‹ Cœurs et homme de cœur [microforme]Chapitre 47 sur 62 · SUR L'ATLANTIQUE · texte numérisé non relu

SUR L'ATLANTIQUE

à A7. Louis lréchett.

Sur l'Océan. Le soir. Immensité de l’eau, Jinmensité du ciel! Le navire s'élance our l’onde qui moutonne, et, forte, le balance

Comme le vent des bois balance un nid d'oiseau.

L'air humide est giacé. Les ténèbres descendent Sur l'infini des mers—et ce n’est pas la nuit—

Le soleil disparait. La lune à peine luit.

On entend le bruit sourd des vagues qui se fendent :

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Confusion de sons sinistres et divers, Gémissements lointains. délires de fanfare, Gammes en tous les tons. Grand Dieu, queltintamarre

Océan, pleures-tu les pleurs de l'univers ?

La lune tristement s’avance, pâlissante, Les pics entrechoqués des flots tumultueux Egrènent ses rayons en rubis somptueux :

Grandiose spectacle, attraction puissante !

Par groupe, autour de nous, d'énormes cétacés —Pieuvre, scie et requin, plongeur-volant, baleine Nagent avec fracas. On perçoit leur haleine,

Et l'eau sort en longs jets de leurs naseaux pressés,

La vigie, en silence, à l'avant du navire, Marche d'un pas très lent, D'un regard attentif Perdu dans l'horizon, elle cherche un récif,

On voit une banquise où quelqu’astre se mire.

CŒURS ET HOMME DE CŒUR

Sous la grandeur du ciel de ce soir étoilé, Le temps passe très vite à contempler la vague ; La prunelle s'en va dans l'inconnu, le vague,

Tandis que les poumons se grisent d'air salé, (À) —— ee

J'aime l'encHantement des longues rêveries Où nous jette la mer—et ses émotions :

J'aime son onde calme ou les convulsions

De ses flots déchaînés ainsi que des Furies :

CO

Mais j'aime encore mieux, au fond des bois en paix, Les pensers où nous jette un chant d'oiseau qui passe En frôlant de son aile active et jamais lasse

— Comme un léger zéphyr—les feuillages épais.

La mer a des soupirs qui bouleversent l'âme,

Des cris de désespoir entremêlés de pleurs :

Sa voix semble clamer d'éternelles douleurs : Elle a des râles durs de damné qui se pâme !

ANTONIO PELLETIER

J'aime mieux le refrain du ruisseau gracieux, La complainte du vent dans un pin solitaire, Ou la voix d’une amie ou celle d’une mère :

Ces voix-là vont au cœur comme un écho des cieux !

Juillet 1902.

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