JEUX CÉLÉBRÉS AU COLISÉK
Voici la description qu'en donne Lodovico Monaldesco : Dans l'arène débarrassée des débris qui l'encombraient, on éleva de vastes estrades en planches. Trois tribunes spéciales furent réservées aux femmes de naissance noble: dans la première prirent place celles qui habitaient sur la rive droite du fleuve et qui se vantaient, non sans raison, d'avoir conservé pur de tout mélange le type romain; la plus belle d'entre elles était Jacova di Yico ou de la Rovèrc. Sur la deuiième tribune, se trouvaient réunies les femmes de la famille des Orsini, parmi lesquelles brillait au premier rang Savella. La troisième était occupée par les Colonna. On avait relégué (a bourgeoisie et le peuple au fond de l'arène. Les femmes, vêtues de leurs longues robes rouges aux manches flottantes, la te te couverte d'un capuchon ou entourée d'un voile léger; les jeunes filles, les cheveux pendants, relevés parfois d'une torsade d'or, rivalisaient de beauté et de grâce, tandis que dans l'arène les chevaliers allaient lutter de force, d'adresse et de courage. A pied et armés seulement d'une longue épée, ils devaient se mesurer avec des taureaux sauvages.
Un vieillard, Jacobo Rossi, tirait au sort les noms des combattants. Le premier nom qui sortit de l'urne fut celui de Galcotto Malatesta de Rimini. Il était entièrement habillé de vert, une ceinture de cuir lui ceignait les reins et on lisait sur
: ci w ue>zo.
. -iirrf tis *c £**«:« : c Je suis comme Horace ». Après i.m iur< -^sj;:t S- liUe. il blessa le taureau, mais, frappé à > a i iir -ï*u -' Ti:!. «j-ij'-inU sur le sable. Le sort désigna ;.■ ■> .• ■:■ à .a Vil», ^â >~avan<;a hardiment dans l'arène ; <*■« •A.a.tfîii -cj.: z.»:l:>» blanc, moitié noir; plus heureux rit* : ..~ c .^ 1 sort;: sain et sauf de ce combat inégal. Un ■ iinWvi^.w *e î-:«*m:j ^^auite qui avait pour devise : « Je itl*- > us '*i «• irv »: m:-q habillement était couleur de «■ir-. rt.aie:«.: i"i-trv< Agrandirent dans la lice et plu- ^»-*i.^ si» •- aL>r?at: rj* taureaux seulement furent tués et IiA-î : >. ,n*«:r^ perdirent la vie dans ces jeux sanglants; mJ* ^■^-^■â à craies t-!i->54ires.
Lr*/ •*-■* skj« Jate, fcs funérailles des victimes, qu'on fit en z ^ ~»if ^^f*- *- r * n * p>or le peuple une prolongation ines-
PESTE DE FLOKKNCE
On connaît l'incomparable tableau qu'en Tait Boccacc, au commencement du Décaméron; nous en donnons ici la traduction, dans la pensée qu'elle intéressera le lecteur.
< En Tannée 1348 de l'Incarnation du Fils de Dieu, la magnifique cité de Florence, la plus belle des villes de l'Italie, fut alteinte par un fléau terrible, dû à la conjonction des astres supérieurs ou envoyé par Dieu, justement irrité de nos crimes. La sagesse et (a prudence humaines ne purent nous en préserver: ce fut en vain que des officiers, chargés spécialement de ce soin, firent enlever les immondices qui encombraient la ville, que l'on en défendit l'entrée aux gens malades, que Ton délibéra dans les assemblées et que l'on prodigua les conseils aux habitants sur les précautions à prendre pour éviter la contagion ; ce fut en vain que l'on adressa au ciel maintes et maintes fois des prières publiques; la maladie envahit la ville vers le commencement du printemps et commença ses terribles ravages. Elle ne débutait point, comme en Orient, par un saignement de nez, signe précurseur d'une mort certaine, mais s'annonçait chez les hommes, de même que chez les femmes, par de légères tumeurs,. s oit à l'aine, soit aux aisselles, qui croissaient avec rapidité et atteignaient la grosseur d'uu œuf chez les uns, d'une pomme chez les autres, parfois même elles devenaient plus volumineuses encore; les
COLA bl RIENZO.
