‹ Code des officiers de santé de l'armée de terre; ou, Traité de droit administratif, d'hygiene et de médecine légale militaires, complété des institutions qui régissent le service de santé des arméesChapitre 50 sur 86 · V. Asphyxiés par strangulation ou suspension. — On doit · texte numérisé non relu

V. Asphyxiés par strangulation ou suspension. — On doit

1° Couper promptement le lien qui entoure le cou, et, s'il y a pendaison, descendre le corps en le soutenant de manière qu'il n'éprouve aucune secousse ; puis enlever toute pièce de l^habillement qui pourrait gêner la circulation ;

â*» Placer le corps, en évitant de lui faire éprouver des secousses, sur un lit, si on le peut, ou sur de la paille, et de façon qu'il y soit commodément et que la tête, ainsi que la poitrine, soient plus élevées que le reste du corps, ainsi que cela a été dit pour les autres asphyxiés ;

3<* Si le corps est dans une pièce fermée, on doit veiller à ce que la température y soit maintenue à un degré convenable, et à ce qu'elle soit aérée;

4° Le médecin jugera s'il faut ou non saigner l'asphyxié. La saignée de la veine jugulaire est, dans ce cas, presque toujours celle qu'il faut préférer ;

5° Si la suspension ou la strangulation n'a eu lieu que depuis quelques minutes, il suffit quelquefois, pojir rappeler à la vie, de faire des affusions d'eau froide sur la face; d'appliquer sur le front et sur la tête des linges trempés dans de l'eau froide; de faire, en même temps, des frictions sur toute l'habitude du corps ;

6" Dans tous les cas, il est essentiel d'exercer dès le commencement, sur la poitrine et le bas-ventre, des compressions intermittentes (comme dans les autres genres d'asphyxies), afm de rétablir la respiration ;

7^» On doit avoir raltention de frictionner l'asphyxié avec des flanelles, des brosses, surtout à la plante des pieds et dans le creux des mains ;

8« Les lavements ne doivent être administrés, et ne sont utiles, que lorsque le malade a commencé à donner des signes non équivoques de vie ;

9» Aussitôt qu'il peut avaler, on lui fait prendre, par petites portions, du thé ou de l'eau tiède mêlée à un peu de vinaigre ou de vin;

10" Si, lorsqu'il est complètement rappelé à la vie, il éprouve des étourdissements, de la stupeur, les applications d'eau froide sur la tête deviennent utiles ;

41° En général, après son rappel à la vie, il doit être traité avecles mêmes précautions que les autres asphyxiés.

VI. Asphyxiés par la clialcur, — 1*» Si rasph)rxie a eu lieu par l'effet du séjour dans un lieu trop chaud, il faut porter l'asphyxié dans un endroit plus frais, mais pas trop froid ;

2^» Le dépouiller de tout vêtement qui pourrait gêner la circulation ;

3° Le saigner si des symptômes de congestion le commandent ;

4^ Lui faire prendre un bain de pieds médiocrement chaud, auquel on peut ajouter des cendres et du sel ;

5° Lorsqu'il peut avaler, lui faire prendre, par petites gorgées, de l'eau froide acidulée avec du vinaigre ou du jus de citron, et lui donner des lavements d'eau vinaigrée, mais contenant un peu plus de vinaigre que celle destinée à être bue ;

6« Si la maladie persiste, ou si elle fait des progrès, il devient nécessaire d'appliquer des ventouses scarifiées à l'épigastre et aux tempes ;

7" Quand l'asphyxie a été déterminée par l'action du soleil, comme cela arrive surtout aux moissonneurs et aux militaires, le traitement est le même; mais il faut dans ce cas, quand le malade n'est plus eu sueur^ insister sur les supplications froides sur la tête.

V. Danse. — La danse, en raison des mouvements variés qu'elle fait exécuter à un grand nombre de muscles, est un bon exercice gymnastique. Elle sert à donner de la grâce et à entretenir la force et la souplesse dans les membres. Le soldat s'y livre habituellement avec plaisir, parce qu'il y trouve à la fois une récréation agréable et un exercice salutaire. Elle doit être aussi recommandée aux troupes, pour éloigner l'ennui et la crainte et combattre la nostalgie. Et à raison de l'influence favorable qu'elle exerce sur Forganisatiou de Thorame, nous devons ne pas oublier de la comprendre au nombre des amusements qui peuvent être encouragés.

VI. Exercice de chant, — »■ En principe, il est a%'%ntageux de soumettre au rhythme la plupart des exercices et notamment.

l® Ceux qui doivent être exécutés avec ensemble;

2"* Ceux qui consistent dans la répétition prolongée d'un même mouvement, tels sont les mouvements d'ussouplissement, etlaeourse, etc. Le meilleur rhythme serait donné par des chants. Les exercices de la voix sont d'ailleurs une partie essentielle de la gymnastique; ûs ont sur le développement de la poitrine une salutaire influence. Il est incontestable qu'ils offriront le moyen d'agir puissamment sur le mo-

rai du soldat, Jorsqufe les chants seront etnpremt« de sentiments élevés, en rapport avec l'éducation militaire.

Aucun mode d'enseignement n'est d'ailleurs encore prescrit : une méthode sûre et rapide qui pourrait mettre en un mois ou deux au plus une masse d'hommes en état de lire une musique simple et fecile, comme pourrait l'être celle qu'il faudrait adopter, serait préférable â toute autre. (1)

Aujourd'hui, pendant les marches, de simples chansons suffisent pour donner l'élan, inspirer la gaieté et ranimer l'énergie. En procurant des distractions agréables , quel charme, quelle influence n'exerceraient pas sur le moral des troupes en marche nos hymnes nationaux, s'ils étaient chantés avec ensemble par un grand nombre de soldats ! Mais la musique supplée merveilleusement les chants.

Vn. Musique. — La musique militaire est en effet un des stimulants les plus agréables ; non-seulement elle régularise, allège et accélère la marche, mais elle enflamme aussi le courage du soldat, calme ses craintes, et dissipe son anxiété et ses fatigues. Qu'il nous suffise de citer les magiques effets que produit sur le soldat la lourde et retentissante harmonie des tambours en un jour de bataille, pour faire comprendre la puissance de la musique guerrière. L'histoire nous apprend, du reste, que de tout temps elle a été honorée et cultivée par les guerriers, que leurs marches s'exécutaient avec des chants, qu'ils n'allaient au combat qu'en poussant des cris cadencés, et qu'ils célébraient la victoire avec enthousiasme par des hymnes héroïques. Le maréchal de Saxe souhaitait que, pendant les marches militaires, les instruments jouassent durant toute la route. « L'utilité de la dissipation de l'esprit pour la santé du corps rend la musique nécessaire et devrait, à ce qu'il nous semble, la rendre beaucoup plus commune. La gaieté qu'elle inspirerait, jointe à l'occupation des manœuvres militaires, ferait bien certainement qu'il y aurait moins de ces malheureux qui étant vivement affectés du désir de rentrer dans leur pays, tombent dans la langueur et vont mourir à l'hôpital (2).»

