DISPARU
Incertains, vaguement ballottés sur la terre, Nous voguons chaque jour, passagers de la mort- Tristes jouets d'un soir qui mène au dernier port Un confrère, une sœur, un intime, une mère.
L' arrêt est sans appel, son instant inconnu ; Or, si Dieu d'un regard arrête les aiguilles Du céleste cadran, nous laissons nos familles, Nos amis, pour courir au lointain Inconnu.
CCEURS ET HOMME DE CCEUR.
C'est là notre destin — et chacun doit le suivre O toi, mon jeune ami, que n'as- tu refusé De partir comme tous? A ton âge, abusé, Il fait, certes, si bon être aimé, si bon vivre !
Mais non ! Tu préféras nous laisser ici-bas,
En notre sombre exil, et t' enfuir d'un coup d'aile,
Avec les séraphins, dans la cité si belle
Dont Jésus est le Prêtre et vous tous les Joas !
Juillet 1898.