gens du peuple les appelaient < gavoccioli >. Bientôt ces tumeurs se développèrent sur toutes les parties du corps indistinctement. La maladie changea alors de caractère : à son début, il se formait sur les liras cl sur les cuisses des taches noires ou livides, parfois clairsemées et larges, parfois nombreuses et pelites, dont l'apparition était, non moins que celle des tumeurs, l'annonce d'une mort prochaine. La science des médecins et la vertu des médicaments étaient impuissantes à arrêter la marche de ce mal, soit à cause de sa violence même, soit à cause de l'ignorance de ceux qui soignaient les malades ; car, outre les vrais médecins, un grand nombre de personnes s'élaient mises à eicrcer la médecine sans en avoir cependant aucune connaissance. Presque tous les malades mouraient vers le troisième jour, et la plupart succombaient sans éprouver ni fièvre ni autre accident.
« Si cette épidémie causa tant de mal, c'est qu'elle avait un caractère extraordinairement contagieux, elle se propageait comme le feu; non seulement il était périlleux de se trouver ou de parler avec des gens malades, mais il arriva plus d'une fois que la maladie se transmit par leurs vêtements ou les objets qu'ils avaient touchés. Bien plus, les hommes la communiquaient aux animaux : le fait que je vais citer semblera assurément bien étonnant et bien peu vraisemblable; j'oserais à peine y croire et encore moins le rapporter, si je n'v avais assisté avec beaucoup d'autres personnes'. On avait jeté dans la rue les haillons d'un malheureux qui venait de mourir; deux porcs se précipitèrent dessus, comme c'est leur habitude, et les déchirèrent avec le groin, puis avec les dénis ; à peu d'instants de là, je les vis tomber morts tous les deux, après quelques convulsions, comme s'ils avaient clc empoisonnés.
h • exemples semblables et bien d'autres, plus terrifiants i> a Nujites au moment dt b
APPEiNDICES. 4M
encore, inspiraient une terreur invincible et les idées les plus extravagantes aux survivants : ils ne songeaient plus qu'à leur salut, fuyaient les malades et se montraient même parfois d'une cruauté révollante. Les uns affirmaient que le meilleur moyen d'échapper au fléau était de vivre tranquillement et d'éviter tout excès, et, se réunissant à plusieurs, ils s'isolaient soigneusement des malades, s'enfermaient dans leurs demeures, où ils ne laissaient pénétrer personne, mangeaient bien, buvaient bien, mais usaient de tout avec modération; ils défendaient surtout qu'on parlât devant eux de maladie ou de mort, et passaient leur temps à faire de la musique ou à jouer. Les autres, par contre, soutenaient qu'il fallait boire beaucoup, se divertir autant que possible, se promener en chantant, rire et se moquer de tout, et, mettant en pratique ces étranges maximes, on les voyait aller de taverne en taverne, le jour comme la nuit, mangeant et buvant sans mesure. Souvent même ils envahissaient les demeures des citoyens tranquilles, sans autre prétexte que leur bon plaisir; on les laissait faire, car chacun croyait mourir à bref délai et avait fait d'avance le sacrifice de tous ses biens terrestres ; les maisons étaient pour la plupart devenues communes, les passants, les étrangers s'y installaient comme s'ils en eussent été les propriétaires légitimes. On ne respectait plus ni les lois humaines ni les lois divines, car tous ceux dont c'était le devoir de les faire observer, avaient péri ou étaient malades et hors d'état de s'occuper de leur ministère. Chacun était libre de faire ce que bon lui semblait.
c Cependant un grand nombre de citoyens menaient une vie régulière, évitant également l'intempérance des uns et la pusillanimité des autres; ils parcouraient la ville, tenant à la main soit des fleurs, soit des plantes odoriférantes, soit des aromates, car ils pensaient que rien n'était plus salutaire que de s'imprégner le cerveau de ces odeurs ; l'atmosphère en était saturée et elles se mêlaient étrangement aux éma-
4*9 COU Dl RIKNZO.
nations que répandaient autour d'eux les pestiférés. D'autres encore, plus inhumains, ne voyaient le salut que dans la fuite: ils quittaient la ville en hâte et allaient se réfugier dans leurs maisons de campagne, souvent même plus loin; peu leur importait leur patrie, leurs maisons, leurs biens, leurs parents, ils abandonnaient tout sans remords, comme si la colère de Dieu ne pouvait les atteindre hors de chez eux, ou comme s'ils croyaient que le dernier jour de Florence était arrivé et que ceux qui restaient dans la ville devaient infailliblement périr. Tous les fugitifs ne moururent pas, il est vrai, mais il en périt un certain nombre; d'autres tombèrent malades et leur égoïsme fut puni comme il le méritait, car leurs parents et leurs amis, suivant l'exemple qu'ils avaient donné eux-mêmes, les laissèrent sans secours.
