INSTRUCTION MÉDÏCALE POUR UNE ARMÉE EN CAMPAGNE
Chacun sait qu'une armée entrant en campagne exige des précautions spéciales pour être prései^vée des effets nuisibles à la santé, qui peuvent résulter ^\i brusque changement d'habitudes et de régip^e, des fatigues, des privations et des intempéries que nécessite ovi auxquelles expose inévitablement cette nouvelle situation. De mémor^leg
exemples ont démontré la stlre efficacité de ces précautions chaque fois qu'elles ont été exactement prises, ainsi que les désastres qu'entraîne leur oubli ou leur négligence.
C'est surtout lorsque l'armée doit être subitement transportée sou? un climat sensiblement différent et dans les contrées déjà ravagée^^, dénuées des ressources ordinaires des pays civilisés, ou abandonnées par la culture, que ces précautions deviennent impérieusement indispensables. On les «trouve indiquées dans diverses instructions du Conseil de santé des armées, entre autres dans celle du 13 mai 1844 pour l'armée d'Orient, et celle du 8 décembre- 1859, pour le corps expéditionnaire de Chine ; sauf les modifications nécessitées par la différence des lieux, les considérations ci-après, que nous en extrayons, pourront servir d'instruction générale à toute armée en campagne.
Les maladies auxquelles les troupes peuvent être exposées en campagne se divisent, au point de vue des précautions à prendre pour les éviter et des moyens de traitement à employer pour les combattre, en deux catégories, suivant qu'elles sont ou non semblables à celles qu'on observe communément en France. Pour les premières, les notions abondent; il n'y a qu'à transporter en pays étranger le résultat de l'expérience solidement acquise par une élaboration séculaire au foyer même de la patrie. Sî les secondes diffèrent notablement de celles de la France, elles ont, en général, la plus grande analogie avec celles que Ton a rencontrées périodiquement endémiques en Morée et en Algérie, que l'on a retrouvées en Italie, et qui ont été, dans chacune de ces contrées, l'objet d'études si approfondies, si persévérantes, si fructueuses de la part des médecins militaires.
Ni les unes ni les autres donc ne prendront jamais ces médecins au dépourvu : cette certitude doit donner toute confiance à l'armée, et ces circonstrances investissent d'une autorité toute particulière les recommandations suivantes, fondées, d'une part, sur les enseignements généraux et constants de la médecine des armées ; d'une autre part, pour quelques points spéciaux, sur des observations et une expérience de plus de trente ans, sans discontinuité, dans des conditions analogues.
i^ MESURES A l'égard DES HOMMES BIEN PORTANTS.
Vaccine, — A raison de la fréquence et de la gravité des épidémies de petite vérole en pays étrangers, les prescriptions ministérielles relatives à la vaccine dans les corps de troupes doivent être exécutées avec la plus rigoureuse exactitude. En France, dans tous les corps indistinctement, on appliquera avec un soin nouveau celle de ces prescriptions qui veut que les jeunes soldats, aussitôt arrivés au dépôt, soient examinés, et que ceux qui ne portent pas de trace évidente de vaccine ou de petite vérole soient immédiatement vacciné? avant de recevoir aucune destination. Dans les corps désignés pour une expédition, on recherchera les hommes qui ne porterdient pas les traces précitées,
et on les vaccinera sans retard. A l'arrivée de détachements dirigés sur les corps faisant déjà partie de Tarmée active^ les médecins visiteront derechef les hommes, et, si les circonstances de la guerre ne s'y opposent pas absolument,, ils procéderont sans délai à la vaccination de ceux qui se trouvoraient dans les cas indiqués. Ils feront en sorte d'être toujours pourvus de vaccin.
Habitations. — L'habitation pour certaines troupes expéditionnaires doit comprendre le séjour qu'elles feront à bord des navires pendant la traversée, peut-être même à différentes stations de mouillage, et pour toutes en général, les circonstances diverses dans lesquelles elles pourront se trouver à terre.
Dans l'embarquement des troupes, des considérations d'une haute valeur obligent souvent à sacrifier l'hygiène à des exigences d'une autre nature , et Ton doit s'attendre à quelque encombrement sur les navires destinés au trans port. Pour s'opposer autant que possible aux funestes effets qui pourraient en résulter, il importe que les hommes séjournent le moins possible dans les entre-ponts et les batteries; ils doivent vivre surtout sur le pont, y prendre leurs repas et s'y promener autant que l'espace le permet. Il faut qu'ils descendent à terre le plus tôt et le plus promptement possible, à chaque relâche et chaque fois qu'ils en obtiennent l'autorisation ; qu'ils profitent de ces relâches pour blanchir leur linge et entretenir autour d'eux la plus extrême propreté. Les médecins devront, pour tous ces détails, faire appel au concours éclairé des officiers.
