‹ Coignet et CoupilléChapitre 17 sur 22 · OO ENS · texte numérisé non relu

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qu à attiser la colère de Monopole et à provoquer un tumulte dans l'assemblée, qui voyait violer ses statuts et ses bonnes ordonnances.

À la vue de tant de dissension et de trouble, Coignet pensa donc qu’il serait bien de ramener la paix et de donner satisfaction à son supérieur qui crevait de rage ; après s'être consulté avec son ami Coupillé, d'accord avec lui, il tira la bourse du sacristain et dit :

« Plus de discussions, mes seigneurs ; car voici la bourse,

sans qu'il y manque rien de ce que déclare l’alguazil; en

effet, aujourd’hui, mon camarade Coupillé a mis la main sur elle, ainsi que sur un mouchoir qui a été enlevé par surcroît au même propriétaire. »

Aussitôt Coupillé tira le mouchoir et le mit en évidence; et, en le voyant, Monopole s’écria:

« Que Coupillé le Preux (car ce titre et ce surnom doivent lui rester dorénavant) reste en possession du mouchoir ; je resterai son débiteur pour ce service. La bourse doit être remise à l’alguazil, car elle appartient à un sacristain, son parent, et il convient d'appliquer le proverbe qui dit : « Tu peux bien donner un pilon à qui t’a donné Île poulet tout entier. » Ce bon alguazil dissimule plus de choses en un jour que nous ne pouvons faire, nine faisons, en cent. » |

D'un accord unanime tous louèrent la générosité des deux nouveaux venus et la décision et l’avis de leur supérieur, qui sortit pour donner la bourse à l’alguazil. Coupillé resta confirmé dans son titre de Preux, aussi bien que s’1l eût été Don Alonso Pérez de Guzman le Preux, qui jeta son coutelas du haut des murs de Tarifa pour égorger son fils unique (1).

Lorsque Monopole revint, il entra avec lui deux filles, le

(1) Le traître don Juan, s'étant emparé du jeune fils d'Alonso Pérez de Guzman, qui était gouverneur de Tarifa, menaçait de le mettre à mort sile père ne livrait pas la place : ce dernier, en signe de défi, lança son propre poignard aux pieds

du traître, pour lui montrer son inflexible résolution; l'enfant fut égorgé, mais Tarifa fut sauvée (1294).

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