‹ Code des gens honnêtesChapitre 14 sur 26 · CHAPITRE A PART · texte numérisé non relu

CHAPITRE A PART

Des app^]^ faits à votre bourse dans 1^ maison du

Seigneur,

Nous avons réuni tout ce qui concerne les impôts volontaires levés sur le^ fidèles sous un seul chapitre.

On devra d'autant plus le méditer , que c'est avec les préposés de la Fabrique que notre amour-propre a les plus rudes corn» bats à soutenir. Ils excitent une lutte en»

tre celui-ci et l'argent , et ce dernier succombe presque toujours,

Nous rendrons avant tout une pleinç justice au clergé français , dont jamais^ à aucune époque , les mœurs ne furent plus pures^ les ricbesses moindres, et l'influence plus désirable , afin de ramener Vci^e d'or.

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Aussi , ne sont-ce pas les prêtres qui paraissent dans les combats journaliers qu'on livre aux bourses chrétiennes , mais bien ce qu'on nomme improprement je bas clergé; savoir:

Un bedeau , un sacristaiq, tto suisse , les enfans de chœur, etc.

Mais, par-dessus tout, une puissance séculière appelée Fabrique^ ce qui veut dire administration dçs revenus de l'église, et comment Téglisç peut-elle rapportera A-t-elle d'autre produits que lésâmes? Oui, certes; et vous lallez voir:

Il s'agit de vous maintenant.

Vous allez à l'église régulièremejQt, ou.

vous n'y allez pas.

Si vous y allez.

Tous les dimanches on fait trois quêtes , quelquefois quatre.

Et d'abord la Fabrique alloue à un entrepreneur le prix des chaises. C'est une dépense de trente francs par an pour les vrais fidèles.

DES GEHS BOKHÊTES. ^ l59

Toutes les autres Communions ont eti soin de rendre leurs temples accessibles à tous, et de ne point les paver de rede«^ j

Tances cpiMidiennes. Ceci est un point sur lequel toas les étrangers insistent en Fran^ ce, et qui a terni le culte de rëglise'gàlli'* cane. Nous avons consigné cette remarque, parce que le clergé français est généreux , la Franee polie « et les bourses peu garnies. Si vous allez .à l'office, fieiates apporter votre chaise ; il n'y a à cela aucune honte»

Les dames du opzième. siècle étaient suivies d un page qui portait à l'église leur carreau de velours. On a tant d'amour*propre aujourd'hui, que ce serait une mode facile ^ faire prendre : on ferait voir ainsi qu'on a des laquais.

Première quête.

t Pour les pauvres, s'il vous plaît! d Puis trois coups de la hallebarde officielle retentissent sur le pavé de Féglise, et un sacris- I \d!\^ vou^ tef^ ^n .bo9aet pointu renversé. Le dftn est volontaire, nous .1a savons;

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IDAÎ^ comme tout est calculé ! tous êtes au milieu d'une assemjblée; on demande pour les pauvre^ ; you^ ne donnerez que ce que vous voudrez; tout vous commande la charité; 1^ loueuse de chaises a eusoia de vous laisser des gros sous ; votre voisine ^ j été son offrande dans le bonnet pontifical : vous valez bien cette voisine !

Pour la conclusion de ceci', ,nous ren*yoyons à pelle du paragraphe 3 du présent livre.

I^euxieme quête»

r <( Pour le^ frais du culte! j» Et toujours la hallebarde et le honqet^

Collez sur yotre paroissien Tàrticle du budget alloué aux cultes du royaume ; et fortifiez votre courage en voyant cette liMc ecclésiastique de ving^t millions, sans compter les bois. ,

Troisième quête»

On quête quelquefois pour les petits séminaires.

DES GEirs aowttts. i6i

Cet article se confond avec le paragraphe premier du présent livrer

Ceux qui ont Thonorable coutume de né jamais rien donner, s'y sont affermis par les observations suivantes ;

(K Je viens à TégUse pour prier.

i> Un vrai chrétien reste absorbé daps {sa prière.

» Rien n'est vil comme l'or et l'argent.

9 On nous commande de noii9 eh déiacher. *

» Nous ne pouvons donc pas penser à la monnaie en peqsant à Dieu, n

Enfin ces sages. j)ensées valent environ cinquante-sept francs par an; savoir :

54 dimanches à ^5 c. • . 4^ fr. 5o c.

17 fêtes à I fr. • . . . • . 17

•tafpwa

Total . • . 57 5o

Si vous n'allez pas habitaellement k l'église.

Vous êtes un mauvais chrétien ; mais, dans cette hypothèse même ^ il y a quatre <:a$ oïl vous y allez forcéinenf*

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le 4kxpiéne^ -* Yous êtes un tnârmot , on paie pour voua* Voyez le paragrajAe aa, où Ton tndle dtt.pairrâinage. .

La première communion. — Vous ctes un adulte ; et comme vous ne cofinai»ez pas le moade^ ce sout encore vos parens ^ipaieDl..

Le mariage. «— Le jour des Boceg est

plein de dangers^ de surprises, de pièges.

Le mo^en qu'un BUirié refusa àe Târgent

dans ce jour unique où il a et n'a pas de

iemme i

Or, depuis Taiitel du saint le plus modeste jusqu'à l'autel de la Vierge , tout a un tari£

On est marié par le curé,

' Ou par un vicaire ,

Ou par jm prêtre.

Il ,y à ^û grapd poêle ,

Un înagnifique poêle ,

Un poêle ordinaire,

Un petit poêle ,

Et le pdêle du commun des martyrs*

On peut être heureux en ménage en s'é*

DiB tutelle âbifxfàttê» ^Si

(i^aiMt à hniit bettres du inatta , en alUut è r^li^i pîedy yèiUA comme d'ordinaire ^ kém pw UB bon pr^re ^ sous le poêle èieommtin des martyrs , à Tautel d'un saint ifoà n'a même pas de tableau dans sa cba«pdle.

