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curer le doux bonheur de faire le bien en secret. Elles ont même remarqué que , quoiqu'on les taxât d'avarice ^ oh ne faisait que plaindre leur ridicule : car une idée prédomine toutes les autres , c'est qu'elles sont riches : alors on a pour elles un certain respect, on vient avec plaisir à Leur table, on leur décerne le tik-e d'honorables; et, comme on ne parle jamais de vous qu'en votre absence , elles ont eu le courage de se- mettre au-dessus de ce qui maîtrise le Parisien , et qu'on nomme le Qu'en cUra-t-on?
Qu'en dira^t''On? étant une puissance dans la capitale , et le- combattre étant ti'èsdifHcile, nouS' avons réservé pour ce résu-* mé la recette la plus. remarquable : ne fautv il pas au moins une pensée ou deux pour &ire un résumé?
Aussitôt que vous vous serez déterminé à défendre votre bourse unguibus et rostro^ étudiez la politesse française , acquérez cette grâce dans les manières , ce charme di^ns les paroles , cette galanterie dès re*
DES GENS HOKMÊTES. 1^3
|[ards qui jettent un vernis séducteur sur un refus. Apprenez ces phrases pleines d'onction qui , saturées de Vhonneur dHê^ trey de je suis flatté^ font dire de vous :
C'est un homme charmant! »
Si Ton dit cela de vous, à Paris, ne craignez jamds rien. Un homme aimable est devenu de nos jours ce que nos ancêtres nommaient lu fleur des pois* Il ne fait rien que de bien, que de juste, que d'hœinête.
Il est vrai qu'il est difficile d'arriver à cette hauteur, et de tout concilier ; cependant on a vu pluAeurs personnes à Paris qui, mangeant à elles toutes seules leur revenu , passaient encore pour charmantes.
Lorsque vous les rericohtrierez, étudiez-les comme un peintre étudie son modèle.
En achevant ce livré , une douleur nous -a saisi ! N'avons-nous pas à vous annoncet»
qu'il existe cepetidaut des impôts inévita^ bles, des demandes justes qu'on ne saurait repousser, à moins d'être un brutal ou ua harpagon* Nous avons sanctionné et léga-
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lise, plus d'une fois, des sollicitations légitimes , comme :
Le sou du savoyard , qui vous balaie un passage des boulevarts ;
Le sou du commissionnaire, qui vous tend, un jour d'averse, une planche obligeante et lucrative; cet honnête commissionnaire , il abhorre les rhumes, il vous aime et soigne votre santé.
L'avare Chapelain , l'auteur de la Pucelle, préféra se mouiller les pieds un jour qu'il allait à l'académie : il en mourut*
Il y a encore le salaire des artistes , qui exécutent de grands concerts en plein air, après avoir étendu un mouchoir orné de quatre chandelles; si vous pouvez écouter, payez, mais veillez à votre montre.
Menez- vous une dame au spectacle, l'ouvreuse, cette ouvreuse si bonne, si intelligente, qui, moyennant une rétribution, vous a. ouvert une loge louée, vous apporte un petit banc; elle veut que madame ait les pieds secs, et soit commodément.
DES GENS HONSfÈTES. 1^5
Un homme ouvrira votre voiture, ou dira d'une voix de stentor : « Monsieur , demandez vos gens!.... » Comment ne pas payer ce mot , ços gens /...
Si vous dînez chez un restaurateur , des bardes en guenilles viendront chanter devant la porte : souvenez-vous d'Homère !
II y a , comme cela , mille petits services qu'on vous rend malgré vous.
On n'évite jamais le pour-boire des cochers, des garçons de cafés*, de restaurans, Talmanach du facteur , quelques étrennes légitimes, les garçons baigneurs » la pièce d adieu aux domestiques des maisons de campagne , le pour-boire des gens qui vous apportent des présens, etc. , etc.
Nous connaissons cependant des hommes honorables qui s'affranchissent de ces usages dispendieux ( voyez l'anecdote du paragraphe lo), mais ces petites contributions sont légales ; il est convenable de s'y soumettre de bonne grâce. En effet, ne payez pas les domestiques des autres, et au
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inl , vous verrez ai you9 pouvez être servi^ hoire le bon vîn et savourer une glace, surtout chez les ministres; songez donc qu'en définitive, si la prodigalité est une duperie, l'avarice est un ridicule.
DES GEKS HONNETES. VJJ
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