‹ Coexistence du kyste de l'ovaire et du pyosalpinxChapitre 8 sur 16 · OBSERVATIONS · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS

OBSERVATION I (Inédite.)

Due à la bienveillance de M. le Professeur Guyot.

Kyste suppuré de l'ovaire droit avec pyosalpinx. — Oophorosalpingectomie. — Guérison.

M'" D. P., 25 ans, domestique, entre à l’hôpital Boursier le 27 février 1928 parce qu’elle souffre du ventre. Antécédents héréditaires. — Rien à signaler.

Antécédents personnels. — Pas de maladies de l’enfance. Réglée à 13 ans ponctuellement et sans douleur dès le Cent Ni enfant, ni fausse-couche. Grippe en 1918.

Histoire de la maladie. — Il y a un an, la malade a présenté pendant une dizaine de jours des crises douloureuses siégeant dans tout l’abdomen, plus spécialement dans la fosse iliaque droite, s’irradiant dans les lombes, l’épaule et la racine de la cuisse droite et s’accompagnant de fièvre, nausées, vomissements, arrêt des matières et des gaz. Cette première crise se calme par le simple repos au lit.

Au début du mois de janvier 1928, aussitôt après ses règles survenues à leur date normale et ayant duré leur temps habituel, elle ressent une nouvelle crise, identique à la première ci-dessus décrite, mais un peu plus violente, et qui dure de dix à douze jours. Depuis cette dernière crise, la malade a continué à souffrir du ventre et à perdre en blanc, jaune ou rosé, Un médecin appelé diagnostique des crises d’appendicite

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et l’envoie à M. le Professeur Guyot, aux fins d’une intervention. Elle est admise dans le service le 27 février 1928. Les dernières règles datent du 12 février, en avance de douze jours et très douloureuses. Tension au Pachon : maxima 14, minima 9.

Examen du 1°” mars. — Nous sommes en présence d’une jeune femme d’aspect robuste, le teint frais et coloré. Les différents appareils sont sains. La palpation de l’abdomen révèle un point de Mac-Burney un peu sensible,

Au toucher, on trouve un col normal, un utérus un peu rejeté à gauche, et dans le cul-de-sac droit une masse arrondie, de contours nets, indépendante de l’utérus et douloureuse. On pense alors à un kyste de l’ovaire droit avec appendicite.

Intervention le 2 mars. — Kyste de l’ovaire droit, pyosalpinx. Salpingo-ovarite gauche avec adhérences. Opération conservatrice : oo-salpingectomie droite, salpingolysis gauche, appendicectomie.

Dès le ventre ouvert, on aperçoit à droite une masse du volume d’une mandarine ; l’utérus paraît normal. À gauche, la trompe est normale dans son tiers interne, très dilatée dans ses deux tiers externes. Elle est entourée d’adhérences qui la réunissent au péritoine pelvien et à l'ovaire. Ces adhérences sont facilement libérées. Deux ligatures à leur niveau. Hémostase de tous les pédicules. Cautérisation au thermocautère de la section de la trompe droite. Appendicectomie par le procédé habituel. Fermeture du ventre en trois plans, drainage par drain.

Description de la pièce. — On est en présence d’un ovaire polykystique cravaté par une grosse trompe accolée. Dans cette trompe se trouve un pus crémeux, jaune verdâtre, Un kyste voisin de la trompe renferme un liquide purulent de même couleur, mais moins épais que celui de la trompe. Un deuxième kyste est rempli de liquide transparent.

Laboratoire. — On examine : 1° le liquide du pyosalpinx ; 2° le liquide du kyste suppuré ; 8° le liquide de l’autre kyste.

Premier examen. — Liquide crémeux opaque, jaune verdâtre. Forte réaction à polyneutrophiles. Nombreuses cellules mononucléées épithéliales ou Iÿmpho-conjonctives, de détermination impossible, Rien au point de vue microbien,

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Deuxième examen. — Liquide de même aspect que le précédent, mais se séparant par le repos en deux couches ; l’une inférieure, épaisse, opaque, surmontée d’une autre transparente, liquide. Mêmes caractères cyto-bactériologiques que le liquide de la trompe.