c Les habitants se fuvaient les uns les autres et nul ne s'occupait de ses voisins ; les personnes d'une même famille vivaient séparées et ne se voyaient même que fort rarement. La terreur était si grande chez tous indistinctement que l'on vit souvent un frère abandonner son frère, un neveu son oncle, une sœur son frère ; qui plus est, les femmes quittaient leurs maris et les parents leurs enfants, comme s'ils avaient été des inconnus. Il y eut une foule de gens qui, privés de tout secours de la part de leurs proches, durent avoir recours à la charité d'amis compatissants (et bien peu étaient prêts à se dévouer} ou à l'avarice de serviteurs inintelligents et avides, qui ne savaient que donner aux malades tout ce qu'ils demandaient et se contentaient de les regarder mourir. D'ailleurs leur nombre était fort restreint et leurs exigences exorbitantes ; plus d'un perdit la vie en exploitant ainsi la détresse des malheureux pestiférés. Il en résulta, ce qui ne s'était jamais vu auparavant, que les femmes, même les plus belles, et les plus gracieuses, et les plus jeunes, acceptaient sans scrupule pour les soigner, sitôt qu'elles se sentaient malades, des hommes de tout âge, devant lesquels elles n'hésitaient pas à
APPESDIŒS. 425
montrer toutes les parties de leur corps, comme elles eussent fait devant une serrante. C'est ce qui. explique sans doute le relâchement des mœurs qui suivit la peste.
c Bien des malades périrent qui, convenablement soigna, n'auraient point succombé. Il mourait tant de gens, jour et nuit, que c'était un spectacle navrant à voir, et que je tremble même en en parlant. Non seulement on laissait les mourants expirer sans être entourés, selon (a coutume, de toutes les femmes faisant partie de leur famille, mais il y eut beaucoup de malades qui rendirent le dernier soupir seuls, sans témoins. Le nombre fut petit de ceux dont la mort provoquait, comme naguère, des gémissements et des lamentations ; on ne se gênait pas pour plaisanter, pour rire même dans les chambres mortuaires ; on s'y divertissait en compagnie : c'étaient les femmes qui, dans leur propre intérêt, avaient donné l'exemple de cette coutume barbare.
c Rarement on voyait plus de dix à douze personnes suivre un cercueil à l'église, et ce n'étaient point les amis du mort qui le portaient, mais des hommes tirés de la lie du peuple; ils s'acquittaient de cette besogne, moyennant argent, hâtivement et sans s'inquiéter le moins du monde du lieu où le trépassé avait voulu être enseveli; ils le transportaient à l'église la plus proche, précédés de quelques prêtres seulement, qui souvent même ne tenaient pas de cierges à la main, et, après une cérémonie écourtée, ils le jetaient dans la première tombe venue. Le sort des pauvres et des citoyens appartenant à la petite bourgeoisie était bien pire encore : retenus dans leurs maisons par leur pauvreté ou par quelque vaine espérance, ils tombaient malades par milliers chaque jour, et la plupart mouraient privés de tout soin, de tout secours; un grand nombre succombaient dans les rues, le jour comme la nuit; d'autres rendaient le dernier soupir dans leurs demeures, et leurs voisins n'apprenaient qu'ils avaient péri qu'à l'odeur qu'exhalaient leurs cadavres. Alors, autant par un reste de
4*1 COU M RIE.NZO.
pitié que par crainte de la contagion, ils allaient soit euxmêmes* soit aidé» d* quelques porteurs, les prendre et les transporter au scud de leurs maisons; chaque matin, on pouvait en voir ainsi par centaines dans les rues. On les mettait dans une bière, quand il y en avait, ou sur une table ; parfois ou plaçait dans un même cercueil deux ou trois personnes : le p?re et le Gis. des frères. Il arrivait aussi que, lorsque les porteurs chargés de transporter un cercueil à l'église, rencontraient un ou deux prêtres accompagnant un mort la croix à la main, ils se mettaient à les suivre, et les prêtres se trouvaient ainsi avoir plusieurs morts à ensevelir au lieu d'un. On ne s'occupait pas plus alors de la mort d'un homme que maintenant de celle d'une chèvre.
