‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 110 sur 126 · informa Innocent VI de celte enlreme le 5 août · texte numérisé non relu

informa Innocent VI de celte enlreme le 5 août

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leur Gt proposer de lui servir d'escorte, en s'engageant à les garder deux mois à son service, à leur payer sur-le-champ la solde du premier mois et à les retenir plus longtemps, si besoin était.

Les chefs se réunirent pour discuter ces propositions; il s'en fallut de peu qu'elles ne fussent rejetées, car leur séjour en Italie avait rendu ces Allemands, comme tous leurs compatriotes, aussi rusés et aussi défiants qu'ils étaient naïfs et francs en passant les Alpes 1 ; ils se disaient entre eux : « Les Romains sont méchants, arrogants, orgueilleux, ils n'ont que des paroles à nous offrir; cet homme est de basse naissance, sans argent, sans appui ; jamais il ne pourra nous payer ; pourquoi donc nous mettre à son service? Puis les grands lui sont hostiles, ils ne veulent pas de son gouvernement, qu'ils redoutent. » Ces raisons, qui ne manquaient pas de justesse, allaient l'emporter, lorsqu'un officier bourguignon intervint : « Prenons donc cet argent et servons un mois, s'écria-t-il ; accompagnons ce brave homme dans sa patrie ; nous y gagnerons l'indulgence promise, et après, ceux qui voudront s'en aller s'en iront, et ceux qui préféreront rester resteront. » Son avis prévalut et les mercenaires au nombre de deux cent cinquante, entrèrent au service de Rienzo, qui prit en outre à sa solde deux eents fantassins toscans revélus de cuirasses et bien disciplinés. Quelques jeunes gens nobles de Pérouse se joignirent à lui. A la tête de cette petite troupe, l'ancien tribun se dirigea vers Rome.

1 . On cornait le proverbe italien : « Tcdesco italiaoizato, diavolo incar-

Lorsqu'on apprit dans cette ville qu'il était à Orte f et qu'il ne pouvait tarder d'arriver, la joie fut immense; chacun se prépara à le recevoir en grande pompe; l'espérance était dans tous les cœurs ; seuls, les barons restaient à l'écart, méfiants et inquiets.

Ce fut le 1 er août, l'anniversaire de ce jour où les ambassadeurs de toute l'Italie étaient venus le saluer, que Cola di Rienzo se présenta devant la ville. Les citoyens romains se portèrent en grand nombre à sa rencontre, tenant à la main des branches d'olivier en signe de triomphe et de paix; ceux qui avaient* des chevaux poussèrent jusqu'au mont Mario, situé au nord de Rome, de l'autre côté du Tibre. Rienzo s'avança au milieu des acclamations de tout le peuple, au son des trompes, jusqu'à la porte Castello, située derrière le château Saint-Ange* ; « on eût dit le retour de Scipion l'Africain », dit un témoin de cette entrée triomphale. Dans toutes les rues que devait parcourir le sénateur se dressaient des arcs de triomphe, des portiques tout garnis de riches étoffes rehaussées d'ornements en or et en argent; les maisons étaient couvertes de tentures. L'allégresse était universelle; Rome entière se livrait avec enthousiasme à son nouveau maître.

Rienzo passa sur le pont triomphal, qui n'existe plus, et traversa la ville pour se rendre au Capitole. Après en avoir gravi les degrés, il se retourna vers la foule et lui adressa une de ces belles harangues dont il était coutumier : « Durant sept années, dit-il, j'ai erré loin de ma demeure, comme Nabuchodonosor, mais maintenant, par la volonté du Très-Haut, je re-

A. Orte, sur le Tibre, au nord-est de Viterbe. 2. Aujourd'hui fermée.

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viens au milieu de vous ; le pape m'a créé sénateur ; j'aurais été bien au-dessous de ma tâche si je n'avais reçu ma mission et mon inspiration de si haut. Mon but et mon unique ambition sera de relever la Tille de ses ruines et de la guérir des maux dont elle souffre. » Après ces paroles, il fit approcher messire Breton et messirc Àrimbaud, qu'il nomma capitaines de la guerre et auxquels il confia le gonfalon de la cité; puis il sacra chevalier un certain Gecco de Pérou se, qui était un de ses conseillers, et lui donna un manteau brodé d'or. Tout le jour les Romains se pressèrent autour de leur tribun pour le voir, lui manifester leur contentement et lui prodiguer les assurances de dévouement.

Le lendemain quelques ambassadeurs se présentèrent au Gapitole au nom des villes voisines; Ricnzo les combla de promesses, les assura qu'il veillerait diligemment au bien commun, et les renvoya séduits par son affabilité et par son éloquence. Dès les premiers jours, il se préoccupa de mettre un terme au désordre qui régnait dans Rome, de remédier aux abus, et de gouverner selon la justice, comme il l'avait fait dans les premiers temps de son tribunal.

Il témoigne de ce désir dans les lettres qu'il adressa, dès son retour, à différentes cités amies de Rome. Ainsi il écrivait à Florence : « Notre vœu le plus sincère, et notre ferme intention, est que notre gouvernement rende à Rome les jours heureux d'autrefois el y fasse régner la paix, la justice et la liber lé! Nous ne nous souviendrons plus des injures et des torts qui nous ont été faits, et personne ne pourra nous accuser de partialité! » (5 août). Les Florentins répondirent, le ±î du même mois, en l'engageant à persévérer dans cette voie.

Cependant l'enthousiasme des Romains» loin de diminuer avec le temps, ne faisait que s'accroître : on Toyait partout des cavalcades joyeuses, des troupes de gens en armes, des députations, arrivant bannières déployées. Presque tous les objets qui avaient été dérobés à Rienzo au moment de sa fuite, lui furent restitués avec empressement. Son triomphe était complet : il devait être de bien courte durée.

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