‹ Code de l'enseignement primaire obligatoire et gratuitChapitre 20 sur 217 · TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

TROISIÈME PARTIE. — CHAPITRE PREMIER

par exemple, les philosophes de l'école utilitaire partent du principe de l'utilité pour arriver au devoir et au dévouement (Bruit et interruption à droite)... — Est-ce que vous croyez que nous allons donner aux petits enfants une revue des opinions de Kant, de Bentham, de M. Herber Spencer? Est ce qu'il sera question de cela dans l'école primaire ? — M. Buffet. De quoi sera-t-il question alors ? — Le Ministre. Il sera question des vieux préceptes que nous avons tous appris de nos mères et de nos pères, quand nous étions enfants (Très bien! très bien ! à gauche). Il sera question du respect des parents, de l'obéissance aux parents; il sera question des nombreuses applications de ce précepte qui résume toute l'éternelle morale: « Ne fais pas à autrui ce que tu ne voudrais pas qu'on te fit à toi-même »

V Nous disons que l'instituteur, non dans les leçons ex-professo — il n'y en a pas et il ne peut pas y en avoir à l'école primaire sur la morale — mais dans l'intimité quotidienne du maître et de l'élève, dans les plus simples devoirs, dans les conversations qui se tiennent à l'école et hors de l'école, dans les récréations scientifiques, dans les promenades géologiques, dans tous ces petits exercices à la fois hygiéniques pour le corps et salutaires pour l'esprit, que nous cherchons à développer, à faire entrer dans la pratique des écoles primaires, nous disons que l'instituteur enseignera quoi? Une théorie sur le fondement de la morale? Jamais, Messieurs, mais la bonne vieille morale de nos pères »

« Qu'est-ce qu'on a dit dans le congrès des instituteurs, sur la morale? On a dit une chose parfaitement juste; on a posé, en principe, à une très-grande majorité, que l'enseignement moral devait être séparé de l'enseignement confessionnel... Ensuite, on s'est expliqué sur la! nature et le caractère de cet enseignement moral; e^., à ce sujet, qu'est-ce que je trouve dans tous les cahiers ? La réponse même de l'expérience. At-on demandé un enseignement moral philosophique, touchant en quoi que ce soit aux fondements de la morale, un enseignement organisé en leçons morales dans l'école primaire? Jamais, jamais! Nous n'y songeons pas, et les instituteurs n'y songent pas. Qu'est-ce qu'ils disent ? Ils disent — je prends une formule quelconque au hasard : — « que l'enseignement moral soit indépendant de l'enseignement confessionnel ; qu'il

se rattache à toutes les leçons de la classe élémentaire sans former un cours spécial. » Ce sont les résolutions finales du

Congrès Ainsi, je cite la formule — « A l'unanimité, les

sections veulent que l'enseignement moral découle de toutes les leçons données dans Téi-ole et des circonstances extérieures. » {Séance du 2 juillet 1881).

1».— Malgré la phraséologie qui l'enveloppe, la pensée est suffisamment claire. C'estla morale denos pères, c'est-à-dire la morale chrétienne que l'inslituieurdoit enseigner. Lhomond nous a appris et démontré ffu'il n'y en avait pas d'autre et l'Evangile en est l'incomparable résumé.

« La loi que Jésus-Christ est venu apporter au monde forme un corps de doctrine si parfait, qu'on ne peut rien y ajouter ni rien en retrancher. Elle montre à l'homme tous ses devoirs envers Dieu^ envers son prochain, envers lui-même ; elle convient aux hommes considérés en corps, et à chacun d'eux en particulier dans tontes les situations où il peut se trouver : elle est propie à tous les peuples et à tous les temps. Lorsqu'on examine cette morale de près, on est forcé de convenir que celui qui en est l'auteur a eu la connaissance la plus profonde de l'homme, de son esprit, de son cœur, de ses passions, de ses faiblesses, de tous ses maux et des remèdes qu'il fallait y appliquer, aussi bien que de sa véritable fin et des moyens qu'il doit employer pour y parvenir. Si les hommes se conformaient à cette morale, ils seraient aussi bons et aussi heureux qu'on peut l'être en ce monde : et, en effet, qu'on se représente un peuple de vrais chrétiens, c'est-à-dire d'hommes qui aiment Dieu comme leur père, qui s'entr'aiment comme des frères, qui n'aient tous qu'un cœur et qu'une âme, qui tendent tous à une même fin, qui marchent tous vers le même terme, qui est le ciel ; au -un d'eux ne faisant jamais céder le bon droit à la passion, l'intérêt général à l'intérêt personnel, mais plaçant au contraire son bonheur dans celui de ses semblables, prenant part à leurs peines et les aidant à les supporter; un peuple pareil serait certainement un grand spectacle dans l'univers ! Ainsi serait un état composé de chrétiens.

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