LoKVftte V0118 allée à la sacristie , àé^ tMhie avec ^wmsieur le i^iàiire les Irais de vetre mariage, ajea un coeur contrit, hiimtie; ne ^us épouvantez pas d'un sourire de dédain qui se répétera sur toutes les fi|fures:<;amme un aon^ d'écho en écho.

S&teé, et eela vous sera c(m»pté un }our^ dites : « Mon père , on nous a recommandé » rhttmsiilé , je suts^ kiimble y modeste% »

Sî*>OM êtes titré, remarquez que c'est Votre beaa-père qui ^esige cette simplicité ; oass ayet «oin qu'il me soit pas là.

Si* Pon ^POus 'fiiit observer «que ce que IV» voas demande eat pour la plus grande gloire êm Dieu ^ répondet que « la gloire n de pieu; bville dans les catvM purs et •'les hmables intentions, n. . ;

Nous savons bien que vont êtes oppressé

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dans^cettç sacristie; mais, en sortant de régiise 9 comme le jeu de vos poumons esl Cicile ! comme la rotondité de votre bourse lest consolante ! par la même raison , met^* lez peu d argent aux cierge^ , ne faites pas briller une pièce d'or aux yeux des- pas* sans , faites-là plutôt distribuer aux pauvres.

Vous avez bien tout prévu , tout payé.

Entouré de votre nouvelle . faoïilie ^ vous arrivez à Téglise , vous signez le bai( de J>onheur ou de malheur; arrive alors le suisse; il vient voua demander, en présence de toute rassemblée, des gants blancs et .^s rubans de même couleur.

Vous n'avez jamais songé à ce suisse , il triomphe 1 s'il n'avait pas de gants blancs , quel indice fatal ! d'ailleurs \s( fiimille est là , votre fiancée vous regarde* « Procurez* 'Yous-en !••• » Telle est la funeste réponse.

11 aura bien soinx;e suisse de se mon* trer avec une paire de gants 'éblouissans de, blancheur. Yous la paierez cette virginale candeur; et c'est au moment où vous tien« ilrez votre bourse , c[ue fondront sur vous

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ïe bedeau ^ les eiifans d£ ctideilr et \e sa* crbt^iIl. Gh|MHin.a une demande légitime à fàirçv Si vous av^ le malheur d'être lent , les pauvres acooutent l.k^

Alors songez à donner au suisse ^ et pour les pauvres la/plua ftiible somme posjûble; soudain le «uiisè se retournera. --^ « Quos^ego /i.ft Vous ne Verrez; pas ua seul

loepdiantv .

Vous retiré , te suisse remettra la paire de gants blancs dans Tarmoire , à côté de sa sceur, la paire de gants noirs. C'est le jour et laoAttt, la mort et la vie. Ces^deux paires^de g9fit«^ sont tooite notre histoire. Chaque fois qu'il prend l'une ou l'autre ^ ce véné-* fahle ftubse les .ploie, les presse avec un soin paternel ; il se remétnore et raconte siu bedeau à. combien de solennités dles ont.paru : il les regarde avec satisfaction.

Mvi sttiiSe retiré, qui nous a fourni ces détails, npu^ a avoué n'avoir jamais acheté plus.de deux, paires de gants par trimestre^ et , bon an , mal an , avoir touché huit à ûeuf cents franès. ;

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torcher, les chevaux caparaçonnes , rien ne peut couvrir et étoufier la mort ; et cette heure de luxe et d'opulence , empruntée à Tadministration de la rue du Pas*de-la* Mule , coûte mille écus%

Souvenez-vous (jue Von peut toujours dire que le défunt a voulu être enterré avec simplicité.

Les gens qui regrettent un ami vont au cimetière à pied , à moins qu'il ne pleuve.

S'il pleut, leur action est encore plus belle.

Les voitures de deuil coûtent très^cher.

Enfin la véritable douleur est dans le cœur e% non pas dans le pas lent et symétrique des chevaux d'un coi^tége.

Le mariage et l'enterrement sont deux occasions oîi, avec de la. philosophie , de la reirgion et des principes, on doit écono^ miser beaucoup,,

Ce sont Içs deux occasions où Ton cher* che à vous prendre le plus d'argent, parce que les passions ne calculent pas , et que

DES OENS TO171IÊTES. 169

dai» Tofie vous êt^ joyeux, dansi I!autre triste. Or, la tristesse et I» gâÎBllé sont les seules afTections de rfaomme : tout s'y

rapporte*

Quand on vous apportera le pain bénit pour le rendre le dimanche suivant , vous pouvez facilement vous exempter de cet

impôt religieux, en ordonnant à votre portier de toujours dire au suisse et à Tenfant i&^ chœur qjâe ifofis. êtes à la. campagne.

Ce système de campagpe* est meilleur fte celui de Law.

AITECDOTE.

Le président Rose, académicien, était aussi avare que spirituel. En janvier 170 1 il se mourait f et se voyant entouré d'ec- <^ésiastiques^qui.lui:promeitaient lespriàreff les plus ferventes pour le salut de son aine) il fit appelée sa. femme, qui. avait la pi^é** ssnee d'esprit de pleurer, et il lui dit: «Ma. <^hère amîe^ si ces messieurs en m'enterrant vous offrent des prières^ pour me tirer du

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purgatoire, épargnez-vous cette dépense-Ià; j'attendrai y je ferai mon temps. »

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