« C^mme les cimetières des églises étaient devenus trop étroits pour qu'il lût possible d'y enterrer séparément, suivant l'antique usage, la multitude des morts qu'on y apportait pour ainsi dire d'heure en heure, on creusa de grandes fosses 1 , où l'on jetait péle-raèle les cadavres par centaines, eu les recouvrant d'un peu de terre seulement.
c Pour abréger ce récit douloureux, je me bornerai à dire que les châteaux et les villages d'alentour ne furent point épargnés: les malheureux paysans erraient dans les campagnes avec leurs familles et succombaient en foule sans avoir personne pour les soigner, comme des bêtes de somme. La mort leur paraissait tellement inévitable, qu'ils ne s'occupaient plus de rien ; ils négligeaient leurs récoltes, leurs bestiaux et ne songeaient qu'à jouir de ce qu'ils avaient amassé. Les bœufs, les ânes, les brebis, les chèvres, les porcs, les poules, les chiens même, ces fidèles amis de l'homme, chassés par leurs maîtres, parcouraient les champs en liberté, cherchant leur nourriture. »
À Sienne, l'auteur de la chronique que nous avons citée v 1. On creusait, dit un témoin, jusqu'à ce que l'eau jaillît.
APPENDICES. 4t5
se vit forcé d'ensevelir de ses propres mains cinq uV w-* enfants; il raconte que les chiens déterraient souvent le* cadavres qu'on recouvrait à peine d'un peu de terr* , que k-* r loches ne sonnaient plus, que personne ne pleurait ta perif de ses proches, que l'argent était devenu inu'iU- à t^ux qui «*u possédaient, car chacun se croyait sûr de irr/urir LieuM <-l I* dédaignait, et que les malades étaient généra liment ab&udof jri'-»dès que le mal se déclarait. Dus tard, il arriva que f-ux qui consentaient à les soigner, échappèrent a Ij conta/';» «* qu" quelques pestiférés guérirent; c'est ain*i que k*un'*w é * U décroissance de cette épidémie, qui fit \rtir *m quatre muh, tant à Sienne qu'aux environ?, quatre-vin^t m>\\* \*t*tuu**.
DÉCLARATION DU FRÈRE ANTOLNE' ' Bibliothèque communale de Sienne, cod. A. III, 27)
Àvendo udita la buona fama e la nominanza vos Ira, c la gratia da Dio novellamente a toi conceduta si corne de la Signoria di Routa, la quale non e senza grande vostro senno e bonta o presa sigurta di fanri manifesto quello che grande tempo, e slato ce lato. Ora e piaciulo al nostro signorc Yhu Xpo davervi posto in questo slato si corne e dessere Reggitore de Romani. Parmi che siale degno che a voi sia manifesto prima che a niuno altro el grande miracolo el quale Gieso Xpo vuole mostrare al Mondo, si corne di ritrovare colui el quale longo tempo e slato smarrito e privalo de la sua reale dcgnità, et per lo quale la Cristiamta debba avère universale pace. e la Terra Santa di Gierusalem debba cssare aquistata. Parmi vedere che voi siate piu atto a doverlo trovare che neuno altro. Et percio vi scrivo et volcnlieri serei venuto a voi cola dove voi fuste. percio che desiderava d informarvi di questi fattî. e piaciuto a Dio che questo essare non possa per uua grande iiifermita la quale novellamente o avuta et de la quale non credo iscampare et pcro m abiate ascusato. Pregando voi che vi debbia piacere, che non sia tedio a le voslre orecchie d udire le parole e lambasciata che mi fu imposta, et
t. Nous publions ces documents tels qu'ils se trouvent dans les archives de Sienne, en respectant Foithceraphe quelque peu incertaine de l'époque.
le cose cbe io dovessi Tare le quali per lo caso occorso de la mia infermita fare non posso. Di che vi prego da la parte di Dio che inteso el tenore d essa imbasciata, subbito e senza indugio mettiate a essecutione quello che in essa lettera si contiene. La quale o fatla trascrivare di volgarc francesco in Toschano, et se questo fate spero in Dio che mai non faceste operatione veruna che tanto fusse grado a Dio et utile al Mondo. Et bene et onore et mantenimento dello stato vostro. Et tenore d essa imbasciata e questo cioe.
