‹ Code des officiers de santé de l'armée de terre; ou, Traité de droit administratif, d'hygiene et de médecine légale militaires, complété des institutions qui régissent le service de santé des arméesChapitre 26 sur 86 · SECTION PREMIERE · texte numérisé non relu

SECTION PREMIERE

Cmiernenieni.

Dans les premiers temps de la monarchie française, le logement des gens de guerre était une source d'abus et de vexations. Charles Vil, qui créa les armées permanentes, dut penser, le premier, tenir à ses soldats réunis dans des habitations communes; mais c'est seulement sous les règnes suivants que quelques provinces on villes, pour alléger les habitants, firent construire des pavillons et des casernes, et mirent l'exemption de loyer au rang de leurs plus précieuses immunités. Ce fut ainsi que le casernement s'établit et devint une charge locale. La première ordonnance qui parut sur le casernement des troupes date de Louis XIV (3 décembre 1691), qui chargea Vauban du soin d'élever des casernes dont la construction p^t se rattacher à un système général de défense. La loi du 10 juillet 1791 réunit au domaine mihtaire de l'État les casernes et autres bâtiments militaires, et après des modiflcatiotis législatives successivement apjtortées au casernement, la ht du 13 iftai et rerdonrutnee du

5 août iSlS ôiit, aitisi que le règlement du '^ juin 1856, définitivement réglé tout ce qui lui est relatif.

Les bâtiments militaires que Ton consacre au logement des troupes dans les villes de garnison comprennent : 1° les casernes d'infanterie ; 2** les quartiers de cavalerie ; 3® les corps de garde ; 4° les salles de police et les prisons; 5° les infirmeries; 6° les établissements hospitaliers.

ARTICLE PREMIER

Des casernes.

Les casernes sont loin d'être partout, sous le rapport de leur situation, de leur construction et de leur disposition intérieure, conformes aux règles salutaires de lliygiène ; «des raisons de stratégie, de finance ou de localité, dit M. Lévy (1), ont presque toujours gêné le choix du lieu, de l'exposition et du mode d'édification des casernes ; dans les villes fortes, on en voit qui sont presque adossées à des remparts élevés et dont les étages inférieurs ne sont jamais visités par un rayon solaire : ailleurs, elles sont encaissées au milieu des ruelles les plus étroites et les plus misérables d'une cité populeuse, ou jetée» en corps de bâtiments distincts sur les deux rives de rivières à cours lent ou sujettes à débordement. »

Dans quelques villes, les établissements affectés au logement des troupes sont des couvents, des palais, des habitations privées, des écuries princières que, malgré des réparations et des dispositions intérieures nouvelles, on n'est point toujours parvenu à rendre complètement propres à leur destination. Il n'existe encore aujourd'hui qu'un fort petit nombre de casernes parfaitement appropriées sous tous les rapports, et qui offrent tous les avantages nécessaires à la conservation de la santé du soldat et à la discipline : nous citerons avant toutes la caseriîe Napoléon et la caserne Saint-Eugène, à Paris, celle des troupes du génie à Metz, celle de la rue de Reuilly à à Paris, et quelques casernes des forts de la banlieue, où l'on paraît avoir mis à profit certaines règles de l'hygiène, que les lois de la physique et que les résultats de l'expérience ont consacrées.

L'attention du médecin militaire doit donc s'attacher aussi bien aux améliorations et aux modifications à introduire dans les casernes qui existent déjà, qu'aux indications pour celles à construire. Quant au premier point, on comprend qu'on ne peut établir rien de .général, les dispositions de chacune des casernes actuelles étant loin de se ressembler. On devra éviter l'encombrement en rassemblant trop de militaires dans les chambres souvent étroites, et veiller sur-

(4) TtMW d'hygiène, Hmt % pflgè 576.

tout à ce que les moyens de chauffage et de ventilation ne soient pas disposés d'une manière vicieuse.

Relativement aux constructions nouvelles, le système des dortoirs doit être préféré à celui des chambres destinées à contenir seulenient un petit nombre d'hommes ; ce dernier, en effet, exige plus de lumière, de chauffage, de ventilation et d'entretien ; l'encombrement s'y produit avec facilité et la surveillance est très-difficile. Les déyeloppements qui suivent renferment du reste la plupart des préceptes relatifs à l'établissement de tous les bâtiments militaires que l'on doit préférer, tant pour le logement des troupes en santé que pour les habitations nosocomiales, attendu que les différences ne portent que sur des dispositions de distribution intérieure et sur les annexes.

§4". — Situation et exposition.

Il importe: 1° que les établissements militaires soient, autant que possible, isolés des autres habitations, loin des murs, des remparts, des églises et autres bâtiments élevés ; 2° qu'ils soient placés dans un lieu un peu élevé et sec, et que le terrain qui les supporte soit sablonneux, légèrement incliné pour favoriser l'écoulement des eaux pluviales, et exposé à tous les vents et à tous les aspects du soleil; s'il était bas et humide, on remédierait à cet inconvénient d'une part en exhaussant le rez-de-chaussée, et de l'autre en assurant le libre écoulement des eaux à l'aide de pentes convenablement disposées :3' qu'il n'y ait dans leur voisinage ni égouts, ni fumiers, ni fabriques; 4* il est essentiel encore que leur exposition soit différente en raison delà position géographique du pays. Ainsi, on devra tenir compte delà direction des vents dominants et de la nature des surfaces que ceux-ci ont à parcourir ; dans les pays chauds on doit rechercher les vents du nord , et dans les pays froids les vents du midi. Mais tout en tenant compte, pour l'orientation de l'édifice, de la direction des vents dominants et des conditions topographiques locales, on ne doit jamais p€^ dre de vue le précepte important de les mettre surtout à l'abri des vents nuisibles.