Après le débarquement, la considération dominante sera de mettre les habitations de la troupe à l'abri, autant que possible, des émanations marécageuses. A cet effet, on évitera de s'installer sous le vent des marais, des vallées, des eaux stagnantes et des autres foyers miasmatiques. On choisira des points élevés au-dessus des plaines et des vallées humides, qui sont constamment insalubres ; dans les villes même, il importe que ce soin ne soit pas négligé.
Lorsqu'on sera obligé de stationner à proximité de lieux insalubres, tels que ceux qui viennent d'être indiqués^ on devra, autant que possible, s'en garantir au moyen de quelque obstacle naturel, comme un repli de terrain, un massif ou on rideau d'arbres ou de végétaux élevés, et surtout, si l'on est logé dans des baraques ou des tentes, on en placera les ouvertures dans la direction opposé^, en fermant exactement tous les autres côtés.
Les habitations sont d'autant meilleures qu'elles sont plus solides, mieux closes, tout en étant facilement aérables, et plus spacieuses eu égard au nombre d'hommes qui doit les occuper. Elles peuvent, sous ce rapport, être classées dans l'ordre suivant :
Maisons en pierre ;
Baraques maçonnées et baraques en planches lorsqu'elles réunissent de bonnes conditions ;
Tentes ;
Bivouacs.
Il est utile de donner aux habitations du soldat une étendue suffisante pour que l'air intérieur reste pur, et^ en été, ne s'échauffe pas trop. Dans les villes, â cet effet, on choisira des édifices publics ; mais, pour peu qu'ils ne remplissent pas la condition qui vient d'être énoncée, il sera toujours préféjable de placer la troupe dans des baraques ou sous la tente.
Il importe toujours d'évacuer immédiatement les quartiers et les lieux con-
taminés par qdelqtie maladie infectieuse, telle que la variole, la fièvre typhoïde^ le ^tcorliut, la pourriture d'hôpital, etc.
Les terrains choisis pour les haraquesj les tentes et les bivouacs, devront, autant que possible, être secs, et présenter dés pentes suffisantes pour l'^oulenient des eaux pluviales. Afin de s'assurer de la sécheresse du terrain, il conviendra de ne pas s'en rapporter à Tapparence de sa superficie, mais de rechercher, en creusant un peu, si, à une couche plus ou mdins profonde^ rbumidité ne serait pas retenue par un sol imperméable.
Les tentes doivent être d'une toile asste serrée et résistante pour ne pas laisser pénétrer facilement Teau et Thumidité ; Tétoffe doit tomber largement sur le sol dans toute la circonférence, afin de fermer par cette voie tout ac^ès à Tair extérieur.
Au bivouac, desimpies abris en branches d'arbres ou en paille ne doivent jamais être négligés^ toutes les fois que les localités permettront d'eu élevôr. Ils jseront orientés vers les expositions les plus favorables, eu égard à la marche du soleil, à la direction des vents et, ainsi qu'il a été dit, à la situation relative des marais ou des foyers miasmatiques.
Autour des baraques, des tentes et des bivouacâ, on creusera des rigoles, afin d'isoler le terrain intérieur de celui du dehors, dé recevoir les eaux, de les conduire de proche en proche, au moyen de communications successives, à des distances assez grandes pour qu'elles ne puissent nuire.
Dans l'intérieur, il sera utile de battre fortement le sol, s'il n'a pas toute la solidité désirable, et de le convertir en une aire artificielle, au moyen de laddition d'une certaine quantité de cailloux, de pierres, de gravier ou de sable.
11 faut que les habitations closes, comme les baraques ou les tentes, aient des ouvertures opposées, afin de permettre d'y renouveler l'air facilement et promptement. De ces ouvertures, les principales seront placées dans les directions indiquées comme les plus salubres.
Pour abriter la tente en été, on pourra la couvrir de branches du c6té où dardera le soleil i mais on ne devra Jamais empjioyer à cet usage, ni à aucun autre analogue, les joncs, qui sont toujours chargés de limon marécageux, lequel, pénétré par l'humidité que ces végétaux conservent ou par celle qu'ils reçoivent de l'atmosphère, devient un foyer de fermentation putride, et une source d'exhalaisons presque aussi nuisibles que celles des marais mêmes.
Lorsqu'on stationnera forcément dans le voisinage d'un marais, étang, etc.. ondevra» en hiver, et eii prévision de la prolongation du séjour, couper et brûleries joncs et les roseaux qui y croissent.
En été, dans toute position, durant la chaleur du jour, les ouvertures cot^ respondantes au midi seront fermées avec soin, et celles regardant le nord tenues libres, sauf les exceptions commandées par la direction des courants miasmatiques.
Plusieurs fois par jour, toutefois, à des heures et à des intervalles convenables, toutes les ouvertures seront démasquées pendant un temps suffisant pour opérer le renouvellement de l'air intérieur. Cette opération aura lieu siirtbut le matin; quelques heures ai{)rès le lever dil soleil, et le soir, quelque^ heures avant son coucher.
