CHAPITRE IL
Vols dans les bout;iqaes , dans Içs appartemens ^ cafés, restaurans, vols domestiques, etc.
CE6 vols sont horribles, paroe qu'ils s'appuient sur la confianee; il est difficile de s'en garantir ; on s'en apercevra à la rareté de nos aphorismes. On ne peut que s'en référer anx plus fanteux exemples.
Si-
Les honorables personnes qui sont for*
cées par la nature de leur fortune à n'ômployer que des cuisinières, doivent, pour leur propre sûreté, veiller à ce qu'eileâ aient de bonnes mœurs.
La plupart des vols domestiques se commettent à l'instigation de l'amour.
Ï>£S GVttS BONS ÊTES. 21
L'amaût d'une cuisinière peut Teugager à beaucoup de choses.
Vous connaissez votre cuisinière ; vous ne connaissez pas Taniant.
Vous n'avez pas le droit de défendre à votre cuisinière d'avoir un amant , car :
lo. Les amans sont indépendans des
cuisinières V
2^. Votre cuisinière est assise en plein droit naturel quand elle veut se marier ;
3^. Vous ne sauriez jamais rien , si ce n^est qu'elle a un amant pour un bon motif*
Ainsi leei amans et les cuisinières sont des maux nécessaires et inséparables.
Examinez avec attention les bureaux de loterie de votre quartier , et informez* TOUS si vos gens mettent à la loterie , s'ils n'y jouent que leurs cages, etc.
Vos chevaux ne mangeront pas toujours toute l'avoine, mais ils auront pleine satisfaction sur le boire.
L'inspection des écuries est chose diffî*
cile.
Quand votre appartement sera à louer ^ vous verrez venir bien du monde; ne laissez rien traîner.
Vouloir empêcher qu'un chef , une cuisinière, etc., volent sur la dépense, est une folie insigne.
On est ou plus ou moins volé^ voilà tout.
Votre femme de chambre mettra vos robes , votre laquais essaiera voa^abîls , usera votre linge.
Si votre campagne est cause de bien des prétextes honorables pour vous défaire des importuns , elle vous vaudra plus d'un malheur. . •
Aussitôt que vous serez parti , si vous avez un cor , votre valet de chambre s'en servira, le sommelier ira à. la cave y le la* quais glissera en tilbury avec la femme, de chambre, qui couvrira effrontément ses
DES GENS HONNÊTES, ^ a3
épaules d'un cachemire ; enfin ce sera une petite satumale.
Ne prenez jamais de demi-mesOres ; ayez une confiance entière en vos domestiques y ou point du tout.
Une cuisinière , qui n'a qu'un amant , a de bonnes mœurs; mais il faut savoir quel est cet amant /ses moyens d'existence , ses goûts, ses passions, etc.
On évite un assassinat par cette petite police domestique.
Les changeurs de monnaies doivent entourer leur comptoir, à l'Intérieur, d'une grille solide. Nous avons souvent admiré lunprudence des bijoutiers, qui ne sont défendus que par un verre, et cependant ils connaissent mieux que personne la vertu du diamant.
Ne prenez pas vos domestiques dans les
bureaux de placement : dans les petites affiches?... encore moins.
Un industriel avait fait fabriquer des euillères de cuivre argenté; tous les jours, dans plusieurs cafés, il changeait subtilement sa cuillère^ et vécut long- temps de ce commerce.
Avis aux limonadiers et aux restaurateurs.
Le commerce de détail, à Paris y tie saurait être trop en garde contre les voleurs. La guerre est toujours active entre eux et lui.
M. E**% médecin très-contiu pour les maladies mentales, vit arriver un matin une dame, d'une quarantaine d'années, encore jeune et fraîche. L'équipage de madame la comtesse de *** entra dans la cour du célèbre docteur.