§ 2. — Construction et distribution générale des bâtiments.

Le choix des matériaux que l'on emploie pour la construction n'est pas indifférent pour l'hygiéniste; il importe qu'ils soient secs, imperméables et de densité suffisante ; mais les officiers du génie sont les seuls avec les entrepreneurs, que ce choix concerne. On peut regarder les habitations les plus solides comme étant aussi en général les plus salubres. Les pierres de taille, combinées avec l'emploi judicieux des moellons, de bonnes charpentes et du plâtre, constituent les matériaux qui donnent le plus de salubrité en même temps que le plus de solidité à un bâtiment. La meilleure disposition consiste dans plusieurs

corps de logis ou pavillons séparés les uns des autres par des cours spacieuses et des jardins. Le nombre des étages doit être proportionné au degré de sécheresse ou d'humidité habituel du pays ; dans les contrées pluvieuses, il est essentiel qu'il y ait plusieurs étages, pour que le rez-de-chaussée ne soit pas habité par les hommes. Le rez-de-chaussée doit être disposé sur de vastes caves voûtées et accessibles à Tair ; les étages seront élevés et la toiture variera selon le climat pour la forme et la nature des subsistances qui servent à la construire. Les planchers en bois sont les plus avantageux ; le carrelage en briques est plus froid et ne doit être préférable que dans les pays chauds. Les plafonds doivent être horizontalement unis. 11 est indispensable que les chambres soient assez vastes, régulières, bien percées et enfin appropriées à leur destination ; le nombre des fenêtres, leur exposition et leurs proportions seront aussi réglés suivant rintensité de la chaleur et de la lumière dont il convient de favoriser ou de tempérer l'accès ; de larges et faciles escaliers, à pente douce et décomposés par de larges paliers, des corridors spacieux, bien aérés, assureront la libre communication et l'habitation salubre de tontes les parties de l'édifice. Enfin, il sera toujours avantageux que les pavillons soient reliés entre eux par de vastes galeries couvertes ponr permettre de circuler librement et de se promener à l'abri pendant les jours de pluie.

g 3. — Ventilation, chauffage et éclairage.

L'air doit être fréquemment renouvelé dans les chambres en y entretenant, autant que lé temps le permet, les fenêtres ouvertes, excepté quand on se livre au sommeil. La ventilation pourra, du reste, être établie d'une manière facile et constante au moyen de vasistas placés à la partie supérieure de la chambre près du plafond, au moyen de ventouses multipliées, ou à l'aide de fourneaux ou de cheminées d'appel dont la construction est assez simple {système Duvoir), de telle sorte que l'air vicié par la respiration, par les produits de la transpiration et par d'autres causes , l'éclairage et le chauffage, puisse facilement s'écouler au dehors et être incessamment remplacé par de l'air pur.

Les procédés de chauffage mis actuellement en usage dans les bâtiments militaires sont les poêles, les cheminées et les calorifères. Ces moyens peuvent être combinés de façon à assurer le renouvellement facile de l'atmosphère et une pureté plus grande de l'air, et aujourd'hui, on est parvenu à réunir en eux les conditions les plus satisfaisantes de salubrité et d'échaufïement. Nous citerons entre autres :

4 ** Les appareils ingénieux de M. Léon Duvoir {chauffage par circulation d'eau et ventilation par appel), qui permettent l'accès dans les enceintes closes d'un air chaud et pur en hiver, et celui d'un air frais

en été y en même temps que les bouches d'extraction e:ipuiaapt Tair vicié de Tintérienr ;

2° Ceux de MM. Grouvelle et Chevalier {ventilation par appeht chauffage par des poêles d'eau dam lesquels circule de la vapeur) ;

3** Les ventilateurs mécaniques de MM. Thomas et taureiis {ve&Hlation par pulsion, et chauffage par des poêles d'eau clans lesquels m foil arriver de la vapeur), et de M. Van Hecke {ventilation par pulsion et chauffage à l'aide de calorifères à air chaud) qui, assurant encore mieui le renouvellement de Tair que la ventilation par appel, conviennent surtout pour les établissements hospitaliers.

Mais nous nous bornons à mentionner tous ces excellents systèmes de chauffage et de ventilation, dont il conviendrait d'étendre l'application à tous les logements militaires, et nous renvoyons pour leur description aux mémoires de leurs auteurs (i), et particulièrement à celui de M. [Boudin sur le chauffage, la réfrigération et la ventilation des établissements publics (2), comme^au Rapport du Conseil de santé des armées au Ministre de la guerre sur les principaux systèmes de chauffage et de ventilation (3).

Le chauffage des chambres dans la plupart des casernes a lieu encore aujourd'hui au moyen de poêles ou de cheminées ; dans le premier cas, il est accordé des rations collectives, et, dans le second, des rations individuelles.

