‹ Code des gens honnêtesChapitre 11 sur 26 · RÉSUMÉ DU LIVRE PREMIER · texte numérisé non relu

RÉSUMÉ DU LIVRE PREMIER

Honnêtes gens, que ce tableau moral a frappés d'horreur, vous vous écrierez sans doute : « Hé bon Dieu ! quelle caverne !

Quels sont les moyens que prend le goureniement contre un danger pareil. En effet, vingt mille escrocs, dix mille petits voleurs, cinq mille voleurs avec effraction, et trente mille honnêtes filles rivant du bien d^autrui , font une masse de soixantedix à quatre-vingt mille personnes un peu difficiles à administrer !.... Et quelles sont les ressources de toutes ces créatures- là?

Oh 86 retirent -elles? que deviennent*

elles?.— •

Ces questions sont justes , légitimes ; et vous avez d!autant plus raison de vous effrayer, que vous n'avez eocore lu que le quart de ce livre si moral, si instruçtjf, si léger en apparence, si profond en réalité!

Ah! vous allez en voir bien d'autres; et après avoir achevé, vous conviendrez que les petits voleurs , que les gens comme il faut du titre n, que les effractionnaires du titre III , et les femmes à ceinture non do* rée, ne sont pas ce qu'il faut le plus craindre : plus vous monterez sur les degrés de l'échelle sociale , plus les moyens d'acquérir la propriété deviendront subtils.

Pour toute réponse à vos questions, nous allons vous donner quelques aperçus sur les destins de ces industriels , auxquels nous disons adieu.

Si Paris a huit cent mille âmes de population, vous voyez que, les petits voleurs étant au nombre de quatre-vingt mille environ , il se trouve évidemment un coquin sur dix gens honnêtes, une femme douteuse sur dix honnêtes femmes.

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Vous réfléchirez à cela , c'est un syjet perpétuel de défiance. D'abord , songez que la mort exerce des ravages d'une manière effrayante Siur. cette classe ignorée : ses mœurs 9 ses habitudes, Iqs maladies auxquelles elle est en proie 9 le défaut d'une nourriture saine , le manque de soins , i'u&age des liqueurs, et tant d'autres passions , énervent et consument incessamment ôette caste de Parias : la mort les décime.

Ces gens-là, de même que telle petite-maîtresse , car les extrêmes se touchent , vivent un an par jour.

Ensuite la police parisienne a un besoin perpétuel d'agens secrets qui connaissent bien les ruses des voleurs , leurs détours; qui puissent en saisir le ton , les allures , le langage; il lui faut des coupe-ja]^rets,qui aient une sorte de science infuse avec la vie, pour aller dans les bois sN'af&lier aux voleurs de grand chemin et les découvrir ^ pour jouer des rôles de tous genres et dans tous les états. Cette armée, dont le sieur Yidoch est le général , peut passer pQur les Invali*

des des voleurs. Ils sont là dans une sphère <jui leur platt : ils restent, nouveaux Janus, honnêtes d'un coté, co({uins de Tautre, exercent par fois leur ancien métier, et sont à l'abri de la justice. '

Ces agens inconnus forment encore un monde à part , qu'il ne sera donné à personne de décrire , à moins que M. Vidoch ne publie ses mémoires.

Ce monde est un des principaux asiles des voleurs y celui qu'ils ambitionnent le plus.

Ce n'est pas tout. Les politiques n'ont point inventé les bagnes, les maisons d'arrêt, etc., pour le plaisir d'appliquer les articles du Code, et nous mettrons les galères et Temprisonnement au nombre des prytanées des petits voleurs.

Sous Charles VI, vint en France un certain cardinal Yincheéter, qui fit bâtir près de Paris un château superbe. Vous ne voyez pas quel rapport peut exister entre un cardinal anglais et les filous? £h bien , il n'en est pas moins vrai qu'ils ont fini

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par lui voler son château pour en faire une de leurs maisons de campAgne ; et Bi-»

cetre ( venu par corruption de Yinchester ) est un réseryoir où vivent encore quatre mille gueux comme des poissons dans l'eau.