Che fu nel Reame di Francia presso a Parigi a uno luogo
che si chiama Charsi una gentile Donna la quale cbbe nome
Maria. El Padre suo fù Messer Picchardo, et la Madré si chiamo
Dama Eliabel, la quale Maria segretamente si marito a uno
Toscano el quale cbbe nome Guccio di Mino senza saputa de
la Madré o de frategli chel padre era morto di grande tempo.
El detto Guccio si era a uno Castello presso di Charsi che si
chiama Nettoie del vecchio, et ine prestava per uno suo Parente
che si chiama Spinello Tolomei. E esso Guccio andando
acchacciarc la sera albergô a Charsi co frategli de la detta
Maria, et stando in Casa loro piu giorni la detta Maria s ina-
moro del detto Guccio che era bellissimo Giovano, et con una
suaCamerierasel fece venire a se ne la caméra segretamente.
Et senza veruna persona sel fecie Marito, el detto Guccio
1 anguadio e promise di tencrlo segreto et stettero insieme di
che la Donna ingravido, et poi e frategli sapendo cio volsero
saperc dallei el fatto, et ella per thema di loro disse corne era
stato, di che costoro isdegnati si corne gentigli huomini cl
feccro difOdarc e che in fra certo termine si dovesse partire
del paesc, quanto che non si partisse cl farebbono morire,
perche isdegnaro che una loto suoro (sic) fusse Moglie di
ncuno Toschano. Di che saputo el fatto el detto Guccio a
guisa di Pellegrino venue a Charsi e palegiossi (sic) a la
Cameriera et ella fece si che stette in Caméra co la detta
Maria, e al fine Guccio si parti dicendo io me n andaro ne
4r> fXU M RIE3Z0.
mi*i paesi. H poco staro che io tornaro, et pregolla che cio ?b>» elU fce^se o maschio o femina el desse scgretamente a laliiv e che ne face*se buona guardia, et che egli farebbe si che e fratecli di lei starebbero contenti al Parentado suo, pooi si parti e tornô in suo paese. Et stettc pin tempo, c Crateçli di lei per piu loro honore, et perche el faite non >i paledass*» la mandaro a uno Monistero presso di Parigi che n era Abbadessa una loro distretta parente. E al Abbadessa fecero manife>to el fatlo pregandola che occultamente la tenesse in fine che la delta Maria avessc parlorilo e che del fanciullo maschio o femina che fusse ne dovessero tenere quello modo che le paresse, si che di lui novelle non si potesse sapere. El questo fecero percio che 1 avevano per maritata a uno gentile huomo di loro contrada. E stando la délia Maria nel Monistero, corne piaque a Dio parturi e fecie uno fanciullo maschio al quale pose nome Giannino e I Abbadessa el fece dare a balire a una che ebbe nome Àmalolh e slava abene apresso di Charsi dicendo che 1 fanciullo era d uno suo nipote. Avenne per caso che inanzi che la Baglia si partisse del Munislero la Reina di Francia partori e fece uno fanciullo maschio e nato el fanciullo fecesenc per tulto Parigi grande festa. Et al modo che usano e reagli fecero e Balij del Re cercare per Donne gentigli che el detto fanciullo dovessero lattare. Et cercato al fine, onde si venne la detta Maria non me lo seppe dire, fu detto a Balij chel taie Monistero era una Donna gentile giovana bella e benc nata, et di poco riscappata. Di che e Balij del Re vandaro co Medici del Re corne usanza. Et I Abbadessa negava che non v era persona al fine e Balij del Re cercato per ogni luogo percioche afermato 1 era che ine era una Donna di poco riscappata. E cossi cercato e trovato constrinsero 1 Abbadessa solto legame di sacramento che ella lo dovesse dire chi la Donna riscappata era. E al fine vedendo 1 Abbadessa che dir lei convenia e pensava bene che al fine si saparà la verita, compianto disse chi ella era e corne
ella era prcgandogli clic la dovcsscro ine lassare stare. E chc pensassero allro perciochc none era onore a suoi frategli ne al Munistero. E Balij costretti da la bisogna del figliuolo del Re e avuto il consiglio da Medici diliberaro di volcre chc pcr questa Donna Maria el figliuolo del Re fusse lattato. E cosi preso convenne a lei tencre el figliuolo del Re, e giacendo insiemc in una Caméra la Baglia di Maria, la quale lattava Gîannino suo figliuolo. Avenne che el detto Giannino si trovo morto a lato a la sua Balia e consentendolo Maria et essendo amendue sole si fece ponare (presso di) se el figliuolo suo morto. El figliuolo del Re che era vivo si die a la detta sua Baglia e fcce si cho minaccie e cko lusenghe che la detta sua Baglia riinase contenta e acconsenti al detto.
