CHAPITRE I
• tiE vol avec effraction est un moyen
d'acquérir la propriété prévu par le Code comme tous ceux que nous avons signalés jusqu'à présent; mais celui-ci est un vol contre lequel nous n'avons pas beaucoup de remèdes à offrir : il est brutal et imprévu.
L'art de Lavater est même inutile pour l'éviter; mais, en revanche, d'habiles mécaniciens fabriquent des serrures de sûreté , des coffres , qui coûtent cent louis , mille écus , douze mille fr. , trente mille fr.
Pour beaucoup de gens le remède est pire que le maK
Un serrurier habile a trouvé un instrument qui s'adapta ai^x serrures ^ et si l'on.
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Tient à toucher la clef, oq pistolet part ^ alluine une bougie , et prévient ainsi rhon-* nête homme endormi.
On fait également des volets en tôVe et des persiennes de bronze qui ont leur mërite; ainsi Ton peut choisir.
Par le système actuel du mouvement des fonds et la législation des hypothèques , on n'a plus guère d'argent chez soi , comme cela se pratiquait jadis, et les vols par effraction deviennent rares. Ces actions téméraires ne concernent plus que certaines personnes qui, par leur état, sont obligées d'avoir des sommes très-fortes toutes prêtes; mais ordinairement les banquiers, les négocians, les agens de change, les notaires, ont des caisses heureusement construites*
Le vol avec effraction commis de nuit ne peut donc plus être redouté que par les personnes qui ont d^s sommes considéra^ blés à recevoir, àa qui possèdent des dia-
mans en grand nombre ou des objets pré*
DES <^E»à UÙHHk'ttA. 6l
ôeux. Alors de ces deux cas sortent les aphorismes suivans:
Ne dites jamais que tel jour vous avez un remboursement à £siire ou à recevoir*
Si vous êtes forcé d'apporter beaucoup d'argent chez vous , faites-le le plus secrètement possible* Préférez les billets de banque à l'or , et l'or à Targent.
Quand oh a de beaux diamans , il faut les cacher dans un meuble à secret; que le meuble surtout soit assez lourd pour qu'on ne puisse pas l'emporter.
Il y eut un temps où , à Paris , un prince du sang et lés gens de sa cour s'amusaient la nuit à voler les passans, à briser les por« tes, à se li^ttre contre le guet. Ce temps peut être regardé comme l'âge héroïque des voleurs avec effraction.
Les négocians assez fous pour croire qu'un beau tableau leur fera vendre une
8si tùùt
àune de drap de plus, doivent, bien se garder de laisser leur enseigne la nuit.
La côututne d'avoir dés portefeuilles à serrtirè et à secret est très^bônne.
Mais h voleur emporte le portefeuille^
Avant ia révolution, les boutiques du Pont-^Neuf étaient ambitionnées par les détaillans des objets les plus rares. Le Pont-Neuf étant la seule comnlunication centrale , les marchans y faisaient de rapides fortunes. Le loyer de ces petites boutiques était de cent louis , et appartenait à TÂcadémie.
La- garde de ces petites tours était commise pendant la nuit à un poste de gardes françaises , qui se tenait au milieu du pont ; et les marchans, certains qu'un oail vigilant veillait sur la serrure de leurs boutiques pendant toute la nuit , que de boQS réverbères éclairaient le pont , ayant soin de bien fermer leur magasin, $e retiraient
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chez eux. Les plus défians faisaient coucher leurs apprentis dans la boutique.
Une nuit, un filou se présente au corps^ de-garde, prie le chef du poste de lui donner de la lumière pour ouvrir sa boutique , et de l'aider à charger une voiture, qui pact pour une foire de province* Le poste dé-« tache deux gardes , qui facilitent Fouver-' •ture de la boutique, des comptoirs , et l'emballage des marchandises.
Le lendemain on apprit la vérité ; et ce vol est resté comme un exemple de l'audace des efiractîonnaires avant la révolution*
§7- Une femme qui «ort du »peetacie , quand
il y a une grande foule, doit, lorsqu'elle
est parée pour aller au bal , prendre garde
aux diamans qu'elle a aux oreilles.
On cite, à l'appui de cet aphorisme v
l'exemple d'une dame noble dont les boucles
d'oreilles furent arrachées par un filou avec
un incroyable sang-froid. Quand elle cria ,
les diamans étaient déjà loin , et le voleur
imperturbable s'offrit à panser l'oreille ^ en
à la question ; et , sur ses aveux extorqués à force de supplices , crocheta les coffres scellés dans les murs du château de Melun , et Tola les dix-sept millions amassés par Charles-le-Sage , son frère. Ces dix-sept millions vaudraient vingt fois plus aujourd'hui.
Un des hauts faits des voleurs avec effraction, c'est d'avoir récemment, sur le boulevard Montmartre , vis-à-vis le théâtre des Variétés , déménagé la boutique d'une lingère , à la barbe des gendarmes qui sont en faction devant le théâtre.
Lorsqu'on voyage par les diligences^ il arrive quelquefois que , pendant la nuit, un homme monte sur la voiture et crochète les malles, les paquets, etc. *
i^'. Un honnête homme emporte le moins qu'il peut de paquets en voyage.
0?. (Voyez le § 1 5 du titre I , chapitre I«'., sur ceux qui dorment en voiture.)
3^ Quand on a des malles considéra-
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blés, on les fait partir long-lemps à Ta-» ' vance par le roulage, qui assure leur valeur.
lies messageries en répondent bien aussi ; mais est-on jamais d^accord sur la valeur ?
Chacun ne prétendrait-il pas avoir perdu beaucoup ? La messagerie répond en théorie , mais jamais en pratique , des objets que portent avec eux les voyageurs.
Si3.
Les vols dans Tintérieur des maisons se commettent presque toujours avec efFrac* tion.
A ce sujet, relisez les §§ i, 4> 8, 9, 1 1, et surtout 19 du chapitre II du titre P^, concernant les domestiques.
Ils peuvent être plus ou moins complices de ces vols*
Beaucoup d'honorables personnei3 mettent à la porte de leur appartement une barre de fer qui, à l'intérieur , la traverse dans sa largeur. Cette méthode est bonne ; mais il ne &ut jajtnais faire les choses à do-
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mi I alars on doit barrer de même les croi** secs, ou doubler les volets eu tôle.
Nous tenons d'un avare très-distingué , qu'il fallait toujours avoir une trappe à ses clieminées , et ne pas regarder à cette utile dépense, parce qu'il est étonnant que les voleurs n'aient pas eu déjà plusieurs fois la pensée de s'introduire par les cheminées^
Cette remarque étant très -judicieuse , nous l'avops consignée afin qu'elle porte profit aux honorables personnes qui ont des fonds chez elles,
La trappe a encore cet avan ta ge^que vous ne craignez plus les feux de cheminée , et l'amende de cinquante francs à laquelle on yous condamna en pareil cas,
Rien Vest si utile que de garder toute la nuit (Une lumière vive dans son appartement*
S 17- Nous ne pbuvoiis donner des . aphâris-
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mes, citer des exemples ou rapporter des anecdotes sur les vols considérables que commettent les filles publiques.
Qu'il suffise de savoir que Paris en renferme trente mille !.... Grand Dieu! trente mille!.