les incertitudes du travail parlementaire, et vous adopterez l'ordre de travail qu'il vous suggère, si vous êtes convaincus, comme nous, qu'il vaut mieux aboutir partiellement et successivement, en donnant le pas aux questions les plus pressantes, à celles sur lesquelles l'accord est le plus facile à obtenir, que de les aborder toutes ensemble, au risque de tout laisser à la moitié du chemin.

Quant au fond de la question, tout a été dit, agité, réfuté. Nous craindrions de commettre un anachronisme en nous arrêtant à cette heure aux sophismes surannés qu'on opposait autrefois au principe de l'obligation. Ces

objections ont été jugées par ceux-là mêmes dont elles avaient le plus longtemps abrité la résistance. C'est M. Guizot, l'homme de nos jours qui avait combattu avec le plus de persévérance et d'autorité le principe de l'obligation — celui qui l'avait exclu de la grande loi de 1833 — celui qui l'avait attendu pendant quarante années, c'est M. Guizot qui disait, en 1872 :

« Ilpeutarriverquel'état social et l'état des esprits rende l'obligation légale en fait d'instruction primaire, légitime, salutaire et nécessaire. C'est là que nous en sommes aujourd'hui. La France et son Gouvernement ont raison d'accueilhr ce principe en y attachant des garanties efficaces pour le maintien de l'autorité paternelle et de la liberté des consciences et des familles. »

Ces « garanties » que demandait l'illustre écrivain sont tellement dans la pensée de tous, elles sont tellement inhérentes à l'idée même de l'instruction obligatoire, qu'elles se retrouvent identiquement, en quelque sorte, dans tous les projets présentés aux Chambres depuis dix ans. Sur d'autres points, ces projets diffèrent profondément : en celui-là, ils se confondent. Est-il besoin de rappeler que l'instruction obligatoire n'a rien qui ressemble à l'école obligatoire ? que si le but est fixé, les moyens sont Hbres ? que la seule obhgation imposée à l'enfance est d'acquérir le minimum de connaissances que la première loi de 1791 appelait si bien « les parties d'enseignement indispensables pour tous les hommes?» et qu'enfin l'on n'empiète ni sur la liberté du père de famille, ni sur celle de l'enfant, en déniant à celui-ci le droit à l'ignorance, en refusant à celui-là la liberté illimitée de l'exploitation ?

Faut-il attacher plus d'importance à une objection d'un autre ordre, tirée de la considération des résultats obtenus sans le secours de l'obligation ? Nous ne le pensons pas.

Sans doute, de grands progrès se sont accomplis sous

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