VIU. Ecoles régimentaires, — Un grand intérêt, celui d'ajouter au bien-être du soldat, en améliorant son instruction, fît consacrer par la loi du 21 mars 4832 le principe salutaire, qu6 le« jeunes gens appelés au service recevraient dans leuj' corps l'instruction prescrite pour les écoles primaires. Instruire les jeunes soldats et ne les renvoyer dans leurs foyers qu'après leur avoir communiqué des connaissances dont ils pourrront tirer avantage tout le reste de leur vie, ce serait les payer en partie de leurs services, ce serait en quelque sorte

(1) Depuis septembre 48ë3, des leçons de musique chorale ont été faites rax sous-ofii** eiers et ctporaux élèves de TJÊcole Dormale de gymnastique instituée à la redoute de la Fai-

sanderie près Yincennes.

(2) Monro, Médecine d'armée j tome 4, page 458.

les indemniser des sacrifices que la loi leur prescrit. (Rapport de la commission, séance du 12 septembre 1834, Moniteur officieL)

Ce vœu du législateur, le Gouvernement Taccomplit chaque année de plus en plus ; déjà les résultats obtenus sont de plus en plus satisfaisants, et les encouragements donnés aux écoles régimentaires permettent de croire qu'elles deviendront peu à peu de véritables écoles nationales et que le nombre des jeunes soldats illettrés deviendra de moins en moins considérable.

Dans chaque régiment il y a deux écoles : Tune, dirigée d'après le mode mutuel, sous la dénomination d'école du 1*' degré pour les soldats, caporaux ou brigadiers ; Tautre, dirigée d'après le mode simultané, sous la dénomination d'école de 2® degré, destinée aux sousofiSciers.

Dans l'infanterie, les jeunes soldats ou recrues ne sont admis à l'école que lorsqu'ils ont acquis le degré d'instruction militaire nécessaire pour monter la garde. Dans la cavalerie , les recrues ne fréquentent les cours que lorsqu'ils sont à l'école d'escadron.

Les chefs de corps ont le devoir d'employer tous les moyens qui leur paraissent les plus efficaces pour engager les hommes illettrés à se livrer avec ardeur aux études suivies dans ces écoles, qui sonl aussi obligatoires que les exercices et les manœuvres.

Les sujets qui ont obtenu le plus de succès sont mis à l'ordre du jour du régiment à la fin de chaque trimestre ; il leur est tenu compte de cette mention pour l'avancement. C'est en stimulant et en encourageant sans cesse leur zèle qu'il sera possible un jour de ne plus compter de soldats ignorants dans les rangs des armées ; formés à l'ordre, à la discipline, à l'honneur, tous peuvent acquérir les connaissances les plus usuelles, et cette instruction qu'ils trouvent dans les corps, et que la plupart d'entre eux n'auraient jamais sans doute acquise, tout en influant sur leur avenir dans la carrière militaire, est aussi pour eux de la plus grande utilité lorsqu'ils rentrent dans la vie civile.

ARTICLE DEUXIÈME

Eiereieeis deis troupes en temps de gaerre.

I. Ouverture d'une campagne. — La nécessité de fortifier la constitution et le courage des troupes et de les exercer pendant la paix à tout ce qu'elles doivent exécuter pendant la guerre, est suffisamment démontrée par le grand nombre d'écloppés, d'hommes faibles et languissants, qui restent sur les routes et peuplent -les hôpitaux dès les premières opérations d'une campagne. Rien en effet ne serait plos contraire à la santé des soldats, que de passer d'une oisive tranquillité des garnisons ou des quartiers de paix, à tous les genres <i^ fatigues, aux marches et campements qui sont obligés à rentrée d'une campagnes. Changer tout à coup d'habitation, de travaux, àt

besoins, de genre de vie ; asseoir un camp dans des lieux malsains, respirer des vapeurs fétides, manger des aliments quelquefois altérés, boire des eaux corrompues, coucher sur la terre, quelquefois même à découvert, être abîmé de marches forcées, de grand'gardes, de détachements et de travaux pénibles ; être tantôt dans des plaines brûlantes, et tantôt sur des montagnes glacées; se trouver souvent exposé à toute l'infection des maladies contagieuses ou épidémiques et à tous les accidents malheureux des combats, des batailles, des assauts et des autres opérations de la guerre, etc. : tels sont les travaux et les peines qui vont assaillir un guerrier. Il est donc de notre devoir de chercher les moyens d'en éviter les dangers ou d'en diminuer les horreurs.

L'ouverture d'une campagne est toujours un nouveau genre de vie qui exige la santé, la force physique et morale, l'habitude de toutes les manœuvres et les enseignements de l'expérience. C'est aux oflSciers de santé qu'il appartient surtout de faire alors de l'hygiène préventive, en passant, ce que l'on peut appeler une inspection de validité, et en désignant pour rester au dépôt tous les hommes qui ne sont pas aptes à faire campagne. Il entre assurément dans les devoirs d'une sage administration d'éliminer les hommes les plus faibles et les plus malingres, afin que les expéditions s'accomplissent avec le moins de sacrifices possible.

Lorsque les colonnes sont en mouvement, il est important de veiller à ce que les soldats contractent, dès les premières fatigues, des habitudes d'hygiène que nous avons brièvement indiquées à propos des marches et des promenades. C'est durant l'excessive chaleur des marches forcées qu'on doit surtout empêcher les soldats de boire avec avidité l'eau glacée des fontaines ; on peut en prévenir la fâcheuse influence en leur recommandant de manger quelques bouchées de pain avant de boire et à se laver les mains et le visage. Pendant les chaleurs de l'automne on doit leur faire la défense la plus rigoureuse de manger des fruits gâtés ou non parvenus encore à maturité. On doit aussi leur conseiller de ne pa9 trop se dévêtir , et de mettre à l'abri de l'action funeste de l'air extérieur leur poitrine couverte de sueur. Pendant les marches d'hiver, les troupes deviennent moins sensibles aux atteintes d'un froid rigoureux lorsque la marche est réglée de façon que le départ n'ait lieu qu'une heure après le lever du soleil lorsque les troupes peuvent se tenir en rangs toujours serres ; les haltes doivent être moins longues et toujours avoir lieu autant que possible dans les endroits les mieux abrités. Il convient du reste que le départ, l'allure de la marche, les repos soient réglés en tenant compte de la saison et de l'état de l'atmosphère, de la situation et de la nature des lieux et aussi de l'état physiologique des troupes. Si le général, jaloux de la santé de son armée, doit avoir à cœur de ne pas s'écarter des préceptes tracés par l'expérience, il est aussi du devoir des officiers de santé de ne point rester dans le rôle passif d'obser-

valeurs, mais d'intervenir à prqpos lorsque dans les meeures à prendre et dont Texécutiou appartient tout entière à Tautorité supérieure, la spécialité de leurs connaissances a été jugée utile.