Pendant la nuit, c'est-à-dire, depuis la disJ)aritlon du soleil jusqu'à son lever, Thabitatidn devra être close, de mahière li s'oppdser à la pénétration du froid et de l'humidité, siinsi qu'à celle dèsl ëmaïrations dangereu^esr qui s^ condehseht alors {>rés de la surface de la terre, sans toutefois empêcher k
reiiouvelleifient de l'air confiné qui devra se ftiirë par une ouverture supérieure.
Cette dernière réserve serait surtout indispensable si Thabitation était trop resserrée relativement au nonibre d'hommes ; car; sanà cette précaution, il se pourrait que l'infection intérieure devint plus dangereuse que l'dccèà de l'air plus ou moins chargé de miasmes du dehors.
Jamais le soldat ne devra coucher immédiatement sur le sol: Les moyens d'isolement sont, dans l'ordre de préférence â leur accorder :
Les lits avec la fourniture complète ;
Les lits de camp et les claies que Ton peut établir avec des piquets sblidès^ quelques branches d'ërbres ou de forts roseaux ;
Les hamacs ;
La paille, les feuilles et les herbes lèches.
Le lit du soldat doit toujours être parfaitement séc : les corps humides du facilement décomposables par la chaleur et l'humidité, comme les fettilled vertes des arbres», \ei herbes non parfaiteràérit desséchées, sôilt, dans quelques circonstances, plus nuisibles que le sol à raison des gaz qu'ils dégagent.
La plus rigoureuse propreté des habitations est indispensable, sous Finfluence d'une chaleur souvent humide, qui hâte la décomposition des matières animales et végétales, et tend à créer de toutes parts des foyers pëmicieUx d* infection. Ce soin doit s'étendre non-seulement à Tintérieùr des habitations, mais aussi aux environs. On veillera rigoureusement à l'enlètement régulier des immondices^ à l'entretien des canaux, etc.
Aussitôt après le lever de la troupe, lorsque le soleil aura déjà paru, les portes et les fenêtres seront ouvertes, ou les botds des ouvertures des tentes relevés; le soldat battra son couchage, l'exposera, si le temps le permet, à l'action de l'air extérieur, et le laissera relevé jusqu'au retour de la nuit.
Pendant ce temps, l'intérieur de la tente, de la baraque ou du bivouac sera nettoyé, balayé avec le plus grand soin.
Durant le jour, pendant la plus grande partie de l'année, il ne sera besoin d'autres feux que ceux indispensables pour la préparation des aliments ; mais, durant la nuit, devant les baraques, les tentes et les bivouacs, les feux.seront très-utiles pour combattre le froid et l'humidité de l'atmosphère, qui favorisent, en débilitant l'organisme, l'action des miasmes alors coiidensés eh couche plus épaisse, et pour détruire par la combustion les principes malfaisants.de ceux-ci ; il conviendra donc d'en entretenir autant que le permettroiit les localités et les circonstances de la guerre.
On évitera, autant que possible, de placer des sentinelles dans leé points ëxj30Sés aux émanations marécageuses, et, quand bn lïe pourra Téviter, on abrégera la durée de la faction.
Les abattoirs seront disposés à une distance suffisante et sous le vent des habitations ; des précautions seront prises pour que les débris des animaux soient chaque jour enfouis à une profondeur convenable.
Les latrines devront également être établies eh dehors du camp; et des hommes de corvée recouvriront tous les matins, au moyen d'une couche de terre amassée & cet effet sur le bord de la tirânchée, les matières accumulées depuis la veille. Lorsque la fosse sera remplie jusqu'à cinq décimètres enVii-on du rebord, on achèvera delà combler et on en ouvrira une autre.
Au surplus, l'expérience a démontré que les camps, niême les mimk ihètallés et leg mieux entretenus, deviennent graduellement insalubres par l'inévitable accumulation des principes méphitiques résultant du séjour prolongé
d'une masse considérable d'hommes et d'animaux, et qu'il convient de les déplacer au bout d'un certain temps, à moins que des considérations prépondérantes de stratégie ne s'y opposent.
Vêtements. — L'habillement de la troupe doit être réglé en vue des brusques et considérables variations de température qui surviennent dans la plupart des régions où elle est appelée à opérer. A cet effet, la chemise doit être en toile de coton et les autres parties du vêtement en laine. Celles-ci doivent être assez amples pour ne pas gêner ou incommoder pendant les chaleurs, mais disposées de manière à pouvoir, au besoin, être suffisamment serrées sur le corps pour garantir complètement du froid.
Tous les soldats devront porter^ si ce n'est un gilet de flanelle assez long pour descendre jusqu'au-dessous des hanches, du moins une ceinture en flanelle assez étendue pour couvrir toute» la hauteur du ventre et entourer complètement le corps. Il sera utile que ce vêtement ne soit jamais quitté ; mais il sera plus expressément indispensable encore d'en être pourvu pendant les factions de nuit. Le soldat en aura un de rechange, toujours propre, dans son sac.