La comtesse se fait introduire sur-lechamp, et, mère éplorée^ au désespoir »
parle en ces termes : «Monsieur, vous
DES GE17S H09IVÊTES. sS
\oyez une femme en proie à un chagrin bien violent. J'ai un fils ; il m'est bien cher ainsi qu'à mon mari ; c'est notre fils unique.... 9
Des pleurs, des pleurs tels que ceux qu'Artémise versa sur la tombe de Mausole. (( Oui, o.^.ui. Mon ... sieur , et depuis quelque temps nous avons de terribles craintes.... Il est dans un âge où les passions se développent Quoique nous le
satisfassions sur tous les points , argent , liberté , etc. , voici plusieurs signes de démence complète qu'il donne. Le point le plus remarquable, c'est qu'il parle toujours de bijoux, de diamans qu'il a vendus ou donnés à une femme ; mais c'est inintelligible. Nous soupçonnons qu'il a pu devenir amoureux d'une femme , peu estimable peut-être, et qu'il aura contracté des engagemens onéreux pour satisfaire ses désirs.
» Ceci , Monsieur, n*est qu'une conjecture : son père et moi nous nous perdons dans les causes de cette folie. »
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— « Eh bien, Madame, amepez-inoi monsieur votre fils... »
— ç( Oh! dès deipain, Monsieur, à midi. »
— « Cela suffit. »
I^e docteur s'empresse de reconduire la dame jusqu'à sa voilure : il voit des armes , des laquais.
Le lendemain , la prétendue comtesse s?
fait descendre chez un fameux joaillier , et après avoir long-temps marchandé une pa-?
rare de trente mille éjcus, elle se décida en faisant mille façons.
Elle la prend, tirç négligemment une bourse de son ^ac, y trouve dix mille francs en billets de banque, les étale; niaii^ l)ientôt les resserre , et dit au bijoutier :
(c Donnez-moi plutôt quelqu'un, je remmènerai; mon mari paiera; je n'ai pas sur moi toute la somme. »
Le bijoutier fait signe a un jeune homme qui , tout fier de monter en équipage , va avec la comtesse chez M. M
Elle monte précipitamment, dit au docteur : « Voilà mon fils , je vous laisse. » Puis
DES GEK3 HONNETES. ^7
sortant, elle diRiu jeune homme : « Mon mari est dans son cabinet, entrez^ il va vous payer. » Le jeune homme entre , la comtesse descend rapidement , la voiture roule à petit bruit : bientôt les chevaux galopent.
«Eh! bien, jeune homme, disait le médecin , vous saipc ce dont il s'agit.
Voyons, que ressentez-vous ?... Qu'est-ce qui se passe dans cette jeune tête-là ?... »
— « Ce qui se passe dans ma tête , Monsieur, rien, si ce n'est que voici la facture de la parure de diamans... »
— c( Nous connaissons cela, » disait le docteur, en repoussant doucement la facture, «je sais, je sais,.. »
— « Si Monsieur connaît le montant , il n'a qu'à me payer... »
— « Là! là! calmez-^vous ; vos diamans, oïl les avez-vous pris? que sont-ils devenus?... Parlez tant que vous voudrez, je vous écoute patiemment. »
, — a II s'agit de me payer, Monsieur , quatre-vingt-dix mille francs... »
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— « Pourquoi I 9
-— a Ck>mment ! pourquoi ! dit le jeune honune dont les yeux s'animèrent»»
— « Oui , pourquoi vous les paieraisje? »
-» « Parce que madame la comtesse a pris les diamans à l'instant chez nous. »
•— a Bon , nous ]fip>ici. Qu'est-ce que c'est que cette comtesse ? »
— «Votre femme L., m et il lui présente la facture, j»
«—«Mais, jeune homme, vous savez que j'ai le bonheur d'être médecin et veuf. 1»
Ici le jeune bijoutier s'emporta , et le docteur appelant ses gens , le fit tenir par les quatre membres^ ce qui acheva de met* tre le jeune homme en fureur. Il s'écria au vol, à l'assassinat, au guet-apens. Mais au bout d'un quart d'heure il devint calme, expliqua tout fort posément , et une lueur terrible éclaira le docteur.