Nous terminerons ce qui est relatif aux n^arches en rappelant la conduite à tenir conseillée par M. N. Périer pour les troupes en Algérie. « L'année étant réveillée à deux ou trois heures du matin, se mettrait en route une heure plus tard après avoir fait un léger uepas en buvant le café, et Ton marcherait jusqu'à 7 ou 8 heures. C^est alors que Ton s'établirait pour la grande halte. Avec cette industrie que lui donne l'expérience, le soldat se construirait rc^pidement des abris contre le soleil. On prendrait de nouveau le café, et ensuite, les uns feraient la soupe pendant que les autres se reposeraient. Après le dîner, et le moment du maximum de la chaleur étant passé, vers trois ou quatre heures, on se rei^ettrait en marchp; et l'on ne s^arrôterait plus qu'au bivouac. Le soldat donnerait à son corps et à ses vêtements les soins les plus urgents, et il pourrait même faire une seconde fois la soupe; mais il aimera mieui^ se contester ^u bouilli qui lui reste, afin de se Uvrer plus tôt au sommeil.

« Cette manière d'agir serait d 'ailleurs modifiée suivant les eirconstances. Ainsi, lorsque les étapes ne seront pi^s très-longues, il conviendra de partir plus tôt, d'abréger la durée de la grande halte et de gagnerd'une seule traite le lieu du bivouac, où l'on arriverait avant que la chaleur fût trop incommode. Ainsi, lorsque la brise périodique de la matinée sera régulière et constante, comme eur le littoral, on profitera de cette influence favorable, et l'on évitera de s'exposer aux brises du soir, quand elles sont insalubres. Ainsi, dans les lieux où la rareté de l'eau se ferait sentir, il serait bon d'en affaiblir le besoin, en diminuant la soif chez les hommes et chez les animaux par des marches de nuit. C'est ce que fit Alexandre dans les déserts de la Sogdiane, et ce que conseille l'empereur Léon. Plus les ardeurs du soleil seraient intenses et la poussière considérable, pins il serait nécessaire d'espacer les rangs et de ralentir la marche, plus les repos seraient fréquents. » (1)

Si les marches de nuit peuvent avoir leur avantage dans les conditions météorologiques et topographiques dont nous parions, il est cependant prouvé par l'expérience que la fatigue est moins vivement sentie le jour que pendant la nuit, et ce ne doit être qu'exceptionnellement et dans les pays chauds et marécageux qu'il convient de substituer le jour à la nuit pour les heures de repos et de donner à celui-ci le moins de durée possible.

n. Bivouacs et camps. — L'emplacement dubiyouac ou du c^mp ne doit pas moins occuper l'attention des chefs pailitaires comme des officiers de santé. Un endroit élpvé, comrnp un versant de colline, à

(4) he l'hygiène en Algérie^ tome 2, page 84.

l'abri des veqts nuisjblps jBt permettant de se procurer facilement Teî^u, le bpiç, le fourrage, la paille et les choses indispensables à la vie, pçt, assurément, cquime nqi^s l'ayons déjà dit {assiette cfes camps), }e lieu qqj i^^unit les cqnjiitiqns les plus favorables pour des trqupes bivouaqu^e^. « H yaut mieu?:, disait le maréchal Bugeaufi, imposer quelques cpryées aux hommes pour aller à l'eau et pour ipener les cheyaux et niulets à l'abreuvoir, que de camper dang deç j^as-fpnds soumis à d^g influences morbides. » {Instruction datée du çap;ip, de Sidi- 4'ichQu^f k 2? mai 1^47.)

Lprgque Ip ^qldat a rempli les devoirs imposés du service^ pri doit veiller à ce qu'il sèc^e ses habits flapuilj^s, qu'il joigne ^ps pipds, surtpnt en les lavant et leç frottant avec du suif fondu ou un mélange de graisse et^'alcpplcaiïjphré, s'ils sont écorphés et enilé^. Les amppnles, gi pqipmupes pendant les prepiiet^s jqm^s, doivent être ouvertes, et la pratique habituelle qu'ils suivent est celle qiii ponsiste à passer à travers une aiguille armép d'un fil ordinaire. Le te^ip^ du repos réclame au§pi des soins ipinutieux; la paille de coiiphage 4l3yra être assez abonclante et renouvelée sppvent, et il cpi^viendrait d'étendre (J-abqrd sur la terre un morceau de foile imperméable avant dp la couvrir de paille, afln de mieu? se préserver de l'I^ijmidité et des vapeurs terrestres. En toutes saisons le spldat doit faire usage de ses vê- . tements les plus chauds, de sa couverture, dP sa capote pu de son manteau^ et envelopper soigneusement la tête et les pieds, qui demandent à être particulièrement protégés. Pour le§ ppsteç détachés et les gardes avancées, qui sont exposés à souffrir des vpnts, de la pluie, le mai}teau est i^on-seulement de rigueur, mais des feux doivent continuellement être entretenus, et le mouvement devra être repommandé pendant toute la durée des factions. Mais nous ayons déjà indiqué ces préceptes à propos de l'assiette des camps, et nous terminerons cet article par une analyse supcincte des soins qui rentrent plus spécialement dans les attributions des pffîciers de santé.

Dans lep marches, le médecin reste habituellement attaché à la gauche du bataillon, afin de pouvoir mieux observer le? militaires qu'une indisposition subite met dans l'impossibilité de continuer la route à pied. Il fait mettre sur les voitures les havre-sacs ou même les armes de ceux qui peuvent marcher sans fardeau. Mais si l'I^Quime est près dp succomber à l'excès de fatigue, s'il touche au terme ^c ses forces, le repos seul est le remède, et il convient de mettre à sa disposition l'un des moyens de transport, Ips voitures ou les cacolets. Quelquefois par de fortes journées de marche, quand la chaleur est accablante, il survient des syncopes, des congestions cérébrales, et 11 n'est pas rare de voir tomber des hommes dans les rangs. En pareil cas, la saignée est le plus souvent nécessaire; qn doit aussj s'appli; quer à donner à la périphérie du corps toute la libertjé que ne permet pas toujours le vêtement, asperger le visage d'eau-froide, et faille avaler quelques gorgées d'eau aiguisée de vinaigre ou d'eau-de-vie.

III, Travaux militaires. — Les travaux militaires en campagne ont pom* objet la défense proprement dite ou l'attaque, soit dans les places, soit dans les camps retranchés, et, à la vérité, ils ne donnent lieu à aucune considération hygiénique spéciale ; mais si nous nous reportons vers notre colonie d'Afrique, nous verrons qu'ils s'étendent à la construction de bâtiments militaires, de postes et de villages, de murailles défensives, au tracé de routes, aux défrichements et au dessèchement des marais : or, là aussi, les ressources de l'hygiène doivent être consultées, pour que le travail s'effectue avec le moins de dangers possible pour les travailleurs dans les lieux rendus insalubres par le voisinage de marais ou d'étangs qui dégagent des miasmes mortels. « Dans ces circonstances, dit M. Périer, la conservation du soldat réclame des soins spéciaux, et l'emploi de mesures propres à donner aux travaux toute l'innocuité qu'ils comportent. Quels sont ces moyens ?

« Les travaux militaires ayant pour objet des remuements du sol seront, autant que possible, bannis de la saison d'été pendant laquelle la décomposition des matières organiques et l'expansion des miasmes s'opèrent avec le plus de rapidité. La saison avancée de l'automne ne sera guère plus favorable, l'air humide se chargeant plus que l'air sec des molécules miasmatiques auxquelles la vapeur d'eau sert de dissolvant et de véhicule. C'est donc vers la fin de l'hiver, alors que. la terre n'est plus détrempée par les pluies, et dans le printemps, que les travaux insalubres dont nous parlons entraîneront le moins d'inconvénients pour la santé des travailleurs.