On veillera expressément à ce que, de toute manière, les factionnaires, pendant la nuit, soient suffisamment vêtus.
Pendant le jour, hors des habitations, la tête doit être constamment abritée contre les rayons du soleil. On l'ecommande, à cet effet, l'emploi de couvrenuque en toile blanche matelassée, qui est fréquemment employé en Algérie. A défaut de cette coiffure spéciale, les soldats ne devront jamais s'exposer aux ardeurs du soleil sans interposer leur mouchoir entre la tête et le képi, de telle sorte qu'une extrémité retombe sur le dos et protège entièrement le cou.
Quelque vive qu'ait été la chaleur du jour, et quelque plaisir que procure la fraîcheur du soir , jamais , après le coucher du soleil , ni , à plus forte raison , durant la nuit , le soldat ne devra rester en chemise ni à découvert.
Pendant la nuit, il se couvrira avec d'autant plus de précaution que son habitation sera moins parfaite et le défendra moins contre les influences extérieures.
Dans les baraques, les tentes et surtout les bivouacs, il ne devra jamais quitter le pantalon, la cravate, la veste, ni le bonnet de police ou le capuchon.
Si un couchage assez épais et assez imperméable le sépare du sol^ il pourra étendre sur lui la couverture de campement ; dans le cas contraire, il la placera sous lui et se couvrira avec sa capote.
Lorsque le soldat couchera sur un hamac, la toile de ce dernier sera insuffisante pour préserver le corps de l'iaipression de l'air et de l'évaporation de la transpiration, qui feraient éprouver un froid pénible et dangereux, comme on l'a souvent remarqué en Algérie ; il faudra donc que le hamac soit garni, sur la toile, soit d'un sac de campement rempli de paille, de foin ou de feuilles bien sèches en forme de matelas^ comme dans la marine, soit^ au moins, de la couverture de campement, la capote servant à couvrir le corps.
Dans toutes ces positions, le soldat apportera le plus grand soin à se couvrir la tête et le cou, de manière à ne laisser libre du visage que l'espace nécessaire à la respiration. En se couvrant les yeux surtout, il évitera les ophtbalmies, qui pourraient être fort graves.
Alimentation. — Si les excès dans les aliments et les boissons sont toujours nuisibles, une nourriture aussi fortifiante que possible doit^ d'un autre c6té.
être recommandée, pour combattre l'influence débilitante des fatigues et l'action malfaisante des émanations marécageuses.
Aliments solides, — La ration réglementaire suflBt, en général, à l'alimentation de la troupe ; cependant, après de grandes fatigues, il sera particulièrement .utile d'augmenter la ration de viande. Les légtimes frais devront, autant que possible, être ajoutés aux substances animales , et substitués aux légumes secs.
Le soldat devra profiter de toutes les occasions pour apprendre à reconnaître les végétaux qui croissent spontanément dans les campagnes qu'il parcourra, et dont il pourra faire u^age, soit à défaut d'autres aliments, soit pour varier ou améliorer ceux dont il dispose ; mais il doit se garder d'employer ceux qu'il ne connaît pas avec certitude , car il pourrait commettre des méprises qui lui seraient funestes ; des empoisonnements mortels ont eu lieu souvent de cette manière, notamment en Algérie.
La viande fraîche de bœuf constitue la meilleure nourriture animale dont la troupe puisse faire usage.
A son défaut, celle des autres animaux adultes, comme le mouton, la chèvre, le porc, le cheval, l'âne, peut être employée sans le moindre inconvénient.
Les viandes blanches et peu solides du veau, du chevreau, du lapin, sont moins nourrissantes, et, par conséquent, moins propres que les précédentes à réparer les forces.
Le gibier, la volaille, les œufs, les tortues, très-communes dans certaines contrées, peuvent offrir de précieuses ressources.
Il en est de même des poissons de mer et de toutes les variétés de poissons d'eau douce, moins sapides cependant et moins nourrissants que les premiers.
Enfin, le lait et le fromage doivent trouver place dans cette énumération des matières alimentaires dont le soldat peut tirer parti avec le plus grand succès.
La meilleure manière d'employer la viande des animaux adultes est de la faire bouillir avec des légumes frais ou secs, en quantité suffisante, et de préparer une soupe à la fois nourrissante et de facile digestion.
La viande blanche et celle des petits animaux ne se prêtent pas à ce genre de préparation ; elles doivent être rôties ou cuites en ragoût avec des légumes.
Certains poissons de mer, lorsqu'ils sont frais, peuvent, avec de l'huile ou de la graisse et des légumes, servir à faire une soupe très-nourrissante.
La viande et le poisson salés doivent être d'abord divisés en morceaux de médiocre grosseur, puis laissés pendant une heure au moins dans de l'eau renouvelée à plusieurs reprises. On les emploiera ensuite comme la viande ou le poisson frais, avec l'attention, toutefois, d'y ajouter, si c'est possible, une plus grande proportion de légumes, et, de préférence, de légumes frais.