In fatto comincio la detta Maria a fare el maggiore pianto che mai fusse fatto per una Damigella corne colei che aveva grande amorc nel figliuolo suo. Et mostrava nel suo pianto che fusse cl figliuolo del Re. Di che e Balij del Re e gli altri Cavalicri e Donne che erano colloro udendo el pianto chefacià Maria corsero la c trovaro Maria col fanciullo morto in braccio. Ecredendo che fusse cl figliuolo del Re tutti cominciaro forte a piangirc al fine el fanciullo fu seppellito. Maria ne mando el figliuolo del Re per suo co la detta Amaloth sua Baglia. E questo fecie non per bene che ella volesse al fanciullo ma solo per 1 amore che ella aveva in Guccio. Dicendo fra se se Guccio torna de suoi paesi e trovara el figliuolo suo morto non mi vorra mai bene. E eccho che avaro perdu to 1 onore el figliuolo elMarilo. Avenne puoiche passatipiu anni cl detto Guccio torno de suoi paesi. E frategli de la detta Maria per comandamento del Re c a suo soldo erano andati alla guardia di certe Terre del Re di longa moite giornate da Parigidi che Guccio questo sentendo segretamente ando a Charsi e ine trovo Maria col fanciullo del Re che gin aveva da sei anni ed era bellissimo et Guccio dimando chi e quello Fanciullo, e Maria rispose questo e el tuo figliuolo di che Guccio fu molto allegro
e stette ine scgrcto alquanli di puoi si parti et disse a Maria,
fa che questo fanciullo mi mandi a Parigi, et Maria poco steltc
che ella el manda allui e poi Guccio lo mando in suoi paesi e
Maria mai non rividdc. Avenne che doppo molto tempo corne
piaque a Dio la delta Maria mon. Et prima che ella morisse
mando per me frate Giordano Romito presso di Charsi, e con-
fessossi da me gcneralmente e contiommi tutto el detto fatto
e imposemi che dcl fanciullo dovessi invcnire e se io cl tro-
vassi vivo che subbito el dovessi dire al Papa e al suo Collegio,
e al Re di Francia che allora fusse. E alloro el dovessi inse-
gnare accio che sia restituito ne la sua Reale Dignità. E puoi
morta la detta Maria non sapendo che mi fare diemi a cercarc
chi fusse questo Guccio trovai che era morto e none andai
piu inanzi, sommi stato piu anni tutta volta malinconoso e no
rallegrandomi mai che al Papa ne al Re no voleva portare si
fatte novelle. Et non sapeva in che parte trovare questo
figliuolo del Re, pensami che fusse morto. A vend o rispetto clic
la magior parte de la Gente mori nel quarantotto. Eccosi
stando pensoso piu e piu notti in visionc mi parea vedere el
detto figliuolo del Re stare a piei del Re ginocchioni. E parea
che diccsse : Padre dammi la tua beneditione che io voglio
andare a conquistare el sipolcro di Xpo. E ogni ora che io m
adormentava mel pare va cossi vedere. E cossi stando riverente
al Padre suo. E cossi stato per piu notti ne la detta \isione
non sapendo che mi fare gittami in orationi pregando el nostro
Signore Gieso Xpo che m inscgnasse via e modo corne questo
benedetto figliuolo del Re trovare potessi. E stato per piu di
in orationi ton digiuni e con moite lagrime al fine stando
ginocchioni a piei al mio Altare. E io m adonncntai e parvenu
vedere el detti figliuole {sic) del Re con una Insegni in roano
al Arme de la Chiesa. E parea che dicesse, mai non finero se
questa lnsegna non pongo sopra le Porti di Gierusalem
dicendo e fie bisogno chel sipolcro di Cristo sia libero e fran-
eho. Et che ogni fedele Cristiano el |>ossa sicuramenle visi-