«D'après cela, néanmoins, toutes les fois que la température sera élevée ou l'air humide, en quelque saison que ce soit, il faudra se garder d'ouvrir le travail avant que les rayons du soleil aient raréfié l'atmosphère et dissipé la rosée. On devra les cesser et se retirer avant les approches de la nuit : (( Vitandus est antelucanus et noctumus aer in locis palustribm, » dit Lancisi. C'est une conséquence de la dissémination sans doute plus grande des miasmes, et aussi de la réaction plus prononcée de l'économie pendant la chaleur diurne que pendantla f raîcheur toujours humide du matin et du soir.

«De même, on suspendra le travail aux heures les plus chaudes du jour qui seront données au repos ; et, d'abord, on aura soigneusement choisi les hommes, au nombre desquels on ne comprendra point les nouveaux débarqués.

« Les repos seront pris dans l'endroit le mieux situé par rapport à la direction du vent, et sur lequel on aura dressé des tentes pour abriter le soldat en cas de besoin, soit de la pluie, soit du soleil. Et si les troupes étaient obhgées de bivouaquer ou de camper sur les lieux, on s'établirait le plus loin possible des travaux, et l'on s'entourerait de toutes les précautions de salubrité qui concernent le campement.

« Les bonnes qualités de l'habillement et du régime seront assu-

rées. A défaut de vêtements de rechange, les travaiUeurs seront munis de leur manteau. Ils éviteront de s'exposer demi-nus à Tinfluence des exhalaisons du sol; ils seront coiffés du bonnet de police ou de la calotte; et Ton aura soin de vêtir chaudement les extrémités inférieures. On distribuera des chaussettes et quelquefois des sabots. L'alimentation sera substantielle et tonique. On fera déjeuner avant le travail, et Ton accordera la double ration de vin et du café. Enfin, nous avons dit que dans les saisons et les pays à fièvres, diverses infusions ou décoctions amères, administrées le matin et le soir, seront salutaires ; que Tusage du tabac aura son utilité ; que l'emploi des feux, que les onctions et les frictions huileuses peuvent être indiquées comme moyens d'une incontestable valeur hygiénique.» (1)

IV. Batailles, — C'est un précepte ancien que de ménageries fatigues des troupes, en leur allégeant le service pendant les jours qui précèdent l'engagement d'une grande affaire. On conseille aussi de les disposer d'avance aux combats par une nourriture plus abondante, et de telles dispositions ne peuvent avoir assurément qu'une influence avantageuse sur le moral de tous et sur l'état des blessés particulièrement. Si l'on réfléchit en effet aux privations et aux fatigues violentes qu'éprouve le soldat après des marches forcées et des travaux préparatoires, à toutes les misères et aux accidents inévitables qui l'accompagnent à la guerre , on verra que tout semble concourir à son épuisement, et dans quelles fâcheuses conditions il peut se trouver à la veille d'une bataille. Il est donc utile de rappeler ici qu'il faudra nécessairement donner du repos aux hommes et en employer tous les instants à les rafraîchir, à les restaurer et à les fortifier. Ainsi les rations de vivres peuvent être augmentées, des distributions de vin ou d'eau mélangée d'eau-de-vie peuvent être faites, les bains de rivière, quand la saison le permet, peuvent être conseillés; et tous ces moyens ne pourront qu'exercer une influence salutaire sur la disposition morale des combattants.

V. Sièges, — Tout ce que le fer, le feu, la famine et la peste offrent de plus affreux, semble se réunir pour dévorer les malheureux habitants et les troupes renfermés dans une ville assiégée, lorsqu'elles résistent longtemps, bloquées dans une enceinte resserrée, n'ayant d'autres vivres que ceux qui sont dans la place ; l'espoir de résister toujours davantage oblige à diminuer la ration des soldats, qui, mangeant beaucoup moins et fatiguant beaucoup plus, dépérissent bientôt à vue d'œil. L'air corrompu par le nombre des habitants et des troupes entassées quelquefois les uns sur les autres, privés de tous les moyens nécessaires à la propreté , l'infection qu'exhalent les cadavres des malheureuses victimes de la guerre qu'on n'a pas le temps d'enterrer, ou des animaux qui périssent de fatigue ou d'inanition

(4 ) Ouvrage eilé, tome % page 448 et suivantes.

portent enliri la pesté dans la plupart des Hbinmes doilt le sang ëhtlaramé par des fktlgiies sdnS relâche, vicie pàt des aliments bti des eaux corromt)iiës, absorbant par les pores ou le gbsiér tblites \èh vapeurs infefctes , ne tarde pas à dëVelop{)ér queltjiiëfbis le biibon pestilentiel qui caractérise la pesté;

^ Heureusement cette dernière balaniité n'arrivé pas souvent, ^arce quil est rare que les villes assiégées résistent et souffrent assez Idngténdps pour la faire naître ; mais cela étant arrivé peut se revoir éiicorë: on doit donc ciiérclier les moyens d'en prévenir les horreurs.

D'un autre côté, les assiégeants, ordinairement campés devant la ville ou servant à la tranchée, sont, à la vérité, souvent accablés de travaux pénibles et dangereux, des inondations et des îhcui*sioris ëiinëmiës, des eaux 'ci'oUpissantes, et dé la tlltipàrt des më,uî qiii se rencontrent dans iin mauvais sdl ; îiiàîs Us ri'oiit presque ri'eri à Souffrir dé la disette ni de ràltératiori des aliments; bbciijpaht iih graiifl terrain, l'air qu'ils respii*ent est très-rareineht iriffecté; et s'ils dtil jartiais â redouter la peste, c'est lorsque ce fléau, ayant pris naissance dans l'intérieur de Iji ville assiégée, répàtid bientôt sbii poison dân^ tous les êtres qui l'environnent, qui se bouvfent dans ôbii éhcëihle el respiteht son vëriih mortel. (1)

Lés assiégeants dissiperont fàcileiiient leurs ciràintës, éh bxécufaiiit rigoureusement toutes les précautions de santé que nous avons ifadiquéës bonitnë essentielles à là salubrité des camps.

Mais à l'égard des villes assiégées qui voudront f ésiôter loiigtfeillpS sahs f éprouvei* lés trois fléaux les plus destriictëtlré de l'ës^iëce humaine, le vrai moyen de les éviter exigé des attentions Suivies Sont nous allons détailler les plus importantes :

i° Quand une ville est sur le point d'avoir â essuyer un siégé, les autorités supérieiires doivent approvisionner lès magasins de là pjace en aboiidance, de vivres secs surtout, tels que blés, seigles, orge, avoine et autres grainS;, qu'il faut réduire en farine pour en rempUrde grands tonneaux. Lès légiiméfe fai-inëlixi lé riz, lé èalep, lé§ tablettes de bouillon et tous les aliments de bbtirië garde pëiiverit être conipris dànS les approvisionnements. Ori foiirhira aÙSêi lëS tiiagasins dé légumes frais, tels kjue haricots, lentilles, cétottes, ëtb., ànfcaill ijii'bn pourra s'en procurer aux environs. Les magasins doivent être parPàitement nettoyés et purifiés avant d'y faire lé dépôt de èttbstahces alimentaires. Une partie de farines peut être tranSforîbée en biscuit pour subvenir aux besoins les plus pressants dans les hiôments de crise où l'on n'a pas le temps de cuire du pain. Nb reténit dans la place que la quantité de bestiaux nécessaires à la SUbsistâtibé et relative au nombre des assiégés, tant militaires que population civile, tuer lé reste et réduire la viande en tablettes de bouillon, ou la foire

(4) La Santé de Mars^ Jourdan Lecointe, 4790.

saler sur-le-champ, quand il y â àdràihdrë qilë les fourrages viennent à înanIjUër tout à fait.