Avez- vous vu quelquefois ces malheureuses femmes qui vendent des billets de' loterie, qui ramassent avec un crochet vénérable les vieux cUi&ns; ces hommes qui se louent pour s'affubler de drap noir et faire les pleureurs aux enterremens ; enfin les chiffonniers , les cureurs de ruisseaux, les balayeurs, les hommes et les femmes qui vendent de mauvais fruits, da cirage , qui annoncent les parades , qui courent les rues sur des échasses, qui jouent de la clarinette, vendent de l'eau de Cologne , charlatanisent sur les places publiques , avalent des épées , retiennent des placer dans les foules et tes revendent aux amateurs de spectacle.

Les avez-vous vus, avez-vous eu le courage de les questionner , de creuser leurs

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fronts ténébreux pour trouver la vérité ?

Vous auriez appris que la mort rapide, Bicêtre, la police^ les prisons, les bagnes, et ces dégoûtantes professions que vous ignorez fôrinent la véritable caisse d'amortissement qui pompe, par mille canaux secrets , ciette effrayable armée des cent mille coquins :

mais telle est la constitution de la société , telle est la vigueur de la misère et la fai-. blesse de l'opulence ^ que Tinfortune emprunte perpétuellement cent mille individus aux huit cent milles qui composent la population parisienne, pour les dévouer au malheur. Aucun système de gouvernement ne peut empêcher cette terrible fluctuation; et le seul éta't qui y ait réussi, fut jadis la Hollande , au moyen d'un commerce immense.

Vous frémiriez en questionnant une femme aux yeux éraillés, au visage effroyable , à peine couverte de vêtemens qui tombent en se déchiquetant et bariolés de bpues« Ses pieds so^t autant sur le pavé que dans ses souliers ; son rire est infernal ,

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ses dents noires; sa chevelure grise tomb^ par mèches longues; sa voix est rauque, ses mains brunies.

Elle a eu ses beaux jours; ellie a été une des belles femmes de Paris ; ce pied a été mignon , chaussé par la soie, il reposait sur rédredon ; elle avait une voiture superbe , mangeait dans le vermeil , causait avec des princes ; on payait son sourire, ses dents appelaient le baiser , sa chevelure flottait ondoyante , et son organe était divin : elle avait ses gens , dédaignait les mets les plus délicats.

Elle boit de l'eau-de-vie aujourd'hui !

Vouloir décrire les nuances imperçep* tibles qui Font fait décheoir , ce serait vouloir composer un livre entier : et quel livre!...

Non loin de cette femme ^ vous verrez, un balayeur si drôlement caricaturé par Charlet, que c^st folie d'essayer à le peindre : ce balayeur a été xmjàshionnable^ un dandy y un petit-maître dans son jeune' temps : il a brûlé, sous les roues d'un char

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élégant, le pavé qu'il nettoie , et son regard plonge sur un équipage comme celui d'un damné dans le paradis.

Il est douloureux de forcer un honnête liomme , un homme comme il faut , des gens de bon ton, de petites-maîtresses, à considérer de pareils tableaux; mais ils portent avec enx leur utilité. C'est Tétoupe qu'on brûle à l'avènement du saint père...

Sic transit gloria mundi.Ce qui veut dire:

9 Pensez à l'avenir. »

Il y a des gens qui ne peuvent imaginer qu'à deux mille lieues il y ait des sauvages; et ils ne voient pas ceux qui tes cernent, les entourent- et les pressent au sein de Paris.

LlYRE SECOND

DES CONTRIBUTIONS VOLONTAIRES-FORCÉES LEVEES PAR LES GENS DU MONDE DANS LES SALONS.