Sous le rapport de l'hiver, la France est partagée en trois région?: dans la région chaude, l'hiver s'étend du V^ décembre au l"mars, et la ration collective par compagnie et par jour est de 20 kilogrammes de bois ; dans la région tempérée, hiver du 19 novembre au io mars, la ration est de 25 kilogrammes ; dans la région froide, hiver du i" novembre au 31 mars, la ration est de 30 kilogrammes. Cette ration est répartie proportionnellement à la grandeur des chambres occupées par la compagnie. Les quantités de houille sont moitié moindres. La ration individuelle est de 5 hectogrammes par homme et par jour dans la région chaude, de 7 hectogrammes dans la région tempérée, et de 8 hectogrammes dans la région froide. Quand l'hiver est rigoureux, on,accorde des suppléments qui ne peuvent se prolonger, au delà de 15 jours, sauf à les renouveler, s'il y a lieu, et ne pa> excéder le tiers de Ja ration individuelle. Ces prolongations extraordinaires de chauffage peuvent être autorisées par les officiers généraux conamandants, et, dans les places où il n'y a pas d'officiers généraux. par une Commission composée du commandant de place, du son^ intendant ou son suppléant, de l'officier de santé en chef de l'hôpital, et d'un officier de santé de corps de troupes. {Instruction du ^jum 4840, chapitre F.)

(4) Annalet d'hygiène^ tome 32.

(2) Recueil des mémoiret de médecine militaire^ 2' série, tome 5.

(3) Recueil des mémoires de médecine militaire , S* série, tome 4.

Certaines ça§erne^ sont ëclairiées au gaz dans leur intérieur, à Paris par exemple ; mais, en général, elles le sont à Thuile et d'après un marché conclu avec un entrepreneur. Les corridors sont éclaires aux &ais de 1^ masse d'entretien, et les chambres auz frais de l'ordinaire de^ compagnies. L'éclairage commence une demi -heure après le coucher du soleil, et finit une demi-heure avant son lever.

g 4. — Assiette du lo^emeut. — Ameublement.

La destination de tous les établissements du service du casernement est déterminée, pour chaque place, par décision du Ministre de la guerre. — ^Lechef du génie rédige le projet d'état d'assiette détaillée du logement dans tous les établissements de la place; et, lorsqu'il y a lieu d'établir l'assiette du logement, le sous-intendant militaire et le conomandant de place sont appelés à examiner et à discuter avec le chef du génie l'état préparé parce dernier. Ce travail, une fois arrêté de concert, est rédigé définitivement par le chef du génie. Il est signé par les parties qui ont concouru à sa formation et qui y consignent, s'il y a lieu, leurs observations respectives. ( Règlement du 30 juin 1856, arU 15.)

Du 1^' au 15 novembre de chaque année, le commandant de place, le chef du génie et le sous-intendant militaire se réunissent pour reconnaître s'il y a lieu de proposer des modifications à l'assiette du ' logement. {Id,, art, 21.)

fl ne peut être apporté de changement à l'assiette du logement qu'en vertu d'ordres du Ministre de la guerre, si ce n'est lorsqu'il y a urgence, (/rf., art, 22.)

H est pourvu à l'ameublement des bâtiments militaires : l*' en ce qui concerne le couchage des officiers, sous-officiqrs et soldats, et les foiu'nitures de corps de garde par l'entreprise des lits militaires; 2* en ce qui concerne les autres objets d'ameublement et les ustensiles qui ne sont pas à la charge des corps, par les soins et sur les fonds du génie. {Id,, art. 38 et suivants.)

Les chambres sont pourvues d'une couchette en fer ou d'un châlit à tréteaux par homme. Chaque lit doit être adossé, autant que possible, à un mur sans le toucher. Il est établi, à la tête des lits, des tablettes pour recevoir les bagages des hommes, et dans l'espace qui sépare deux lits, des crochets pour porter les objets d'armement et suspendre les souliers. Les porte-armes sont placés sur les côtés de la chambre où il n'y pas de lit. Une table, deux bans et une planche à pain suspendue au-dessus de la table , constituent l'ameublement d'une chambre de 16 hommes.

Les fournitures de lit consistent en : l"" une paillasse en toile lessivée, avec dix kilogrammes de paille; 2° un matelas contenant huit kilogr. de laine et deux kilogr. de crin ; 3° un traversin contenant

un kilogr. de laine, une couverture de laine, et pendant Thiver un couvre-pieds fait de vieilles couvertures ; 4° une paire de draps.

En déterminant l'état du logement dans les casernes, on doit avoir égard à la capacité cubique des emplacements, de manière à concilier les moyens de salubrité avec la superficie qui doit être occupée. Les chefs du génie et les sous-intendants doivent tenir la main à ce qu'il ne soit jamais placé dans les chambres un plus grand nombre de lits que celui fixé par l'assiette du logement; il faut, autant que possible, que les chambres aient au moins de 3"40 à 4" de hauteur et que leur capacité minimum soit déterminée à raison de 16" cubes d'air par homme. Entre deux rangées de lits parallèles et consécutives, il doit rester 2" à 2"50 d'intervalle; la distance entre deux lits doit être de 0,"50 au plus.

L'article 27 du règlement sur le service du casernement n'accorde par homme qu'un volume d'air de i2 mètres cubes dans les casernes d'infanterie, et de 14 mètres cubes dans celles de cavalerie.

