‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 120 sur 126 · Voir, pour la fin de Gianino, Appendice, n« IX · texte numérisé non relu

Voir, pour la fin de Gianino, Appendice, n« IX

5. Us anciens textes portent le 8 septembre, c'est éfidemment une erreur de copiste; la lettre de Rienzo du 7 octobre, dont il eiiste une copie authentique à Sienne, ainsi que tous les éféoeroents qui précédèrent sa chute, concourent à démontrer que la date du 8 octobre est seule acceptable.

On a également prétendu que le tribun était mort es 1353 et non en 15*1; sa présence à Pérouse en 1354, les lettres du pape, les rapports du sénateur a? ec Albornot, démontrent la busseté de cette supposition.

de curieux et d'indifférents, comme cela se passe toujours en pareil cas. Une bande de gens armés, venant des quartiers de la Ripa et Saint-Ange et soudoyés probablement par les Colonna, se joignit à elle, sur la place du marché; un autre, arrivant des quartiers Colonna et Trevi, déboucha presque au même moment sur la place. Alors les émcutiers crin -en t : « Mort à Coladi Rienzo! mort au traître! » Et Ton marcha vers le Capitole.

Les autres quartiers de la ville étaient calmes, mais ils n'envoyaient pas de troupes pour défendre le sénateur; ses propres soldats, ceux-là du moins qui appartenaient aux quartiers soulevés, firent défection et se mêlèrent aux assaillants. Hommes, femmes, enfants, criaient, vociféraient, couraient deçà et delà et jetaient des pierres contre le palais, sans trop savoir pourquoi. Le tumulte allait croissant, et la multitude entourait déjà le Capitole en hurlant : « Mort au sénateur qui a créé la gabelle ! mort au traître ! mort à Rienzo! » Mais lui ne comprenait pas encore la grandeur du péril; il répétait à ceux qui étaient accourus auprès de lui : « Ces gens disent « Vive le peuple! » mais c'est aussi notre cri ; ne sommes-nous pas ici dans l'intérêt du peuple? La lettre par laquelle le pape nous confirme dans notre charge est arrivée, il ne nous reste plus qu'à en donner lechire aux conseillers de la ville. Que veulent-ils donc?» Et, au lieu d'organiser la résistance dans l'intérieur du palais, de faire sonner la cloche pour appeler aux armes les partisans du bon état, Rienzo attendait que la foule se dispersât d'elle-même, tant il avait encore confiance dans le prestige de son nom!

Il commença pourtant à se troubler quand il s'apevçut

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que lous ceux qui devaient défendre le Capitole, avaient fui lâchement à la première alarme; il ne restait plus auprès de lui que Locciolo Pelliciaro 1 , un de ses parents» dont le rôle fut étrange, sinon bien coupable, dans cette catastrophe, ainsi que deux autres de ses serviteurs. Les cris de la populace devenaient furieux; elle se ruait sur le palais, cherchant à en forcer les portes; les traits, les pierres volaient de tous côtés. Rienzo ne savait à quel parti se résoudre ; tantôt il se laissait aller au désespoir, puis soudain reprenait courage. Il revêtit enfin son armure de chevalier et s'écriant : « Par ma foi, il n'en ira pas ainsi », s'avança seul sur un balcon, l'étendard du peuple à la main. On le vil étendre les bras, comme pour imposer silence, faire signe qu'il voulait parler; nul doute que si les Romains l'eussent écouté, il aurait su apaiser leur colère et les renvoyer satisfaits. C'est précisément ce que' voulaient éviter les instigateurs de la révolte; ils redoublèrent de violence et parvinrent à couvrir la voix du sénateur; on lui lança même des pierres et des flèches, dont une l'atteignit à la main. Alors il agita à plusieurs reprises le gonfalon du peuple et, le posant à côté de lui, montra des deux mains les lettres d'or et les armes de Rome, qui y étaient brodées; comme pour dire : « Vous ne me laissez pas parler, regardez au moins; je suis, comme vous, enfant du peuple, citoyen de Rome; j'ai toujours chéri ma patrie; si vous me massacrez, elle succombera avec moi*. »

Le peuple, excité par les meneurs, ne voulait rien entendre et criait de plus belle : «Mort au tyran ! mort au

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