Les classes honnêtes se courrouceront peut- être de se voir opposées aux industriels qui figurent dans le livre premier?

crime abominable! les faire contraster ainsi, se servir d'elles comme de nuances pour s'élever de la canaille aux grands voleurs des livreslll et IV! C'est untortimpar* donnable ! Mais ne faut-il pas que tout le monde soit passé en revue ? Et puisque les rois absolus et leurs emprunts, les gouvernemens constitutionnels et leurs dettes inextinguibles , seront examinés comme au jour du jugement dernier, nous ne voyons pas pourquoi les gens comme il faut ne seraient pas traduits aux yeux de l'opinion.

Ge livre est donc consacré tout entier à

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ces industries de bon ton qui , fort en usage parmi le beau monde, n'en sont pas moins traîtresses à la bourse. Ges jolies manières de vous prendre votre argent, toutes gracieuses, toutes gentilles et loyales qu'elles puissent être, n'ea deviennent pas moins mille fois plus 'd^togereoses pour votre patrimoine que les manœuvres infimes contenues au livre premier. Que Ton vou« tue d'un coup de bâton ignoble, ou par un dégagé en tierce , bien civil , bien poli, vous ti'êtes pas moins ItiOrt! ~

Il est tellement difficile de classer ces impôts indirects , levés par les gens de la bonne compagnie, que nous les avons exposés sans aucune nomenclature. En efifet, cette volerie» de bon tt)h est indéfinissable; c'est un fluide qui échappe à l'ansa-

Est-ce Une mauvaise action? non; est-ce une escroquerie? non; encore moins dn

vpl ; mais est-ce parfaitement loyal ?

Chaque sommation que l'on vous adresse est bien, comme tout ce qui se fait en

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France, appuyée par tout ce que l'esprit ^ la politesse et rhumanité ont de plus séducteur; sanseela elle serait ridicule, et le ridicule est tout ce que nous craignons ; .laais Tappel fait à votre bourse a toujours nue tournure telle, que la conscience violeittée murmure en souriant. Enfin cette industrie, si difficile à classer et à définir, se trouve si bien sur la limite qui sépare le juste de Tinjuste, que les casuistes les plus liabiles ne peuvent la ranger ni d'un côté ni de Tautre.

£n plaçant ces métis dans le livre II !, nous les avons mis entre les grandes industries et les petits voleurs; c'est comme un teri-ain •neutre qui convient à ces personnes honorables ; et cette classification est un véritable hommage rendi^ aux mœurs françaises et à la supériorité de la bonne compagnie.

Un honnête homme doit d'autant plus se tenir sur ses gardes , que les catnéléons , dont nous essaierons de saisir les couleurs et les formes , se présentent sous les

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jours les plus favorables. Ce sont des amis, des parens , et même , ce qui est sacré à Paris, des connaissances. Acteurs dans ces petits drames, ils frappent droit au cœur, émeuvent la sensibilité, les sens, placent l'amour-propre en de cruelles perplexités, et finissent toujours par vaincre les résolutions les plus héroïques.

Pour vous mettre à l'abri de cette pluie de demandes légitimes , souvenez-vous perpétuellement que régoïsme est devenu une passion , une vertu chez les hommes ; que peu d'âmes en son^t exemptes ; et qu'il y a cent à parier contre un que vous êtes victimes, vous et votre bourse, de ces belles inventions , de ces enthousiasmes de générosité, de ces complots honnêtes auxquels on n'est que trop enclin à payer tribut.

Rappelez-vous toujours ce mot énergique de je ne sais quel homme bien pensant :

<( Mon ami , il n'y a pas d'amis. »

Ici nous n'avons pas de type à offrir; chaque paragraphe sera un portrait ressem-

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blant , une physionomie nouvelle , et le lecteur pourra y reconnaître bon nombre des misères quotidiennes de la vie.

§ jer.

Votre domestique entre tout effaré.

<r Monsieur, voici deux dames, Tune est comtesse , l'autre marquise ; elles veulent vous parler. »

— a Sont-elles jeunes ? »

— a Assez. »

— a Jolies ? »

— • a Oui , Monsieur. »

— et Faites entrer. »

Votre visage prend un air agréable , vous vous regardez dans la glace, vous passez vos doigts dans vos cheveux en ramenant quelques boucles sur les tempes , enfin vous avez pris une attitude,.... cette certaine attitude : vous savez ?.•.