2" Il faut autant que possible n'admettre dans la plsLce que les personnes qui peuvent être utiles et en faire soHir tous les habitants, honunes, femmes, vieillards et enfatits, et les chevaux qui ne serviraient qu'à consommer la plus grande partie des prdvîsiotis.

3® Toutes les Sources, fontaines, puits et citernes doivisnt être surveillés et entretenus dans le plus grand état de propreté ; bn ëhipêcheta qu'on y jette rien qui puisse troubler Teau ou en détruire la Salubrité. Les lavages devront être faits dans des ëhdroiis désirés à l'avance, et pour plus de précautions, les soilrces fournissant l'eau destinée à la boisson des assiégés seront bien couvertes et gardées.

On devra faire observer la plus grande t)ropreté dans les rues, ordonner qtie les immondices soient enterrés ddns des trôUS prati^és, soit dams les cours, soit dans les rlles. Des fumigations aromatiques chlorurébs ou sulfureuses seront nécessaires dé temps en temt)S pour renouveler et purifier l'air. Comme il y aura obligation d^énterrer les cadavres d'hommes et d'aniiilaui dans l'intérieur de la ville, il fiiudra recôttimàiider de les couvrir de chaux vive, de manière à les consurfiêr et d^empêcher qu'ils ne répandent une odeur iiifecte.

4* iEnfiii le coinmandant deVrâ diriger la consotnmation des provisions d'après le temps qu'il croira pouvoir tenir et les secours qu'il pourra espérer. Les hôpitaux militaires seront pourvus dé médicaments, dés objets lès plus hécessaires au traitement des malades.

On peut admettre cointne évaluation moyenne que i/10® de la garnison se trouvera simili lanément dans les hôpitaux ; et l'on disposera d'avance, pour ce nombre d'hortimes, des îocaut convenables dans les bâtiments militaires, autant que possible dans le quartier de la placé le plus éloigné des attaques présumées. (Voir, pour plils de détails, Aide-mémoire de l'officier du génie^ art. Sièges.)

VI. Victoires, Retour, — Si l'action a été décisive et l'ennemi mis en déroute, on ne doit occuper les casernes, les campements et les liôpitaux qu'il a abandonnés qu'après les avoir assainis; et peur éviter tous les désordres auxquels peut entraîner la satisfaction dune victoire remportée, la disieipline doit encore se montrer armée de toutes les règles de l'hygiène. Si des sentiments d'humanité n'y portaient déjà naturellement le vainqueur, la prudence conseillerait aussi de ménager les prisonniers de guerre, ainsi que les habitants du pays conquis comme le meilleur moyen d'en obtenir des secours et le plue de ressources possibles.

« Comme l'influence d'un gehre de vie inaccoutumée peut favoriser le développement de diverses maladies au début des expéditions, de même à la rentrée des colonnes dans les garnisons bien approvisionnées, rétat sanitaire courra de nouveaux risques. Alors les troupes sont presque toujours exténuées de fatigues et lasses dé privations ; la satisfaction de leurs premiers appétits ne peut qii6 h\^\\ diflicilement

être contenue dans de justes limites, et cependant les erreurs de Tintempérance sont plus funestes que jamais. Le seul changement de régime imprime à l'économie des modifications toujours accompagnées de quelque danger. Il faudia donc veiller à ce que la transition ne soit pas trop subite entre l'état de pénurie et celui d'abondance de vivres, et spécialement des spiritueux.

« En outre, toutes les fois que l'organisme tend vers un but déterminé, qu'il accomplit une tâche, il manifeste des ressources extraordinaires, et possède une grande puissance de réaction contre les impressions morbifîques, auxquelles il succombera dès que le moment d'excitation morale sera passé.

« Ce n'est donc pas seulement à l'influence du bien-être, succédant sans intermédiaire à certaines vicissitudes, mais encore à la dépression des forces, qu'il faut attribuer les maux qui peuvent se déclarer au retour dans les cantonnements. Et c'est ainsi que Tarrivée de la Grande armée à Moscou, et qu'ensuite la fin de celte campagne et de celle de Saxe, furent marquées par l'invasion des maladies qui reconnurent ces deux ordres de causes simultanément. On trouve dans les auteurs divers faits de ce genre, mais qui n'intéressent point notre sujet, car en Algérie nous n'avons jamais à souffrir beaucoup et longtemps de la disette, et nos places, d'ailleurs, ne fournissent pas au soldat d'extrêmes délices.

« Néanmoins, toute transition brusque d'un état à un autre, même meilleur, est compromettante pour l'économie ; aussi bien la satiété trop grande après l'abstinence que le repos subit après un long travail, comme Celse l'a dit : « Neque verô ex multâ famé nimia satie- « tas... idonea est. Item neque ex nimio labore subitum otium... sine « gravi noxa est. » Et c'est pour cela que le passage, ou d'un régime succinct à l'abondance des vivres,^ou de la vie active des expéditions à l'état de repos, pourront, dans quelques circonstances, n'être pas sans danger. Indépendanament des a^s, des exhortations et des mesures d'ordre propres à prévenir tout excès, il faudra donc parfois, au retour, tenir pendant quelque temps le soldat en haleine par des travaux, des exercices ou même par des divertissements, afin d'éviter que l'inaction ne succède trop brusquement aux fatigues de la guerre (1). »

ARTICLE TROISIÈME

I9ervlce de marche. — CoiitoIm millialre*. •— Transporto

du matériel de la guerre.

Aux exercices et mouvements militaires se rattachent des dispositions réglementaires spéciales, relatives aux militaires voyageant iso-

{i ) N. Périer, Ouvrage cité, tome 2, page 98.

lément^ aux convois militaires et au service des transports du matériel de la guerre. Nous en ferons un exposé succinct dans cet article, en renvoyant pour plus de détails aux ordonnances et règlements que nous avons dû consulter, tels que le règlement sur le service des convois du 31 décembre 1823, l'instruction du 27 février 1836, l'ordonnance du 20 décembre 1837 et le décret du 15 juin 1853 sur les frais de route, le marché du 15 mai 1849 pour Texécution du service des convois, la circulaire du 1" septembre 1850 et l'instruction du 15 juin 1855 qui lui est relative.

Les officiers de santé doivent se pénétrer des dispositions de cet important service qui leur sont particulières, soit qu'ils soient appelés à accompagner des convois de malades ou blessés, soit qu'ils voyagent avec des corps de troupes ou des détachements.

I. Les prestations que le soldat reçoit en marche , soit qu'il voyage isolément, en corps ou en détachement, sont de deux sortes, les prestations en deniers et les prestations en nature. Les prestations en argent sont l'indemnité de route, l'indemnité de séjour, les avances en argent ; les prestations en nature sont le logement chez l'habitant, l'éclairage et le chauffage.