Cette fixation doit paraître trop absolue, en tant que, dans les conditions diverses du casernement, il est difficile de la faire porter sur de Tair parfaitement pur. Tout, en effet, dépend de son renouvellement. Ainsi une pièce, quelque grande qu'elle soit, sera insuffisante si Tair ne s'y renouvelle pas; tandis qu'un très-petit cabinet pourra n'être point insalubre s'il est suffisamment ventilé. Le chiffre indiqué plus haut n'a donc rien d'absolu ni d'invariable, et dans l'évaluation du cube d'air, il est bien évident qu'il est nécessaire de retrancher tout l'espace qui pourrait être occupé par le lit ou par les meubles qui existeraient dans la pièce.

§ 5. — Annexes.

L — Les cuisines, les magasins, les bureaux, les cantines, les salles d'exercice ne sauraient être mieux disposés qu'au rez-dechaussée. — Les ateliers d'ouvriers doivent être vastes, élevés audessus du sol, suffisamment isolés pour que la lumière et le soleil y pénètrent et que l'air y circule facilement.

11. — Les latrines doivent être isolées et disposées de manière que les émanations infectes qui s'en exhalent n'atteignent pas les bâtiments habités. Elles doivent autant que possible aboutir à des courants d'eau qui entraînent les immondices, ou être construites sur le modèle des fosses mobiles ou inodores dont l'usage est répandu, et qui sont adoptées avec de grands avantages dans quelques hôpitaux. Dans tous les cas, les lunettes doivent être au ras du pavé, recouvert d'une couche de bitume légèrement inclinée, en sorte qu'il n'y ait aucune anfractuosité où les matières puissent stagner et que toute la surface puisse facilement être lavée. Dansles latrines avec fosses àécoulement, on devra ménager aux voûtes de celles-ci des tuyaux d'é vent qui s'ouvriront à l'extérieur au-dessus des toits ou dans le haut de la che-

minée des cuisines, afin d'assurer l'ascension continue du courant d'air fétide. Pour plus de détails, nous renvoyons aux observations. sur le mode de construction des latrines, qui font l'objet du § 4 de la Circulaire ministérielle du 24 avril 1855.

m. — /^« baquets de propreté^ lorsqu'il y a lieu d'en fournir, sont placés par les soins du génie à raison de 4 par bataillon et 2 par escadron, et en nombre suffisant dans les locaux de punition et dans les infirmeries. *

rV. — Des puits ou des citernes, des fontaines même devront être établies dans les cours ou à proximité de la caserne, pour servir aux besoins journaliers des cuisines, de l'infirmerie et à l'entretien de la propreté dans l'établissement.

V. — Les salks de police, les cachots, les prisons réclament encore plus que les autres dépendances dans leur disposition l'observance rigoureuse des règles de l'hygiène. [Voyez chapitre VII,)

VI. — Les corps de garde des casernes, comme ceux des autres postes militaires, ne seront point trop exigus pour la quantité d'hommes qui doivent y séjourner et en subir toutes les influences, à toutes les heures du jour et de la nuit. L'air doit pouvoir y être facilement renouvelé, et on devra veiller à ce qu'ils ne soient pas trop chauffés en hiver. On pourrait h ce sujet régler le degré de calorique d'après l'intensité du froid ou de l'humidité au moyen d'un thermomètre, et faire que la ration de chauffage fût répartie de manière à entretenir une chaleur douce, égale, continuelle (20 degrés centigrades le jour et 25 la nuit). Ce soin pourrait être confié au sergent sous la surveillance de l'officier de garde ou des officiers de place.

Les corps de garde sont garnis de lits de camp, de tables, bancs, tablettes, planches à pain, planches à consigne et porte-armes à raison du nombre d'hommes. Le service des lits militaires est tenu de leur fournir des capotes de sentinelles, des chandeliers, etc., etc., et, pour le corps de garde où il y a un poste d'officier, un ameublement plus complet.

Sous le rapport du chauffage, les corps de garde sont divisés en quatre classes, d'après le nombre d'hommes. Les quantités de bois allouées, selon l'époque de la saison, sont déterminées par un tarif particulier. Pour les corps de garde, l'hiver dure deux mois de plus que pour les chambres des casernes. L'éclairage se fait au moyen de chandelles ou à l'huile. . ^

<§ 6. — Moyens d'assainissement et mesures hygiéniques à obserrer. i

Les différents moyens accessoires d'assainissement des casernes varient selon les lieux, les temps et les circonstances. Ainsi on remédie à l'humidité du sol par des pavés convenablement disposés, par

des égouts et des courants d'eau qui donnent un écoulement facile aux eaux pluviales, etc., etc.

Pour entretenir la pureté de Tair, on sable de temps en temps les cours ei les galeries ; on arrose pendant l'été, on établit des (plantations dans les cours et les galeries et autour des casernes; on.surveille avec le plus grand soin le balayage journalier des chamtMres, des corridors et des cours, le lavage fréquent des latrines, Tenlèvenaent exact des immondices; on fait tenir les fenêtres constanmient ouvertes pendant Tété et le plus longtemps possibje en hiver ; on fait blanchir de temps en temps les murailles et les plafonds.

Des fumigations, des arrosements chlorurés doivent être faits au moins une fois la semaine et fréquemment répétés, s'il existe parmi les troupes ou dans leur voisinage des maladies épidémiques et contagieuses.