Malheureux, vous vous bercez d'idées légères; vous ne pensez pas à l'argent, à l'argent monnoyé, à ces pièces rondes affligées de tant de maladies : les budgets,

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Ufe amb, le- jeu, les ccmtributtonâ : non, VOUS' n'y pensez pas.

Elles s^nt entrées ^ elles sont jeunes, elles sont belles , nobles , charmantes ; il y a plus , leur chaussure mignone est sèche.

Tout à coup totre figure est devenue froide ; vous^ allectez là sévérité, le mécontenlement,.vott8 n'osez plus regarder ces damnes*

Ah ! VOUS' avez vu la bourse en velours rouge à glands d'op, et vous entendes cette phrase connue depuis dix ans :

« Monsieur, votre humanité, votre bienfaisance nous font espérer que notre visite, en faveur des petits séminaires ,.'^6 sera pas infructueuse... ]>

Ces dames vous tendant la bo^irsê , ter^ riUeargument ad kominem. A travers teur ton suppliant , elles vous laissent apercevoir qu'elles soiit habituées à commander.

Il y en a qm se rejettent sur ce que le^ olei^é est devën» riche , qu'ils sont euxmêmes pamvresv.. Mauvais moyetl!

Des catholique» osent se dire protestans, et cela pour ga^gti^r cetii sou^ ! Le men«

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songe à si bon compte est plus qu'im péché.

Après avoir consulté plusieurs cesuistes, nous nous sommes assurés que la phrase que nous allons transcrire ne renferme rien de blâmable ; elle est le port où se réfugie nombre d'honnêtes gens : elle empêche les charitables dames de revenir.

Sans aucun étonnement Ton répond :

«Mesdames, je suis flatté <]u'un motif si honorable me procure la faveur de vous saluer; mais je suis d'une Communion différente , et vous sentez que nous avons nos pauvres. »

COMMUNIOir*

Ce mot, communion, signifie diocèse , paroisse^ réunion dejideles^ comme il signifie aussi la coBf4ession d'Ausbourg, le protestantisme, etc.

Cette décision ayant été donnée par de respectables jésuites^ qui pensent que Ton peut d'ailleurs faire, pour plus de sûreté, une petite restriction mmfale^ on peut

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la suivre; elle tire d'affaire avec' honneur, surtout si^ l'on met une grande politesse avec les deux dames.

Quand vous gagnez ^u jeu, gardez-vous de le laisser apercevoir. Si on vous demande formellement : « Gagnez-vous ? »

renfermez-vous dans une de ces phrases quitie disent rien.

N'y a-t-il pas toujours La un ami intime qui perd tout son argent ? et l'on rend si lentement, si difficilement : la mémoire est si courte et la vie si longue.

Voici quelques réponses d'usage :

Je ne fais rien ;

Je ne perds ni ne gagne ;

Je suis comme si j'entrais au jeu.

Il y en a qui poussent la précaution jusqu'à dire : ce Je perds . » Cette ruse ne doit être mise en usage qu'avec un de ces hommes immoraux , véritables sangsues d'une bourse débonnaire.

Plusieurs gens sages se contentent de

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faire une grimace , une petite moue , qui laisse l'emprunteur dans rindécision. Nous penchons assez pour le froncement des lèvres : il ne compromet jamais et signifie tout.

Ceci est presque une extension du paragraphe précédent.

Jeune homme , qui faites vos premiers pas dans le monde, lorsqu'il s'agit de jeu y retenez bien le principe que nous allons essayer de graver dans votre mémoire.

Quand vous arriverez dans un salon où votre vieille tante, votre respectable grand-père ou votre oncle... ( vous connaissez ce vieil oncle en perruque , qui ne parle que du parlement Maupeou et de l'exil que lui , conseiller au parlement , a subi à Pontoise?) lorsque, dis-je, quelqu'un parmi vos grands-parens vous introduira dans un salon , afin de vous lancer dans le monde, vous apercevrez peut-être un^ rangée de douairières et de vieillards.

