‹ Cola di Rienzo; histoire de Rome de 1342 à 1354Chapitre 14 sur 126 · Le roi de Sicile était aussi leur débiteur · texte numérisé non relu

Le roi de Sicile était aussi leur débiteur

sines, rétablit ses finances, donna un nouvel essor à son commerce et se trouva bientôt en état de résister aux empiétements de Luchino.

Gènes et Bologne avaient recouvré leur indépendance, la première en confiant le pouvoir à Simon Boccanegra, qui. bien qu'il fût de naissance noble, sut défendre le peuple contre les entreprises de la noblesse divisée en factions irréconciliables; la seconde en rappelant (1557) Taddoo Pepoli, qui chassa le légat Bertrand du Poïet, fils, disait-on, du pape Jean XXII, et gouverna la ville avec équité mais avec rudesse, jusqu'à sa mort survenue en I3i8 ! .

Telle était la situation de la péninsule : les révolutions succédaient aux révolutions, la guerre sévissait de tout coté, l'Italie était pleine de bannis, de fuoruscitiy qui cherchaient partout, fût-ce à l'étranger, un appui pour rentrer dans leur patrie, et le triomphe d'un parti signifiait toujours la spoliation et l'exil des vaincus; un contemporain avait raison de dire : «Italie, habitation de douleur, vaisseau sans nocher au sein d'une affreuse tempête, tu n'es plus la maîtresse des peuples ; ceux qui vivent sur ton sol se font une guerre implacable, ceux que les remparts des cités protègent se rongent entre eux! Cherche, misérable, autour de toi et vois si une seule de tes provinces jouit de la paix! »

Au milieu de ces discordes, les Italiens tournaient souvent leurs regards, comme ils l'avaient toujours fait, vers le pape ou l'empereur; mais le pape était trop loin

4. Ses deux fils Giacomo et Giovanni vendirent leur patrie h l'archevêque de Milan, moyennant deux cent mille florins (1551).

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et l'empereur impuissant : Clément VI n'éprouvait guère le désir de retourner en Italie, et Français d'origine, Français de cœur, il lui semblait, peut-être à juste titre, que les intérêts de la religion réclamaient sa présence à Avignon. Quant à l'empereur Charles IV de Luxembourg, fils du célèbre Jean de Bohême 1 , ce roi chevalier qui avait jadis parcouru l'Europe en quête d'aventures et qui se fil tuer à Crécy en combattant pour la France, son pouvoir en Allemagne était des plus précaires. Le pape, certain de trouver en lui un instrument docile de ses volontés, l'avait nommé empereur de sa propre autorité après avoir déclaré déchu de tous ses titres l'empereur Louis V de Bavière, ce vieil adversaire du Saint- Siège. Mais celui-ci n'entendait pas se laisser ainsi déposséder par une bulle du pape; il attaqua son rival, qui avait dû se faire couronner à Bonn (Aix-la-Chapelle étant au pouvoir de Louis Y) et qui errait en Allemagne, cherchant des partisans; la lutte semblait devoir durer longtemps, lorsque Louis mourut subitement des suites d'une chute de cheval (11 octobre 1547). Les adversaires de Charles IV cherchèrent a résister encore quelque temps; ils offrirent successivement la couronne impériale à Edouard 111, roi d'Angleterre, qui eut la sagesse de refuser; à Frédéric, landgrave de Misnie, gendre de Louis V, qui vendit son droit à Charles IV moyennant dix mille marcs d'argent; <*t enfin à Gunther de Schwarzbourg, qui mourut presque aussitôt, empoisonné, dit-on, par son médecin. Charles IV resta alors maître de l'Empire.

I. Jean de Bohême avait reçu de son père, l'empereur Henri VII, le roraoïDe de Bohême.

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s est conservé dans le Midi, le nom que portait son père 1 et, par une double abréviation, alors fort commune, on fit de : Nicola di Laurenzo, Cola di Rienzo ou Renzo'; dans la suite quelques écrivains transformèrent ce nom en Rienzi, et mémo en Ricnzy. nous ne savons trop pourquoi, et c'est ainsi qu'il est généralement désigné par les historiens français. Pour ce qui est du nom patronymique de Gabrini, que lui attribuent Bzovius cl d'autres après lui, il est de pure invention.

Ainsi, celui qui devait gouverner Rome en maître et devenir l'arbitre de l'Italie, eut une origine des plus humbles; mille témoignages irrécusables le prouvent et c'est en vain que plus tard, soit que sa gloire l'eût aveuglé, soit qu'il voulût, coûte que coûte, faire sa cour à l'empereur Charles IV, il cherchera à la répudier. Depuis Alexandre le Grand, il est vrai, on a vu tant d'hommes, que leurs actions eussent suffi à illustrer, demander à des aïeux d'emprunt un lustre factice, qu'il est difficile de se montrer sévère envers Rienzo, surtout si Ton songe qu'en ces temps lointains une haute naissance était le plus sûr garant d'une haute destinée.

Au reste, voici ce que lui-même raconte à ce sujet, sans reculer devant l'opprobre qu'il jetait sur sa mère : l'empereur Henri VII étant venu à Rome (7 mai 1512), à la tête d'une armée pour se faire sacrer, selon la coutume, dans la basilique de Saint-Pierre, en fut empêché par les soldats du roi Robert et par les partisans des Orsini, qui s'étaient solidement retranchés dans la cité Léonine; les Colonna lui avaient livré le

1. Il en fut de même pour Francesco, fils de Ser Petracco, notaire florentin, qui a gardé dans l'histoire le nom de Pétrarque.

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