Lorsque la viande est altérée, il convient, à moins de nécessité absolue, de n'en point faire usage ; elle ne procure jamais qu'une alimentation insalubre, dangereuse, si elle est répétée. Le poisson surtout, dans ce cas, doit toujoui-s être rejeté.
Quant à la viande, lorsque l'altération n'est que superficielle et légère, on peut en partie la corriger en la lavant plusieurs fois dans de l'eau fraîche, et en ajoutant une certaine quantité de charbon à l'eau dans laquelle on la fait ensuite bouillir.
Si l'altération est plus profonde et plus avancée, il faut retrancher les parties les plus aflfectées, laver le reste avec soin, l'envelopper dans un linge avec du charbon pilé et le faire ainsi bouillir pendant une heure ; après ce temps,
on retire la viaiide du lingè^ bA la lave de noOvdaa et Ton aehèye de la faire cuire avec des légumes.
Mats; on le répète, ces {^réparations, tolérables seulâment dans des cas exceptionnels de nécessité absolue, ne sont jamais sans danger, et Ton dbit tout faire pour éviter d'avoir besoin d'y recourir.
Parmi les légumes secs qui font partie de la râtioli réglèiiieiitslli'e, le riz tiebt le premier rang. Il est facile à préparer, s'accommode sous toutes les formes, se digère facilement, et n'expose îii atix flatuôsités; lii âUx diarrhées, ili aux dyssenteries, mais tend, ati colltrairë, à prévehîr tes affections; il doit donc généralement être préféré par le soldat ; mais la manière de lé préparer est importante. Trop ramolli, il devient diffluènt, et petit-ôtrè Id fécule se décompose-t-elle dans le bouillon. Il faut donc, à l'exemple dès pènples qtiî en foût la base de leur nourriture, ne lui donner qu'un degré de cUissoii plus léger, qui le laisse entier, un peu résistant sous la dent, et, par suite, plus propre à ^journer dans l'estomac et à apaiser la falin pour tin temps plus long.
Après le riz, viennent, dans l'ordre de leurs avantages respectifs, les haricots blancs, ou mieux les haricots cdloi-és^ dâils lesquels existe iuie substance aromatique qui en favorise la digèstidrl ; les lentilles, qui sont très-nourrissantes, mais qui, k raison de leur petit volume et de leur enveloppe résistante, ne sont pas toujours broyées complètement dans là boucHe, et doht beaucoup de grains, restés entiers, traversent les organes digestifs sans profit et en les fatiguant.
Le mais présente, réduit en poudre grossière, uii alitiient trôs-noutrissanl, agréable et capable de remplacer le riz.
Les haricots el les lentilles doivent être, par la cuisson, ramollis autant que possible ; ce n'est que dans cet état que la fécule qu'ils contiennent quitte leur enveloppe, se pénètre des assaisonnements et devient d'une digestion facile : sans cette précaution, ces légumes restent compactes et réfractaires à l'estomac ; ils fatiguent le ventre, provoquent dés flatuôsités, des coliques, et disposent à des Directions plus graves.
Les fruits, d'un usage agréable et môme salutaire, ne. doivent cependant jamais, excepté dans les cas de besoin extrême, servir seuls au repas des soldats; ils contiennent trop d'eau et trop peu de matière nutritive pour réparer ou entretenir convenablement les forces. Ils ne doivent être mangés que bien mûrs et avec modération.
Lorsque le biscuit remplace le pain, la meilleure manière de l'employer consiste à le divisier en fragments, à ]e jeter dans le bouillon de viande et à le laisser se ramollir jusqu'à ce qu'il forme une papade épaisse et sans grumeaux durs. A défaut de bouillon, de l'eau avec de la. graisse ou de l'huile et du sel, du lait, et enfin, un café léger, seul ou au lait, peuvent servir à la préparation des soupes au biscuit.
Lorsque le soldat mange le biscuit à la main, ce qui doit être évité antani que possible, il doit, lorsqu'il ne le mange pas avec d'autres substances, ne le mettre dans la bouche que divisé en petits fragments, le retenir pendant ur temps assez long et le mâcher avec assez d'exactitude pour qu'il soit bien broyé et parfaitement pénétré par la salite. Une quantité de boisson plu? grande qu'après le repas au pain est ensuite nécessaire pour étendre les principes nutritifs du biscuit et favoriser sa digestion. Lorsqde le biscuit est m^nù avec d'autres aliments, de la Viande, par exemple, cette mastication pourrait exiger trop de temps ; on peut alors l'amollir préalablement par an procéd'
fort ebAntt dû soldat^ savoir, eil rhumectant, et eil Tei^pûsaiit à là chaleUr du feu, ce qui lai fait perdre de sa sapidité, mais rend son etnpiloi plus fôeile.
