DES RACCORDS
Dût le spirituel et savant auteur de T Examen critique des dictionnaires de la langue française rire de ma témérité, je me sers de ce mot, raccordj, que l’Académie n’adoptera certes pas, mais qui sera du moins compris, pour désigner cette innocente supercherie à l’aide de laquelle on donne un air de nouveauté à une vieillerie passée de mode. Il faut bien se servir du mot lorsque la chose est si commune.
Le clerc de notaire met un collet
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de velours à un vieil habit,, le vaudevilliste coud des couplets à un proverbe de M. Leclerc; l’abbé arrange Massillon a la taille de son auditoire ; la Chambre retourne le discours du trône ; que de raccords ! sans compter ceux moins innocents dont je ne puis parler, quoiqu’ils appartiennent peut-être un peu au domaine de la toilette !
Les raccords, ressource de l’économie coquette, produisent bien Rarement un bon effet. Ces deminouVeautés se trahissent toujours par quelque bout d’oreille.
C’est en vain qu’on tourne Pour chercher profit,
L’habit qu’on retourne N’ést qu’un vieil habit.
Béranger l’a dit, et, quoique ce soit une plus grande autorité en poésie qu’en fait de toilette, nous sommes entièrement de son avis. Pour qu’une mise soit élégante , il y faut avant tout de l’harmonie.
Posons donc cet aphorisme :
Mieux vaut l’usure que le raccord.