Les baquets et les urinoirs devront toujours être placés à l'extérieur dans les cours, et pour la nuit seulement dans les corridors ; ceux qu'on établira à demeure devront être lavés avec le plus grand soin.

Il a été reconnu qu'avec beaucoup d'attention et de propreté, il ne serait pas nécessaire, à la rigueur, de recourir à l'emploi d'agents chimiques pour conjurer les exhalaisons infectantes; mais de tels résultats obtenus dans des circonstances favorables par des troupes exceptionnellement soigneuses, on ne peut généralement pas les attendre là surtout; où il y a une agglomération d'hommes un peu importante; on ne saurait contester en outre que si les agents chimiques ne sont pas absolument indispensables, toujours du mojps ils facilitent le service en favorisant la désinfection.

C'est pourquoi l'assainissement des latrines et de leurs dépendances, au moyen du sulfate de fer -en dissolution, a été l'objet de plusieurs instructions et circulaires ministérielles, entre autres, celles du 3 août 1852 et du 24 avril 1855. On y trouve les prescriptions suivantes :

Que, dans les lavages ayant pour, objet de désinfecter le sol et les murs de latrines, il sera fait un emploi d'une dissolution de sulfate de fer mélangé avec l'eau, le sel entrant dans le mélange pour un centième du poids total, proportion consacrée par l'expérience;

Que les lavages avec cette dissolution ne doivent pas dispenser des lavages fréquents à l'eau seule ;

Que, d'après les bons résultats obtenus, même dans le Midi, on peut considérer comme suffisant un lavage au sulfate de fer tous les trois ou quatre jours en hiver, et tous les deux jours en été; les lavages à l'eau pure ayant lieu ponctuellement d'ailleurs et se faisant avec soin chaque jour;

Que, quant aux baquets et urinoirs, il convjent de les désinfecter chaque jour au sulfate de fer.

À ces soins doivent être ajoutés, autant que possible, des lavages mensuels et complets, au sulfate de fer^ exécutes par les entrepreneurs des TÎdanges, et le blanchissage deux fois par an des murs et des cabinets des latrines.

Les résultats obtenus aq moyen du sulfate de fer paraissent bien constatés; et ces mesures intéressent à un trop haut degré le bienêtre et la santé du soldat, pour que nous ayons omis de les répéter complètement ici.

Il en est d W autre ordre que nous trouvons formulées de la ma* niëre suivante dans le règlement du ^9 octobre 1841, sur le service des lits nûlitaires.

On doit apporter un grand soin dans la conservation et Tentretien des lits et des fournitures : les matelas seront souvent étendus à 1-air libre, refaits et cardés à des époques déterminées (ceux d'officiers et d'infirmpries tous les ans, et ceux de soldats tous les dix-huit mois). Les paillasses seront convenablement renouvelées tous les six mois pour les fournitures complètes, et tpus les quatre mois pont lès demifournitures. Leq couvertures sont secouées, battues et exposées au grand air une fois par semaine.

Lçs draps de lits nç doivent être remis que bien lessivés, bien lavés et bien secs;, ils sont échangés, savoir : du l^Tmai au 30 septembre, tous les quinze jours pour les officiers, et tous les vingt jours pour les soldats; et du i" octobre^au 30 avril respectivement, tous les vingt et trente jours.

L'échange des serviettes pour officiers a lieu toutes les semaines.

Les diverses mesures et précautions qui viennent d'être indiquées sont très-importantes, et on doit bien se pénétrer que c'est de l'exécution ponctuelle de telles dispositions que dépend en grande partie la conservation de la santé des troupes. Les maladies qui se sont déjclarées dans plusieurs corps de troupes et ont même sévi sur différents points, à certaines époques peu éloignées de nous, ont été généralement attribuées à l'air vicié qui régnait dans les casernes par suite de la négligence qu'on apportait dans les soins de propreté, et le Ministre a dû rappelçr à l'exécution des dispositions réglementaires de l'ordonnance du 2 novembre 1833 pour le maintien de la propreté et la bonne tenue des casernes {Circulaire du 5 février 1841). Et dans les circulaires des 7 et 8 mars 1842 et 30 août de la môme année, il a recommandé les précautions hygiéniques qui lui paraissent devoir exercer une influence salutaire sur la santé du soldat. Nous ajouterons celles qui doivent trouver place ici, les autres ayant déjà été Indiquées dans ce chapitre, ou devant l'être dans les suivants.

Ainsi, il est rappelé aux chefs de corps de tenir surtout la main à Ce qu'on éloigne toute cause accessoire de la viciation de l'air, telle que les provisions de légumes; qu'il est défendu d'accoler les lits deux à deux, ainsi que cela arrive encore quelquefois dans certaines casernes. Afin de ne point produire, dans les cuisines» des excavations où

séjournent les eaux ménagères, les cnisiniers doivent, conformément aux art. 174-224 de Tordunnance de 1833, fendre le bois dans les cours. Ils doivent aussi maintenir toujours les ustensiles de euisine dans le plus grand état de propreté ; et à propos de l'intervention des officiers de santé dans Texécution de ces prescriptions, je me plais à i*econnaltre, dit le Ministre, que les officiers de santé doivent apporter tous leurs soins à seconder la sollicitude des chefs de corps en leur proposant les mesures que réclame la santé des troupes.

