S. Marcello se trouve actuellement sur le Corso
2. Les Juifs n'étaient pas mieux traités à Rome qu'ailleurs, bien que les papes les aient pris quelquefois sous leur protection. Relégués dans le Ghetto, ils étaient astreints à porter un costume spécial, à aller entendre, le jour du sabbat, dans l'église S. Angelo in l'cscbcria, un sermon sur le Nouveau Testament et sur leurs erreurs, etc.
3. Il ne semble pas que Rienzo ait jamais mérité spécialement la haiuc des Juifs.
ils activaient sans cesse les flammes, trop lentes à leur gré, et entouraient le brasier en dansant et en poussant des cris de joie. Il ne resta bientôt plus du dernier tribun de Rome qu'un peu de cendre, que le vent dispersa.
Dans son palais, mis au pillage, on trouva un miroir d'acier poli, couvert de figures et de caractères bizarres, grâce auquel, disait-on, il se faisait obéir par le génie nommé Fiorone ; car les Romains ne pouvaient expliquer autrement que par un sortilège l'ascendant mystérieux et irrésistible qu'avait si longtemps exercé sur eux Cola di Rienzo 1 .
Pour rendre sa mémoire haïssable, ses ennemis imaginèrent de dire qu'on avait aussi découvert au Capitole des tablettes sur lesquelles étaient inscrites, à côté du nom des principaux citoyens de Rome, les sommes que Rienzo se proposait de leur extorquer; dix florins pour un grand nombre, trois cents, quatre cents et môme cinq cents florins pour les plus riches.
Les soldats mercenaires, tant à Rome qu'au camp de Palestrine, furent dépouillés de leurs armes, de leurs chevaux, de tout ce qu'ils possédaient.
Le peuple romain ne tarda guère à regretter l'aclc de folie qu'il avaiteommis; dès l'année suivante, les meur-
i. A ce qu'affirme M. F. Orioli, ce genre de miroir était fort en usage en Italie, au moyen âge, pour des expériences de cnloplromancie ; il y en avait un à Vérone et Villani en parle dans son Histoire de Florence. Peutêtre ces miroirs provenaienl-ife des tombes étrusques; les caractères étranges qui y étaient représentés, firent croire que c'étaient dos instruments de magie et le mot « phlere » ou « pbleres », que Ton trouve sur la plupart d'entre eux, fut pris pour le mot latin « florus » et traduit par « fiore » ou (( fiorone ». On crut ensuite que c'était la le nom de l'esprit qu'ils servaient à évoquer,
triers de Rienzo, en bulle à la vindicte de leurs conci toyens et menacés même d'être traînés devant les tribunaux, durent implorer la protection d'Innocent VI. Le pape recommanda à Alhornoz (7 octobre 1555) de faire respecter leurs personnes et leurs biens, mais le chargea de leur imposer une pénitence proportionnée à la part qu'ils avaient prise dans le crime.
Ce fut le dernier écho des événements qui avaient si profondément agité Rome et la péninsule tout entière, et le nom de Cola di Rienzo tomba pour cinq siècles dans l'oubli.
Florin. — La monnaie appelée florin fut frappée pour la première fois à Florence en 1252: elle représentait d'un côté l'image de saint Jean-Baptiste, patron de la cité, couvert d'un manteau tombant jusqu'aux genoux, la tète entourée d'une auréole, 1» main droite bénissante, tenant de la gauche la croix; en légende, S. IONANNES. B. ; au revers, FL0RENT1A et un lis, car les armes de Florence furent un lis d'argent (ou selon quelques personnes une fleur d'iris) sur un fond de gueules jusqu'en l'année 1351, où les couleurs furent interverties. C'est à cause de
Cette fleur qu'on nomma Florin de Florence. premier type.
florin la nouvelle monnaie; le litre en était de 24 carats et 8 florins pesaient par suite une once. Au commencement, un florin d'or équivalait à 20 soldi (monnaie d'argent), soit à une livre; mais (a valeur de l'argent baissa rapidement par rapport à celle de l'or durant le siècle suivant et le florin valut successivement : 1 livre 17 soldi en 1501. 2 livres 8 soldi en 1515, 5 livres en 1531, 3 livres 5 soldi en 1544 et, à l'époque qui nous ' occupe, 5 livres 6 soldi, il alla même un moment jusqu'à 4 livres; en 1570 il valait 5 livres 8 soldi. Cette nouvelle monnaie, grâce à la fixité de son titre, chose si rare alors, obtint un rapide succès et fut recherchée dans tous les pays. En France, Philippe VI fit frapper des florins analogues, mais
moins purs. Pour protéger sa propre monnaie, il ordonna aux changeurs de ne pas accepter les florins italiens dans les contrats, ou, aussitôt reçus, de les couper (21 juillet 1547). Il en fixa la valeur à 10 sous parisis. Le pape Jean XXII s'était aussi empressé de faire fabriquer des florins semblables à ceux de Florence, à cette différence près que le nom de saint Jean Baptiste y était mis en légende autour de son image et que, de l'autre côté, on lisait, également en légende, le nom de saint Pierre 1 . Plusieurs villes, jusqu'en Allemagne, imitèrent son exemple, et il y eut bientôt une foule de florins ; mais ceux de Florence furent toujours préférés aux autres. A Venise, on en créa d'un peu plus pesants, qui prirent le nom de ducats. On peut estimer, fort approximativement sans doute, (a valeur intrinsèque du florin de 12 fr. 58 à 10 fr. 95 et même à 9fr. 10, suivant certains auteurs.
Marc. — Le marc était une mesure de poids dont on se servait dans (es transactions monétaires. Il valait 8 onces. Le marc d'or contenait donc 64 florins, et en effet, en 1552, Jean XXQ décida que 65 florins vaudraient un marc d'or. Le marc d'argent valait à peu près 10 fois moins, car le rapport de For à l'argent était d'environ 10 à 1 à cette époque; on le trouve évalué, en 1547, 6 (ivres 15 sous tournois.
Livre. — C'était également une mesure de poids ; on sait qu'en France l'ancienne (ivre était de 489 grammes; en Italie elle pesait moins, de 510 à 540 grammes. Il y avait aussi une monnaie de compte de ce nom; elle se divisait en 20 soldi, subdivisés eux-mêmes en 12 deniers. On a vu ce qu'elle valait par rapport au florin.
Carolin. — Le carolin équivalait à 4 soldi ou 28 deniers, mais sa valeur augmenta rapidement; il valait, en 1592, 62 deniers.
Il est fort difficile, évidemment, de donner la valeur réelle de toutes ces monnaies, (es points de comparaison font défaut: