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i. «. j*wirmi: sut ^jwi n»int aux personnes qui ItSL' /nrT^i'^ m >i- r»c«mci: que les habitants conduisait imjts 3«r^Ciifrx m pâturages et les faisaient ■err^r ens n ^.t* rocr les abreuver, et que les ïtiruss* rwicui: slt.:<-.î d^ctte pris par la famine, *f ii sti:«i: iTo:cnr*r &* suniûons, de la farine, ainsi s m 2> tmit eœtisteactr la terre. « Mais ne rv*^ ù^Ltzyiùi Rîenio, occuper les pas- £"ê*- vr rat Ws asâêses ne s'approvisionbécc àe la s*c\^ «< nVrvoîent paisiblement leurs :r..-i*»xx £l=ïs ii curropie? * Les officiers, plus #0:1 :e5- à rv-cirSer Ws allées et venues de l'ennemi r^*i y «K^ire : :->;*:^ rassuraient que cela était imtci<^---^ i ca^s* 3e îa ciî^n? du terrain et des difficv ^ £» n»r:--TYï*;: œ année pour se ravitailler itis «* kkncUîws arides et escarpées. Le sénateur ne ^ k^sai: poca; S^x^raper cependant et répétait : « Je &**?£*: p>ia: oe r5f h çae je n'aie ruiné Palestrine; bcii^! si. après ta c-tfihe des Golonna à la porte Saint- La~rta: % je mVuis élancé à leur poursuite avec le f*?r> rvnaaïn. jValrais sans obstacle dans cette ville; t\> nVxisîerait plus a présent; je serais délivré de tout souci, et R^n* jouirait enfin de la paix. »
An bout de huit jours les deux tiers du territoire de Palestine étaient saccadés; Rienxo leva alors subitement le siese et revint en toute hâte à Rome.
Deux raisons le déterminèrent à prendre cette décision imprévue : en premier lieu, il redoutait que l'animosité qui existait entre les habitants de Velletri et ceux de Tivoli, ne dégénérât en lutte ouverte; en second lieu, il venait de recevoir une dénonciation de la plus haute importance.
On se souvient que Montréal avait consenti, sur les prières d'Àlbornoz, à ne pas se joindre au préfet; il s'était alors dirigé vers le nord. Les républiques toscanes, comprenant le danger qui les menaçait, conclurent une ligue défensive; mais Pérou se, bien que protégée par un corps de cavaliers florentins, fit défection lorsque le redoutable condottiere se présenta devant ses portes ; elle permit même à la Grande Compagnie de séjourner quelque temps sur son territoire et accorda le droit de cité à son chef. C'est alors probablement qu'il y laissa ses deux frères et qu'il déposa chez les banquiers pérousins une partie de l'énorme butin qu'il venait d'amasser. De Pérou se, la Grande Compagnie se dirigea vers Sienne en passant par Montepulciano; les Siennois terrifiés envoyèrent des ambassadeurs au-devant de Montréal, en les chargeant d'offrir sous main aux chefs trois mille florins, et de leur proposer ensuite de fixer la rançon de la ville à treize cents florins, ce qui fut accepté. Montréal marcha ensuite sur Àrezzo, dont il dévasta les environs, et le 4 juillet il pénétra sur le territoire de Florence. Les prieurs des arts ne surent ni transiger en temps opportun, ni résister énergiquement 1 . Une alliance fut conclue avec Pise, mais aussitôt rompue, et les Florentins durent subir les conditions du condottiere ; moyennant vingt-cinq mille florins, plus trois mille florins pour lui personnellement, Montréal consentit à se retirer (10 juillet) et à ne pas inquiéter la République durant deux années. Les Pisans suivirent l'exemple des Flo-
1 . Il esl vrai de dire que c'est Villani qui parle et que Villani était du parti opposé à celui qui était alors au pouvoir.