Les corps ou détachements et les militaires voyageant isolément ont droit dans certaines circonstances à des prestations de transport fournies par le service des convois militaires.

Le militaire voyageant isolément a droit à l'indemnité de route par distance légale d'étapes, au logement chez l'habitant à tous les gîtes d'étapes, mais il n'a pas droit aux subsistances ni à la solde de route.

Les sous-officiers et soldats qui sont transportés au compte de l'Etat par les chemins de fer, les diligences et les bateaux à vapeur, reçoivent, lorsqu'ils ont droit à l'indemnité de route, une double indemnité de route pour chaque journée passée en route. {Décision présidentielle du 30 septembre 1850 et décret du 15 juin 1853, art, 7.)

Les militaires voyageant en corps ou en détachement reçoivent la solde de route; ils ont droit, de plus, au pain et au logement chez l'habitant.

n. Le service des convois militaires consiste à fournir des moyens de transport par chemins de fer, bateaux à vapeur, voitures publiques suspendues, etc. : 1° aux militaires blessés, infirmes, malades ou convalescents voyageant isolément, ou évacués d'un hôpital sur un autre, aux enfants de troupe qui ne peuvent faire route à pied, ainsi qu'à tous les militaires indistinctement sortant des hôpitaux, allant aux eaux, en congé de convalescence ou en congé de réforme (pour les militaires isolés, voyageant pour cause de santé, la décision ministérielle du 6 juin 1861 a remplacé le service des convois par des allocations particulières {indemnité de transport et de nourriture)^ décomptées par kilomètre et variant suivant le mode de locomotion) ; et 2° des voitures à un ou deux colliers, suspendues ou non, pour le transport

— 81ti —

de la caisse, des Jiapiërs et fies effets d*un Usage journalier, tels que portemanteaux d'officiers, dont le poids pour chafcun ne doit pas excéder 30 kilogrammes (décision ràîHistérielle dû i août iS&S), èacs, armes des homiUës à la suite, hariiachèmentô dés chevaux laissé? malades en route, ainsi que pour les honiifaes ëcloppés ou convalescetits et les enfarits dé troupe des corps bu dëtachëlneilts ëti mârclie dans Tintérieur.

Dans certaines circohstàtices et d'a|)rès lès ordres du Ministre de la guerre, le transport des troupes a lîeii par les Vbiés rapides, chemins de fer et bateaux à vapeur.

Les convois par terre s'exéciiterit au moyen fie voitures à collier, de chevaux de selle ou de bât.

Lorsque le transport dès trbùpês h^a pas lieu par les voies rapides, les fournitures de convois à allouer aux corps et détachements sont réglées à raison de leur cbriiposition et de leur ejBTéctif. Les détachemients dé moins de 25 hommes ii'orit iàùcùn droit aux fournitures de convois. Lès détachements de plus de 25 hbihmës et les corps ou fractions de corps ont di'oit à des voitures à un bblliër dbnt le nombre est fixé d'après l'effectif à raison d'une voiture par 160 hoinmes. Une voiture supplémentaire à un collier est accbrdéé â tout dépôt de corp? de troupes eii marche, qui voyage avec un eÔectif de Jàti moins \î officiers. Cette voiture est en sus des allocations déterminées par l'instruction dil 7 juin ISiBl. ( Décision ministérielle du i2 avril 1862.)

Chaque voiture doit être garnie dWe bâclië, pour abriter les hommes et les effets. Les voitures destinées au trahéport dés hommes en sont toujours pourvues : elles doivent être disposées de manière que ceiix-ci puissent s'y asseoir commodément et être garnies de natte? ou de paille fraîche en quantité suïfisàhté.

Dans les chemins de mbntagilës imptaticablés aux voittttes, le? convois militaires s'exécutent au moyen de chevàui dé sôUe ou de bât.

Le poids ou le nombre d'hoinmes, avec leurs sacs ou jiortemanteaux à transporter sur chaque voiture est fixé comme ci-après, au maximun : voiture à 1 collier, 500 kilogrammes ou de 1 à 4 hommes; voiture à 2 colliers, 800 kilojgrammes ou de 5 à 7 hdtnines. Le poid^ à transporter sur chaque cheval ou mulet de bât est fixé au maximum à i 25 kilogrammes.

"tout corps ou détachement qui Se met en marclie est tenu d'emmener les militaires blessés ou infirmes qui peuvent faire la route en voiture. Néanmoins ceux qui rié pburraient être placés sur les voiture? mises légalement à la disposition du cbrpS ou détachement recevraient alors les prestations de convois comme militaires isolés.

Il doit toujours être fait usage de voitures suspéhdues pour le transport des malades évacués d'un hôpital siir un autre , et (1?=^ convalescents, et la conventibn passée lëâS aVril i8^èâvécrentrt»pr<'neur généji'al clés convois l'oblige à transporter Jiar là vbi'edes cliemin>

de fer, par e'elle des butëatix à vapeur ou par les voitures publiques sùspehdilfeô les ihilitàites ayailt droit aux bonvois, sur toutes les routes où dfeà moyëîls de lotomotion de ces diverses natures sont drganiêës. Ce principe à été maiiitietiu dans le nouveau marché poUr le service dés contois^ à partir du 1" juillet 1855.

Il ne petit être alloué de fout'nitureè dés cotivbi^ militaires aux sbUsofficiérs et sbldàtS vdyagëailt par détachement ou isbléttiëtitj que loràqu'ùti 'officier de âaiité à coiistatë Timpossibilité où ils se trbuvïBraient dé fkîre la i*outë à pifed. L'officier de saUté est désigné par le sôuô-infëhdant militaire dû lieu ou pat son suppléant.

Cette intervention de l'officier de santé dans le sërvicfe des convois a donc poili* bbjet dé cbriètàter i î** si ces utilitaires, lôt*S([|u'ils soiit malades, infirmes, blessés où bphtalésbents, ont bësoiti de moyens de transport ; 2^ S'il eist préférable dé les eilvoyer à l'hôpital.

Le médecin énonce dans un certificat motivé et détaillé le résultat de èa visite; et fait tonhaîtrë Si rindividil visité ii besoin oli libn des moyens dé tirafasport. Dans le cas de l'affiriliàtive, il indiqué expressémétll dans lé certificat : î** si lé ihilitairë peùi aller iridifféreriament à chëtàl ôii en vùiturë ;,^*' S'il hë peut siippdrter que là vbittire ; 3** s'ilne peut supporter que le cheval de selle.

La fourhitdre biclusivé du cheval de ^ellé; àû liëii d'une place à la voiturfe, ne doit être àùtoriééë pour uii iiiilitâirë ayant des côihpâgnohs de rotitë (jùè dans lëé pays dé mbntàgneè iinpratibables aux voitiires bu dans lèè bas ti^èb-ràres où la nature de son iiifirmité s*opposeràil abSoluHdént à son transport eh toiture.

Les mandats de f6uriliiùi*es accidentelles dès convois îhilitaires doivent comprendre en tête de l'ordre de fourniture l'ihvitatibu du maire à l'officier de santé chargé de la visite et le certificat de ce derhiei*.