Ne riez pas , vous seriez perdu ;

fiiites-leur nulle poIiUsse^ aux vieilles smv tout; dites comme elles, soyez galaot et vantez l'an 1 760, car il faut songer qu'elles ont des filles de quarante ans et des petites filles de dix-huit. Alors, un beau jour, vous serez tout étonné d'entendre dire partout que vous êtes un fort aimable jeune homme .

Si Ton veut vous faire jouer, gardezvous d'y consentir ^ et répondez que vous ne connaissez aucun yez^ : dites mêçae qela en souriant.

Souvenez-vou^, i ^. que toutes ces vieilles têtes«là sont de l'ancien régime, squs l^quiol on ne se faisait aucun scrupule de trin^ber au jeu;

09. Qu'elles savent le Boston^ le w^is^kt le rçf/ersif comme nous l'écaFté , qu'ions vous perdriez toujours ;

3^. Que vous leur feriez aiiisi une renie de cinq ou dix francs par semaine , et que le jour oîi vojis sauriez jouer , vous ne senez plus un aimable jeune hommfi*

Ceci est très-important: les vieilles fem-

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ine$ ne savent que causer , et ce sont elles qui foat notre réputation.

Si vous êtes connu pour riche, vous aurez toujours de la peine à éviter une de vos parentes , dont voici le signalement :

Elle est d'un âge incertain, et, sans avoir une grande fortune, ne rêve que la bien-»

faisance. A défaut d'un manteau , elle aurait donné je ne sais quoi aux pauvres.

Elle a toujours rencontré un pauvre honuBe eu. une pauvre femme.

Si c'est une pauvre femme : elle a deft enfans à nourrir , et ne possède rien ; aile vient d'accoucher sur la paille; ou bien elle e9t malade, et n'a pas de quoi se pvocur^r un bouillon , etc.

Si c'est un homme: il a vu sa ferme incendiée; il est tombé du haut d'un échafaudage ; il est père de detix , trois, quatre, cinq, quelquefois six enfsuis, et il n'^ pas un sou.

Quand l'histoire est racontée, elle ajoute :

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« J'ai déjà trouvé deux cent francs pour eux dans la famille, et parmi mes connaissances, etc. >

Elle ne vous dira jamais oe qu'elle a donné ; mais elle vous suppliera de grossir le trésor de ses indigens.

Songez que la véritable charité est silencieuse et voilée ; elle donne directement sans hmit , ne parle pas, et rougit de la reconnaissance.

£rgo, éco&duisez la parente. Ceci est difficile, car les vieilles parentes sont Bnes, elles ont vécu , et leur langue est dangereuse.

Il y a ime marche à tenir. Lorsque )a bonne parente arrive, témoignez-lui une vive amitié , persuadez-la ^ue votre argent est à son service, donnez-lui un bon dîner (toutes les vieilles femmes sont gourmandes), soignez-la bien; et quand vous refuserez àe secourir son protégé, vous aurez si bien enferme sa bienfaisance entre la reconnaissance du ventre et la peur d'offenser un parent ji aimal>le ,

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quelle n'osera peut-têtre pas élever la voix.

Si la parente est ennuyeuse, désagréable, cessez de" la voir par degrés ; allez sauvent à s^otre campagne; soyez sorti; mais quand vous la rencontrerez, soyez toujours désespéré ; «f Oh ! ma bonne tante, que je suis aise de vous voir! Mais vous ne venez jamais nous visiter. «

A l'égard des parens pauvres , il y a une conduite à tenir : elle est l'écueil du genre. Il faut opter entre la réputation d'un cœur dur ou celle d'un homme bienfaisant.

Refusez , si cela se peut , la tutelle des orphelins sans fortune qui ne sont pas de votre famille.

IN^éanmoins, assister de loin, secourir un orphelin sans se faire connaître , devenir une sorte de dieu pour lui , le conduire dans la vie , l'arracher au malheur, est un plaisir que l'on peut payer tout comme un autre.

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