Quelques recherches qu'on ait pu faire , ce singulier vol , si spirituel , si original par la scène qui eut lieu entre le médecin et
fe jeuQe homme, ne fut jamais puni. L'intrigaate avait eu soin de cacher ses traces; les gens étaient ses complices , la voiture , empruntée ; et cette histoire est restée comme un monument dans la mémoire des bijoutiers*
Un restaurateur est sujet à être vole d^une manière bien cruelle; car il ne peut pas exiger la restitution des marchandises fournies.
Contre ce vol il n'y a pas de précaution.
liOuisXVy passant dans^ appartemens de madame de Pompadour , aperçut un homme monté sur une échelle et fouillant dans une armoire ; Féchelle vacillait , Fhomme était en danger de tomber ; le roi alla tenir le pied de Téchelle^
On vint bientôt annoncer à madame de Pompadour qu'elle était volée; et le roi, demandant les détails de l'aventure, reconnut qu'il avait aidé le voleur.
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Ceci est un des plus beaux faits des filous. ' .
Les marchands doivent se défier singu-^ lièrement des gens qui sont pressés de se faire livrer des marchandises.
Un marchand doit escorter alors par lui-même, ou par des commis, ses marchandises le plus long-temps qu'il pourra <
Supposez un jeune homme , employé à une maison de roulage, qui^ de conni-»
vence avec un petit voleur , enverra der mander une partie de rubans , une partie de bijoux pour telle maison de commerce, priant qu'on ^Proie les marchandises à tel roulage, et la facture à sa maison de commerce.
Quand viendra la facture , M, le négociant ignorera ce qu'on veut lui dire ; si vous courez au roulage, l'entrepreneur n'aura rien vu.
En général , la race des portiers a conquis à Paris une réputation de probité très-
DES. GEKS I]0:NK£T£S. 3 t
remarquable; cependant, dans les grands vols domestiques! les Portiers jouent quelquefois leur rôle.
En ce qui les concerne ^il faut 1^. qu'un portier ait quelque intelligence ;
ao. Qu'il ait Touie fine et la vue exceU lente.
Exemple de l'utilité d'uû bon portier, et de son
influence.
M. le général P.... avait , à dessein , choisi un Normand un peu épais pour suisse : le général partit pour une campagne nouvellement achetée.
Le surlendemain , son vieux tapissier se présenta avec le petit charaban et le petit cheval classiques; il venait de la part de M. le général qui lui avait écrit de démeu* hier telle, telle pièce, et d'apporter les meubles à la campagne.
Le portier ouvre les appartemens\ les croisées , les persiennes afin qu'on y voie mieux, aide à charger les tapis, les pen-
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dules. Au retour, le général paya bien cher la complaisance d'un portier ingénu.
S î7- Si vous nourrissez votre cuisinière , elle
aura bien le droit de prélever sur votre bouillon un bol restaurateur pour le grenadier.
Le mal n'est pas là. Elle ne fait que prendre sur sa nourriture. C'est un sacrifice à l'amour. Le crime est de remplir le vide de cette grande cuillerée par une égale mesure d'eau de Seine.
Les domestiques , ayant une influence extrême sur nos mœurs, nos habitudes , nos maisons , et leur plus ou moins de fidélité causant ou notre salut ou notre ruine , il faut savoir qu'il y a deux partis à prendre envers eux : .
Une confiance illimitée;
Une défiance sans bornes ;
Le parti mitoyen est détestable.
Ici qu'il nous soit permis de faire un traité domestique en peu de mots.
DES GEIîS HONIÏETES. 33
Un domestique est membre d*nne famille comme l'huissier était jadis membre du parlement.
IL vous le choisissez mal , ce n^est pas la faute du domestique, c'est la TÔtre.
En le choisissant bien, vous avez une conduite à tenir ; la voici :
Un domestique est un homme ; il a son amour- propre, et les mêmes passions que vous, maître;
Ne blessez donc pas Tamour-propre des domestiques. En tout état, c'est une offense que l'homme pardonne rarement.
Ne leur parlez jamais qu'à l'occasion de leur service.