tare. E sveglialo dcllu visionc subbito mi lcviai. E credendolo
trovarc per lo paesc d intorno, non trovandolo ebbi grande
dolore. Presi conseglio con certi Araici di Dio di quello che
io dovessi fare. Fummi det(o tu se vecchio e non fa per te el
caminare. Manda in verso Roma di Terra in Terra, e da per
scripto ordinata mente la confessione de la Donna. E la ri vêla-
tione che avesti puoi si che colui el quale tu mandi ne vada
bene informato a Veschovi e aSignori de le Terre per invcnire
segli e vivo e se si truova vivo fa prcgare quello Veschovo o
Signore ne la cui terra egli e, che el debba fare manifcsto al
Papa e a suoi Cliardenagli e a Re di Francia che oggi reggie
e a suoi Baroni, e se egli non si truova se ischusato a Dio, e
a loro non ne dire nulla che ne potresti ricevare danno d averlo
lanto tempo tenuto segreto. Per la quale cagione prego da la
parte di Dio, che tu fratello mio Antonio ti piaccia d andare
verso Roma, e dimanda chi fu questo Guccio di Mino, e credo
che se tu dimandi di questo Spinello Taloinei tu el troverai
assai tosto e puolo ben fare perciochc tu se stato piu voltc a
Roma, e sai tutte le Terre che sono di qui e Roma. E credo
che coll aiuto di Dio che tu el trovarai che questo mostra che
sia stata solo operatione di Dio. E che per costui sera messa
pace générale per tutta la Cristianila. Et raquistata la Terra
Santa.
E pero ti prego et per ubbidicntia ti comando che tu vada di Terra in Terra fino a Roma c cerca di costui et fa di trovarlo e beata quella Terra ne la quale questo benedctto figliuolo del Re si sera allevato. E fa che torni tosto siche prima che io muoia io sappi di lui novella. Et affretta tua tornata et impone da la parte di Dio a quello Vescovo o Signore ne la cui Terra tu el troverai che subbilo el debba fare asapere al Papa si e per tal modo che el detto figliuolo del Re possa essere e sia reslituito ne la sua reale Dignita accio che possa adempire el piacere di Dio in quelle cose che di sopra to dette. El quale a Nome Giannino
45* COU bi R1ESZO.
per ischambio corne detto to, chcl nome dcl flgliuolo de la detta Maria fu cosi, et quello che fu posto al detto figliuolo del Be oon so, percio che la detta Maria non me lo sep|>e dire. Si che sara chiamato Giannino di Guccio credendosi essare figliuolo di Guccio. Or questa e tutta 1 ambasciata a me imposti da detto frate Giordano la quale vi pregoda la parte di Dio che senza indugio el piu tosto che voi potete met lia te ad cffetlo e assecutione la quale imbasciata ebbe el detto frate Giordano da la*dclta Dama Maria in confessionc nell anno imltç trecento quarantacinque. El detto figliuolo del Re disse la detta Madama Maria che allora pote va avère ncl torno di vintisei o di vinlotto anni.
Antonio Romito e Discepolo del detto Frate Giordano del quale frate Giordano vi fo fede che e uno de santi huomini che aCbia el Mondo. Ed e stato in Romitaggio al servigïo di Dio de gli anni ottanta o piu. E comincio a Tare penilentia in dodici anni e me no. E pero credo et o fede in Dio che per 1 oratione suc voi verretc a effetto di questa imbasciata a voi imposta da me per sua parte. Et cossi prego Idio che sia.
Data in Porto Venaro ove io Antonio sono infermo Lunedi venticinque d agosto Mille trecento cinquantaquatro, cio fu el di di Santo Luigi che fu Re di Francia, e fece el passaggio piu voile. Et costui chio vo cercando e de suoi discicsi, c seguitara lui.