On ne saurait, en effet, apprécier assez l'inflaence saintaire qu'ex€^ cent sur la santé du soldat la propreté individnelie , celle des chambres et des autres locaux, l'espacement des lits, la ventilation des salles, et Ton comprend que, dans sa soUicitode pour l'armée, le Ministre de la guerre ait souvent recommandé la ponctuelle exécution de ces précautions hygiéniques.

L'observation de ces règles doit s'étendre avec encore plus de sévérité, aux salles disciplinaires, aux ateliers d'ouvriers, et aux corps de gardé ; ces derniers doivent particulièrement être Tobjet d'une surveillance attentive sous le rapport du chauffage, qui est généralement trop considérable en hiver, et de la faction des hommes de garde dont il est souvent utile d'abréger le temps lorsqu'il faut qu'ils restent absolument exposés, soit au soleil, soit à un froid excessif.

g 7. — Conditions particulières de salubrité des .quartiers de cavalerie, des pariUons

d'officiers et des casemates.

I. Quartiers de cavalerie, — Les bâtiments affectés aux troupes de cavalerie exigent encore plus impérieusement l'exécution dés mesures relatives au maintien de la propreté et de la pureté de l'air qu'on y respire. Il faut en effet que les écuries soient largement aérées, que les cours soient bien pavées, que l'eau y abonde, et qu'elles soient lavées et balayées matin et soir.

Des locaux particuliers deyraient être affectés aux selleries , et les hommes se trouveraient ainsi à l'abri des émanations malfaisantes qu'exhale toujours le harnachement. Les soins de propreté individuelle et des chambres doivent être observés particulièrement par les cavaliers, et l'on doit remarquer que c'est surtout aux quartiers de cavalerie, où les causes d'insalubrité sont si nombreuses, que s'adressent les recommandations ministérielles relatives à l'exécution des dispositions réglementaires qui prescrivent des mesures de salubrité. {Circulaire du 5 février 1841 et suivantes citées plus haut)

II. Pavillons d'officiers. — Nous n'avons rien à dire touchant les locaux classés sous le nom de pavillons d'officiers. En général, ils sont convenablement disposés et présentent les conditions les plus favorables à l'hygiène. Le règlement du 30 juin 1856 a déterminé le nombre de pièces à affecter à chacun des officiers, selon leur grade. {Voir V* partie, pag^e 135.) Quand il n'est pas payé d'ameublement,

le service des lits militaires fournit tout ce qui le concerne. Les officiers sont tenus comme la troupe, en cas de départ, de rendre leur logement propre et en état d'être habité sur-le-champ ; autrement, Topération est faite à leurs frais, et la dépense' est constatée et remboursée comme les dégradations qu'ils ont pu faire.

in. Casemates. -^ Quant aux casemates et autres logements souterrains destinés à être habités durant les sièges, pour y mettre les hommes à Tabri du bombardement, on doit les regarder comme des habitations en général mauvaises pour la santé. Il est difficile que lliumidité n'y règne pas et que Tair s'y renouveUe. Si Ton ajoute que les soldats y sont ordinairement entassés, et y respirent sans cesse les Tapeurs corrompues d'un milieu humide et pestilentiel, on comprendra à quelles maladies putrides les assiégés ne sont que trop exposés lorsqu'une si douloureuse situation se prolonge : aussi est-il essentiel d'y établir sur une grande échelle les moyens de chauffage et de ventilation, tels que l'aération y soit suffisante, afin d'atténuer les influences délétères auxquelles le soldat s'y trouve exposé.

ARTICLE DEUXIEME

»e» inflrmeries réfflnieiiiAires.

L'institution des infirmeries régimeniaires est antérieure à la création des hôpitaux : elle résulte de l'organisation première du service de santé. Ainsi, sous le règne de Henri H, les chefs de corps avaient une somme spéciale pour £aire traiter leurs soldats malades ou blessés au quartier. Sully établit le premier hôpital ambulant au siège d'Amiens (1597), sous Henri IV, et Richelieu, sous Louis XIII, le premier hôpital sédentaire après la prise de Pignerol en Piémont (1630). Mais c'est sous le règne de Louis XTV que les infirmeries régimentaires, dont on avait apprécié l'utilité, se multiplièrent. Le soin des chirurgiens de régiment était borné alors, comme aujourd'hui, à diriger les affections graves sur les hôpitaux et à traiter à la caserne les maladies légères. La création d'hôpitaux dans la plupart des places de guerre nuisit, pendant longues années, aux infirmeries, qui furent ensuite transformées en hôpitaux régimentaires lors de la suppression des hôpitaux militaires en 1788. Mais cette réforme était par trop . radicale et n'était point compatible avec la guerre dans laquelle on entrait alors. Les hôpitaux furent rétablis en 1792, et les infirmeries subsistèrent dans chaque régiment pour le traitement des maladies légères, des maladies vénériennes et cutanées simples. Longtemps en défaveur, et n'ayant été pendant longtemps que d'une importance médiocre et considérées comme objet secondaire, elles sont redevenues, sous le ministère du maréchal Soult, l'objet de toute la sollicitude éclairée de l'administration.