Là visite des militaires isolés, disent MM. Maillot et Puelj (1), constitue un service dont l'importance n'est peut-être pas suffisamment appréciée. (Cependant, si on considère les abus dont il peut êtte l'ocsasion, par la facilité avec laquelle on déhvre quelquefois les cërti- Scats d'aptitude aux moyëiis de transport ou les billets d'entrée aux hôpitaux, on coinpréndra combien il serait facile d'épargner au dé- Dartement de la guerre des frais considérables de convois ou de joui*lées d'hôpital, en mettant à leur délivrance une justice rigoureuse. ]lette observation s'applique plus particuUèrement aux officiers de ianté des établissements civils, qui, n'étant pas i'esponsables envers 'autorité mifi taire, sont pour cela même plus disposés à céder faciement aux sollicitations des militaires isolés.

LjBS médecins civils, indépendamment de la trop grande facilité [u'iis mettent généralehient à délivrer ces certificats, n'apprécient

()) Aiâ^'-Mémc/h-e, page i47.

pas assez les circonstances où il conviendrait d'accorder de préfé rence à un militaire isolé un billet d'entrée à ThôpitaL En effet, si le militaire est atteint d'une maladie ou blessure qui réclame les soins d'un médecin, si surtout il se rend à une destination éloignée, le transport en voiture ou à cheval ne pouvant apporter aucun changement à son état, et étant au contraire susceptible quelquefois de l'aggraver, il sera obligé d'entrer à l'hôpital en arrivant à son corps, et les moyens de transport qu'on lui a donnés auront été pour l'État tout à fait en pure perte ; tandis que quelques jours d'hôpital auraient suffi pour amener sa guérison, après laquelle il aurait pu rejoindre à pied son régiment.

L'officier de santé doit, selon le règlement, décider si le militaire auquel il juge les moyens de transport nécessaires peut voyager /«différemment à cheval ou en voiture^ ou s'il ne peut supporter que la voiture ou k cheval de selle.

Si le règlement autorise le choix des moyens de transport le plus en rapport avec l'état des malades, il exprime implicitement l'injonction de ménageries intérêts du Trésor, en n'accordant celui qui est le plus coûteux que lorsqu'il ne peut être remplacé par celui qui l'est le moins.

Cependant il arrive fort souvent que des officiers de santé, et particulièrement ceux des hôpitaux civils, ne se pénétrant pas de l'esprit du règlement, accordent presque exclusivement la voiture à tous les militaires convalescents sortant des hôpitaux, et à ceux qui, voyageant isolément, leur paraissent avoir besoin des moyens de transport. C'est là une mauvaise interprétation du règlement.

La voiture est ordinairement indispensable aux militaires sortant de l'hôpital où une maladie grave les a longtemps retenus ; à ceux qui ont été réformés du service pour une affection organique, pour cause de cécité, etc.; à ceux qui, envoyés en convalescence, sont reconnuï trop faibles pour se rendre à pied dans leurs foyers, et à tous ceux enfin qui sont atteints de maladies ou d'infirmités que le mouvemeol du cheval peut aggraver.

La désignation du cheval de selle ou de la voiture indifiTéremmenl doit être faite toutes les fois qu'on juge que le cheval peut suppléer la voiture. Ainsi les militaires écloppés, ceux qui sont atteints de blessures ou d'infirmités n'exigeant pas d'ailleurs leur admission aus hôpitaux, se trouvent dans ce cas.

La désignation exclusive du cheval de selle doit être réservée pour les cas fort rares où les mouvements de la voiture pourraient exerctv une fâcheuse influence sur la santé des militaires aj^ant besoin d'. moyens de transport.

Les fournitures qui ont pour objet le transport des militaires voyageant isolément sont les plus fréquentes, les plus onéreuses et ceÛes qui peuvent le plus facilement donner lieu à des abus.

Le nombre en serait moins considérable, si les officiers de santt

délivraient des certificats avec plus de discernement et aux seuls militaires à qui les moyens de transport sont réellement indispensables.

Les fonctionnaires de Tintendance , ajoute le Ministre, doivent choisir pour visiter les militaires les ofiSciers de santé qui leur offrent le plus de confiance. Dans les invitations spéciales qu'ils leur adressent à cet effet, ils ne sauraient trop leur recommander de procéder à ces visites avec une attention scrupuleuse, et d'indiquer exactement dans les certificats Tespèce de fourniture dont chaque militaire a besoin en raison de la gravité et de la nature de ses infirmités.

On néglige généralement ce point essentiel ; on s'abstient même, dans quelques localités, de biffer, tant sur les certificats libellés en tête des ordres de fournitures que sur les mandats imprimés, les mots qui expriment les autres moyens de transport que celui dont il est possible ou convenable de faire usage. De là résultent des abus préjudiciables aux intérêts du Trésor. L'expérience a d'ailleurs démontré que, parmi les militaires non valides, il en est peu qui aient besoin exclusivement soit du cheval de selle, soit de la voiture. {Instruction du 27 février 1836.)

Nous avons déjà vu à l'article relatif à l'admission des militaires dans les hospices civils que le Ministre avait à plusieurs reprises, et notamment dans la note du 5 juillet 1833 et dans la circulaire du 17 juillet 1850, signalé les abus qui résultent de la trop grande facilité avec laquelle on admet dans les hôpitaux et particulièrement dans les hospices civils, les militaires isolés et même ceux qui voyagent en détachement; nous venons de voir aussi que les fournitures des moyens de transport peuvent aussi donner lieu à des abus préjudiciables aux intérêts du Trésor, surtout dans les localités où il n'y a pas de médecin militaire, car, nous devons le répéter, les médecins civils sont ceux qui mettent généralement la plus grande facilité dans la délivrance des certificats pour l'obtention des moyens de transport.

Les moyens les plus efficaces de remédier à ces abus et d'assurer l'exécution du règlement sur le service de santé relatif aux convois militaires, consisterait donc dans l'organisation du service de santé des passages dans chaque place principale. Aujourd'hui encore, le service spécial n'existe que dans les places de Paris, Lyon, Metz, Avignon et Aix, et les avantages que l'administration doit retirer de la centralisation dans les mêmes mains du service des passages, du recrutement et des infirmeries des prisons militaires, permettent d'espérer l'extension de cette mesure à d'autres localités. Le premier avantage qui résulterait d'une telle innovation proposée par MM. Maillot etPuel (1), serait de créer un service uniforme et mieux rempli,

[\ ) Aide'fnémoirej pqge 454 .

parce qu'il le serait toujours par le ménae oJBpier de santé, gui serait ajprs responsable de ses actes. Nous ajouterons, que le$ dépenses occasionnées par la création de ces nouveaux emplois seraient au^plement compensées par les avantages qu'on en retirerait cpfnme ressource en personnel pour le cas de guerre.

m. Transports de la guerre. ^-^ Le service du transport du matériel militaire doit être considéré sous ]in dpul^le point de vue, savoir : à Vin|,érieur et en campagne. A l'intérievir, }p9 tran^por{§ directs, accidentels, maritimes, les transports pj^r chen^ips de fer et les équipages militaires, toutes ces partie^ différeptes du sprvice gépéralfles transports sont Tpbjet des règlements du 1" janvier 1824, du 16 septembre 1855 et de l'instruction ministérielle pour l'exécution du traité du 2 septembre 1861 avec les coi]:^pag|:}ieç (|^ cl^emin^ de fer pour les transports de la guerre et de la mcffinp.

