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inespérée que fait le ciel à l’homme audacieux, pour ne lui pas donner d’autre titre, que de lui laisser sur le bout de
la langue sa vie ou sa mort; comme si un non avait plus de lettres qu’un oui!
Halte! je n'ai pas besoin d'en entendre davantage, dit
__ alors Monopole; cette seule réponse me convainc, m'oblige,
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me persuade. et me force à vous laisser immédiatement
prendre rang parmi nos profès et à vous PpARsEn de l’année de noviciat.
Je suis de cet avis, dit l’un des braves. »
Et, d'une seule voix, il fut approuvé par tous les assis-
tants, qui avaient écouté toute la conversation, et qui
demandèrent à Monopole d'accorder et de permettre aux deux novices, dès ce moment, de jouir des privilèges de leur confrérie, parce que leur tournure agréable et leurs propos sensés le méritaient bien.
Il répondit que, pour les satisfaire tous, il leur accordait ces privilèges dès cet instant, en les avertissant d’en faire grand cas; car ils consistaient à ne pas payer la moitié (1) du premier vol qu'ils feraient, à ne pas remplir d'offices inférieurs pendant toute cette année, c'est-à-dire à ne pas porter de commission d’un profès à la prison, ni à la maison publique de la part de ses clients; à humer le piot non baptisé (2); à banqueter quand, comme et où il leur plairait, sans demander l'autorisation à leur chef; à participer immédiatement à ce que les profès auraient encaissé, comme l’un d’entre eux, et à d’autres choses qu'ils tinrent pour une faveur tout à fait insigne : ils en rendirent grâce en termes fort polis et courtois et montrèrent qu'ils en faisaient le plus grand cas.
Sur ces entrefaites, entra en courant un jeune garçon, tout hors d’haleine.
(4) IL y à ici un calembour entre media nata, qui signifie la moitié de la crème, et media annata, moitié du revenu d’une année payée par certains personnages lorsqu'ils entraient en charge. C'est media annata qu'a voulu dire
Monopole, qui a entendu cette expression sans bien la comprendre. (2) Le texte dit : « à boire le Turc pur ».
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« L'alguazil des vagabonds arrive, dit-il; il se dirige vers
cette maison; mais il n’amène pas avec lui de cognes. Que personne ne se trouble, ni ne s'inquiète, dit Monopole; c’est un ami, et il ne vient jamais pour notre dommage. Calmez-vous, je vais sortir lui parler. » Tous se calmèrent, car ils étaient déjà quelque peu
effrayés, et Monopole sortit sur le pas de la porte, où il. trouva l’alguazil avec lequel il fut un moment à parler. Et.
bientôt Monopole rentra et dit :
« Qui était chargé aujourd’hui de la place Saint-Sauveur?
Moi, répondit le guide.
Eh bien! comment, dit Monopole, ne m’a-t-on pas montré une bourse ambrée qui, ce matin, précisément en cet endroit, s’est égarée avec quinze écus d'or, deux réaux et je ne sais combien de cuartos ?
Il est vrai, dit le guide, que cette bourse a disparu aujourd'hui. Mais ce n’est pas moi qui l'ai pres et je ne puis imaginer qui l’a prise.
Pas d’ Échanpatoies avec moi! Léphiqus Monopole. La bourse doit reparaiître puisque l'alguazil la demande :
c'est un ami qui nous fait mille plaisirs chaque année. »
Le garçon se reprit à jurer qu'il ne savait rien de la bourse. Monopole commença à se mettre en colère, de telle façon que ses yeux lançaient des flammes.
« Que personne, disait-il, ne se joue de la plus pétii
règle de notre ordre et ne la viole! Il lui en coûterait la vie ! Que l’on montre cette bourse, et, si on la cache pour ne pas payer les droits, je donnerai en entier à celui qui la détient ce qui lui revient (1), et je mettrai le surplus
de ma poche; parce que, de toute manière, 1l faut que
l'alguazil s’en aille content.
roue garçon recommença de nouveau à jurer et à se
et qu’il ne l’avait pas vue de ses yeux; tout cela ne servit
(1) La somme qui lui reviendrait d'après les statuts, s'il avait, selon son devoir, remis la bourse à Monopole.
sl maudire, disant qu’il n'avait pas pris une pareille bourse 6