Persuadez ^ leur que vous vous intéressez à eux, en vous y intéressant réellement;
Ne riez jamais avec eux, et surtout ne riez pas d'eux en leur présence, car ils prendraient leur revanche, et le maître dont on rit est perdu.
S'ils ont des enfans , ayez^^n soin , et payez-en les pensions.
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S'ils sont malades, fait€s»les soigner diez vous.
Prévenez-les bien qu'ils t/ont pas de pension à attendre de vous apris ^^re décès; mais faites croître leurs gages patannée, de manière qu'au bout d'un temps limité, ils soient certains d'un traitement honorable et de votre sollicitude pour eux.
Grondez-les rarement , mais bien et jus»
lement*
Ne les traitez pas dureraeht.
Ne leur confiez rien d'important qu'a** près avoir bieh examiné leur caractère.
Il y a encore un soin perpétuel à avoir lorsque vous ne leur avez pas donné votre confiance; c'est de ne jamais rien dire d'important devant eux; de ne pas parler de votre fortune^ de ce qui vous arrive d'heureux ou de malheureux^ et, par-^ dessus tôut^ de Vous occuper des portes et des serrures à travers lesquelles on voit tant de choses.
Le choix d'un domestique iest encore
plas Important lorsqu'il s'agit de lui con^ fier des eufans.
II faut autant de politique et de finesse pour conduire un homme que dix: Ceci est de la diplomatie d'antichambre; mais elle est aussi savante que toute autre»
Un seul domestique , ami ^ préserve de tous les vols qui' se commettent dans une maison.
Vous voyez un app|artement somptueux , bien meublé, bien décoré ^ un homme bien habillé qui s'y promène et parle d'affaires importantes avec deux seigneurs, ou compte de l'argent à quelqu'un; vous, marchand, qui fournissez pour la première fois ce monsieur, vous craignez de l'interrompre^ vous lui donnez vos marchandisses , vous osez à peine présenter votre facture , il la prend, la jette sur la cheminée et dit : « C'est bon , je ferai passer chez vous !..* » A peine s'il vous voit, vous sortez enchanté; mais au fond du cœur il y a un murmure.
Aujourd'hui les enfans ne se prennent
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même plus à cela. Tout le monde sait que Tappartement peut être emprunté à uth ami, qu'il peut n'être looé que pour quinze jours , etc. , ete.
Négocians en gros et en détail , retenez bien cet axiome commercial : « N€ vendez qu'au comptant aux gens inconnus, ou prenez les plus sévères informations avant de leur faire crédit, j»
Quand un galant homme vous entendra dire : m Monsieur, nous ne vendons qu'au eomptaùt , » vous verrez sur sa figu^ quelle est sa solvabilité*
S ai.
Détaillans de toutes classes, défiez-vous des hôtels garnis où les appartemens ont deux issues, c Monsieur , vous dit*on , je vais aller chercher de l'argent,» et l'on emporte votre marchandise.
Vous attendez héroîqaem^it. Sot , triple sot , vous ne devinerez que lorsque l'hôtesse vous dira : c Qu'attend Monsieur?»
on qu'elle vous apprendra qne Tapparte-
1E>ES Cï:iïS HOKliÊTES. 3^
meot est vide, et que celui qui l'occupait Fa payé' hier, la veille du i5.
S aa.
Songez que souvent vous pourrez être le centre de toute une intrigue, et que deux, trois ou quatre acteurs différens joueront leurs rôles pour faire sortir de votre ma* gasin ou de votre poche cette précieuse panacée, F argent!
