‹ Code diplomatique des aubainsChapitre 19 sur 213 · CHAPITRE VÎI · texte numérisé non relu

CHAPITRE VÎI

Des sujets du souverain par l’affranchissement.

Il n’est pas de mon sujet d’examiner 'quelle èst

nature et l’origine de l’esclavage civil. Je me propose seulement de faire connoître par quels moyens on peut arracher l'être avili, l’être méprisé, l’être sans vertu , sans honneur, sans patrie, snns loi , de l’état de gêne et de dégradation dans lequel la plus grande des injustices semble l’avoir placé, pour en faire un être libre, un être social , un homme ordinaire , et un citoyen.

Quoiqu’Athènes, séjour delà liberté,’ fut le lieu de la (Jrèce oh les esclaves s’aperçui ent le moins du poids de leurs chaînes, ce n’est pas là cependant où il faut aller puiser les prinéipes du droit d’affranchissemeUt. Dans une république où l’on redoutoit la liberté séparée’ de l’amour de la patrie ('), et où l’on n’accordoit le droit de cité qu’à des conditions presqu’impossibles à remplir (a) , les hommes condamnés aux fers , ne dévoient pas plus espérer d’y devenir complètement libres, qup d’y obtenir le titre de citoyen. Aussi ceux qui, parleurpécule SC faisoient alfranchir (3) , ne jouissoiCntils que d’une liberté très-imparfaite, ne participant

Toy. du Jeun. Anacli. tom. a, pag. j6, formai ùt-8°.

W Démusth. contre Ncéra.

A Athènes, un esclave pouToit, en payant à aon DMltrenne certaine somme, le forcer à rali'rai^cliir. Sam. pet. leg. Au. Lb. a, tit. 6.

64 DISCOURS PRÉLIMIS AIRE.

d’ailleurs à aucun des droits de la cité. De mémd que les étrangers domiciliés , ils étoient redevables d’un tribut annuel envers le trésor (i); de même

qu’eux, ils dévoient avoir un patron sans l’assistance duquel toute sorte d’actes leur étoient interdits C*); mais ils n’avoient pas, comme les étrangers domiciliés, la faculté de choisir ce patro^ et il dépendoit toujours de celui-ci, en cas d’iï' gratitude de leur part , de les remettre dans la servitude (3).,

Très-rarement les esclaves obtenoient du peuple la liberté entière et le droit de cité. Il falloit pour cela des circonstances extraordinaires (4/ , et encore les lois Vopposoient-elles à ce que ceux qui étoient nés dans la servitude devinssent citoyens (5).

Borné , destinée à être un jour la maîtresse du monde, dut, presque dès sa naissance, voir dans l’aOranchissement un moyen nouveau de satisfaire son ambition et d’accroître sa puissance. Romulus avoit trouvé des citoyens parmi les étrangers ; Servîus Tullius en trouva encore parmi lés affi ancliis. Ce fut ce dernier prince en effet qui accorda , pour la première fois , aux affranchis , le droit de cité (6) , et qui les fit inscrire dans les quatre tribus de la ville*, où ils restèrent presque constamment, jusqu’à la fin de la république.

tO Sam. pet leg. AU. lib- a; tit Gi

(>) Id. Ibid.

(3) id. Ibid.

(4) Id. Ibid.

(5) Id: Ibid.

W Den. d'Halic. Antiq. rom. Ut. 4>'cUap. 5.

Tant

Die-"-

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