A défaut de pain ou de biscuit, le soldat pourra user de galettes faites avec de la farine de froment, de bouillies épaisses, de boulettes en pâte de fariné^ légèrement assaisonnées^ qu'il jettera dans le bouillon ou môme danà de l'eau et du sel; et qu'il 7 laissera cuire ; de bouillies de maïs et de préparations analogues que son industrie ou l'imitation des indigènes pourront lui suggéi-er. Cependant ce ne sera que le plus rarement possible, et soiis l'empire de la nécessité, qu'il devra s'écarter de la nourriture réglementaire, calculée de là manière la plus favorable à sa santé. Les galettes, lès bouillies et toutes les préparations faites directement avec la farine, différant surtout du pain par cela qu'elles n'ont pas fermenté, sont mates, pesantes, compactes ; elles exigent un travail digestif plus pénible et s'assimilent moins bien. L'expérience démontre qu'à mesure que le soldat s'éloigne de l'alimentation normale avec le pain, ses organes digestifs se fatiguent davantage, et qu'il contracte plus facilement les coliques^ les diarrhées, la dyssenterie, en même temps que ses forces sont moins complètement réparées et qu'il va s'affaiblissant. Lorsque le soldat est obligé de faire usage de galettes, de bouillies, etc., il faut que les repas soient moins copieux et plus souvent répétés.
Assaisonnements, — Les assaisonnements, dont l'instinct fait partout reconnaître le besoin, sont plus utiles encore dans les pays chauds et insalubres que dans les contrées tempérées et saines.
Le sel est le premier, le plus indispensable des assalsonhementa; le soldat prévoyant ne doit jamais en manquer.
Le poivi-e noir et, à son défaut, le poivre i-oiige oii piment, sont d'un usage utile ; mais il faut se défier de ce dernier, dont l'âcfeté brûlante ne se fait pas sentir d'abord, et qui irrite très-fortement les organes digestifs, surtout la gorge.
L'addition de condiments stimulants et aromatiques est surtout nécessaire dans les ragoûts, avec les viaiides blanches et fades.
Une pincée de safran ou de cannelle, ajoutée^ à l'exemple de cértdins peuples, aux bouillies, au riz, au maïs préparés aii lait ou à l'eau, devient tih assaisonnement très-salutaire.
Pliisieurs légumes réunisseiit, à des degrés variés, Ifes ijuàlités alimèntalirès à celles d'assaisonnement, et peuvent être employés i ce doiiblé titre ; tels sont le céleri, le persil, le cerfeuil, l'ail, roigtion,etc.
Boissons. — L'eau, indispensable à l'entretien de la vie, îie devra cepefadaht jamais être bue qu'avec prèbàutiori et réserve.
Prise en grande quantité, elle affaiblit et fatigué les organes digestifs, augmente la tl-anspiration cutanée, énerve l'organisme entier. Il e^t surtout nuisible d'en boire rapidement en trop grande abondaiice lorsqu'on si chaud ; on a vu plusieurs foi^ des morts subites suivre cette imprudence.
Il importe essentiellement au soldat de s'habituer, lorsqu'il a soif, à lie boire qu'avec leiiteiiri à petites gorgées^ en prolongeant la durée du contact du liquide avec la bouche et la gorge. De cette manière, il faut moins de boisson pour désaltérer, et l'estomac conserve mieux son énergie.
Pendant les marches, en été, on éloigne le besoin de boire, eil évitant de tenir la bouche ouverte et de parler beaucoup, ce qui donne passage à l'air chaud, souvent chargé de {ioussière, qui dessèche la langue et la gorge.
De toutes les eaux,* celles des rivières coulant sur des fonds de sable ou de cailloux sont les meilleures, à raison de leur plus grande pureté et dé leur
aération, qui les rend plus légères^ plus digestibles. L'eau de plusieurs rivières est ordinairement troiÀle^ mais cela paraît ne tenir qu'à la pressée d'une certaine quantité d'argile entraînée en suspension, et qui doit se séparer par le repos ou par les moyens les plus simples de clarification.
Après les eaux de rivières, viennent celles de sources limpides et vives, qu'il faut puiser non à la sourc>e même, où elles ne sont pas encore aérées, mais à une certaine distance, si la disposition des lieux le permet, et, enfin, l'eau de citerne. Celle-ci devra être tamisée à travers un linge fin^ lorsqu'elle ne sera pas suffisamment claire.
Les eaux de puits sont moins favorables ; celles des mares ou d'étangs sont ordinairement insalubres.
Les eaux de mares contiennent souvent de petites sangsues difficiles à apercevoir. Pour éviter de les avaler, ce qui pourrait enti'alner des hémorrhagies, et, par suite, des accidents fort graves^ la mort même, il ne faut jamais boire ces eaux en se couchant à plat ventre et en humant ; mais il faut les puiser avec précaution, et, avant de s'en servir, les passer à travers un linge serré. Cette opération aura le double avantage de débarrasser l'eau des sangsues et autres corps analogues qu'elle peut contenir, et d'y incorporer une certaine quantité d'air pur qui l'assainira.