Les rapports d'inspection appelaient déjà depuis plusi^nfs ftfiiiéeB son attention sur les amëliorationsà apporter au régime des infirmeries rëgimentaires, en insistant particulièrement sur Tinsuffisance et l'insalubrité des locaux affectés aux infirmeries dans les casernes, d'une part, et de l'autre sut le manque des ressources fiécessaîres au traitement des maladies et blessures légères» tandis qu'une allocation suffisante permettrait aux officiers de santé de traiter à la cas6rneun grand nombre de malades qu'on envoyait alors à l'hôpital, et qu'il pourrait en résulter une économie notable en journées de traitement aux hôpitaux ; et c'est d'après le rapport de la commission nommée par le Ministre en 1838 pour la réyision du règlement sur les infirmeries, que des modifications avantageuses ont été introduites dans ce service par la circulaire du 28 janvier 1839, qui renferme les dispositions relatives à l'assiette des locaux.

La commission a reconnu que les infirmeries régimentaires améliorées et étendues auront pour résultat de rapprocher des moyens èuratifs immédiats, et dès lors plus efficaces, quelques malades à diriger sur des hôpitaux plus ou moins éloignés de la garnison ; de créer des soins de famille dans l'intérieur de chaque corps ; de donner aux officiers de santé des attributions plus médicales, et qui les mettent à même d'acquérir une expérience pratique que ne comportent pas suffisamment leur sêNîcè, tel ^'il était éônstitué auparavant dans les garnisons de l'intérieur; enfin de procurer une économie qui, bien que beaucoup inférieure à celle jugée au premier aperçu, n'en sera pas moins réelle.

La nomenclature atinexée au travail de la commission donne Ténumération, aussi complète que possible, des divers cas de maladie dont le traitement doit avoir lieu à l'infirmerie régimentaire. La commission a pensé unanimement que cet établissement devait être réservé uniquement aux malades dont Vétat ne réclame qu'un traitement local, du repos et un régime alimentaire ne différant de celui des hommes validas que «ottS le rapport de la quantité et de la préparation , ces^-dire le régime gras à peu d'exceptions près. On voit que tous les fiévreux ou classés comme tels dans la division hospitalière, en sont exclus d'une manière absolue, comme aussi les galeux , vénériens et blessés dont les affections sont graves ou chroniques, la commission étant convaincue que ces malades seront toigours plus convenaUement ti'aités dans les hôpitaux.

Une amélioration qui doit porter de bons fruits est l'admission à l'infirmerie régimentaire des convalescents sortant des hôpitaux, qui ont besoin de repos et d'un régime plus doux avant de reprendre leur service et de vivre à l'ordinaire. Il est constaté que les rechutes de cette classe de malades sont la causé de la plus grande mortalité dans les hôpitaux, et qa'àvec quelques précautions on pourra les prévenir, ou au moins les réduire d'uhc manière sensible; c'est ici un

acte de lionne administration et d'humanité. {Bappàrt du 4 octobre 1838.)

Les essais déjà tentés au sujet des améliorations à apporter au régime des infirmeries régîmentaires ont détnohtrë que la santé des hommes, la discipline et le Trésor pourraient retirer de grands avantages de cette institution, si elle recevait, avec Une sage réserve, les développements dont elle est susceptible.

«Après un examen approfondi de cette importante question, et en même temps des graves difficultés que pourrait quelquefois entraîner la mise à exécution de cette mesure, tant pour l'établissement des locaux que pour les détails du régime intérieur des corps et du service de santé dans les infirmeries et dans les hôpitaux, j'ai pensé, dit le Ministre {Circulaire du 2S janvier 1839), qu'il serait avantageux de pouvoir traiter dans les infirmeries régimeritaires les hommes atteints de plaies, blessures et lésions chirurgicales simples, des symptômes vénériens primitifs, de la gale et autres maladies cutanées simples, les malades, en un mot, dont l'état ne réclame qu'un traitement local, du repos et un régime alimentaire ne différant de celui des hommes valides que sous le rapport de la quantité et de la préparation.

« Les écarts de régime, les excès en tous genres occasionnent trop fréquemment des rechutes funestes aux convalescents ; il a paru qu'on préviendrait ce grave inconvénient en admettant pendant quelques jours à l'infirmerie régimentaire les hommes sortant des hôpitaux, jusqu'à ce qu'ils pussent sans danger reprendre leur service et vivre à l'ordinaire.

« La discipline a aussi beaucoup à gagner à la bonne constitution des infirmeries régimentaires, caries militaires traités à ces infirmeries ne cessent pas d'être sous la surveillance de leurs chefs ; ils ne peuvent y séjourner au delà du terme rigoureusement nécessaire pour leur guérison: ain$i les corps n'auraient plus aussi souvent à porter des plaintes fondées au sujet du grand nombre d'hommes qu'enlèvent au service les séjours abusifs dans les hospices.