Exemple :
Un matin , sur les onze heures , on An* glais , enfoncé dans un beau cabriolet, arrête chez mademoiselle F... , célèbre lingère; il descend. « C'e^ici M. Chaulin, papetier? « dit-il en baragouinant le français; mais il lève la tête, voit les lingères, se dispose à remonter dans7^'ca^r/olette^ lorsque se retournant brusquement, et mdntrant aux lingères un paquet de crayons , il leur dit : « Dans lé Angleterre nous déposons souvent les marchandises chez toutes sortes de marchands : voici des crayons que j'ai fait passer en France par contrebande; cela se paie cher ici..: "Vou-
driez-vous en tenir un dépôt? je vous ferai gagner cent pour cent dessus. »
La lingère n'apercevait aucun danger, ni vous non plus. Qui diable aurait vu là un piège? n'y avait-il pas un Anglais , un cheval, un cabriolet et un domestique anglais en culotte de pluclie rouge ? la lingère accepte, *"'
« En voici pour six cents francs , dit l'An-^ glais en vidant son cabriolet, et cela vaut plus de douïse cents francs; je vais mettre le reste chez les papetiers, car je suis forcé de partir pour London. »
Il remonte en voiture et part.
Les jeunes demoiselles de tailler, d'es* sayer le crayon; il est excellent, moelleux, sans grain : c'est du véritable Middleton.
On colle à la vitre une belle affiche, et les passans peuvent lire : Dépôt de crayons de Middleton.
Le surlendemain , un jeune homme parfaitement bien mis, fort aimable, se disant fils du proviseur du collège de Bordeaux , vient commander un trousseau
D^S CEJNS HOKIfETBS. Bl)
superbe , pcuve quil épouse une demoiselle fort riche. Le trouseau coûtera mille écus.
Il va et vient pour presser son trousseau.
On envoie chez lui ; les demoiselles , curieuse^ et causeuses /rapportent que le fils du proviseur est bien meublé et parait très-riche.
Un matin il arrive; il demande s'il aura le trousseau pour tel jour. Il veut dessiner la forme d'un col; il a perdu le crayon dun beau souvenir. Soudain on jase sur les crayons de l'original , et Ton offre au jeune homme unt Middleton.
Surprise! joie ! étonnement ! ^ Que vous êtes heureuses d'avoir ces crayons! comiDcnt ! d'oi^ ! mais vous en avez là au moins pour quinze cents francs; mon père serait eiichanlé de les avoir, etc, , etc. v
Pendant qu'il s'extasie, arrive l'Anglaïa en cabriolet; il descend et demande ses crayons : il part pour Londres le soir même.
Le jeune homme achète les. crayons devant les lingères , le marclié se conclut à
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huit cents francs , dont cent pour la litigère; mais l'Anglais veut le paiement à Tinstant. Il part; il n'a pas même le temps d'aller chez le fils du proviseur.
Celui-ci tire sa' bourse; elle contient soixante francs ; mais ce n*est rien. L'infortunée lingère offre les sept cents francs , l'Anglais part, et le JBune homme doit en rentrant chez lui rembourser huit cent fr. ; il offre d'emmener une demoiselle. Ton s'y refuse : ne laissait-il pas les crayons pour gage?
Qui y diable, verrait le piège! Quelle finesse d'aperçus , quel savoir dans les combinaisons \ La lingère s'aplaudissait d^avoir gagné cent francs à garder des crayons pendant six jours.
On passe chez le jeune homme , il n*y était pas : il ne vient plus , on s'inquiète , on y retourne , il est parti.
La lingère conçoit des craintes vagues ; mais elle se disait : ce J'ai pour quinze cents francs de crayons ! »
Au bout d'un mois elle fait venir un
DES CElïS HOHHETEStf 4 ^
papetier; celui-ci examine les crayons; ils sont bons ; il y en a bien pour neuf cents fiancs environ ; mais on découvre un petit défaut , c'est qu'ils n'ont que quinze lignes ^ de mine de plomb , et le reste est en bois sur toute la longueur.
Vous voyez , par cet exemple , que de nos jours tout se perfectionne , et que les ruses des petits voleurs ne manquent pas de finesse, quand ils travaillent en boutique.
tJn honorable tailleur a trouvé moyen de mettre des boutons invisibles aux po^ ches d'habits. Cette inventiou nous semble bonne; mais elle est surpassée par celle des fausses poches.
Un homme un peu honnête a alors des mouchoirs si fins, qu'ils peuvent tenir dans 1^ poche de côté, et la grâce d'un habit parait bien davantage.