Si le soldat est obligé de faire usage d'eau de marais, impure, exhalant une odeur fade, désagréable ou nauséabonde, et contenant en dissolution ou en suspension des matières animales ou végétales décomposées, il devra, auparavant, la faire bouillir avec un peu de charbon, l'agiter et la laisser exposée à l'air libre pendant quelque temps.
L'eau seule ne suffirait que difficilement à l'entretien des forces du soldat européen en temps de guerre. Il est indispensable d'y ajouter une certaine proportion de quelque liqueur spiritueuse et stimulante qui favorise la digestion et ranime la vigueur des organes.
Le vin> à la fois alimentaire et stimulant, est la meilleure des boissons additionnellesà l'eau que l'on puisse conseiller. Après le vin, viennent Teau-de-vie étendue d*eau, la décoction de café, les sucs de limon, d'orange, de citron, etc.
Le vin et l'eau-de-vie sont préférables.
Le café très-léger, ou le café étendu d'eau sera, comme en Algérie, en été surtout, une boisson excellente, calmant fort bien la soif, en éloignant le retour, maintenant les organes digestifs et tout le système nerveux dans un salutaire état d'activité.
L'eau-de-vie pure, surtout le matin à jeun, serait d'un usage pernicieux, et disposerait aux maladies les plus funestes.
Les sucs acides et le vinaigre ne devront être employés en boisson que Irèsétendus et avec beaucoup de modération ; ils aflfaiblissent assez promptement les organes abdominaux, nuisent aux digestions et rendent les transpirations plus abondantes.
Ces inconvénients, toutefois, disparaissent en très-grande partie par l'addition d'une certaine quantité de vin ; ainsi la limonade vineuse sera une fort bonne boisson, prise modérément, suivant la règle générale.
Le vin, Teau-de-vie ou le café sont donc les meilleurs liquides à mélanger avec l'eau ; mais ces mélanges sont d'autant plus agréables au goût et, peutêtre, convenables pour l'estomac, qu'ils sont faits plus récemment ; ils perdent presque toujours de leur qualité par le temps, l'agitation et l'action réunie de la chaleur et de l'air. Le soldat devra donc avoir deux bidons, un plus grand
pour l'eau, l'autre plus petit, pour la liqueur à mélanger ; il devra avoir, en outre, un vase en cuir bouilli, qu'il placera dans sa poche.
Afin de ne pas être exposé, soit à la privation d'eau, soit à l'obligation d'user d'eau stagnante et malsaine, il ne devra jamais quitter un courant d'eau salubre sans avoir fait ou renouvelé sa provision en remplissant son bidon.
Lorsque, pendant les marches ou les haltes, le soldat, pressé par la soif, rencontrera de l'eau, il devra tâcher de se reposer un peu avant de boire, puis s'humecter avec soin la bouche et la gorge à plusieurs reprises, et faire enfin son mélange, qu'il avalera avec lenteur, en plusieurs fois, de manière à ne consommer que le moins de liquide possible.
Moins l'eau dont le soldat fera usage sera salubre, plus l'addition d'une liqueur stimulante et corrective.deviendra nécessaire.
Soins de propreté, — La propreté de corps et celle de linge sont indispensables, non moins que celle des habitations.
Toutes les fois que les circonstances le permettront, le soldat devra se laver, au moins deux: fois par jour, le visage et les mains.
On évitera de plonger les mains et les pieds dans l'eau froide, lorsque le corps sera en sueur, afin de ne pas provoquer des suppressions dangereuses de la transpiration.
L'immersion trop fréquente des pieds dans l'eau a, de plus, l'inconvénient d'amollir ces parties et de les rendre moins capables de supporter les fatigues de la marche.
Lorsque les pieds seront sales, le soldat devra les laver rapidement, les essuyer immédiatement avec soin, puis les enduire, aux endroits où la chausure porte avec le plus de force, de suif mélangé d'un peu d'eau-de-vie.
Quant aux bains généraux, soit dans la mer, soit dans les eaux courantes, à raison des qualités particulières du climat et des dispositions spécialement propres à certaines localités, l'opportunité devra en être étudiée sur place, et l'on ne devra les prendre qu'après avis des médecins.
Les bains dans les eaux stagnantes et les mares sont dangereux.
Ensemble de la manière de vivre. — Si l'état de guerre entraîne à sa suite des privations et des irrégularités dans le régime qu'il est impossible de prévenir entièrement, la manière de vivre du soldat peut être soumise cependant à un type dont il convient de se rapprocher le plus possible, et qui doit être pris pour point de départ.
Dans les camps, il est utile que la troupe prenne le matin^ aussitôt après les soins de propreté, un repas léger, comme de la soupe, une certaine quantité de café avec du pain, ou toute autre préparatioft analogue.
Elle fera ensuite les deux repas réglementaires aux heures accoutumées.