(cMais j'ai senti qu'il fallait éviter avec soin de tirer des compagnies Un trop grand nombre d'hommes pour soigner leurs camarades; à cet égard, je pense qu'un sous-officier secondé par un caporal chargé de l'ordinaire, un soldat infirmier chargé de la tisanerie et de la cuisson des aliments, et un soldat par vingt hommes à Tinfirmerie, pour les bains^ pourraient suffire à la police et à la tenue de la comptabilité de l'infirmerie, ainsi qu'aux soins à donner à des militaires atteints de maladies peu graves, sans augmenter dans une proportion trop fâcheuse les dispenses du service général. »

« Le mobilier de l'infirmerie régimentaire devrait être augmenté d'mi fourneau, d'un appareil de bains, et des ustensiles les plus indispensables pour la médication et l'ordinaire ; un supplément de combustible serait accordé aux corps ; enfin, la masse générale d'en-

tretten obtiendrait des ressources suffisantes pour pourvoir aux dépenses de rinfirmerie. »

, « J'ai prescrit de rechercher et de coordonner les moyens d'exécution propres à assurer le succès de cette mesure ; il doit résulter de cette étude un règlement sur le service des infirmeries régimentaires; mais avant d'en arrêter les dispositions et de Tadopter définitivement, j'ai besoin de connaître votre opinion sur la facilité de l'appliquer immédiatement dans quelques localités, et la possibilité de l'étendre à d'autres, ainsi que sur les avantages que l'on doit en espérer. »

« Le local destiné à l'établissement de chaque infirmerie régimentaire doit d'abord fixer l'attention, afin de déterminer les casernes qui, dès à présent, permettraient de disposer d'un nombre de pièces suffisant pour compléter ou établir, par échanges de locaux, une infirmerie régimentaire sans nuire au placement des hommes valides, sans enlever les accessoires indispensables pour le service et l'instruction, et sans nécessiter des travaux d'appropriation trop coûteux. »

La circulaire ministérielle du 28 janvier 1839 pose ensuite les bases de l'installation et de l'assiette des locaux destinés au service de rinfirmerie, comme on les trouvera établies ci-après au paragraphe 1". Ces dispositions sont suivies de l'organisation, qui en a été arrêtée depuis par le règlement du 30 juin 1856 , sur le service du casernement en général.

g \". — Installation. — Assiette des locaux.

Le local doit se composer : 1° d'une salle de blessés et vénériens pouvant contenir un nombre de lits calculé à raison de 1 pour 100 hommes dans les régiments d'infanterie, d'artillerie et du génie, et de 1 pour 60 hommes dans les régiments de cavalerie, en prenant pour base le complet d'organisation ; 2« d'une salle séparée pour traitement des galeux , à raison d'un lit avec derai-fourriitujpe seulement, pour 200 hommes dans les. régiments d'infanterie, d'arlilterie et du génie, et pour, 100 hommes dans les régiments de cavalerie ;— 3** d'une salle pour les convalescents sortant des hôpitaux, à raison d'un lit pour 100 hommes ;— 4** d'une chambre à feu servant à la cuisson des aliments, à la tisanerie et autres préparations pharmaceutiques ; — 5° d'une salle contenant trois baignoires pour les régiments d'infanterie, d'artillerie et du génie, et deux pour les autres corps. Dans cette salle, il serait établi un fourneau garni d'une chaudière de la contenance de 180 litres pour trois baignoires, et de 120 litres pour deux baignoires ; — 6** d'une petite pièce isolée et aérée où seraient placés deux baquets de propreté, toutes les fois qu'un corps de bâtiment avec latrines ne pourrait être affecté au service spécial de l'inlirmcrie; — V d'une chambre à feu pour le logement du sous-olticier

d'infirmerie où serait placée une petite armoire pour le dépôt de linge à pansement, des appareils et 'des mëdiestments extemporanés: cette chambre servirait, en outre, de salle de visite ; — 8° d'un cabinet contigu, qui, garni d'étagères , servirait de magasin pour les effets d'habillement, le linge de corps et les ustensiles à l'usage de l'infirmerie.

La salle des blessés et vénériens, celle des convalescents et la pièce de visite, pourraient être en communication et séparées seulement par des cloisons en briques , afin d'établir les divisions nécessaires; la salle de galeux doit être isolée. La chambre du sous-officier d'infirmerie pourrait, au moyen d'une cloison en planches, comporter le cabinet à étagères pour magasin. Quant à la cuisine-tisanerie, cette pièce peut être établie au -rez-de-chaussée, en communication avec la saUe des bains ; et si les infirmeries sont placées au premier étage, il ne serait peut-être pas impossible d'établir la communication entre les divers services au moyen d'un escalier intérieur.

Le caporal d'ordinaire et les soldats infirmiers coucheraient dans la salle des convalescents, sans toutefois restreindre le nombre de lits disponibles pour ces derniers. — ^11 serait surtout essentiel que les chambres destinées au logement des malades et du sous-officier surveillant fussent parfaitement aérées, bien éclairées, à une bonne exposition, contiguës, mais, autant que possible, isolées des autres , afin d'en rendre la police plus facile et de prévenir l'introduction des aliments. On devrait choisir de préférence le premier et le deuxième étage pour l'infirmerie proprement dite, et le rez-de*chàussée pour les locaux accessoires. — Il n'est pas indispensable d'ailleurs que l'infirmerie et ses dépendances soient établies dans la caserne même ;;- il pourrait être avantageux qu'elles fussent placées dans un local isolé du logement des troupes, mais cependant attenant à la caserne, afin que les hommes à l'infirmerie pussent être l'objet d'une constante cl facile sun^eillance.

La répartition des locaux destinés au service de l'infirmerie a été établie depuis sur les bases suivantes par le règlement du 30 juin 1856 :

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