Noi Nicholo Chavalieri del Popolo di Roma per 1 Apostolica sedia de la Cilla Santa, Sanatore Illustre, Sindico, Capitano e Difensore. Abbiamo fatta trascrivare questa lettera la quale a noi fu mandata et rapresentata a di VI di settembre anni mille CCCLIUI per manifeslatione et chiarezza del detto f'gliuolo del Re et veramente c cgli e drillo Re di Francia sicondo che a noi pare comprendarc si per la confessione de la Donna scritla ne la detta lettera, si per lo tempo che mostra che debba avercsi per le parole le quali a noi furo manifeste quando noi eravamo a Yignone appo el nostro signore Misser
lo Papa e certamente si pare comprendare che esso sia figliuolo del Re Luigi, primo nato del Re Filippo el Bello. El quale Re Luigi ebbe per Moglie la Reina Clementia figlia di Carlo Martello Re d Ungaria de la quale costui e nato. E pero quando la dctta lellera ci fu raprcsenlata pensiarao e crcdiamo che sia solo stato dispensatione Divina. E pero co mol ta sollecitudine noi iniendemmo a cercare per lui e per gratia di Dio 1 abbiamo trovato e ne la Citta di Siena troviamo che se aile va to, e noi e a noi con nuovi modi prima che allui manifeslassimo elfatlo, cel faremo vcnire dinanzi da noi, cl quale a noi si rapresento Giovedi due di d ottobre anno detto. E perche noi conosciamo e vediamo lo stato noslro in pericolo venire. Àccio chesso Re e Ogliuolo di Re non possa perire che non pervegna ala sua Reale Dignita. Abiamo fatta trascrivare questa lettera et data ne la sua propia mano e suggellata col nostro suggello a chiarezza di lui et di chi vorra intendare ad aitarlo in tanto fatlo per la quale cagione preghiamo el benigno nostro signore Gieso Cristo che ci dia gratia di potere vivare tanto che noi potiamo vedere tau ta giustizia ristituita al Mondo.
Giahmxo di Guccio da Siena famigliar nostro a Monte Fiaschone, o ad Orvieto, o ad Arezzo.
LETTRE DE COLi DI RIENZO A GIANINO (18 smm» 1354) (Inédite)
{Bibliothèque communale de Sienne.)
Nobile e savio huomo Giannino di Guccio da Siena amico kaiissiino.
Noi mandammo di costa nostri Messi per invenire di voi, e che trovato voi, da nostra parte v' imponessero che non vi fusse gravera di venire a noi. Ora el Messo nostro si a riporlalo corne in Siena vi trovè. E che lambasciata da nostre parte vi fece, al quale perche none aveva Jettera non deste fede. La Jettera rimase perche non sapavano se vi dovesse trovare, ne dove vi dovesse trovare. Di che ora, che sapiamo dove sete, vi preghiamo, che vi piaccia, che veduta la présente lettera veniate infino a noi el piu tosto che potete. El piu celato, e che sia senza indugio la vostra venu ta. E perche possiate dar fede al Messo nostro v abiamo scritta questa lettera, e confennata col nostro suggello.
Nicholo, Chavaliere del Popolo di Roma per 1 apostolica Sedia de la Gitta santa Sanatore illustre Sindaco Capitano e Difensore.
Data in Campidoglio di XVIU di settembre 1554". 1 . Le millésime est d'une écriture plus moderne.
LETTRE DE COLA DI RIENZO A G1ANINO (7 octobre 1354) (Inédite)
(Bibliothèque communale de Sienne.)
Nobilissimo Principe. Re Excellentissimo sopra tutti gli altri Ile de la Cristianita solo da Dio conosciuto, e non dal misero Mondo per le malvagie operationi contra di voi comesse ne la vostra Nativita da coloro che dovcvano di voi aver honore e stato, se la fortuna a loro conoscimento di bene avessedonato.
Nobile Principe perche da niuno fuste cognosciuto e per piu Tostra sicurta vi mandamo per famigliar nostro a Misser lo Legato accio che 1 oste sua mandasse sopra ribelli de la santa Chiesa e del Popolo di Itoma e dello stato nostro da Dio conceduto. Poi inscrivemo si corne famigliar nostro accioche da nhino fuste cognosciuto che voi operaste con Misser lo Legato che 1 soccorso di sua gente a noi mandasse dritto a Roma percioche trattati molti sentavamo e sentiamo fatti dentro in Roma contro de la sancta Chiesa e del Popolo di Roma e délia Signoria nostra et lettere vi mandamo che dessa materia si contenevano accio che la presentaste a Misser lo Legato e cossi crediamo che a vête fatto. Ora sentiamo e trattati si forti fatti contra di noi dentro in Roma che certamente ci pare vedere che per noi non cia riparo vedendo el soccorso de la santa Chiesa tardi a noi venire. Et per tanto vi preghiamo che per niuno modo a noi ora do via te venire.