Le soir, avant le coucher, elle prendra encore un peu de café ou de toute autre infusion aromatique, animée de quelques gouttes d'eau-do-vie.
On évitera de conduire le soldat au travail ^vant qu'il ait introduit dans son estomac quelque substance alimentaire.
On évitera également, autant que possible, dans la saison des chaleurs, de remployer à aucune occupation extérieure pendant le milieu du jour, lorsque le soleil aura toute sa force ; ces heures, si les nécessités du service ne s'y opposent pas, seront consacrées au repos, à l'ombre, dans les chambres, les tentes ou les bivouacs.
Pendant les routes, le soldat ne quittera pas le lieu de campement et ne se mettra pas en marche avant d'avoir pris, autant que possible, soit une soupe
an café avec du paia ou dn biscuit, soit de la soupe à la viande, de la panade ou de la bouillie.
Cette précaution est indispensable avant les marches du soir, de la nQit ou celles du matin, qui précèdent de plusieurs heures le lever du soleil, et, alors, une boisson aromatique ou alcoolisée doit, après le repas, augmenter eocore la résistance de Torganisme à Faction du froid, de Thumidité et des émanations marécageuses.
A l'une des haltes du milieu du jour, le soldat fera un second repas, pour lequel il devra avoir eu la prudence de réserver une partie, sinon la tofalilé, de la viande cuite de la veille, lorsque le tenips ne s'oppo$era pas à $a conservation. Il boira de Teau et du vin, ou de l'eau et de Teaurde-vie^ou, enfin, un peu de café très-léger.
Ce repas du milieu du jour devra, autant que possible, être pris à l'ombre. La couverture de campement, dont un des coins sera soulevé par deu^ piquets assez longs, ou à l'aide de fusils en faisceaux, sufi^^a, à défaut d'autre at)ri, pour garantir la tête et la plus grande partie du corps contre l'action âlirecle des rayons du soleil.
Celte précaution devra être prise toutes les fois que le soldat s'arrêtera pour quelque temps et se reposera en route.
A la fm de la journée, il établira la marmite, en ayant l'attentiMi d'y mettre assez de légumes ou de riz pour que la soupe qui en résultera suffise, en grande partie, à satisfaire son appétit, et que sa viande puisse être réservée, pour le lendemain, à la grande halte. 11 devra laisser la marmite sur le feu jusqu'à la parfaite cuisson des substances qu'elle contient, les aliments incomplètement cuits ne nourrissant jamais bien et pouvant occasionner des accidents.
Avant de se rendre à une faction de nuit, le soldat devra se prémunir contre le froid et l'humidité, en prenant un peu de café ou d'eau chaude sucrée, aiguisée de quelques gouttes d'eau-de-vie. En rentrant sous la tente ou dans le bivouac, la même préparation stimulante lui spra utile pour se préparer au repos.
Bien entendu que les conseils qui précèdent devront être modifiés dans l'exécution, suivant les lieux, les accidents de la guerre, l'abondance, la pénurie et la nature des approvisionnements ; mais ce que le soldat ne devra jamais oublier, c'est de tenir constamment en réserve, pour les cas où les distributions ou les moyens de préparer les aliments viendraient à manquer, une certaine quantité de viande ou de toute autre substance alimentaire apprêtée pour l'usage.
L'esprit d'association ne saurait être trop recommandé aux spldats ; il est d'autant plus nécessaire et profitable que là guerre' se fait dans les pays plus pauvres, plus dépourvus de ressources, et où, par conséquent, il est plus indispensable de tout porter avec soi.
Le soldat doit compter d'abord sur lui-même et sur sa prévoyance, sur son industrie, sur sa force et sur sa santé. Il ne doit rien porter d'inutile ; en réunissant les ressources, en s'approvisionnant au départ, en se distribuant entre camarades les matériaux bien choisis d'alimentation et d'assaisonnement, il pourra, non-seulement suppléer aux distributions régulières et pourvoir à ses besoins réels, mais se créer des jouissances, en rendant plus agréables et plus salubres les aliments qui lui seront donnés, ou ceux que le hasard mettra à sa portée.
Un état moral calme et confiant étant indispensable à l'entretien de la santé, il importe au soldat de combattre et de chasser toutes lès pensées de tristesse
et de découragement : i'hoimne qui ne s'abandoniie pa» lui-mj$me est paireai^t abattu. Il faut que les plus forts et les plus énergiques aident et stimulent les plus faibles, soutiennent leur moral, les excitent aûi travail qui entretient les forces, ^ la préparation ^t à rinstallation de tout ce qui est nécessaire pour les repas, les abris, le coucher. Les occasions de distractions et de plaisir devront être saisies pour rompre la monotonie de la vie des camps ou des garnisons ; mais les excès de vin, ceux des femmes, les veilles prolongées seraient autant de causes actives d'épuisement, qui rendraient plus accessibles aux influences du clùnat, disposeraient aux maladies et les rendraient plus graves lorsqu'elles se développeraient.