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servé, en effet, que, sous l'influence de conditions de milieu défavorables, les cellules qui composent la colonie quittent le squelette commun et se répandent dans l'eau ambiante. Loin de périr, chaque cellule sedivise, bourgeonne et devient une nouvelle Éponge. Les Spongilles (Éponges d’eau douce) offrent un phénomène encore plus remarquable : « A la fin de l’automne et vers le commencement de l'hiver le corps sarcodique qui remplit les interstices du squelette se contracte en masses sphériques en laissant le squelette à nu. Chacune de ces masses ou gemmules s’entoure d’une capsule jaunâtre ou brune, s’enkyste et se prépare à passer l'hiver. Le squelette, restant complètement abandonné, quelquefois se détruit, d’autres fois conserve sa forme et sa solidité. Au printemps, avec le réveil de la vie sous toutes ses formes, le Kyste renaît, la capsule se déchire et laisse passage à la cellule spongiaire, qui va se nicher de nouveau dans son ancien habitacle, ou bien, si celui-ci a disparu, elle se comporte comme une larve ou une spore et reproduit un nouveau spongille. » (Capus.) Indépendamment du mode de reproduction que nous venons d'indiquer, on trouve également chez les Spongiaires la reproduction sexuelle ; si à certaines époques de l’année on coupe une Éponge à l’état frais, on trouve tixés aux parois des canaux aquifères une multitude de petits ovules jaunes dela grosseur d’une graine de pavot : ce sont les œufs qui tombent ensuite dâns la cavité générale, puis sont expulsés par les oscules. Dans ces petits corps qui ont, au début, une forme sphérique et ‘une apparence finement granuleuse, on voit un gros noyau avec un nucléole : « La fécondation a pour effet
de dédoubler le noyau et toute la masse de l'œuf; les deux moitiés se subdivisent entièrement à leur tour et donnent un.amas de petites sphérulesarrondies. Cellescivontse ranger,en ordre parfait, en deux couches, l’une externe garnie de cils vibratiles, l’autre interne, mon ciliée, et ainsi se constitue la larve ciliée. Après avoir nagé pendant quelque temps, la larve arrondie s’allonge, devient ovalaire et se creuse d'une cavité interne qui se perce au sommet d'un petit oscule. Toute garnie de nombreux cils longset flottants, comme velue, la larve se fixe alors par son extrémité opposée à l’oscule et, dès ce moment, perd ses organes locomoteurs, les cils devenus sans emploi. La petite Eponge dès lors est constituée et «elle n’a plusqu'à se développer. Son corps se consolide par l’adjonction de spicules cornés, calcaires ou siliceux suivant les genres, et.se creuse de poresaquifères. Si l'Eponge est monozoïque, c'est-à-dire composée d'un seul individu, le développementest complet après cette première phase, mais dans les Eponges polyzoïiques le développement de la colonie est dû au bourgeonnement de la forme simple. » (Capus.)
M.Hæckel, qui a fait une étude spéciale des transformations de la larve chez les Spongiaires, a donné à ces différents états les noms de Morula, Planula, 'Gastrula, Ascula, qui sont-adoptés aujourd’huipar beaucoup de zoologistes.
Maœurs des Spongiaires. — Les Spongiaires sont tous marins, à l’exception des Spongilles, qui vivent dans les eaux douces, ‘où ils forment des masses irrégulières et friables qui s’étalent sur les plantes ou sur les corps solhides:submergés.