Les transports de la guerre comprennent : 1° lp9 grps bagages et effets des corps de troupes ; 2° les médicainents et les effets d'hôpitaux, d'habillement, d'équipement, de harnachement, de campement et de couchage appartenant k l'État, etc.

Les transports directs sont effectués spit par terre, goit par eau, avec les moyens employés par le roulage qu le commerce local. Dans les pays de montagnes habituellement impraticable^ PP^ les Toifures, ils sont exécutés à dos de niulets. lf§ ppuvent, en raison des circonstances, être faits dans les délais prdinaires de roulage ou par urgence, ou par voie accélérée, pu par les diHgences.

En campagne, les transports de la guerre sont dans le servicp du corps des équipages militaires. A défaut des équipages de l'administration, on réquisitionne ceux du pays.

Les équipages militaires sont chargés du transport, à la suite de? divisions actives, du matériel des ambulances, et à la suite des quartiers généraux, des réserves de toute nature; du pain ainsi que des denrées et objets nécessaires à la nourriture et aux besoins divers du soldat, lorsque les troupes ne peuvent aller les prendre aux lieux de distribution. Une armée de 100,000 hoinmes à trois journées de ses magasins nécessite 700 voitures. Quant aux bestiaux, ils suivent l'armée, si on peut les nourrir.

Nous avons vu (première partie, chapitre V page 147) qu'aui termes de l'instruction ministérielle du 12 septembre 1861, les otliciers et employés militaires jouissent de la faculté de faire transporter, avec clauses et conditions du traité de la guerre (du 2 septembre 1861), leurs effets particuliers, mais avec des restrictions qut» nous avons indiquées. Nous rappellerons ici que, pour éviter, daii? l'expédition, des temps d'arrêt aussi préjudiciables au service de l'admiliistration qu'aux officiers eux-mêmes et aux compagnies de chemins de fer, et par suite diminuer également les frais de magasinage, le Ministre a arrêté les dispositions suivantes :

« 2® Transports particuliers. — Les ordres de trapçport et les lettres

de voiture pour les e^p^ditipns des par^ici^lier^, dirigées sur un po|:t de mer pour y être embarquées, ou sur une place frontière pour suivre à l'étranger, devront contenir l'indication et l'adresse d'un (iestinataire transitaire dans ces localités, à qui l'expédition devra être remise contre le paiement des frais et sur récépissé. » {Circulaire minisiérielle du 26 octobre 1861.)

rv. £quipage$ de campagne. — Lq transport dqs bagages des ofeciers en campagne n'a été complètement réglementé que dans ces dernières années par les. décrets du 2^ avril ^§59 et du 21 janvier ^8fi0.

Pendant les guerres de la République, officiers et soldats portaient le sac. Vers la fin de l'Empire seulement, a été rendu le décret du 22 février 1813, qui dispose que « il pourra y avoir pour le transport des bagages des officiers, par bataillon dinfantprie, quatre mplets ou chevaux de bât ; par. escadron de cavalerie, un mulet ou un cheval de bât. » Cette disposition a été reproduite dans l'instruction provisoire du mois de février 1823 sur le service des troupes pn carapague ; mais les expéditipn^ en Algérie put fait nue nécessité de ce qui n'était auparavant qu'une faculté. Lorsque apf es la prisp d'Alger les troupes s'ayancprent d^ns l'intérieur, le§ officiera furent en butte aux plus rudes épreuves sans aucune de ces alternatives d'abondance et de privations qui couippsenlr la vie militaire pendant les guerres en Europe. Il fallut alors porter tout avec soi, se préserver du soleil ou des pluies torrentielles dans des bivouacs établis presque toujours sur des terrains complètement nus. Les bagages des officiers, des soldats prirent naturellement plus d'extension lorsque les exigences de la guerre conduisirent nos troupes bien au delà des villes du littoral et des bases d'approvisionnement jusqu'à la limite du désert. Il devint indispensable de mettre constamment à la suite de chaque compagnie des mulets" que le§ officiers achetaient et que l'État nourrissait. La même nécessité s'est fait sentir pendant la guerre d'Orient et la guerre d'Italie. Il importait donc que cette partie du service de l'armée fût régularisée, et le décret du 21 janvier 1860, relatif aux équipages de campagne, répond en partie aux besoins des officiers, à la veille d'une guerre, en assurant à ceux des corps de troupes les moyens matériels de faire campagne.

Avec des transports calculés sur les besoins réels de la vie militaire en campagne, dit encore le Ministre dans son rapport, on peut multiplier les marches en entretenant un bien-être relatif qui contribue au succès des opérations. Aujourd'hui l'action est instantanée : la guerre est à peine déclarée, que l'armée marche àla frontière. Les officiers sont alors obligés de se pourvoir en route, et même en territoire ennemi, de leurs moyens de transport : de là des dépenses excessives, du désordre et les abus les plus graves. Ces embarras seraient évités si les transports des régiments étaient non-seulement

réglementés d'avance, mais toujours prêts à être mis à la disposition des troupes.

Dans cet ordre d'idées, et pour rendre plus facile et plus prompte la mobilisation des troupes en cas de guerre :

Les corps de troupes sont pourvus, au moment d'entrer en campagne, de voitures attelées de deux chevaux ou mulets pour le transport des bagages des officiers, de la caisse et de la comptabilité, des cantines d'ambulance, des médicaments, etc.

Le nombre en est fixé à 1 voiture par état-major de régiment et

1 voiture par bataillon d'infanterie, par bataillon de chasseurs à pied et par deux escadrons de cavalerie.

Le nombre des cantines d'effets et de cuisine est ainsi réglé :

Colonel ou lieutenant-colonel. ... ^ cantines d'effets, \ de cuisine.

Chef de bataillon ou d'escadron. . . 4 cantine d'effets, i de cuisine.

Officier de tout autre grade. .... i cantine d'effets.

Par compagnie ou escadron 4 cantine de cuisine.

En Algérie et dans les autres contrées où les opérations militaires nécessitent l'usage du mulet de bât, le nombre en est fixé ainsi qu'il sait par le décret du 23 avril 1859 :

Régiment (Tinfanterie ou de cavalerie : état-major, 4 mulets; par compagnie ou escadron, 2 mulets.

Bataillon de chasseurs à pied : état-major, 2 mulets ; par compagnie,

2 mulets.

Aux termes des dispositions des articles 3 et 4 de l'arrêté ministériel du 23 mars 1838, les officiers sans troupe, ainsi que les corps de troupes, se pourvoiront des bâts et des cantines qui leur seront nécessaires au moyen d'une première mise d'achat qui leur sera allouée à cet effet. La première mise d'achat du bât et de la paire de cantines est fixée à 130 fr. pour chaque mulet.

Le paiement de cette première mise sera effectué sur les fonds généraux de la solde, après que l'existence et le bon état des bâts el des cantines auront été constatés par un procès-verbal dressé par un fonctionnaire de l'intendance militaire.

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