III. Asphyxiés par la foudre. — Il faut
\^ Immédiatement porter l'asphyxié au grand air, s'il n'y est déjà; le dépouiller vite de ses vêtements ; faire, pendant un quart d'heure, des avisions d'eau froide ; exercer des frictions sur tout le corps, et s'eiforcer de rétablir la respiration, par des compressions méthodiques et alternatives de la poitrine et du bas-ventre, comme il a été indiqué plus haut ;
2° Si le sujet se ranime, il devra être traité comme les autres asphyxiés rappelés à l'existence.
IV. Asphyxiés par le froid, — Quand la mort apparente a été occasionnée par le froid, il est d'une très-grande importance de ne rétablir la chaleur que graduellement et lentement. Si le corps d'un asphyxié par le froid était approché du feu, ou si, dès le commencement des secours, on le faisait séjourner dans un lieu même médiocrement chauffé, il en résulterait des accidenls graves. Il faut donc ouvrir les portes et les fenêtres de la chambre où l'on s<» propose de secourir cet asphyxié, afin que la température de celte pièce ne soit pas plus élevée que celle de l'air extérieur.
Il faut, dans tous les cas, employer les moyens suivants :
1® Transporter l'asphyxié, le plus promptement possible, du lieu où il a été
trouvé, à celui où les secours doivent lui être administrés ; pendant le transport.
l'envelopper d'une couverture, ou de paille ou de foin, en laissant la face
libre ; éviter de faire faire au corps, et principalement aux membres, des mouvements brusques ;
^ Déshabiller l'asphyxié et couvrir tout son corps, y compris les membres, de linge trempés dans Teau froide;
3° Lorsque le corps commence à dégeler, que les membres, ayant perdu leur roideur, offrent de la souplesse, on doit faire exécuter à la poitrine et au ventre quelques mouvements alternatifs pour faciliter la respiration, et exercer en même temps des frictions sur le corps, soit avec de la neige, si Ton peut s'en procurer, soit avec des linges trempés dans de l'eau froide ;
ii" Si, par l'usage de ces moyens, la roideur a cessé, et que la vie se rétablisse, on augmente de trois à quatre degrés, de dix en dix minutes, la température des linges dont on a enveloppé le corps, ou avec lesquels on le frictionne, jusqu'à ce qu'on l'ait portée peu à peu à 30° c;
5* Lorsque le corps commence à s'échauffer ou qu'il se manifeste des signes de vie, il faut l'essuyer avec soin, et le placer dans un lit, dont la température ne doit pas être plus élevée que celle de l'asphyxié. Il faut aussi avoir l'attention de ne pas faire feu dans la pièce où est le lit^ avant que le corps ait recouvré entièrement sa chaleur naturelle ;
6° Quand le malade commence à pouvoir avaler, on lui fait prendre, par cuillerées, une infusion théiforme, avec quelques gouttes d'eau-de-vie. Cette boisson doit être seulement un peu plus que tiède ; sans cette précaution, on s'exposerait à produire, dans les tissus qui tapissent l'intérieur de la bouche, des ampoules comme celles résultant delà brûlure;
7® Si la propension à l'engourdissement continuait à se manifester, on ferait boire au malade un peu d'eau légèrement vinaigrée, et si l'assoupissement était profond, on administrerait des lavements irritants , soit avec de l'eau et du sel, soit avec de l'eau et du savon.
Il est essentiel de faire observer que, de toutes les asphyxies, celle qui est produite par le froid offre, ainsi que cela a été constaté par les peuples du Nord, le plus de chances de succès, même après douze ou quinze heures de mort apparente.