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rentins el payèrent seize mille florins. Des ambassadeurs Tinrent précisément alors proposer à Montréal d'entier pour quatre mois an service de la ligue qui s'était formée, à l'instigation de Venise, contre l'archevêque de Milan. Le condottiere accepta moyennant cent cinquante mille florins et, laissant le commandement suprême an comte de Landau (6 août), revint à Péroose (M aoùO, accompagné de cinq cents cavaliers et de deux cents fantassins, pour y vivre en paix, disait-il, et observer les règles de son ordre (Saint- Jean de Jérusalem) qu'il avait jusqu'alors fort peu res-
En réalité, il se proposait d'y combiner ses plans en me de la campagne prochaine. C'est alors qu'on lui apprit ce qui s'était passé à Rome depuis le retour de Rîenxo : peut-être ses frères le prièrent-ils de venir à leur aide, car ils commençaient à comprendre que le sénateur les avait joués; qu'en échange de leur argent il ne leur accordait que de vains titres, et s'était réservé cette seigneurie de Rome dont Arimbaud était si fier d'avoir «b;enu la promesse. Quoi qu'il en soit, Montréal pensa que sa présence à Rome était nécessaire et partît de IVrouse le i 4 août, accompagné de trois cents cavaliers. Après avoir passé par Orvieto, afin de voir le légat, il arriva à Rome, où se trouvaient déjà Breton et Arimbaud. Le condottiere écouta leurs doléances, se conivrta auv eux sur ce qu'il fallait faire pour forcer le sénateur à remplir ses engagements; il eut même, à ce qu'on dit. plusieurs conciliabules avec les principaux mécontents* et comme sa vie passée ne l'avait point habitué à reculer devant les partis extrêmes, il résolut de faire assassiner Cola di Rienio, aussitôt que l'occasion
s'en présenterait. Une servante du condottiere surprit le complot; pour se venger de quelques mauvais traitements que son maître lui avait fait subir, elle se rendit au camp en secret et dénonça Montréal au sénateur.
Rienzo, comme nous Pavons vu, revint aussitôt à Rome; le chef de la Grande Compagnie, appelé au Capitol e sous un prétexte quelconque, fut jeté dans un cachot et étroitement enchaîné; ses frères, accusés d'avoir participé au complot, ne tardèrent pas à y être amenés à leur tour; quarante des soldats qui lui servaient de garde furent également emprisonnés. Montréal comprit tout de suite que sa servante l'avait trahi; bien qu'il sentît tout le danger de sa situation, il ne perdit point courage, car les embarras du sénateur lui étaient connus; il n'ignorait pas que Rienzo cherchait partout de l'argent et que ses troupes étaient prêtes à se mutiner, et se flattait d'obtenir facilement sa liberté en lui promettant une grosse rançon. Aussi sa première pensée fut-elle de lui faire savoir qu'il était prêt à lui fournir autant d'argent et autant de soldats qu'il en exigerait. Plein de conûance dans le résultat de celte proposition, il disait à Breton et à Ârimbaud : « L'un de vous restera ici en otage, tous les deux s'il le faut; j'irai chercher pour Rienzo dix mille, vingt mille florins; je lui ramènerai aussi des soldats, et j'obtiendrai votre liberté. » Mais ces paroles ne trouvaient pas d'écho chez ses frères qui se bornaient à lui répondre tristement : « Dieu le veuille! » Lui-même fut bientôt détrompé : au milieu de la nuit, on vint le tirer de son premier sommeil pour le mener à la question; lorsqu'il aperçut la corde
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destinée à son supplice, il regarda d'un air de mépris les bourreau* et s'écria : « J'avais raison de vous traiter de rostres et de vilains; tous ne voyez donc pas que je sais chevalier et que tous n'avez pas le droit de me faire subir la torture ! ce serait un acte de félonie ! » On ne tint aucun compte de ses protestations; il fut attaché et Ton commença à le soulever de terre 1 ; alors il reconnut qu'il était le chef de la Grande Compagnie, qu'il avait fait payer rançon aux villes de la Toscane, imposé des contributions arbitraires, dévasté les campagnes et emmené les habitants; pour se justifier, il prétendit n'avoir agi de la sorte que pour se rendre digne de son titre de chevalier.
