‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 119 sur 126 · Voir Appendice, n* VII · texte numérisé non relu

Voir Appendice, n* VII

5J* OMA M UUZÙ.

ensuite» s*r » lie et. voyant que ses réponses concor- «Liântt parfaitement avec le récit du frère, il ne douta plx? qu'ïl ne se tnnivat en présence du véritable roi de France. Se prosternant alors aux pieds de Gianino, il lu découvrit le contenu du testament de sa nourrice ; Tiùirùo ne fut pas peu surpris, comme bien on le pense, es entendant cette étrange révélation, il hésitait à y ajouter foi. Mai* Rîeuo insista et réussit à le convaincre* II lui remît un sceau semblable au sien, mais où le soieil écrit entouré de doue rayons, lui recommanda Je g-jrder le plus grand secret sur ce qu'il venait d'apprecJre et In promit de le faire reconnaître par les ambassadeurs de tous les souverains de l'Europe, qu'il comptait convoquer avant peu pour régler de graves gestions. * y est-ce pas Rome, lui dit-il, qui doit veiller à ce que la justice règne dans tout l'univers, puisqueïle en est la tète? » Il retint Gianino au Capitole.

Cependant il soufflait sur la ville comme un vent de révolte: on entendait de tous côtés des paroles de menace contre le sénateur; les barons, exploitant la désaffection du peuple, répandaient mille bmits alarmants, l'encourageaient à » soulever et s'efforçaient Je semer la haine et la discorde. Cola di Rienzo, pensant que le légat ne l'abandonnerait pas dans celte extrémité, enjoignit a Gianino d'aller au pins vite trouver Albornox à Montefiascone pour l'instruire de ce qui se passait a Rome et le supplier de lui envoyer sans délai des secours. Gianino quitta Rienzo le 4 octobre après avoir été prier à Saint-Pierre, el arriva devant Montefiascone au milieu de la nuit. Un soldat de Sienne, qui le connaissait et qui était par hasard de garde sur les murs, lui cria de ne pas entrer et de

retourner en hâte sur ses pas, s'il portait quelque intérêt au sénateur de Rome, car on y préparait une révolution, en vue de laquelle les Golonna venaient d'embaucher deux cenls soldais dans le même corps que lui 1 . Gianino revint donc sans avoir vu le légat; il répéta à Cola di Rienzo ce qu'il avait entendu, mais celui-ci ne tint aucun compte de cet avertissement et fit repartir Gianino sur-le-champ. Il voyagea toute la nuit et parvint à Monteflascone le lendemain 6 octobre, vers midi. Lorsque le légat eut pris connaissance de la lettre que lui adressait le sénateur, il chargea Andreo Salmoncelli, de Lucques, de réunir quelques soldats et d'aller à Rome. Mais le lendemain Albornoz lui donna contre-ordre, sous prétexte que le pape venait de lui enjoindre de se transporter à Orvieto, et il partit, en effet, pour cette ville, emmenant avec lui Gianino.

Le même jour, Rienzo écrivait à son protégé la lettre suivante :

Très noble prince, roi plus illustre que tous les autres monarques de la chrétienté, reconnu de Dieu seul et non des hommes, trompés par les machinations de ceux qui devaient avoir soin de votre enfance;

Afin que personne ne put soupçonner qui vous étiez et dans l'intérêt de votre sécurité, nous vous avons envoyé, comme un de nos serviteurs, auprès du légat, en vous chargeant de le supplier d'envoyer au plus vite son armée à Rome pour y écraser les ennemis de l'Église et du peuple romain, car ils redoublent d'efforts contre nous. Nous espérons que vous avez

1 . Ceci prouve bien qu'Albornoj devait être au courant de ce qui se tramait contre Rienzo et que, s'il lie se porta pas à son secours, s'il ne le prévint même pas, c'est que, sans doute, il s'était réconcilié avec les Colonna et souhaitait le renversement du protégé d'Innocent VI.

agi en conséquence et, par la présente, nous tous renouvelons nos prières. Aujourd'hui notre situation est si critique que nous nous considérons comme perdu, pour peu que les secours de l'Église tardent à arriver. C'est pourquoi nous vous recommandons de ne venir à Rome sous aucun prétexte. Retirezvous dans quelque lieu sûr, jusqu'à ce que nous vous fassions connaître de nouveau nos intentions. Comme notre vie est en danger, nous croyons devoir déclarer et affirmer que vous êtes réellement le roi de France, le fils du roi Louis, fils aîné de Philippe le Bel, que votre mère est la reine Clémentine, fille de Charles Martel, et que votre nom est Gianino. Soyez certain qu'un jour viendra où vous serez roi de France et où tous les Français seront vos sujets.

Fait au Capitale, le 7 octobre 1554 *.

Cette lettre était accompagnée d'une copie de la déclaration du frère Antoine*.

Le 8 octobre 5 , avant l'aube, Cola di Rienzo était encore couché, lorsqu'il entendit retentir au loin le cri sinistre de : ce Popolo! popolo! » signal de toutes les révolutions qui ensanglantaient la ville. II ne s'inquiéta pas d'abord de cette rumeur; pourtant le bruit grandissait, se rapprochait. La petite troupe d'émeutiers, cause du tumulte, était partie d'un des quartiers les plus éloignés de la ville; elle s'augmentait, en avançant, d'une foule

Page 1