Troisième examen. — Liquide clair, offrant un dépôt peu abondant, floconneux, blanchâtre.

Cytologie. — Dépôt amorphe, fibrineux ; absence de germes

à l’examen direct.

Suites opératoires. — Normales. Ablation du drain le 4 mars. La malade sort guérie de l’hôpital le 28 mars.

OBSERVATION II (Inédite.)

Due à la bienveillance de M. le Professeur Guyot.

Torsion chronique d’un kyste de l’ovaire. — Pyosalpinx du côté opposé. — Hystérectomie subtotale. — Guérison.

L... M..., 26 ans, domestique, entre dans le service de M. le Professeur Guyot le 7 juillet, parce qu’elle souffre du basventre.

Antécédents héréditaires. — Père, 60 ans, bonne santé. Mère morte à 42 ans (affection cardiaque).

Antécédents personnels. — Rougeole à 14 ans, réglée à 14 ans, règles normales. Mariée il y a 5 ans.

Histoire de la maladie. — Elle fait remonter le début de sa maladie à 4 ans. A cette époque, accouchement pénible (application de forceps) suivi de complications infectieuses. La malade est traitée au service de Canolle. L’enfant meurt à l’âge de six mois de méningite, selon le dire de la malade.

Depuis cet accouchement, douleur continue dans la fosse iliaque droite. La malade « sent sa fosse iliaque ». La douleuf exagérée par la pression s’irradie vers la cuisse droite.

Crises douloureuses apparaissant chaque mois quelques jours avant les règles. La malade vomit, est obligée de prendre le lit pendant 2 ou 3 jours. L'apparition des règles met fin à la crise. Ces règles apparaissent régulièrement. Entre les règles, pertes jaunâtres empesant le linge.

es. Dre

A noter que, depuis le début de sa maladie, la malade a fait un second accouchement, accouchement provoqué à la sonde de Krause (bassin rétréci). L'enfant est vivant, en bonne santé.

Le 7 juillet, la malade entre à l’hôpital. Depuis six jours elle souffre d’une douleur vive et continue siégeant au basventre, surtout à droite. Pertes verdâtres empesant le linge.

Examen. — L'état général est assez bon. Température 37° ; ventre régulièrement ballonné. Douleur à la pression, surtout à droite, sur une ligne qui réunit les deux épines iliaques.

Toucher vaginal. — Col déformé, cicatriciel, dirigé vers le rectum. Disparition du cul-de-sac autérieur. Corps gros, dur, derrière la symphyse pubienne. Mobilité latérale de l’utérus restreinte et douloureuse. À droite, masse peu distincte du corps de l’utérus remontant jusqu’à l’ombilic. Traitement : repos, glace sur le ventre, irrigation chaude des culs-de-sac.

Opération le 20 juillet. -— Kyste à pédicule tordu et lésion de l’ovaire et de la trompe gauche. Hystérectomie subtotale.

A l’ouverture du ventre, tumeur noirâtre recouverte par l’épiploon adhérent. Elle a le volume d’une tête fœtale et soulève l’utérus en avant. A gauche, existence d’un pyosalpinx.

Premier temps. — Libération des adhérences. Castration utéro-annexielle de gauche à droite.

Deuxième temps. — La tumeur est décollée de bas en haut

et enlevée avec l’utérus. Elle se sépare facilement de l’anse sigmoïde qui la cravatait sur sa face gauche.

Troisième temps. — Hémostase des pédicules, attouchement à l’éther. Péritonisation en unissant anse sigmoïde et péritoine vésical. Drainage de l’espace sous-péritonéal.

Suture de la paroi en trois temps.

Suites opératoires normales.

OBSERVATION III (Inédite.) Due à la bienveillance de M. le Professeur Guyot. Kyste de l’ovaire gauche suppuré.

Double pyosalpinx. — Hystérectomie subtotale. — Guérison.

J... T..., 38 ans, artiste lvrique, entre dans le service de M. le Professeur Guyot le 21 mars 1928.

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