Après ces aveux, on le ramena dans son cachot* Sa confiance l'avait abandonné et il demanda un confesseur ; on lui envoya un frère mineur qui resta avec lui jusqu'au petit jour. Gomme il entendait les lamentations étouffées de ses frères, il se tourna vers eux et leur reprocha leur légèreté : « Vous n'êtes que des enfants, leur dit-il, et vous n'avez pas su résister à l'ouragan. Yolre vie n'est point en danger, moi seul payerai de ma tête votre imprévoyance. Aussi bien, mon existence a toujours été pleine d'aventures et je commençais à en être las; j'avais le pressentiment de ma fin prochaine. Ge qui me console, c'est de mourir dans cette cité où saint Pierre et saint Paul ont subi le martyre.
« Bien que tu m'aies conduit dans ce fatal labyrinthe, Arimbaud, et que cette catastrophe soit ton œuvre, ne
1. Le supplice infligé à Montréal semble avoir été celui de l*es(rapade. qui consistait à suspendre l'accusé par les mains, liées derrière le dos, et à le laisser retomber brusquement plusieurs fois jusqu'à deux ou trois pieds de terre.
te désole pas, je meurs sans regret. J'ai atteint l'âge de raison et je me suis conduit en enfant; on m'a trahi comme tant d'autres. J'ai toujours été doux envers mes semblables 1 ; Dieu sera clément pour moi, d'autant plus que je suis venu ici avec de bonnes intentions. Vous êtes jeunes, que cet exemple vous serve de leçon; aimez-vous et soyez braves en toute occasion comme je l'ai été : la Pouille, les Marches, la Toscane vaincues en sont témoins. »
La nuit se passa ainsi; à l'aube, il voulut assister une dernière fois à la messe, qu'il écouta tout le temps à genoux, les jambes nues.
Vers neuf heures, Rienzo fit sonner la cloche du Capitole pour annoncer le supplice de Montréal; le prisonnier fut amené sur l'escalier des Lions, et on le fit s'agenouiller devant une image sainte'; il portait un capuchon de couleur sombre, frangé d'or, rabattu sur les épaules, un petit pourpoint de velours brun, tramé d'or, des hauts-de-chausse foncés; il n'avait pas de ceinture, et ses mains étaient liées, de façon toutefois à ce qu'il pût tenir un crucifix. Trois frères étaient debout à côté de lui ; pendant qu'on lui lisait sa condamnation, il murmurait : « Romains, pourquoi ne vous opposez-vous pas à mon supplice? Vous ai-je jamais fait aucun mal? Votre pauvreté et mes richesses sont seules cause de ma mort. Hélas ! en être réduit là, moi qui ai vu souvent à mes pieds dix fois plus de gens
1. Ceci montre bien, arec l'admiration que professaient pour lui la plupart de ses contemporains, à quel point l'état de guerres et de troubles continuels où était plongée l'Italie, avait dénaturé toute idée de justice et d'humanité.
2. A l'endroit sans doute où se trouve actuellement la statue équestre de Marc-Àurèle, dans la cour du Capitole.
qu'il n'y en a ici! Ce traître aura une fin misérable! »
Quand il entendit que, dans l'arrêt, on parlait de le pendre au gibet, il se leTa brusquement et parut bouleversé ; mais les assistants le rassurèrent en lui affirmant qu'une telle honte lui serait épargnée ; il écoula alors axée tranquillité son jugement jusqu'au bout.
Quand cette lecture fut terminée, on le conduisit au bas de l'escalier et de là au lieu du supplice; le long du chemin, il secouait ses liens, se retournait à chaque pas et disait : a Je meurs innocent, Romains, pitié; je Tenais pour le bien de votre cité, pitié, pitié ! » Il embrassait sans cesse la croix que portait le frère qui l'accompagnait. Arrivé à un endroit où se trouvaient les raines d'une ancienne tour, on le fil mettre à genoux, et la foule se rangea en cercle autour de lui ; mais il se releva aussitôt en disant qu'il voulait changer de position, et il se tourna vers l'orient ; après avoir une dernière fois recommandé son âme à Dieu, il s'agenouilla de nouveau, traça une croix avec la main sur le billot, l'embrassa, et jeta loin de lui son capuchon. L'exécuteur posa la hache sur son cou : « Je ne suis pas bien placé, » s'écria Montréal en se relevant encore une fois. Son médecin, qui se trouvait dans la foule, s'avança et indiqua l'endroit précis où il fallait frapper. La tète de Montréal tomba du premier coup.
Des frères mineurs mirent son cadavre dans un cercueil et le transportèrent à l'église Aracœli, où ils l'ensevelirent. (29 ou 50 août 1354.)
La surprise des Romains fut grande quand ils apprirent la condamnation et le supplice de cet homme, devant qui toute l'Italie avait tremblé, et dont ils ne pouvaient s'empêcher d'admirer les talents militaires
et la rare intrépidité. Comme quelques-uns allaient jusqu'à blâmer cette justice sommaire, Rienzo crut devoir justifier publiquement sa conduite; les citoyens furent convoqués en parlement, et il leur parla en ces termes : « Ne soyez point troublés par la mort de cet homme pervers. Il a mis à sac bien des châteaux et bien des villes, emmené ou massacré une foule de gens inoffensifs; deux mille femmes ont été victimes de ses soldats. II était venu ici avec l'intention de porter le trouble parmi vous ; il espérait se créer une seigneurie indépendante, après avoir pillé votre territoire et la Campanie comme le reste de l'Italie. Avec la grâce de Dieu, nous ne nous laisserons pas détourner de notre œuvre; pour le moment, nous voulons imiter le moissonneur qui jette au vent l'ivraie et garde le bon grain; c'est pourquoi nous avons condamné à mort cet homme hypocrite et nous conserverons son argent, ses soldats et ses cavaliers pour accomplir nos desseins. »
Ces dernières paroles semblent donner raison à ceux qui ne voient dans l'acte de justice accompli par Rienzo qu'une lâche trahison, grâce à laquelle il espérait se . délivrer d'une dette de reconnaissance qui commençait à lui peser, et remplir le trésor de la ville, épuisé par ses expéditions. Soutenir que cette pensée ait été complètement étrangère à la résolution du sénateur, serait méconnaître la vérité. Faut-il pour cela blâmer Cola di Rienzo d'avoir infligé un juste châtiment à cet aventurier, qui avait terrifié l'Italie par son audace et par ses crimes, et qui cherchait, en somme, à le renverser du pouvoir et peut-être même à le faire assassiner? Ses frères, il est vrai, avaient puissamment contribué au
succès de Ricnzo; mais sa reconnaissance devait-elle aller jusqu'à laisser mettre en péril sa propre autorité et, avec elle, l'indépendance de Rotne, qui lui élail confiée?
Breton et Arimbaud, ainsi que l'avait prévu leur frère, échappèrent à la mort. Arimbaud fut réclamé impérieusement par Albornoz f et relâché sur-le-champ. Quant à messire Breton, il resta en prison et ne recouvra sa liberté qu'après la mort de Rienzo.
Le pape approuva la conduite du sénateur dans une lettre adressée, le 20 octobre, à son internonce à Venise, Raimond, dans laquelle il énumère les crimes de Montréal, qu'il compare à Totila et à Holopherne, et ordonne à son représentant de se faire remettre soixante mille florins par les banquiers de Padoue, chez lesquels Montréal avait aussi fait des dépôts, afin d'indemniser en partie les habitants des terres de l'Église, qui avaient eu à souffrir, lors du passage de la Grande Compagnie. Les Florentins avaient déjà pris leurs précautions : le 5 septembre, ils écrivaient aux citoyens de Pérouse de mettre sous séquestre les biens de Montréal et de leur réserver une part proportionnelle aux dommages qu'ils avaient subis. De son côté, un certain Giovanni di Caste! lo se saisit de tout ce que le condottiere possédait à Rome, et il ne resta à Rienzo que cent mille florins tout au plus. S'il n'avait eu d'autre but, en faisant jeter en prison Montréal, que de se procurer de l'argent, mieux aurait valu assurément lui vendre sa liberté, qu'il eût payée plus cher.